‹ Nouveau recueil de cantiques, à l'usage du diocèse de QuébecChapitre 49 sur 191 · AUTRE PARAPHRASE DU MEME CANTIQUE · texte numérisé non relu

AUTRE PARAPHRASE DU MEME CANTIQUE

Air : Femme sensible, N** 28.

*Te me voyois au milieu de mà course, Dans la vigueur de l'âge le plus beau : Et je me meurs, mon mal est sans ressource. Je vais entrer dans la nuit du tombeau.

A ce uiômêntj mon ame est interdite * Elle se trouble, elle frémit d'horreur.

Trop courte vie ! Ah î faut- il que je quitte Tes faux plaisirsj avec tant de douleur ?

Oui, c'en est fait ; j'eVitends Dieu qui m'appelle i ïi faut sortir du séjour des vivans :

En vain mon ame à ses ordres rébelle, Dans ce séjour veut rester plus long-tems.

Tel qu'un berger qui change de demeure. Qu'on voit plier sa tente en un instant ; Ainsi je pars, voici ma dernière heiu'e. Avant la nuit, le sépulcre m'attend.

Je vois, Seigneur, votre main qui reclame, Et qui reprend les dons que j'ai reçus : Je sens le coup qui va trancher la trame Des jours heureux qu'elle m' avoit tissus.

Tel qu'une fleur, qu'au matin l'on voit naître^ Et que le soir on verra se flétrir ; A peine hélas ! commençois-je à paroître, Qu'il a fallu me résoudre à mourir.

Je me flattois d'une espérance vaine ; Mon cœur formoit d'ambitieux projets, Lorsque la mort dans le tombeau m'entraîne^ Et me ravit tant de charmans objets.

Comme un lion que la fureur anime, Fond sur sa proie et l'emporte à l'instant ; Ainsi la mort vient saisir sa victime : Contre elle en vain mon ame se défend.

Non la colombe, ou la foible hirondelle^ Quand elle voit un avide vautour, Fendre les airs, et s'abattre sur elle, Ne craint pas plus que je crains en ce jour.

Mes yeux frappés de mille objets funèbres^ Portent au Ciel des regards languissais ; La mort déjà les couvre de ténèbres.

Et se ^isit du reste de mes sens.

Tout me refuse un secours que j'implore 5 Parens, amis, ils disparoissent tous ; Point de remède au mal qui me dévore : Ciel! v»us aussi m'abandonnevez-yous ?

Oui, c'est au Ciel que j'adresse ma plainte ; C'est du Seigneur que j 'attend mon secours : Mais c'est du Ciel que me vient cette crainte : C'est le Seigneur qui va trancher mes jours.

Dans ce moment l'horreur de mon offense, A mon esprit tout à coup vient s'offrir, Tant de péchés ! Si peu de pénitence ! Et cependant, je vois qu'il faut mourir.

Pourquoi, Seigneur, me conserver la vie^ Si je devois l'employer à pécher ?

Dès le berceau m'eut-elle été ravie !

Mon cœur n'auroit rien à se reprochei*.

Si vous vQuliez me châtier en père, Et si mes maux calmoient votre couroux 5 Alors, Seigneur, dans ma douleur amèce^ Je goûterois les plaisirs les plus doux.

Je meurs, disois-je, et mon ame abandonne Avec plaisir de dangereux objets.

Quel heureux sort, Seigneur ! rien ne m'étonne. Vous m'appeliez au séjour de la paix.

Pour les péchés d'une aveugle jeunesse.

Vous voudrez bien, Seigneur, les oublier. J'fçpère, hélas! que le mal qui me presse, Achèvera de me purifier.

Mais je fois fuir cette douce assurance ; La crainte vient dans mon cœur l'étouffer : ^e garde à peine un reste d'espérance : je crois me voir aux portes de l'Enfer !

Quoi donc, Séigneur ! le poids de mes offenses» M'entraînera dans cet affreux séjour ï Quoi ! je serai l'objet de vos vengeances, n'aurai plus de part à votre amour ?

Dieu Tout-puisSantj écoutez ma prière/ Et laissez-vous désarmer par mes pleurs. Que je jouisse encor de la lumière.

J'irai partout publier vos grandeurs.

Je le promets, je servirai d'exemple A votre peuple, à ma postérité :

Plein- de ferveur, j'irai dans votre temple. Bénir en vous l'auteur de ma santé.

Si cependant il faut que je succombe ; Si votre arrêt. Seigneur, est sans appel ; . Ah ! je consens à pourrir sous la tombe ; Mais recevez mon ame dans le Ciel.

Air Nou-ceaiu N° 35.

Sous le firmament

Tout n'est que changement, # Tout passe»

Tout paroît et s'efface,

Tout suit le cours des tems ;

On voit qu'avec les ans # Tout passe.

C'est la vérité, Hormis l'éternité, # Tout passe.

Profitons de la grâce, Le tems est précieux,

Puisque devant nos yeux # Tout passe.

Les emplois, les rangs, Les petits et les grands, # Tout passe.

D'autres prennent la place, jEt font voir à leur tour.

Que dans ce bas séjour * Tout passe.

Comme le vaisseau Qu'on voit flotter sur l'eau, % Tout passe. Il n'en est plus de trace.

Ainsi vont les honneurs, Les biens et les grandeurs : ^ Tout passe^

Jeunesse et beauté, Plaisirs, force et santé, # Tout passe :

Tout périt, tout s'efface, Comme la fleur des champs.

Souvent dès le printems, # Tout passe.

Nos pas sont comptés, Nos momens limités ; # Tout passe»

Et quoique l'homme fasse, Ses jours comme un torrent Coulent rapidement.

Tel est notre sort.

Il faut que par la mort Le juste qui trépasse Dans un heureux repos Voit la fin de ses maux.

Mais pour le pécheur, Iltlas ! pour son malheur Tout prend une autre face Dans ses derniers momens.

Excepté ses tourmens,

Dieu punit le mal, Et par son Tribunal Afin d'y trouver grâce, Dégageons notre cœur De ce monde trompeur.

Heureux le chrétien Qui méditera bienj Oh ! qu'elle est efficace Contre la passion Cette réflexion,

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