BRIEVETE DE LA VIE
PARAPHRASE DU CANTIQUE d'EZECHIAS.
Air Ancien. N° 25.
J'AI vu mes tristes journées Décliner vers leur penchant.
Au midi de mes années, Je touchois à mon couchant :
La mort, déployant ses ailes.
Couvroit d'ombres éternelles La clarté dont je jouis :
Et dans cette nuit funeste, Je cherchois en vain le reste De mes jours évaaouis.
Grand Dieu ! votre main reclame Les dons que j'en ai reçus ; Bile Tient couper la trame Des jours qu'elle m'a tissus ;
( so )
Moh dernier Soleil se lève.
Et votre souffle m'enlève De la terre des vivans ; Comme la feuille sécliée.
Qui de sa tige arrachée, Devient le jouet des vents.
Comme un Tigre impitoyable.
Le mal a brisé mes os.
Et sa rage insatiable / Ne me laisse aucun repos ; Victime foible et tremblante^ A cette image sanglante, Jè soupire nuit et jour :
Et dans ma crainte mortelle, Je suis comme l'iiirondelle.
Sous les griffes du vautour.
Ainsi, de cris et d'alarmes Mon mal sembloit s>e nourrir, Et mes yeux noyés de larmes, Etoient lassés de s'ouvrir.
Je disois à la nuit sombre :
O nuit ! tu vas dans ton ombre M 'ensevelir pour toujours ; Je redisois à l'aurore, Le jour que tu fais éclore.
Est le dernier de mes jours.
Mon ame est dans les ténèbres.
Mes sens sont glacés d'effroi.
Ecoutez mes cris funèbrés.
Dieu juste, répondez-moi.
Mais enfin sa main propice A comblé le précipice.
Qui s'entr'ouvroit sous mes pas î Son secours me fortifie.
Et me fait trouver la vie.
Dans les horreurs du trépas.
Seigneur ! il faut que la terre C6m\oisse en moi vos bienfaits 5
V"oÙ3 ne m'avez fait la guerre.
Que pour me donner la paix.
Heureux l'iiomme, à qui la grâce Départ ce don efficace Puisé dans ses saints trésors :
Et qui. rallumant sa flamme.
Trouve la santé de l'ame, Dans lés soufliances du corps !
C'est pour sauver la mémoire De vos immortels secours ; C'est pour vous, pour votre gloircj Que vous prolongez nosjours.
Non, non, vos bontés sacrée»
Ne seront point célébrées Dans l'horreur des monumens :
La mort aveugle et muette Ne sera point l'interprète De vos saints commandemens.
Mais ceux qui de sa menace, Comme moi, sont rachetés.
Annonceront à leur race Vos célestes vérités.
J'irai, Seigneur, dans vos temples.
K échauffer par mes exemples Les mortels les plus glacés ; Et vous offrant mon hommage, Leur montrer l'unique usage Des jours que vous leur laissez»