‹ Nouveau recueil de Notes historiques et archéologiquesChapitre 16 sur 32 · M DCC LXXI · texte numérisé non relu

M DCC LXXI

A part ces inscriptions je ne vois rien à signaler dans l'ancienne chapelle de l'Hospice ; elle n'était guère fréquentée que par les pauvres de cet établissement, et par quelques personnes qui y venaient pour la procession de saint Barnabe (2), ou le jour de la fete patronale et pendant la semaine sainte.

Non seulement elle était devenue insuffisante pour le service auquel elle était affectée, mais elle manquait de solidité. C'est ce que constatèrent Charles Thibault, Pierre- Amand Quinel de la Poterie et François Le Queux, archi-

^1) «« Petit tableau de cette epitaphe soutenu par deux figures d'anges entre la fenêtre et le jub<5, proche la porte de la rue, côté du nord. »»

^2) Cette procession ne fut supprimée qu'en 1 700.

tectes experts-jures du Roi pour le bailliage de Rouen et pour tout le ressort du Parlement de Normandie. Ils déclarèrent, à la suite de la visite qu'ils en rirent, le 2<> avril 1 77<», qu'il était indispensable et même urgent d'entreprendre une nouvelle construction.

Les conseillers et les notables de la ville s'assemblèrent plusieurs fois dans la grande salle du Palais sous la présidence du premier président du Parlement, pour aviser aux moyens de se procurer les tonds nécessaires pour cet important travail. On adopta les plans de l'architecte Vauquclin. et l'on décida que l'entrée de la nouvelle églUc ferait face au boulevard Martainville. qu'on avait à cœur de décorer comme étant le commencement de la route royale de Picardie. On décida encore que l'on demanderait au Roi la permission de faire un emprunt de 00,000 1. en constitution de rentes perpétuelles, viagères ou autres. Construction et emprunt furent autorisés par arrêt du Conseil du i«> août 17SJ et par lettres-patentes du 2*) septembre suivant.

D'après le de\is. qui fut imprimé dans le temps, l'entrepreneur fut astreint a employer, pour les murs, des briques de Tosny ou d'autre lieu : pour les fondations, des pierres de libage extraite* des carrières de Caumont; pour les autres parties de la bâtisse, des pierres de Vergelé, de Saint- Leu, deTrossy ou de Contlan*.

A l'intérieur, on devait élever des étages de tribunes dans tout le pourtour de l'église. Ces tribunes devaient être supportées par un ordre de colonnes doriques de deux pieds de diamètre posées a cru sur le pavé de la nef. Cet ordre devait être terminé par une architrave au-dessus de laquelle s'élèverait un socle continu avec des balustrades répondant aux entre-colonnes. Ce socle porterait un second ordre de colonnes ioniques, terminées par un entablement. Le tout composerait a peu près 3<) pieds de hauteur depuis le pavé jusqu'au dessus de l'entablement. Les murs extérieurs et le portail auraient 48 pieds 6 pouces de

hauteur, depuis le bas de la retraite jusqu'au dessus de l'entablement. L'éditice aurait à peu près 160 pieds de longueur, y compris le portail et les cages des escaliers, sur 16 pieds 6 pouces de largeur hors œuvre.

Ce devis fournit la description la plus exacte et la plus détaillée du monument tel que nous le voyons actuellement.

Le fronton devait être orné d'une croix accompagnée de deux anges et surmontée de ces trois lettres empruntées à l'antiquité classique, et que les jésuites avaient mises à la mode, D. O. M.

Jaddoulle, ami de Vauquelin, fut chargé de ce travaildc sculpture dont il ne reste plus de traces. Il fut supprimé à la Révolution et n'a jamais été rétabli.

Lorsqu'on avait abordé la construction de la chapelle, l'architecte avait rencontré des difficultés sur lesquelles il n'avait pas compté et qui tenaient à la mauvaise qualité du sol. Les tranchées ouvertes, on trouva, a plus de 3 pieds de profondeur, deux cuves de tanneur, deux anciens aqueducs et les fondements d'un mur de ville bâti sur pilotis. Ce fut un avis pour l'architecte, qui se crut dans l'obligation de donner 3 pieds de plus de profondeur aux fondations de l'édifice. Il en résulta un excédant de dépenses considérable. On avait prévu une somme de 1 5o,ooo 1. et Ton arrivait à celle de 344,057, qu'on essaya île se procurer au moyen de l'emprunt autorisé de 60,000 1. , dépareille somme accordée par l'Intendant surl'Octroi des marchands, des aumônes de Mgr de la Rochefoucauld, de la Chambre du clergé et de plusieurs personnes charitables. On convint de donner à Vauquelin pour ses honoraires 8,5oo 1. u)

(1) Les adjudicataires furent : Rabardy, pour la maçonnerie. Dupont, pour la charpente. Le sieur Lamine fut chargé de faire 1 :s chapiteaux des colonnes. On lui paya pour ce travail 1,280 1. 18 juin 1788. La Révolution, en diminuant notablement les res-

La première pierre fut posée en 1785. Voici le texte de l'inscription, gravée sur cuivre, destinée à conserver le souvenir de cette cérémonie.

\RMOIRIKS DI- (ARIHNAI 1>E LA ROCHEFOUCAULD

Régnante Ludovico XVI.

Hoc Sosocomii Generalis Templum

Erexit Civitas Rothomagensis

Rem Pietate Coluit

Auctoritate Promovit

Munificcntia Maturavit

Votisque Administratorum Favens

Primum Posuit Lapident

Eminentissimus /)/). Dominicus de Rupefucaldi

Sanctœ Romance Ecclesia? Cardinalis

Archiepiscopus Sedis Rothomagensis

Primas Sormannnv

Totius Ordinis Cluniacensis Abbas Et Super ior Generalis

Ordinis Sancti Spiritus Commendator

Administrator Princeps Ejusdem Sosocomii

Cujus Bonum Impiger

Studio Consiltis Donis

Pro Genii Bcncf.centia Fovit Et Sutrivit

Anno Salutis M. DCC. LXXXV.

Architecto Bernardo Vauquelin Rothomagaw

Cette chapelle ne fut achevée qu'en 1740. I^a bénédiction s'en fit le 2 5 mars, jour de l'Incarnation de N. S., sur les 4 heures de l'après-midi, par M. l'abbé Papillault. cha-

jfcuurces de l'Hospice, mit les administrateurs dans l'impossibilité de payer les adjudicataires et les fournisseurs, l.e 2 3 novembre

1790, on ne pou voit offrir ù Vauquelin. auquel on restait redevable de 2f,525 1., qu'un à-compte de 3oo 1. Le 14 décembre

1791, on devait encore 3 1,886 1. Le 18 avril 1792, la veuve de Dupont, décédé antérieurement au 7 mai 1788, réclamait, sans pouvoir l'obtenir, le paiement de 1,000 1. dues a son mari.

noine. administrateur de l'Hospice, délégué par l'archevêque, qui était retenu à Paris par les travaux de l'Assemblée nationale.

On y logea les 3 cloches des Célestins, que Ton avait achetées, le 10 novembre 1784, i,o5o 1.

On y posa une inscription gravée sur plaque de cuivre ainsi conçue :

Pour perpétuelle mémoire des dons et bienfaits répétés

De Messire Jacques-Christophe de Germont

Conseiller clerc en la grand chambre du Parlement de

Sormandie au profit de cet Hôpital et singulièrement

Des enfants exposés.

Du 2 5 février j-j63.

« Par délibération du bureau d'administration, sur le rapport de ses dernières dispositions, il a été arresté de s'occuper du soin de remplir son intention en formant, s'il est possible, l'établissement qu'il s'est proposé pour élever les enfants trouvés, lors duquel il sera pris les mesures nécessaires pour conserver et perpétuer la mémoire et reconnaissance, tant de ce qu'il a aumône en vue d'icelui, que de ses autres bienfaits.

t bit, en attendant, qu'il sera célébré dans cette église un service solennel, auquel tous les pauvres assisteront également, lequel service sera répété à perpétuité le 24 février, jour de son décès.

« Que les enfants et singulièrement ceux exposés, qui ont été l'objet de sa charité, réciteront chaque jour le pseaume De Profundis A son intention.

« Que, quoi qu'il n'ait été demandé pour son inhumation que quatre écoles, tous les enfants y seront envoyés.

« Kt que pour témoignage public tant de ses bienfaits que de la gratitude, la présente inscription seroit ici placée :

Pauvres* renfermés dans l'Hôpital, Et Fidèles qui visite^ cette Eglise.

Prief Dieu pour le repos de son âme.

Pour perpétuelle mémoire

Des dons et bienfaits

De Messire Jacques -Christophe de Germant,

(Conseiller clerc en la grand' Chambre du Parlement

De Sormandie.

« Cet établissement, envisage depuis longtemps nécessaire pour la conservation des enfants trouves, n'est devenu possible que par les libéralités de ce Père des Pauvres.

• Mais en s'occupant de remplir ses intentions, il a été indispensable, l'Hôpital ne pouvant suppléer à la dépense, de se réduire, par forme d'essai au nombre entretenu de trente enfants, en attendant que la Providence le mette en état, par les aumônes des fidèles, de subvenir a tous.

• Lecteurs qui applaudissez à une œuvre aussi charitable que patriotique, contribuez à son exécution. »

On mit l'inscription suivante sur la tombe du chirurgien Leschevin :

Cy gît Jean-Baptiste- A ndré Leschevin.

Chirurgien émérite de cet Hôpital*

Autant estimé pour ses vertus

Que regretté pour ses rares talents.

Il cessa de vivre

Le huit mars i-$8.

Agé de 55 ans # mois.

Après avoir employé 3 2 ans

Au soulagement des pauvres

De cette maison.

Que son âme repose en paix \\).

(1) Cette inscription fut posée en vertu d'une délibération de l'administration, du 3o juillet 1 788.

A peine construite, cette église fut enlevée au culte (it. Elle servit pendant plusieurs années à des usages profanes. Elle tut rendue à sa destination après le Concordat, et Ton prit soin d'y rétablir, en vertu d'une délibération du 2 juillet i8oô, tout ce qui pouvait conserver le souvenir des actes de bienfaisance qui avaient eu lieu, et pour cela de remettre a leur place les inscriptions sur marbre et sur cuivre qui n'avaient pas été détruites.

Je n'ai pas a apprécier le mérite architectural de la chapelle de F Hospice. On ne saurait nier que Texte rieur ne présente un aspect peu avantageux; mais l'intérieur ne manque ni d'élégance, ni de majesté, et Ton s'explique, jusqu'à un certain point, qu'il ait excité l'admiration des contemporains de Yauquelin, qui a laissé, du reste, la réputation d'un habile architecte.

Tel qu'il est. il est précieux pour la ville de Rouen. comme un type unique, dans ce pays, de l'architecture religieuse à une époque où les préjugés gothiques, comme on disait, n'entravaient plus l'essor du talent. Il rentre dans la classe, non pas des monuments remarquables, maU des monuments curieux.

Malheureusement, bien qu'il n'ait guère dépassé l'âge de l'homme, il est décrépit comme un édifice antique, et il y aurait peut-être lieu d'en réclamer le classement parmi les monuments historiques, si l'on ne s'était fait une loi de s'arrêter à l'époque de la Révolution.

v ii Dis le i-S mars 17^0. un avait défendu Je tenir l'église. ainsi que lis partes et barrières extérieures de l'hospice, ouverte* pour le public pendant la quin/ainc Je Pâques. On s'était aper çu qu'on s'y portait pour éviter toutes relations avec les prêtre» constitutionnels vies p.in»:ss.s. — Le 14 mars 179a, l'aumônier du régiment suisse Je >»ulis->;iniaJe ubtmt la permission J'y faire les inMriKtions iu\ solJ.its

NOTES

ARCHEOLOGIQUES EXTRAITES DES ARCHIVES DES OFFÏCIALITKS DE FÉCAMP ET DE MONTIVILL1ERS

En classant, pour en faire l'inventaire, les documents provenant des officiai i tés de Fécamp et de Montivilliers. déposés actuellement aux Archives départementales, j'ai relevé quelques notes qui m'ont paru présenter un certain intérêt archéologique.

Je ne ferai guère que les rapporter, sans trop me préoccuper d'établir entre elles des transitions qui seraient peutêtre forcées, et qui, d'ailleurs, ne sont pas indispensables.

Toussaint Varin, Augustin de Rouen et évéque de Thessalonique, fut appelé à bénir, le 26 mai i3o7, l'autel de N.-D. en l'église de Veules ; le lendemain, les autels de Saint -Nicolas et de Sainte- Barbe dans la nef de l'église dlngouville, et un autre autel, en l'honneur de saint Vuneng et de sainte Kulalic, dans l'église de l'abbaye de Fécamp, près de la chapelle in qua monstratur sanguis Christi. Le dernier mai de la même année, on le voit dédier l'église de Saint-Etienne de Fécamp, aujourd'hui classée parmi nos monuments historiques. M. l'abbé Cochet, s'en rapportant sur ce point au Gallia Chrisihna. fait honneur de la construction de cet édifice à un personnage bien connu parmi nous par son goût éclairé pour les arts, Antoine Bohier. Si cette asseition était fondée, il faudrait convenir que les travaux auraient été menés avec une rapidité surprenante, puisque, par suite du procès qu'il dut soutenir contre dom Le Roux, nommé abbé par les religieux, Bohier ne put prendre possession de l'abbaye de Fécamp qu'en 1 5oô, bien qu'il eût été nommé, par le

Roi, abbé commenda taire, Tannée précédente. Il est douteux qu'il ait longtemps séjourné dans ce monastère. Le 18 septembre i5i2, on y constate sa présence, par la bénédiction qu'il y fit des autels de N.-D. ad Virgines et de Saint-Jean-Baptiste.

Le Répertoire archéologique de la Seine-Inférieure attribue à un nommé Robert Chardon la composition d'un admirable groupe de pierre, le Trépas de la Vierge, qu'on voit encore dans l'église de Fécamp. L'artiste, à supposer qu'on n'ait pas pris pour son nom celui d'un donateur, pourrait bien n'être autre que le compilateur d'un recueil d'actes à l'usage du secrétaire de l'abbaye, Stylus pro secretario, où nous lisons, au premier feuillet, cette étrange signature :

« Celuy qui fit de sa char don Veuille saulver Robert Chardon, Non pas chardon , qui drap chardonne.

Mais dom Robert, qui sa char donne ; Car mieulx sçavoit la char donner, Que de chardon drap chardonner. »

Ne faudrait-il pas conclure de ces rimes que Robert Chardon était pitancierde l'abbaye de Fécamp? Quoi qu'il en soit, il nous en coûterait moins de lui supposer le talent d'un artiste que celui d'un poète, même médiocre.

Passant de Fécamp à Montivilliers, constatons tout d'abord que l'église principale de cette dernière ville, Saint- Sauveur, était à la fois conventuelle et paroissiale. Par l'effet de cette circonstance, il y eut toujours, dans cette église, deux intérêtsen présence, celui des religieuseset celui des paroissiens et de leur curé. Quatre communautés à Rouen: Saint-Amand, Saint-Lô, Saint-Ouen, Saint-Paul, axaient connu, dans des temps plus ou moins reculés, cette situation embarrassante. Elles avaient fini par s'y soustraire, en faisant construire, non sans de grands frais, à côté des églises primitives, qui redevinrent exclusivement conventuelles, d'autres églises qui furent mises à la dispo-

sition des paroissiens. Il en fut autrement à Montivilliers. où l'opposition d'intérêts ne cessa d'amener de fâcheux conflits à propos de tout : heures des offices, portes, cloches, bancs et sépultures.

Pour ce dernier objet, cependant, un arrêt de l'Échiquier avait régie d'assez bonne heure, ainsi qu'il suit, les droits des parties :

« Si ne pourront les parroissiens ou trésoriers faire enterrer en la dicte église quelconque personne que ce soit, se ce n'est par le congié ou licence de Pabbcsse ou tresorière de la dicte église, de leur doyen ou officiai, ou Je l'ungd'icculx : mais, le congié demandé par le< amysou exécuteurs des trespassés, la dicte ahbesse, pour honneur et contcmplacion du cappitaine, et pour la bonne amour et affection qu'elle veult avoir aux dits habitans, a accorde que elle ou la tresorière de la dicte église, leur doyen et officiai, ou l'ung d'eulx, ne pourront refuser le dict congié ne empescher aux dicts parroissiens et habitans, pour le temps advenir, que eulx ne puissent enterrer quatre personnes notables d'icellc parroissc dedens le corps de la dicte église par chacun an, oultrc le canchel d'icclle église, en allant vers la grant porte de la dicte église, et, se plus y en avoit qui eussent la dévotion d'estre enterrés en la dicte église, ce sera et demourra du tout en l'ordonnance et plaisir d'icelles religieuses. •

Jusque dans les derniers temps, l'autorisation des religieuses fut rigoureusement exigée ; elle était, du reste, subordonnée à la condition de payer certains droits au trésor de la paroisse.

Notons seulement l'inhumation de Michel de Surcsncs. que le roi Charles VII avait envoyé comme capitaine à Montivilliers, et qui y décéda en décembre 143 3, avant d'avoir vu le pays de Caux redevenir, presque en entier, la proie de l'étranger; celle de Marguerite, femme de Jean Deschamps, sieur d'Esnitot, 2 5 octobre i5o8; celle d'un écossais, Jean CoUos, qui fut tué au service de la France.

dans un combat naval livré aux Anglais près des côtes de la Normandie. Notons encore, à une autre époque plus récente, l'inhumation de Louis-Georges Feudrix, écuyer. sieur de la Fontelaye, lieutenant civil et criminel au bailliage de Montivilliers, i er avril 1742. La demande avait été rédigée par le fils du défunt, Louis-Georges Feudrix, écuyer, sieur de Brcquigny, qui demeurait pour lors à Montivilliers, et qui plus tard devait se faire un nom comme érudit.

. Ce fut, croyons-nous, dans les difficultés que les paroissiens de Saint-Sauveur éprouvèrent, en mainte circonstance, de la part des religieuses, pour la sépulture de leurs défunts, qu'il faut chercher le principal motif de rétablissement, en dehors de la ville, du cimetière de Brisegaret, où ils finirent par avoir une galerie couverte et même un oratoire.

La formalité d'une demande à présenter à l'abbaye paraissait assez naturelle ; après tout, il est juste de reconnaître qu'elle n'était pas tellement difficile à remplir que l'église Saint-Sauveur n'ait été bientôt transformée en véritable nécropole.

Il est plus extraordinaire qu'au xv* siècle on ne pût, sans la permission des religieuses, ouvrir la grande porte de cette église.

Une permission de ce genre fut obtenue à l'occasion de la célébration de la première messe de deux enfants de la ville, Nicolas Le Faé, et Jean Le Fèvre, dit le Ramène, en 1434.

I«a même autorisation fut constamment requise pour établir des confessionnaux, des chaires, tabourets ou bancs dans l'église; pour mettre, aux chapelles, des clôtures de menuiserie ; aux autels, des contretables ; aux fenêtres, des verrières ; le long des murs, des statues ou des tableaux. 11 est à remarquer que la décoration des chapelles fut l'œuvre à peu près exclusive des particuliers ou des confréries. Il n'en dut rien coûter ou peu de chose à la

fabrique. Nous avons eu l'occasion de foire la même observation à propos de la cathédrale de Rouen.

Le confessionnal, en tant que meuble plus ou moins orné, d'une construction spéciale, paraît avoir été inconnu jusqu'à la fin du xvi* siècle.

Le m novembre 1Ô04, le vicaire Thomas Hermcrel demanda la permission • de faire bâtir, du côté de la chapelle de Saint-Nicolas, entre les deux premiers piliers d'en bas de la clôture du chœur, un confessionnaire de bois, de 6 pieds de long sur 2 pieds de large. • Il promettait d'en abandonner la propriété à l'église. La permission lui en fut accordée.

Plusieurs années auparavant, Jean Hacquct, avocat pour le Roi au bailliage de Caux. avait demandé qu'il lui fût permis « de faire rétablir, dans la chapelle où estoit la vitre de la Transfiguration, une chainturc de noir avec scn armoiries, qu'il y avoit fait placer lors du décès de son père, pour plus grande mémoire et décoration des trépasses. » • Aucuns, disait-il. ne sça voit de quel esprit, avoiont effacé et dilué icellc chainturc noire. • J'ignore quel fut le sort de sa demande. A mon sens, c'était bien assez de permettre au patron d'une église de l'entourer de ceinture ou litre funèbre, comme attestation publique de droits honorifiques. Pourquoi, sous prétexte de quelques actes de libéralité, des particuliers auraient-ils mis à perpétuité une chapelle en deuil, afin d'avoir sujet d'y placer leurs armoiries? En tous cas, la prétention est à noter, et il est à croire qu'on en rencontrerait plus d'un exemple.

Disons, en passant, que la vitre à laquelle Hacquct faisait allusion dans sa requête rappelle le titre sous lequel l'église elle-même était dédiée. Saint Sauveur était Notre Seigneur honoré dans le mystère delà Transfiguration, de même que Sainte Croix, vocable de nombreuses églises. est Notre Seigneur honoré dans le mystère de la Passion, et peut-être aussi dans celui de la Résurrection.

C'est du moins ce que je crois comprendre d'après une

pétition du curé et des paroissiens, tendant à ce qu'il leur fût permis « de faire établir, sur le grand autel de leur église, un tableau en forme de ré table, avec colonnes, pilastres, arquitraves et cornisses et au dessus deux figures d'anges, avec l'image du Salvator au milieu, et, en plate peinture, l'istoire et mistère de la Transfiguration de N.-S., » 1617.

Ce rétable dut remplacer une peinture à l'huile représentant aussi Vhistoire de la Transfiguration. Ce travail avait été exécuté aux frais des paroissiens, en 1 585. Mais trente années, c'est plus qu'il n'en faut pour que le goût soit profondément modifié.

Je laisse de coté toutes les requêtes des confréries, bien qu'il y en ait d'assez curieuses, et je me contente de citer celle d'un capitaine de marine, auquel on ne saurait contester le mérite d'avoir bravement servi son pays.

« A Madame, Madame de Moustiervillier.

« Nicolas Lescollier, escuier, sieur d'Aubyéville, cappitaine d'une navire naguères équipée par lui contre les ennemys, vous supplie que une ensaigne que luy et ses compaignons victorieux ont prinse sur les adversaires du sang de France, icelle ensaigne soit installée en l'église de Sainct-Saulveur de Moustiervillier, pour la dévocion et confidence qu'ils ont eue à Notre Seigneur et remembrance dudit Seigneur, et vous ferez bien. Faict lexvin* jour d'octobre l'an mil cinq cents quarante-deux. » Signé : N. Lescollier.

11 n'est guère permis de douter qu'une demande aussi légitime n'ait été favorablement accueillie. Mais pourrait-on affirmer que cet étendard, glorieusement conquis, ait orné longtemps les murs de l'église Saint-Sauveur? Si Ton était tenté d'accuser le patriotisme des habitants de Montivillicrs. qu'on commence par nous dire quel cas l'on a fait, à Paris, des drapeaux conquis par l'illustre tapissier de Notre-Dame.

On connaît le cimetière de Champflcury prèsd'Harllcur. Ce cimetière, aujourd'hui le seul de cette ville, fut pourvu d'une chapelle, sur la demande des paroissiens, en 1 5 1 5 ; mais il existait bien antérieurement. On le trouve cite des 14N1, ce qui n'empêchait pas qu'il y eût, près de l'église paroissiale de Saint-Martin d'Harfleur, un cimetière avec charnier, lequel, aujourd'hui disparu, a laissé, comme trace de son existence, à la rue voisine, le nom de rue des Os rangés, dont on a fuit, par un euphémisme volontaire, ou par pure ignorance, la rue des Orangers, en substituant, sans souci de la réalité, un nom gracieux à un nom singulièrement lugubre. Le mardi de la semaine sainte 14*1. Nicolas Osmont, clerc de la paroisse d'IIarrleur. était condamné a l'otficLilité pour le fait d'avoir arraché du cimetière de Champtleury un aistkki in du nom de Radele Ausac, qui était venu s'y mettre en franchise, comme dan^ un lieu sacré.

Je signalerai dans les archives de rotlicialité de Montivillicrs un document relatif à la translation en la chapelle de la Sainte-Trinité, appartenant à M. de Saint-Supplix. de la statue vénérée de Notre-Dame des Flots, qui jusqu'alors était restée exposée au portail de l'église d'Hartleur. 1715; — une information faite par l'autorité ecclésiastique au sujet de la démolition opérée à la hâte et nuitamment, au grand scandale des bourgeois de Montivilliers, de l'antique chapelle de la léproserie de Saint- Gilles, par ordre des administrateurs de l'hôpital général du Havre, lesquels avaient obtenu la réunion des biens de la léproserie à leur établissement, et n'avaient rien de plus à cœur que de s'exonérer des frais d'entretien et de réparation d'un édifice devenu, suivant eux, absolument inutile. 17 iN; — la visite faite par Jean de Genouville. licencié ès-lois. doyen de Monti\illicrs, de l'église Saint-Paul de Rouen, en 1572. Le procès-verbal dressé à cette occasion constate que l'église conventuelle avait été ruinée dix ans auparavant : le comble menaçait ruine ; il avait fallu mettre deux

arbres debout pour le soutenir ; la salle capitulairc restait sans verrines (vitres), sans bancs ni chaires. L'église paroissiale, distincte, on le voit par ce document, de l'église conventuelle, n'était pas en meilleur état : elle n'avait plus même de portes.

Les bâtiments du prieuré de Saint-Paul, réparés tant bien que mal, furent, de nouveau et plus sérieusement encore, endommages pendant le siège de 1 592. Démolis en partie, ils couraient le risque d'être entièrement abandonnés. Par bonheur, la prieure d'alors. Barbe Cavelier, appartenait à une famille de Rouen, riche et considérée. Son père, lieutenant général du bailli, mit son honneur à rétablir le prieuré, de manière à faire regarder comme un acte de sage administration la nomination qui avait été faite de sa fille à la dignité de prieure, sorte de compensation qui avait été accordée à celle-ci pour la consoler de la perte du titre d'abbesse de Montivilliers qu'elle avait porté pendant quelques années. Ce fut sans doute aux travaux qui furent entrepris, en 1598, que nous sommes redevables de la conservation de l'ancienne église, type précieux de l'architecture romane primitive.

L'église Saint-Paul fut visitée, le 18 avril iôo3, par Jean Quatresols, doyen deGournay, comme délégué du vicaire général de l'exemption de Montivilliers. L'ordonnance qu'il rendit, à la suite de sa visite, contient la prescription suivante : Tarn vicario quam parrochianis injunctum fuit ut cruces in monimentis defunctorum sculpta? delerentur. Vers le même temps, le célèbre Jacques Gallemant, curé d' Au maie, visitant l'église d'Harfleur, en vertu de pareille délégation, ordonnait aussi « que les tombes où le signe de la croix était empreint seroient levées et defètes. »

On trouve une prescription du même genre dans un questionnaire ou sorte de Mémento rédigé, en 1648, à l'usage du vicaire général de Fécamp, pour appeler son attention sur les points principaux qu'il devait examiner dans la visite des églises.

An sint cruces vel aliœ imagines per pavimentum ccclesiœ vel nomina Dei vel sanctorum, quod non decet.

Le même questionnaire contient quelques articles concernant les chaires à prêcher.

An suggestum sit in loco apto et convenienti, ut commode sermocinaturus ab omnibus audiatur.

An ibi sit crucifixi effigies apte accommodata.

An scala, qua ad illud ascenditur, sit plana et commoda.

An super illud sit baldachinum, decenter ornatum. ne vox concionatoris desuper dilatetur ac diffundatur ( i ).

La chaire était donc alors d'obligation pour les églises du diocèse de Rouen, dont les exemptions de Montivilliers et de Fécamp ne firent jamais que suivre les usages ; clic devait être ornée d'un crucifix et surmontée d'un abatvoix, contrairement à ce qui se pratiquait encore au ivi« siècle, mais on ne voit pas qu'on se fût encore avisé d'en vouloir faire une œuvre d'art. Souvent, aux fêtes solennelles, on la couvrait de tapisseries. Citait par H seulement qu'elle prenait un aspect quelque peu artistique La chaire de la cathédrale, mobile et portée sur des roulettes, a paru a nos contemporains, malgré les souvenir." qu'elle rappelait, indigne du lieu où elle était placée : par sa simplicité, elle répondait parfaitement aux goûts de l'époque où elle fut construite.

Le questionnaire de 1Ô48 nous fournit une citation concernant un autre objet du culte, auquel on n'attachait pas une moindre importance.

An sit crux in medio ecclesia? cumymagine Christ t reetc elaborata ?

Il s'agit ici d'un crucifix qui devait être placé entre net

( 1 ) En visitant l'église Saint-Barthélémy, le 18 janvier i5ao fv. t.), le doyen de l'exemption de Montivilliers, Jacques Le Roux, enjoint aux trésoriers de la paroisse de faire faire unam parvam catkedram ad faciuidum pronum et predicandum verbum Dei.

et chœur et qui généralement était posé sur une poutre transversale ou sur un arc triomphal.

Ce crucifix était de rigueur. Le 29 janvier i3q8, les religieuses de Montivilliers soutenaient contre les paroissiens de Saint-Sauveur que ceux-ci ne pouvaient avoir, dans la partie de l'église qui était affectée au service paroissial, « aucunes ymages eslevées sans la licence d'icelles religieuses, excepté seulement l'image du crucifix. » A la suite de la visite de 1 église de Rouelles, le dernier mai 1 535, injonction fut faite par le vicaire général de Montivilliers, au trésorier de la paroisse, ut cicius quant commode fier i poterit, altius erigere faciat duo altaria prope crucifixum dicte ecclesiœ existentia, illisque erectis, pendentem e lat ère faciat constituere et apponere. Ordre de faire faire une image du crucifix, au trésorier de Saint- Barthélémy, le 14 mai 1 582 ; — à celui d'Octeville, le même jour; — à celui de Rollcville, le 23 juin 1 596.

Si nous réfléchissons aux usages du moyen-âge, nous comprendrons que c'était le moins qu'on pût faire que de placer un crucifix à l'entrée du chœur pour tenir lieu de ces clôtures appelées jubés ou pupitres^ ornées jusque-là d'un crucifix monumental, souvent accompagné des images de la sainte Vierge et de saint Jean, et dont il est aisé de constater l'existence dans les plus modestes églises.

Citons seulement, dans un registre de l'exemption d'Argences, ce qui a trait à l'église d'Amondeville, visitée en i5o6 (1).

Entre autres recommandations faites aux trésoriers, on remarque celle-ci : • Fieri faciant ambonem novum in pulpito. »

On voit par là, ce que les délibérations du chapitre de la cathédrale nous avaient déjà appris qu'on faisait une différence entre l'ambon et \e pupitre ou jubé. Mais j'avoue

(1) Aujourd'hui Mondcvillc, arrondissement et canton de Caen.

être hors d'état d'indiquer sûrement en quoi elle consistait.

Suivent ces autres prescriptions :

Fiat piscina prope fontes ad abluendum manus dum baptijantur pueri.

Reparetur benegerium seu vas in quo reponitur aqua benedicta prope magnam valvam ecclesiœ.

Amoveantur archœ in navi ecclesiœ existentes.

C'était donc alors l'usage qu'il y eût une piscine près des fonts baptismaux ; — un bénitier près de la grande porte de l'église. Dans cette église de village, nous rencontrons ces coffres et ces bahuts où étaient déposés les ornements. les livres d'offices, et même les papiers des confréries et des chapelains. Il n'y a guère lieu de s'en étonner, puisqu'il en était de même dans notre cathédrale.

Un compte du prieuré de Saint-Paul de Rouen, de 1438- 1439, fait mention, au chapitre des recettes, des lettres de mariage et des écuelles de noces. Je suppose qu'il faut entendre par là les offrandes que l'on recueillait à la cérémonie des mariages dans des bassins particuliers affectés à cet usage.

On donnait vulgairement le nom £ écuelles à ce que l'on appelle aujourd'hui bassins, et le plus souvent ces bassins servaient de supports a des chandeliers.

En 1 585, le prévôt d'une confrérie de Saint-Sauveur de Montivilliers obtient la permission « de mettre 4 petits chandeliers de bois aux écuelles d'étain où seroient posés 4 cierges, le tout sur le travers d'une chapelle de la confrérie, ainsi que cela avoit lieu aux chapelles de la Trinité et du Saint-Sacrement. »

Encore aujourd'hui, à Pont-l'Evéquc, les confrères de la charité ont l'usage de faire la quête dans un bassin de cuivre où se trouve posé un chandelier.

Je finirai par deux citations qui donnent beaucoup a penser sur les changements qui ont pu survenir depuis le

moyen-âge dans l'état de la Basse-Seine et de la Lézarde, son affluent.

Un procès s'éleva, en 1660, à propos des limites de leurs paroisses respectives, entre le curé d'Harfleur et celui de Saint-Nicolas de l'Heure. Le premier prétendait justifier que la rivière d'Harfleur (autrement la Lézarde ; ce nom est assez moderne) • prenoit son cours et alloit rendre à l'ancien Hoc pour se décharger dans la Seine par le noir rocher ou noir perré. » Il y eut là-dessus mémoires et enquêtes ; mais je ne saurais dire si le curé prouva son dire de manière à ne laisser aucun doute dans l'esprit des juges.

L'autre citation est empruntée à une pièce de procédure plus ancienne.

Le 29 janvier 1 398, les paroissiens de Saint-Sauveur reprochaient aux religieuses de Montivilliers d'avoir laissé annuler le port Gaiffre ou Gahiffre. • qui souloit estre en la dite ville ou près d'illec, et ouquel venoient les vesseaux, chargés de denrées et de marchandises. »

Les religieuses reconnaissaient que le fait était fondé; mais que, loin de leur être imputable, elles en étaient les premières victimes, puisque l'annulation de ce port avait réduit à rien leurs droits de coutume.

Je me trompe fort ou ce changement dut être la conséquence naturelle des travaux qui furent entrepris à Harfleur par ordre du Roi. Comment les vaisseaux auraientils pu remonter jusqu'à Montivilliers après que Ton se fut avisé d'établir des écluses entre cette ville et la Seine, dans l'intérêt du clos des Galées d'Harfleur?

Le chroniqueur anonyme cité par Farin, après avoir dit que Thomas de Renicourt n'avait pas laissé d'enfants de son fait, nous parle de son fils puîné Guillaume de Gades Renicourt, qui serait mort outre mer en la saillie de Damiette , du mariage de celui-ci, de ses enfants et de la famille de Saint-Laurent, alliée aux Gades Renicourt (n.

Nous avouons, sans le moindre embarras, que tout nous paraît suspect dans ce récit : le titre d'honorable donné a un chevalier; cette accumulation de titres de seigneurie*. hors d'usage au moyen-âge ; cette qualification de capitaine du pont de Rouen ; ce nom de dame des Alorges au lieu de dame Alorge: cette mention d'armoiries compliquées, avec une devise, sans compter ces 5o chapeaux de batailleurs et ces Horins d'or aux léopards. A vrai dire, je ne puis voir là qu'une grossière supercherie imaginée par un généalogiste du xvi* siècle, sinon même du xvn* siècle, pour flatter la vanité d'une famille qui n'y regarda pas de trop près, et dont les alliances et les armes sont rappelées dans ce singulier document avec un à-propos fort équivoque.

J'ajoute qu'on ne trouve aucune trace d'un chevalier Gades Renicourt, ni de ses enfants ni de ses prétendues libéralités, dans les archives des établissements dont il fut soi-disant le bienfaiteur.

On voit bien que l'abbaye de Sainte-Catherine possédait anciennement un moulin sur Robec; mais on voit auss»

proche Saint-Maclou au lieu qui est possédé par les Pères Chartreux et les religieux de cette abbaye et t'appelle encore l'hâte! de Sainte-Ottierinc. » Cependant Doni Pommeraye a mis celte note en maru bette : « J'ai toutefois do la peine à croire ceci, ^'autant que Saint-Maclou était hors de la ville en ce temps- là. • (i) Famille de Saint-Laurent. Snint-l^-iurent, Général de Normandie, domicilie sur la paroisse Saint-Jean de Rouen dès 1 533. décède le \ r < avril ibMi. Autre Général, Jean de Saint- Laurent. décédé le jo décembre i z >\''>, inhumé dan» le choeur de Stmt- Jcan Je Rouen.

qu'il lui appartenait bien antérieurement a la tin du \iu e siècle, et je suis très porte à croire que l'hôtel de la rue des Crotes faisait partie de sa dotation primitive.

Pour nous en tenir aux documents certains, disons que cet hôtel, dit l'hôtel de Sainte-Catherine, devait être, entre î.i Saint-Michel 1451 et la Saint-Michel 1452, habité par quelques-uns des religieux de la Sainte-Trinité-du-Mont. Cette année-là, à l'occasion d'une inhumation, ces religieux tirent une donnée (distribution) dans le cimetière de Saint-Maclou, leur paroisse : ils payèrent a l'œuvre de saint Maclou 18 d.. au tbssier qui ouvrit l'huis de l'aître, 1 5 d.. aux maçons de l'aître. 2 s. 3 d.

Tn compte de i5î2 fait mention de 20 mesures de bûches, de 2 mu kl s d'avoine qui furent portes à la maison des religieux de Sainte-Catherine : de certains travaux qui furent faits au jardin dépendant de cette maison.

Kn 1600. après que la manse abbatiale de Sainte-Catherine eut été réunie à la Chartreuse de Bourbon-lès-Gaillon, qu'on eut rase, conformément à l'ordre du Roi, les murs de la vieille église, contemporaine de Guillaume-le-Conquérant, les religieux bénédictins transférèrent leur communauté à l'hôtel Sainte-Catherine. Ils l'occupaient lorsqu'ils traitèrent avec l' Hôtel-Dieu de Rouen, qui leur donna, en échange d'une partie de leurs biens, le prieuré de Saint-Julien près de Rouen, où ils vécurent assez librement et presque sans forme de communauté jusqu'à ce que, moyennant quelques pensions viagères, les derniers représentants de l'antique monastère abandonnèrent aux Chartreux ce qui leur restait de leur temporel.

Le 21 février n»oi. ils avaient loué à Charles Le Sueur c leur maison de Saint-Maclou. dite vulgairement la maison abbatiale de Sainte-Catherine, ayant issue par la rue des Crottes. •

En 161 3, ils tirent bail de cette maison à Pierre Martel. bourgeois de Rouen. Fille est ainsi désignée : « Une maison de fond en comble avec le jardin, court et cstable. dépen-

dant de ladite maison, nommée l'hostel Sainte-Catherine, assise en la paroisse Saint- Maclou de Rouen, ayant sortie, d'un costé, en la rue Notre-Dame, et, d'autre costc, a la rue des Crottes, réservé ung corps de logis estant proche de la porte du costé de ladite rue des Crottes et une vuide place joignant la maison appartenant à l'abbaye de Corneville. » Le bail était fait pour 9 ans par le prix de 3oo 1. par an, a charge, au preneur, d'entretenir la maison de menues réparations, de ne point charger les greniers de plus de 5 à 6 muids de grain, de tailler la vigne du jardin, de conserver les arbres fruitiers, de souffrir l'entrée des religieux de ladite maison pour aller chercher de l'eau au puits, quand ils occuperaient le corps de logis par eux réservé. Us avaient aussi retenu que, dans le cas où ils seraient en nécessité de sortir de la maison de Saint-Julien à cause des guerres, le preneur serait obligé de leur quitter cette maison, à condition qu'on lui rendrott le vin au prorata, sans formalité de procès. »

Nouveau bail pour le même prix, pour le même espace de temps, au même particulier, en 1621. Il s'obligeait à faire avance de ;3t)l. pour la construction d'un bâtiment neuf le long de la rue des Crottes. Dans le même temps, le petit corps de logis dont il est question ci-dessus était loue à la veuve et aux enfants de défunt Guillaume Bcllin, qui pourrait bien être le pere du prieur des religieux de Sainte* Catherine transféré* à Saint-Julien.

Le 3 no\emhre no y. bail du même hôtel à Michel Cave* lier, marchand de Koucn. Les bailleurs retiennent encore la faculté pour eux Je venir demeurer dans cette maison, • d.ins le cas où la guerre et le ravage les obligeraient a abandonner leur abbaye. •

A ut ics b.iu\ au même particulier, aux années 1608, 1671. h. 72.

Le 1 3 juillet n>y8, les Chartreux, substitués aux religieux bénédictins de Sainte -Catherine, tietfent a Siméon Cave* lier, lieutenant-particulier criminel au bailliage de Rouen,

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\ demeurant, rue Tuvache, le grand tènement de maison Mtuc entre les rues Notre- Dame, Tu vache et des Crottes, appelé vulgairement l'hôtel de Sainte-Catherine, consistant en plusieurs corps de vieils bâtiments, cours et jardins, le fout borné, d'un bout, la rue Notre-Dame, d'autre bout, la rue Tuvache et des Crottes, cette tieffe faite pour 200 1. de rente par an.

Le 22 octobre 1744, ce tènement de maisons était vendu par Michel-Siméon Cavelier, chevalier de Saint- Louis, colonel de dragons, et par Siméon Cavelier de Tourville, au>si chevalier de Saint- Louis, capitaine du régiment des Gardes françaises >euls fils de Siméon Cavelier, pré>ident en la Cour des Aides et finances, a Pierre-Vincent Le .Maistre, marchand fabricant toilier de Rouen, à charge Je payer les 200 1. de rente aux Chartreu\.

Le 14 décembre 1757, Le Maistre vendit une partie Je ce tènement à François Vincent, marchand passementier.

Les titres de propriété furent remis à la veuve Laurent. propriétaire de toute la maison, après qu'elle eut racquitte les 200 1. de rente le i3 fructidor an IL

Le souvenir le plus intéressant que je puisse rattacher a 1 hôtel Sainte-Catherine, c'est que ce fut là. dan* le petit corps de logis réservé par les religieux bénédictins de Saint-Julien, que mourut, le 22 novembre ifïçp, Claude Higot, prieur de Saint-Julien, l'un des principaux bienfaiteurs de THôtel-Dicu de Rouen.

l'ne maison appartenant aux bénédictins de Sainte-Catherine, sise rue Notre-Dame, était occupée le 2 août 1459 par Robin Pinel, dont le nom nous rappelle celui d'un entrepreneur de fêtes publiques, machiniste ou compositeur de mystères et de compositions dramatiques comme on les comprenait autrefois.

Au coin de la rue des Crottes, vers le bas, se trouvait la maison de Jean Du Four, dit des Presses, dont les presses sont souvent citées dans des actes du tabellionage.

Dans la même rue, une maison, nommée le Cloître,

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