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SUR UNE ANCIENNE CHAPELLE A MAUDETOUR

Dans sa Géographie de la Seine-Intérieure, notre collègue, M. l'abbé Tougard, fait mention d'une chapelle, située en ce lieu, et qui aurait été détruite au xvi« siècle.

II y avait longtemps, d'après la tradition conservée dans le pays, que cette chapelle avait cessé d'exister, lorsque M. Pierre Duval, secrétaire du Roi, maison et couronne de France, sollicita de l'archevêque la permission d'en établir une autre, en remplacement, sous le même titre, dans son château de Morgny.

L'autorité ecclésiastique prescrivit, au préalable (172S), une information, dont il fut dressé un procès-verbal auquel nous empruntons quelques renseignements, qui pourraient bien être les seuls que Ton ait conservés pour l'histoire de cette chapelle.

L'édifice en question était situé à cent pas environ du manoir seigneurial de Maudétour.

Près de là était une grosse butte de terre qui avait disait-on, servi d'emplacement au château primitif. En fouillant on y avait trouvé un escalier de pierres de grès du charbon et des fragments de poterie.

Anciennement la chapelle et la butte étaient entourées de larges fossés. M. Duval les avait fait combler, et avait fait abattre de fort gros arbres qui avaient pousse sur les ruines.

En démolissant le restant des murs, on avait mis à jour « plusieurs corps, à rengée les uns des autres, dont la tête et les ossements se tenoient en leur entier. » Un de ces

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corps n'avait pas moins de 6 pieds 2 pouces, d'après la mesure qu'en prirent les ouvriers.

Au xvn e siècle, le château de Maudétour avait appartenu à la famille de la Bazoge, dont les représentants se réfugièrent en Hollande pour cause de religion (1).

C'était a eux qu'on attribuait la suppression de la chapelle. On les accusait d'avoir, par leurs mauvais traitements, obligé le chapelain à se retirer; d'avoir employé le fût de la croix comme support pour le cadran de leur château ; d'avoir fait perdre à la cloche son usage sacré, en la faisant servir à l'appel de* vassaux le jour des plaids.

Un meilleur sort avait été réservé à la statue de sainte Marguerite, sous le vocable de laquelle la chapelle était dédiée : cette statue se retrouvait dans l'église de Quincampoix.

Il est assez extraordinaire qu'on ne sut dire au juste sur quelle paroisse cette chapelle était située. Les uns disaient que c'était sur Crevon, d'autres que c'était sur La Pommera ve.

Le Pouillé du diocèse de Rouen de 1738 place la chapelle de Sainte-Marguerite a La Pommeraye^t lui donne pour patron l'archevêque de Rouen.

(1) Le fief de Maudétour, demi-fief de haubert, relevant du Roi à cause de si vicomte de Rouen, situe en la paroisse de Crevon, avait été vendu, le 26 mai i5Hi, par Antoine dePoissy, à Denis Ilédou. Le 22 octobre 1D64, il appartenait à Jacques Gallet, ccuyer, dont un des descendants, des mêmes nom et prénom, eut pour héritier son neveu, Guillaume de la Basogc. conseiller nu Parlement de Normandie, qui en rendit aveu L îo avril iwi«). Dans l'aveu de Philippe de la Basogc, seigneur du dit lieu de la Basogc, d-j Chèvreville et vie la Vallée, pour le fief' de Maudctuur. qui lui appartenait en sa qualité de fils et héritier d* Guillaume de la Basogc, conseiller au Parlement, on signal-, iOmmc ayant été no-rpnré nu fief de Maudétour, une portion de fief dit le fief de Sainte-Marguerite, contenant 2Ô a<.rts en S masures, « sur lequel il y avoit place de chapelle

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