EXTRAITES DE COMPTES PROVENANT DES ARCHIVES DU COMTÉ DE LONGUEVILLE
Les vicissitudes par lesquelles passa le comté de Longueville expliquent suffisamment la dispersion et la perte des archives de cette grande seigneurie. On n'en a recueilli que quelques débris dans le fonds du Domaine du Roi et de la Chambre des Comptes de Normandie, qui font actuellement partie des Archives de la Seine-Inférieure.
Dans le nombre je signalerai, comme dignes d'intérêt, les documents suivants :
« Compte Guillaume Delamare, receveur de la terre que M mc la comtesse de Bar, dame de Cassel, a à Longueville, pour les termes de Saint-Michel 1 385 et de Pâques 1 386, • compte qui fut présenté a cette dame pendant le séjour qu'elle fit à Auffay, dans le cours de l'année 1 386, avec deux de ses officiers, M. Henri d'Antoing et le bailli de Puisaye.
« Compte Guillaume De Paris, vicomte et receveur pour noble et puissante dame M mc la comtesse de Bar, dame de Cassel, en sa terre de la comté de Longueville, pour le terme de Saint-Michel j 386. • Ce compte fut présenté, en la ville d'Alluye, à Jean de Ville-Amenou et à Jean de Châtillon, le 29 juillet 1387.
Autre compte du même pour le terme Saint-Michel 1387. Ce compte fut présenté à Nieppe , à messire Tercelet de la Barre, chevalier, maître d'hôtel de la comtesse.
La dame de Bar dont il est ici question s'appelait
Yolande de Flandre: elle était fille de Robert de Flandre, seigneur de Cassel, et de Jeanne de Bretagne.
Outre Cassel, qui, par lui-même, constituait déjà un domaine très considérable, elle possédait Dunkerque. Bourbourg, Gravelines, Alluye et Montmirail.
En 1 353 elle avait épousé en secondes noces Philippe de Navarre, et c'était par ce mariage que lui était échu le comté de Longueville (Anselme, V, 3 12). Devenue veuve une seconde fois, elle ne craignit pas d'entrer en lutte avec l'autorité royale en faisant saisir, quoiqu'il fût en la sauvegarde du Roi, Henri de Bar, seigneur de Pierrepont, et en refusant de le rendre malgré les réclamations qui lui furent adressées. C'était s'attaquer a trop forte partie, comme l'événement le prouva bientôt. Elle fut en effet arrêtée, à son tour, en 1 364, en l'un des châteaux de Robert, son fils, premier duc de Bar, amenée à Paris et renfermée dans la tour du Temple. Elle réussit à s'échapper; mais elle fut appréhendée de nouveau et reconduite en prison, où elle resta jusqu'au mois de novembre 1374, date des lettres de rémission qui lui furent accordées à la prière de son fils. Elle mourut le 12 décembre i3c)3, et fut enterrée en 1 église de Saint-Maxe de Bar, le 2 janvier 1 396, bien que. par son testament, elle eût exprimé la volonté d'être inhumée en l'église de Thérouannes (Anselme. II. 7361.
L'intitulé du premier des comptes que nous venons de citer nous apprend que la comtesse de Bar était à Autfay le dernier mai 1 386. On l'y trouve encore, le 1 cr juin de cette même année, logée à l'hôtel de la femme de Ricard Painfaitis, à laquelle le receveur G. Delamare eut à payer une somme de 20 s.
On apprend par ces comptes que le domaine de Longueville était divisé en six sergenteries, désignées par les noms de leurs chefs-lieux : Longueville. Auffay. Brachy. Vascœuil, Grainville-sur-Ry et Bellcncombre.
On peut croire que la dame de Bar n'était pas étrangère à toute instruction puisque, dans le temps qu'elle
était à AufTay, on la voit dépêcher à Paris un nommé Perrin de la Magdalène pour « solder la moitié de la bible en roumant, qui fu maistre Gaultier de Bourmont. • Une traduction française de la Bible est un fait à noter. Le prix n'est guère moins remarquable. L'ouvrage avait coûté 200 1. parisis, ce qui revenait à 2 3o 1. tournois. Les manuscrits coûtant si cher, il n'y a pas lieu de s'étonner que les bibliothèques fussent, en général, si mal fournies. Mais la privation n'était pas grande pour le public; le goût, il faut le reconnaître, était ailleurs.
Le même messager reçut l'ordre de porter à Paris ■ un ciel à chambre et les dossiers, • qu'il déposa chez Guillcmin Le Broudeur, nouvel exemple de cet usage où Ton était alors de faire transporter ses tapisseries d'un lieu dans un autre, comme un simple article de voyage, à moins qu'on n'aime mieux supposer que ce déplacement ait eu pour objet un travail de broderie dont un ouvrier parisien paraissait plus qu'un autre en état de se charger.
Ce n'est pas sans quelque plaisir que je relève, dans le compte de 1 386, cette citation qui établit la supériorité de la Basse-Normandie sur la Flandre, en tant que pays d'élevage pour la race bovine.
• Pour les despens de Pierre Litaire, d'Auffay, boucher, lequel, par le commandement et ordenance de madame, ala ou pais d'oultre Saine et ailleurs, en plusieurs lieux, pour acheter xxxn bestes aumales, lesquelles ont esté menées à Nieppe, xv s. »
En 1 387 la comtesse eut une difficulté pour une question de patronage ; il fallut envoyer à Rouen consulter le pou il lé d'Eudes Rigaud, qui a été publié dernièrement dans la collection des Historiens de France.
« Pour despens fais par Ricart Le Petit, procureur de madame, alant d'Auffay à Rouen devers le bailli de madame et devers les vicaires de l'archevesque pour ce que le Baudrain de la Heuse avait présenté à l'église des Autieux près Belencombre, disant que le curé en estoit
très passé et que le droit de présenter H appartenait, afin de savoir que l'en en ferait, et pourestre aie devers yceui vicaires pour savoir au Mat reloge, où sont enregistrez les églises de l'archcvesquié. se ladietc église estoit en la collacion de la conté de Longueville, afin de pourveir ou demourcr et fere ce qu'il appartiendra, xiiii s.
c Pour deniers paies par ledit vicomte à un tabellion apostolique pour avoir une lettre ou instrument de la vie dudit curé des Auticux. qui fut envoiée querre a Parts, et lequel curé est encore en vie, comme appert par la relacion dudit tabellion, xx s. »
D'autres articles de dépenses concernent les frais de justice. Les plaids du comte de Longue\ille se tenaient à Autïay, et c'était là que se trouvaient la cohue et le cep ou prison.
Compte du terme de Saint-Michel i3Sô :
• A Guillaume Gaillart, charpentier, pour avoir Élit un cep à Auflay, de xiiii pies de long, mis xiiii soleaux pour renforchier la prison et plusieurs reilles. avoir fait un bufet en la cohue, vi 1.
• A Rosier Suzanne, d'Aufay. screurier, pour avoir fait et a<sis une sercure a clef et un fermant de fer audit chep. pour ce à H poie, comme appert par quittance, x s.
• A Jehan Pelichon. pour a\oir fait fere en la maison ou l'en tient la jundicion de Bclencombrc certaines euvre>. c'e^t a>^a\oir la caière la chaire. Ie> sièges et parquet et autres ordenanccN d icclle cohue et trouvé les es. une table nu la maje^é de Notre Seigneur c^t figurée et le» arme» de ma J. une, c'en. late. paine d"ou\riers et estram a recomnr > celle ni ti .on i.whi s. M d. •
I.a c»hue "u l'on rendait ia |Us*ue était couverte en ihiume; mih la chaire .tîinonc.iii la dignité du juge. 1 i m.i ^c du i.rii:ih\ imp-i-.nt ie ic^pect aux justiciable*, et le* armoiries faioient connaître la qualité du seigneur investi du droit de haute justice.
Cet article fut contesté lin marge on lit cette noie :
« Rayé pour ce que madame a une chohue en la ville, où il peust bien avoir tenu ses plais. •
11 faut croire que ce cep et ces prisons étaient peu sûres, puisque le même compte contient l'article suivant :
« A Esticne Le Fcvre, carpentier, pour avoir fait en une des tourcles du chastel de Longueville, i. planquié et i. huis pqur mettre Florens d'Yvetot, escuier, lequel estoit détenu prisonnier pour certains excès et actemptas fais en la terre et juridicion de madame, et pour le tenir plus seurement pour ce que les autres prisons n'estoient pas assez fortes, pour ce poié, comme appert par sa quictance xu s. •
Cette dépense, si faible qu'elle fût, donna encore lieu à contestation. Les vérificateurs du compte mirent en marge : c Royé pour ce qu'il n'y deust avoir mis nuls frais : aussy il avoit escript qu'il le mettroit à Arques, et est le prinsonnier eschapc. •
Us approuvèrent un autre article de dépense relatif à des poursuites contre un animal homicide.
c Pour les despens de Guillemin Colichon, sous-sergent de Bellencombre, lequel ala de Auftay à Rouen, devers le bailli de madame, pour savoir que l'en feroit de une truye qui avoit tue et murdry i . petit enfant à Aufay. • La réponse du bailli ne nous est pas parvenue. Mais, d'après les usages judiciaires de l'époque, on peut conjecturer qu'elle ne fut pas favorable à la truie et que cette bête dut mourir, non pas de la main du boucher, mais de celle du bourreau, pratique, du reste, recommandée par le plus illustre des philosophes grecs, Platon, à dessein, sans doute, de frapper l'imagination des gens du peuple, et aussi de punir indirectement le propriétaire peu soigneux d'un animal malfaisant.
Le compte de 1 388 nous fournit le détail des frais d'une exécution capitale encourue pour un motif plus ordinaire :
« Pour les despens d'un appelé Guillemin de Carville, détenu prisonnier à Auffay pour la mort de Guillaume
Sanson dit Rivet, où il fu par l'espace de xu jours avant ce que il tu^t condcmpné pour ledit cas. pour ce, n s. vid
• Pour autres despens que il fist depuis que il fu jupe à morir pour le dit cas, en 3 pos de vin que il oit par chopines en ladicte prison m s. i\ d
« Item, en la rue d'Auffay. quant l'en de) mena ïi U justice, et fu le xxv» jour de janvier l'an im« et sept, en une chopine de vin et i . verre \\ m d
i Pour les despens de Symonnet Fortin, sous-scrigent d'Auffay. lequel ala à Dieppe quérir le bourrel pour exécuter ledit de Onillc, et pour les despens dudit hourrei. tant a Dieppe, comme ailleurs, en venant a Autfay, vin «
« Pour les despens dudit bourrel fais à Auffay, quant il y fu arrive u *
• Kt pour uns gans que ouït ledit bourrel ix d
• Pour le salaire dudit bourrel de avoir exécuté ledit de Gar\illc, comme appert par sa quittance rendue à Ij court i xx *. •
Soixante-dix sous représentent le prix de plus de soixante jours de manœuvre, dette dépense, cotwdérable pour le temps, prouve qu'alors, comme maintenant, les haute* œuvres n'étaient acceptées que grâce il Jappât d'un tre* fort salaire.
In autre procès criminel nécesMia une dépense de 4$ 1 7 s «1 d. Il est ainsi indiqué
• Pour deniers paies par le \iconte. pour plustcur* mises et despens t.n* par le bailli et procureur de madame et plusieurs .id\ocas et ^ens notables, tant de Rouen et de la terre de I.onpicxilli comme d'ailleurs, ledit \icontc -eruens et autres «itliciets de ma dicte dame, pour faire i 'exécution •' un n>imm* : Jehan I.e Cnondit le Flamenc. ne de Avrc en p.» i - Je Picardie, bani pour certain murdre et ci^ cnmmeux. |Ui;u et condempne .1 morir ■
I .a même année. <iu\ de lloudetot. dit Porquet. j\ait .ius^ ctv «.ondamiu .1 :nort par les juc,e N royaux. La coilhtcation Je sç* biens .1 \ .ut \alu a la comtesse le retenu
d'un fief situe dans le domaine Je Longueville, revenu qui était évalué à 2 5 1. par an.
Après l'expulsion des Anglais, le comté de Longueville fut possédé par Jean d'Orléans, comte de Dunois, à qui il avait été donné, en 1443, par le roi Charles VII, en échange du comté de Mortain.
En 14^7, le receveur de ce domaine était Raoulin Blancbaston. Il avait sous lui des receveurs particuliers c pour ce que ladicte comté s'estendoit en lieux si loingtains Tun de l'autre et en tant de diverses parties que à peine eust esté possible que ung seul reccpveur eust peu entendre a tout et à respondre et avoir congnoissance des parties qui par la guerre avoient esté aliénées et estoient de présent encores en grant nombre incongneues, parce que on n'en avoit aucune déclaracion sur quoy l'en se peut régler. •
Le compte que ce receveur rendit à son maître, pour Tannée comprise entre Pâques 1467 et Pâques 1468, nous fait connaître que Dunois était a Longueville, avec son fils, au mois de juin 14Ô7, et que de là il se rendit à Dieppe. Ce fut, je crois, pendant ce voyage que furent décidés quelques travaux importants, indiqués au compte de cette année-la.
« Deniers paies par le receveur, par l'ordonnance et commandement de mon dit seigneur, pour le paiement des journées de manouvriers qui ont besongné, les moys de juillet, aoust, septembre, octobre, janvier et février 1467, à oster les terres pour prendre les fondemensdu bollevert que mondit s r avoit ordonné estre fait en la place et chastel dudit lieu de Longueville, devers la ville, devant le vieil portail, et mesmes à prendre les fondemens d'une tour à dos d'asne, commenchée au coing de la vielle tour, et ung paon de mur venant dudit dos d'asne audit vieil portail, rompu aussi de grans pannées de murailles qui estoient au dehors des fossés et assemblé de matières de pierre pour besongner ausdits bollevert et dos d'asne. »
Pour exécuter les travaux qu'il avait projeté de faire au château Je Longucville, Dunois s'était adresse ù NîcoU* Duval, maître des œuvres de maçonnerie du Roi au bailliage de Rouen. La confiance qu'il axait en 1 habileté de cet architecte l'engagea à le charger de la construction de son château de Chàteaudun, sa demeure de prédilection Duval fut remplacé à Longucville par Penin Sautin. auquel, dans le cours des travaux, le receveur eut à payer t>o s., € c'est assavoir 40 s., le jour de l'Ascension Notre Seigneur, pour le mouton qu'il est de coutume de livrer aux ouvriers de l'asteliier, qui se mettent et assemblent ensemble à ce jour, pour supporter à leurs despens. ci 2» s. t., pareillement délivrés et baillés le jour Saint-Michic!, que lesdits ouvriers souppent ensemble, pour ce que après ledit jour il/ ne prennent que deux heures par jour, et en précèdent ils en ont trois. ..
Les statues de Bertrand Du Guesclin, de La H ire et de Dunois. les trois plus illustres possesseurs du comté de Longueville. ornaient je ne sais quelle partie du château ile fut. ainsi que je lai fait remarquer dans un travail publié, il y a plusieurs années, un artiste de Rouen, Pierre Le Singnierre le Ci^nerrc. tailleur et maçon, qui lit j Rouen les tabernacle* ou niches ou durent être posées ce» statues.
Je noterai la substitution de 1 ardoise à L tuile pour les couvertures. On employa celte année, à Longueville. pour couvrir les nouvelles constructions. Je l'ardoise que l'on fit venir d'Angleterre par le port de Dieppe. Au \vi* siècle il n'était plus giure question que de l'ardoise d'Ancc:»
Je noterai encore, c^nc ho:i<nab!e pour le p^y<. 1 excellente qu.iItU de la «.civoise qui *e fabriquait à Dieppe. le comte de Duimis lit ». barder en celte ville. pour être Transporte à Lhàteaudun. • un baril de fine sertotte et «ne pipe de *ei v.»isc ordinaire •
Le compte auquel s »nt empruntes ces note> et cet extrait* fut ptésentv a I :aiiyois. co.nte de Dunois et Je
Longueville, seigneur de Parthenay, grand chambellan de France, en son château de Châteaudun, le 29 avril 1470. Jean de Dunois, son père, était mort à Lay, près de Paris, le 24 novembre 1468.
Le compte, rendu au même seigneur, pour Tannée comprise entre Pâques 1473 et Pâques 1474, est du même comptable.
Ce document fournit une preuve irrécusable des ravages commis par les Bourguignons.
« Il n'a esté receu des hommes et tenans de la dite comté, qui eurent leurs maisons brûlées par les Bourguignons es sergenteries de Longueville, Belencombrc, Longueil et Auftay, ou temps durant dudit présent compte.
« La paroisse de Longueville en laquelle tous les hommes et tenans de la fîeflerme ont eues leurs maisons brûlées.
9 Cent sous paies aux trésoriers de l'église N. D. d'Auffay pour emploier en la réparacion de l'église brûlée par les Bourguignons. »
Cette année, c'était encore Pierre Sautin qui était chargé des travaux du château de Longueville.
Je mécontenterai de signaler, parmi les autres comptes relatifs à la seigneurie de Longueville, celui qui fut rendu, pour Tannée commençant à Pâques 1 5 10, par Chariot Blancbaston à M. le duc de Longueville (François d'Orléans II), comte de Dunois, de Tancarville et de Montgommery; — celui qui fut rendu par le même, pour Tannée i5i6, à la duchesse de Longueville (Jeanne de Hochberg), dame de Rothelin, comtesse de Dunois, Ncufchâtel, Charolais, Tancarville et Montgommery, princesse de Chastellaillon, vicomtesse d'Abbevillc et du Crotay, ayant la garde de ses entants mineurs; — enfin, celui qui fut rendu par Jean De la Mare a la reine d'Ecosse, duchesse douairière de Longueville. ayant la garde du duc de Longueville, son fils mineur, pour un an commençant au terme Saint-Michel 1549.
IOO
Deux pièces, que j'ai récemment acquises pour les Archives du Département, nous fournissent le détail de ce qui fut dépensé aux obsèques de Louis d'Orléans I er du nom, duc de Longueville, décédé à Bcaugency le i cr août i5i6, et Tétat de la maison de son fils, Louis d'Orléans II du nom, issu de son mariage avec Jeanne de Hochberg, marquise de Rothelin, lequel épousa, en 1 534, Marie de Lorraine, qui, devenue veuve, se remaria, en 1 53g , à Jacques V, roi d^Ecosse.
Je me contenterai de transcrire ces deux documents, qui ne peuvent donner lieu à aucune difficulté d'interprétation.
« Parties deues à Marin Leritier, tailleur de feu M. le duc de Longueville, pour l'obsèquc de feu mondit s r , en façons par moy faictes cy-après déclarées.
« Pour la façon d'une robe de drap d'or et une couverture pour mectre sur le lict de parement de feu mon dit s r , pour ce xxxu s. vi d.
« Pour ung poisle noir et pour une grande croix blanche de satin doublé de bougran, pour façon, quarante sols, pour ce xl s. t.
« Plus pour le drap mortuaire, de drap d'or, avecques une croix de toille d'argent, pour façon, quarante cinq sols t., pour ce xlv s. t.
« Plus pour avoir faict, à seize chevaulx, à chacun une housse de velours noir avec une croix blanche, de damas blanc, qui est, pour fasson à chacun desd. chevaulx, quarante sols pièce, qui est en somme trente deux livres, pour ce xxxu 1. 1.
« Pour cinq grans manteaulx et cinq chaperons à longue comète, pour dueil, manteau, chaperon, pour façon de chacun, quarante solz t., qui est en somme dix livres, pour ce x 1. t.
« Plus pour huit pages, à chacun d'eulx fait robe et saye de drap noir, ensemble chaperon, qui est, pour pièce à chacun dix soLz t., montent en somme quatre livres.
pour ce 1111 1. t.
« Plus pour quatre paiges, fait à chacun une robe de velours noir, qui est, pour façon de chacune, dix solz, vallent quarante solz t., pour ce xl s. t.
« Plus pour deux laquays. pour façon de pourpoint à chacun d'culx. fou m y de futaine et toille, vingt sols pièce, vallent quarante sols t.. pour ce xl s. t. »
■ Roollc des gaiges des gcntilzhommes, officiers et serviteurs domestiques ordonnez pour le service de notre très cher et très amé ncpvcu Loys, duc de Longueville et de noz cnfnns, ncpvcuz et niepee, pour ung an commençant le premier jour de janvier l'an mil cinq cens vingt et quatre et finissant le dernier jour de décembre l'an mil cinq cens vingt cinq.
Et premièrement.
Ceul.v qui son! ordonne; pour le service de notre dit fil; et ncpvcu le duc de Longueville.
• Mesure Olivier de Hocberg, prothonotairc du Sainct Siège appostolique, 111 e 1. t.
M. du Ludc, vit 1.
Messire Anthoinc de Lamet, v«- 1.
M. de Loges, lieutenant de la compaignic, 111 e 1.
Jehan de Baudreul, maistre d'ostel. président des comptes a Chasteaudun, 111 e 1.
Maigre Jehan Vaillant, maistre des requestes ordinaire de notre dit tilz et ncpvcu, 11 e 1.
Y vc* de Haltes, maistre d'ostel, m»- 1.
Galloys Deschellcs, s' de Marmcignc, maistre d'ostel. in< 1.
Antoine Ticrcelin, escuyer d'cscuyric et maistre des comptes a Chasteaudun. 11 e 1.
Jacques d'Avaugourt. escuyer trenchant. 11 e 1.
François de Varennes, escuyer d'escuyrie, vm™ I. Bertrand David dit Beaumur, vi x * I.
Claude de la Chastre, eschançon T > u c 1.
Philippes de Henencourt, xl 1.
Janus de Thibyviller, xl 1.
Officiers
Robert Albisse, trésorier et receveur général des finances de la maison, n m 1.
Messire Hector Le Touzc. aumosnier, im xx 1.
Jehan de Rouvray, secrétaire, vi xx 1.
Philippes Jehannault, argentier, im xx 1.
Anthoine Vignon, varlet de chambre, lx 1.
Jehan Dancourt, varlet de chambre, pour ce qu'il a cheval à livrée, xxx 1.
Jehan Somper, varlet de chambre, lx 1.
Fleurent, tailleur, xxv 1.
Archiles Fedrich, tabourg, lx 1.
Jehan Cavellier, fourrier, lx 1.
Benoist, fourrier, lx 1.
Marsault Hubeau, sommelier, im xx 1.
André Le Maire, sommelier, im xx 1.
Geoffray Tcxier, ayde en eschançonnerie, xxx 1.
Thomas Angot, faulconnier, i.x 1.
Huguet Marion, huissier, lx 1.
Jehan Vivien, queux, c 1.
Claude Chancon, son aydc, xxx 1.
Perot Vectault, pallefrenier des grans chevaulx, xxim 1.
François Buet, pallefrenier de Tescuvrie, xxim 1.
Pierre Paurlet, son aydc, x 1.
Jehan Villate, mulletier, xxim 1.
Michau Sanyer, mulletier, xxim I.
Deux aydes, xxim 1.
Julien Roy, portier, xxin 1.
Jehan De Mcddes, boucher, xlv 1.
io3
Ceulx qui sont ordonne f pour le service de notre filj et nepvcu, est ans à Vescolie à Paris.
Jehan de la Rinville, gouverneur, ii<= 1.
Maistre Estienne Raymond, magistri, lxx 1.
Maistre Estienne Guimont, chappellain, xxx 1.
A l'argentier, xl 1.
Loyset Du Jardin, queux, xxx 1.
Jehan Dreux, sommelier, xxx 1.
Mathurin de Montdoulcet, varlet de chambre, xxx 1.
Ceulx qui sont ordonne^ pour le service de notre fille et
niepee.
Pierre de Saumerv, \i xv 1.
Loysc de Cicon, femme du seigneur de Mesnillon, c 1.
Jchannc Dupuis, xxx 1.
Jehannc de Savoye, xx 1.
Noël Cornillcau, tailleur et varlet de chambre, xxuu 1.
Maistre Anthoinc Bugnot, secrétaire et contrerollcur général des finances de la maison, vi** 1.
« Robert Albissc, trésorier et receveur général de nos finances, nous voulions et vous mandons que payez, baillez et délivrez aux devant nommez au présent roolle et estât, et à chacun d'eulx respectivement, les sommes contenues par chacun quartier de Tannée, montans a la somme de sept mil huit cens soixante dix-huit livres tournois, et, en rapportant avec le présent roolle les quittances particulières de chacun d'eulx, nous voulions lesd. sommes estre assises et allouées en la despence de nos comptes de la présente année par nos amez et feaulx conseillers les président et gens de nos comptes à Chatcaudun, ausqucls mandons ainsi le faire sans difficulté. Car tel est notre plaisir. Donné à Baugcncv, le dixiesme jour de juing Pan mil cinq cens vingt-cinq. Signe : J. d'Orléans, archevesque de Thoulousc. Jkhannk. Bugnot. »
NOTICE