‹ Nouveau recueil de cantiques, à l'usage du diocèse de QuébecChapitre 48 sur 191 · BRIEVETE DE LA VIE · texte numérisé non relu

BRIEVETE DE LA VIE

PARAPHRASE DU CANTIQUE d'EZECHIAS.

Air Ancien. N° 25.

J'AI vu mes tristes journées Décliner vers leur penchant.

Au midi de mes années, Je touchois à mon couchant :

La mort, déployant ses ailes.

Couvroit d'ombres éternelles La clarté dont je jouis :

Et dans cette nuit funeste, Je cherchois en vain le reste De mes jours évaaouis.

Grand Dieu ! votre main reclame Les dons que j'en ai reçus ; Bile Tient couper la trame Des jours qu'elle m'a tissus ;

( so )

Moh dernier Soleil se lève.

Et votre souffle m'enlève De la terre des vivans ; Comme la feuille sécliée.

Qui de sa tige arrachée, Devient le jouet des vents.

Comme un Tigre impitoyable.

Le mal a brisé mes os.

Et sa rage insatiable / Ne me laisse aucun repos ; Victime foible et tremblante^ A cette image sanglante, Jè soupire nuit et jour :

Et dans ma crainte mortelle, Je suis comme l'iiirondelle.

Sous les griffes du vautour.

Ainsi, de cris et d'alarmes Mon mal sembloit s>e nourrir, Et mes yeux noyés de larmes, Etoient lassés de s'ouvrir.

Je disois à la nuit sombre :

O nuit ! tu vas dans ton ombre M 'ensevelir pour toujours ; Je redisois à l'aurore, Le jour que tu fais éclore.

Est le dernier de mes jours.

Mon ame est dans les ténèbres.

Mes sens sont glacés d'effroi.

Ecoutez mes cris funèbrés.

Dieu juste, répondez-moi.

Mais enfin sa main propice A comblé le précipice.

Qui s'entr'ouvroit sous mes pas î Son secours me fortifie.

Et me fait trouver la vie.

Dans les horreurs du trépas.

Seigneur ! il faut que la terre C6m\oisse en moi vos bienfaits 5

V"oÙ3 ne m'avez fait la guerre.

Que pour me donner la paix.

Heureux l'iiomme, à qui la grâce Départ ce don efficace Puisé dans ses saints trésors :

Et qui. rallumant sa flamme.

Trouve la santé de l'ame, Dans lés soufliances du corps !

C'est pour sauver la mémoire De vos immortels secours ; C'est pour vous, pour votre gloircj Que vous prolongez nosjours.

Non, non, vos bontés sacrée»

Ne seront point célébrées Dans l'horreur des monumens :

La mort aveugle et muette Ne sera point l'interprète De vos saints commandemens.

Mais ceux qui de sa menace, Comme moi, sont rachetés.

Annonceront à leur race Vos célestes vérités.

J'irai, Seigneur, dans vos temples.

K échauffer par mes exemples Les mortels les plus glacés ; Et vous offrant mon hommage, Leur montrer l'unique usage Des jours que vous leur laissez»

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