‹ Nouveau recueil de Notes historiques et archéologiquesChapitre 15 sur 32 · SIR LA CHAPELLE DE L'HOSPICE GENERAL · texte numérisé non relu

SIR LA CHAPELLE DE L'HOSPICE GENERAL

La première chapelle de 1" Hospice-Général de Rouen remonte à lcpoquc où l'on prit le parti de renfermer les pauvres, auxquels jusque-là on s'était contenté de distribuer des aumônes. Elle tut construite en i65i. Farin nous apprend que ce fut ;i la Pentecôte de cette année qu'elle fut bénite sous l'invocati >n de Notre-Dame-de-la-Charité, dont on fit la fête le i5 août, jour de l'Assomption. L'historien de Rouen ajoute : * Il y a aussi des indulgences plénicres et les prières des quarante heures le jour de la Pentecôte et les deux jours suivants pour .remercier Dieu de cet établissement. Le spirituel y est exercé par les prestres de Saint-Vivien ; l'office s'y fait comme dans une paroisse. Il y a même des orgues. »

Les comptes de l'Hospice ne nous fournissent aucun* renseignements sur cette première construction. Nous y

voyons seulement qu'en 1(02, on eut à payer a Etienne t)e Neuville, maître sculpteur, Go s. pour avoir gravé et doré une pierre de marbre noir, posée aux pieds de l'image qui surmontait la porte de la chapelle, et qui avait été donnée par M. des Alleurs, conseiller au Parlement; à Nicolas Baudouin, peintre, 40 1. pour avoir peint, dans la chapelle, le dessous de la grande porte, celle d'à côté, le jubé, etc. . . ; h Guillaume Liégcart, maître menuisier, 1 (> 1. pour 4 prie-dieu, servant de confessionnaux ; à Nicolas Fabulet, autre maître menuisier. i5 1. pour avoir raccommode la chaire du prédicateur; à Pierre Le Prompt, 6 1. pour bois de chënc sec, par lui fourni pour faire les montants de cette chaire; à Delamare, tapissier, 7 1. 1 5 s. pour avoir garni

la même chaire, et fourni, pour cela, du roussjr et du clou dore, nouvelle preuve de l'usage où Ton était encore de préférer, pour la décoration des chaires à prêcher, les tapisseries aux sculptures, contrairement à ce que Ton vit se pratiquer depuis. Dans le compte de 1034, il est fait mention d'un crucifix payé 40 1. à Jean Racine, maître sculpteur; d'un marbre posé, en souvenir d'une donation, dans la chapelle et payé 21 1. 2 s. au même artiste; de tapisseries que l'on empruntait pour tendre la chapelle et y dresser un oratoire au Saint Sacrement, pendant les trois derniers jours de la semaine sainte.

Les travaux de construction de cette chapelle fjrcnt entrepris pendant que M. Damiens, conseiller au Parlement, était chargé de l'administration de l'Hospice. Il est à croire qu'il y contribua dans une large mesure, et que ce fut une extrême modestie qui lui fit supprimer toute constatation officielle de ses bienfaits.

Il eut pour successeur, dans cette pénible fonction, M. de la Motte-Lambert (i\ qui devint plus tard évéque de Beryte. Celui-ci se trouvant à Rome, en K07, et se préparant déjà aux missions les plus périlleuses et les plus lointaines, se souvint delà maison où il avait fait l'apprentissage des œuvres de la charité : il obtint du pape Alexandre Vil le corps entier de saint Basilée, martyr, qu'il s'empressa d'envoyer à l'Hospice >i mars M.0S 1 .

Cette chapelle subsista pendant un siècle et demi.

On y voyait un certain nombre d'inscriptions dont le texte a été donné dans YHistoire de Rouen.

D'autres, qui y furent placées postérieurement aux di- \cr>cs éditions de cotte Histoire, nous sont connues par

1.1 ■ Pierre-Marie Lambert, sieur Je la Boissièrc et de la Motte, fils le PL-rre Lambert, sieur de la Motte, vice-bailli d'Évrcux, et de Catherine Heudey de Pommaimille et de Bocqucncey, né à la Boissièrc, le 2S janxier 1Ô24, nommé le 17 mai 1646, conseiller en la Cour des /Vides de Rouen, remplacé en juillet iô55.

les copies qu'on en trouve dans les archives des Hospices. Nous en citerons ici quelques unes (il

G. B. IHS. MA. G. B.

A la plus grande gloire de Dieu la messe de huit heures, qui se doit dire tous les j mrs à perpétuité en cette chapelle, a été fondée par M* Gabriel Bi^et. presbtre, notaire apostolique et secrétaire du (Chapitre de l'église cathédrale de Rouen, dont le corps repose cr dessous, conformément au contrat passé devant les tabellions de Rouen, le 1 avril it>~7* 'qui est décédé le i 6 février tuX-2* âge de 66 ans. -- Passants, prie^ Dieu pour le repos de son âme et mettef à son imitation vos richesses en dépôt entre les mains des pauvres pour les reprendre dans l'éternité 2 »

Francisco de la Ha ye-Auber.

Presbit. et Senatori Rothotnagensi,

(lu jus nomen.

In his œdibus a se instauratis.

Auctis. instructif per annos LXV,

Pie et féliciter administratis.

Sit pro elogio %

Vero pauperum patri,

Hujus xenodochii curatores

j) Un instant, après la révocation Je l'Huit de Nantes, un eut l'idée de faire rebâtir, pour l'usine de l'Hôpital-Général, le temple de Quevilly dont les matériaux avaient été donnés aux deux hôpitaux de Rouen; mais on renonça à ce projet (10, i3 juillet i685). — En 17110, la chapelle de l'Hospice-Général n 'était pas encore détruite. On y établit un dortoir pour les enfants par délibération du 19 mai de cette année.

(a) « Petit tableau, autrefois situé au côté du midi, vis-à-vis U chaire, à côté des orgues, proche le jubé des femmes, nu-dessus d'une grande épitaphe. »

Grati animi monumentum

Pos.

*&tatis 88 sœculi 81 ( 1 ) .

Epitaphe rédigée par M. Dornay pour la tombe de M. Le Brun, avocat au Parlement, ancien conseiller cchevin, administrateur et bienfaiteur de l'Hospice.

Hic jacet

David Robertus Le Brun.

In senatu Rothomagensi eau s arum patronus.

Urbis ejus ex&dilis.

Hujus publicœ pauperum domus administrator.

Vir integer. ci vis optimus, egenorum

A mi eus

Et pater.

Quisquis es,

Probus. civis. egenus

Luge

Et or a.

Obiit die XXI 1 februarii anno Domini

Page 1