‹ Nouveau recueil de légendes et d'histoires [microforme]Chapitre 16 sur 27 · COI · texte numérisé non relu

COI

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ciel on vit les âmes s'élever comme de radieuses étoiles ;

c'était le moment où le prêtre achevait le dernier évangile: — Et vidimus gloriam ejus,.… plenum gratiæ et veritatis (Nous avons vu sa gloire).

— Deo gratias ! répondit le servant.

Il n’y avait plus que l’abbé qui avait ordonné au moine vivant de célébrer; il s’approcha majestueusement, orné de la mitre blanche et de la crosse noire, bénit le célébrant et se tournant vers Maclou:

‘Mon fils, vous nous avez assistés pour servir la messe dans laquelle la miséricorde de Dieu a résumé les grâces de toutes les fonctions supprimées par l'enfer; le Seigneur nous permet, pour vous récompenser, de vous emmener avec nous au ciel.”

Et de sa main glacée, plus froide que l'hiver. l'abbé lui touchait le front...

Et moi, ne voulez-vous point m’emmener ?

demandait le célébrant.

— Non; tu dois encore ouvrir le ciel à d’autres qui n'ont pu nous suivre, et tu dois accroître le nombre de ceux qui te recevront là-haut.”

Le lendemain les habitants appelés par leur saint curé, venaient chercher le vieux Maclou qui était mort en sonnant le glas dans la nuit des trépassés.

On chanta l'office des morts, et, sous ce catafalque vide qu'il avait si bien orné la veille, son corps seul reposait en paix; car son âme avait suivi les Bienheureux.

Mais à l'endroit où était mort Maclou, le vieux

prêtre parvint, en quêtant, à élever une modeste chapelle dédiée aux âmes du purgatoire.

‘ messe des tré-

Et chaque jour il y venait dire la passés, ” afin de compléter dans le ciel le peuple de ses frères qui attendaient encore au cimetière voisin.

Puis, ayant longtemps rempli ce pieux ministère et excité le zèle de tout le pays pour les âmes, il se coucha pour sa dernière maladie, et le soir de | Toussaint suivante, il fut au plus mal; on commença la prière des agonisants ; et, vers minuit, on crut qu’il rendait le dernier soupir.

Aussitôt les fiäèles commencèrent la prière de la sortie de l’âme.

‘* Subvenite, Sancti Dei ; occurrite, Angeli.

‘ Accourez, Saints de Dieu ; venez au-devant de cette âme, Anges du Seigneur...”

Et les Saints obéirent sans doute à cette invocation ; car le mourant ouvrait à nouveau les yeux pour un spectacle qui excita sur ses traits décomposés par la mort une joie indicible.

‘ Qu’y a-t-i1? que voyez-vous ? ”

Et le saint prêtre, en une extase qui suspendait la mort, répondit :

‘C’est “la messe des revenants ! ” Oh! que c’est beau dans les “uines du couvent! J'étais venu prier pour mes frères...”

Et alors, d’une voix distincte, il raconta mieux que

nous n'avons fait précédemment l’histoire de‘ la messe

des revenants...”

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“Et le servant, dit-il, c'était Maclou, le sonneur qui sonnait le glas des morts, et qui mourut pour suivre les Bienheureux... À mon tour ! ”

Et il expira; son âme suivit sans doute le cortège des Saints du ciel, grossi par ses prières ; et voici qu'une main invisible, au milieu de la nuit, agita la cloche des ruines du couvent.

C'était à la fois un glas et un son joyeux, et chacun disait : |

‘La cloche sonne d’une façon étrange, comme Maclou seul savait sonner,”

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