‹ Nouveau recueil de légendes et d'histoires [microforme]Chapitre 5 sur 27 · A EP PRES · texte numérisé non relu

A EP PRES

du petit soulier d’or pur et envoya ses archers em- E -

poigner le ménétrier voleur, ou du moins accusé gis : de.vol. :

» Dès qu'il parut devant son premier juge, celui-ci NF tril linterpella vivement: . D con — Où as-tu volé ce petit soulier d’or ? ï À cib | Une affluence de bonnes gens accompagnait l'humtle OC vieillard ; car on était curieux autrefois comme aujour- MS dan d’hui, et à Strasbourg comme à Paris. : et :

— Je n’ai jamais rien volé, de toute ma longue vie, : tem répondit le vieillard; et ce petit soulier d’or pur, c’est le | lav la sainte Vierge qui me l’a donné, quand je lui exposais . D ma détresse profonde, avant de mettre le pied dans DE mo votre ville. 7 un Le magistrat fit un immense ricanement. Quoique ME arct chrétien baptisé, il était déjà de ceux qui, pour croire EL L Dire à un miracle, voudraient qu’il fût annoncé d’avance à vaie son de trompe, puis exécuté en place publique, devant M À tait la foule dûment convoquée, et surtout devant cesjuges MN fidèl qu’on appelle les savants, afin qu’ils pussent apprécier | dem et peser la chose. D dane | | Après son ricanement, le juge provisoire, faisant MF ferai les fonctions de juge d'instruction, reprit vivement: - L Or | — As-tu des témoins du fait ? | Ni faisa , — Est-ce que la sainte Vierge a besoin de témoins? MS œuv répondit le bonhomme ; est-ce qu’elle n’a pas le droit É idut ] de disposer à son gré de ce qu’elle possède ? Je vous 1 reçu | répète qu’elle me l’a donné, pour récompenser mes s Le

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— À la potence done, le voleur ! interrompit le magistrat.

Et les archers conduisirent le ménétrier devant un tribunal composé d’échevins, ou d’écoutètes, ou de consuls ; car nous ne savons trop par quel nom intelligible les désigner.

Ces juges suivirent la marche du premier et condamnèrent l’accusé à être immédiateinent pendu. Là et alors on voyait de l’inconvénient à garder longtemps un prisonnier qu'il fallait nourrir aux frais de la ville.

De même qu’on n'avait pas voulu croire à ses serments, on ne lui donna pas même le temps de digérer un peu l’humble dîner qu’il venait de faire; et les archers le conduisirent à la potence.

Les juges s'étaient si vivement pressés, qu'ils n’avaient pas songé à lui enlever son rebec. Il l’emportait tristement sous son bras, en songeant que son fidèle compagnon allait appartenir au bourreau, et il se demandait si le pauvre instrument pourrait être gai dans de telles mains, et ce que de telles mains lui feraient jouer.

Or, il se trouvait qu'en cheminant vers le lieu où se

faisaient les œuvres de justice, qu’on appelait les hautes

œuvres, parce qu’elles se consommaient en l'air, on

idut passer devant la chapelle où le condamné avait

reçu le petit soulier d’or pur.

Le bonhomme sentit son cœur ému en se retrouvant devant le sanctuaire où la Vierge sainte l'avait secouru.

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—O Vierge divine, s'écria-t-il, vous avez souffert aussi de bien grandes douleurs ; voici votre pauvre ménétrier dans l’angoisse. Il vous offre son cœur attristé : ne lui refusez pas votre appui.

Après cette invocation, il demanda, les mains jointes, aux archers qui le conduisaient qu’il lui fût permis de jouer encore un air sur son vieux rebec avant de mou- M rir, un air à la sainte Vierge qu’il avait chantée toute | ; sa vie. ;

Les archers se montraient hostiles à cette prière; mais la foule qui les suivait insista par de si vives clameurs qu’on s'arrêta. Les masses étaient curieuses de voir quelle figure le condamné pourrait faire devant la Vierge qu’il avait volée ; et en même temps, on n’était pas fâché de l’entendre jouer de son rebec.

On le fit donc entrer dans la chapelle.

Aussitôt qu’il se vit devant la sainte image, il chanta M à la sainte Vierge une ardente prière, en l’accompagnant de son rebec. Sa pieuse tenue, ses accents et son 3 rebec tirèrent des larmes de tous les yeux ; et pourtant quand il eut fini, les archers se disposaient à l’em- | mener, quand tout à coup la sainte image lui jeta son k autre petit soulier d’or pur. 54

A ce second miracle, qui se fit devant cinq cents témoins, la foule poussa des cris d’admiration, et tous à dirent : — La bonté de Marie sauve son ménétrier ! les MN deux souliers d’or sont bien à lui! :

Les juges, qui suivaient les archers et le bourreau, 4 pour assister à l’exécution de leur sentence, frappés de 1

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repentir, tombèrent à genoux et prièrent Marie de leur obtenir indulgence pour leur précipitation à condamner un innocent.

On reconduisit le ménétrier en triomphe ; il fut fêté et choyé à Strasbourg, où il vécut longtemps encore. Et la ville fit agrandir et enrichir la chapelle, qui devint un pèlerinage plus fréquenté que jamais.

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LE SIRE DE CHAMPFLEURY ti Comr

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Il y avait au douzième siècle, à Champfleury, dans MN sans le comté de Champagne, un chevalier plus libéral, de m: dit-on, que ne le conseillait la prudence et que ne l’eût caval permis sa fortune. Trop adonné peut-être à ses plai- M [larme sirs il dissipa en fêtes toutes ses richesses et tomba Mide ha assez vite dans une détresse profonde. $Ses amis, si mont dévoués lorsqu'ils n'étaient que les convives de ses consic festins, ne le connurent plus dès qu’il devint pauvre. L'incc Il avait uni son sort à celui d’une jeune damoiselle # —V dont l’aimable bonté, la modestie, la candeur et les {Cham grâces naïves le rendaient au moins heureux époux. MMPA$ m

Mais la dot de la pieuse Marie s'était évanouie avec le MPeut-€

reste ; il ne demeurait à ce couple ruiné qu'un manoir MaSe,

délabré et la solitude. Soumise et résignée, la jeune Ms pendre

épouse ne faisait entendre ni plaintes, ni questions, ni à D Ava reproches. F pour Pour achever de désoler le seigneur de Champfleury, ut ce on lui annonça que le comte de Champagne, son suze- s'appu Bait a

rain, devait passer sous peu de jours en sa terre, et

eury, dans as libéral, ue ne l’eût à ses plais et tomba es amis, si res de ses nt pauvre.

damoiselle leur et les ux époux.

uie avec le un manoir e, la jeune estions, ni

mpfleury,

, son suzesa terre, et

fait extraordinaire

qu'il comptait faire halte chez Iui pour le dîner. Le

chevalier, qui aimait la vanité et la magnificence,

à tomba dans un noir chagrin ; il s’éloigna de son manoir

et chercha un lieu écarté où il pût pleurer sa honte, Après avoir marché une heure, il s'arrêta au milieu d'une plaine déserte, et se reposa sur l’herbe desséchée [d'un carrefour entouré de sept noyers rabougris, | Comme il exhalait violemment sa douleur, sans trouver dans son esprit aucun moyen de répondre honora-

blement à la brillante visite qu’il allait recevoir, et

sans remarquer que le jour finissait (on était au mois

de mai), il entendit tout à coup les pas rapides d’un cavalier qui venait à lui. Il se hâta d’essuyer ses larmes, se leva et se trouva en présence d’un homme

de haute taille et de figure imposante, mais sombre,

monté sur un cheval arabe, noir comme l’ébène. Il le considéra attentivement ; il ne l’avait vu nulle part.

“L'inconnu descendit de cheval.

— Vous êtes sous le coup de vives douleurs, sire de IChampfleury! dit-il d’un air d'intérêt. Ne me sachez pas mauvais gré d’en chercher la cause. Je la connais peut-être. Si donc vous consentez à me rendre hom-

Minagc,je puis vous relever avec éclat. Je puis vous rendre plus de richesses que vous n’en avez perdu.

Avant de répondre, le chevalier surpris examina de

nouveau l'étranger. Ses offres n'avaient rien de tout à

dans un siècle où la féodalité s'appuyait encore sur la chevalerie errante et se plai-

Sat aux aventures. Mais, simplement vêtu de noir,

l'inconnu ne portait, ni sur son manteau, ni sur les

harnais de son cheval, aucune armoirie qui indiquât fleur un souverain puissant. Il n'avait ni écuyers ni servi- : droit teurs. Le seigneur de Champfleury dit enfin: I —J’ai pour suzerain le comte de Champagne. Tout un ce qui ne pourra fausser le serment de foi et hommage MM allie: que j'ai juré en ses mains, je le ferai pour vous, quand sauv je serai convaincu que vos promesses sont sérieuses, NN gran Avant toutes choses pourtant, je dois savoir qui vous ME Vous êtes. On vous —<$i nous faisons notre accord, dit l’inconnu, vous ! nes le saurez. L’hommage auquel je prétends ne porte pas M tum atteinte à ce que vous devez au comte de Champagne, MN — votre suzerain, qui dans deux jours, avec sa suite M comt brillante, s’arrête:a pour dîner à votre manoir. Le Ces dernier: mots rappelèrent cruellement au che- gard valier sa situaiion «ses perée. quill — Qui que vous soyez, dit-il après un moment de ## — voule

silence, et dussé-je me perdre, hormis l’honneur, je me

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