‹ Nouveau recueil de Notes historiques et archéologiquesChapitre 24 sur 32 · Une descente de croix, par Dudot, élève de La llyre · texte numérisé non relu

Une descente de croix, par Dudot, élève de La llyre

i5. — Tableau peint par Lafosse; représente la Résurrection; il vient de l'église Saint-Lô.

16. — Tableau peint par Joullain. C'est une dévotion au Sacré-Cœur; il vient des Chartreux.

1 7. — Dans la seconde chapelle, tableau très ancien qui représente une Assomption de la Vierge ; auteur inconnu.

iS. — Dans la troisième chapelle, un tableau peint par* le frère Luc, religieux récollet ; représente la Portioncule ou l'indulgence plénière accordée à saint François par la médiation de la sainte Vierge; il vient des Récollets de cette ville.

i*j. — Dessus l'autel, en face, un Christ mourant en croix, avec les Saintes Femmes au pied de la croix, par De la livre ; il vient des Capucins de Fécamp.

ao. — Dans la quatrième chapelle, le tableau représente la Flagellation de saint André.

at. — Sur l'autel, en face, on placera le martyre de ce saint. Ces tableaux sont de Deshays, de Rouen ; ils viennent de l'église de Saint-André-de-la- Ville.

aa. — Dans la cinquième chapelle, un tableau de Rcstout, de Rouen, élève et neveu de Jouvenet, représentant la Présentation de la Vierge au Temple ; il vient des Augustins ; c'est un des plus beaux de ce maître.

a3. — En face, un tableau de Lcmonnier, de Rouen, fait à Rome en 1777, représentant la Mission des Apôtres ; il vient du Séminaire Saint-Vivien.

a4. — Dans la chapelle de la Vierge, très grand tableau de Halle le père, représentant la Multiplication des pains; il vient de l'abbavc de Saint-Wandrille.

a5. — En face, un tableau, d'après l'une des compositions de Poussin, qui représente la Pénitence ou le Repa\% chez le Pharisien ; tout le fond en est changé, mais d'un très bon style et peint de belle manière. Ce tableau est d'une main habile, mais inconnue; il vient de l'abbaye de Ouvillc.

26. — Septième chapelle, deux tableaux de Lcmonnier, l'un, la Présentation de la Vierge au Temple ;

a7- — L'autre, la peste de Milan, où l'on voit saint Charles administrer les malades.

Ces tableaux, faits à son retour de Rome, en 1785, servirent pour son agrément à l'Académie ; ils étaient au Séminaire de Saint-Vivien.

28. — Dans la huitième chapelle, un Christ mort sur la croix, par Le Tellier, de Rouen, élève et neveu du grand Poussin, très beau tableau digne de son maître. Ce peintre a également passé le reste de sa vie dans cette ville, et on a recueilli pour le Muséum un grand nombre d'ouvrages excellents de ce maître ; il vient de l'église Saint- Denis.

29. — En face, un troisième tableau de Deshays, représentant saint André qu'on descend dans le tombeau ; il était pareillement à Saint-André-dc-la- Ville.

30. — Dans la neuvième chapelle, autre tableau du frère Luc, récollet, qui représente Notre-Dame-des-Anges.

3 1 . — Dans la dixième chapelle, tableau de l'Ascension, par Pierre ; il vient des Chartreux.

32. — Dans la croisée de l'église, vulgairement appelée Porte des Marmousets, un tableau de l'école flamande, représentant la Multiplication des pains.

33. — A côté, un très beau tableau de Simon Vouêt, appelé le Restaurateur de la peinture en France ; représente des religieux récollets en adoration, auxquels de bea ux anges présentent la règle de leur ordre et montrent la gloire céleste.

34. — Le pendant, du même auteur ; représente saint François montrant ses stigmates à l'Eternel qui lance des traits que la Vierge cherche à recueillir ; on y voit d'autres saints de cet ordre. Ces deux tableaux viennent des Récollets.

35. — Le quatrième est un saint Bruno en méditation et en prière ; on le croit de Le Tellier ; il vient des Chartreux.

36. — Un très grand tableau de Halle le père, représentant la Multiplication des pains ; il était dans le réfectoire des religieux de Saint-Ouen.

37. — Sur la petite porte de l'église, un beau tableau de Jouvenet ; représente un ex-voto de deux malades que l'on voit couchés et intercédant la sainte Vierge; il vient des Cordeliers.

38. — Tableau de Sacquespée, représentant Ananîc et Saphire punis de mort ; il vient des Chartreux.

3<). — Un second tableau de Saint-Igny, le graveur, qui représente l'Adoration des bergers ; ils viennent des Cordeliers.

40. — Un autre tableau de Barthélémy, représentant un saint Pierre, ligure seule; il vient encore des Chartreux.

« Par suite de temps, et à mesure que les communautés

vont s'éteindre, on augmentera encore cette collection par le superbe tableau de Laurent De la Hyre, des Capucins ; de trois tableaux de Lemonnier, aux Ursulincs ; de plusieurs tableaux, à l'Oratoire, etc., etc. »

Quelque temps après, le Département renonça a l'idée de faire une sorte de musée de l'église Saint-Ouen ; et il fut question de rétablir les autels que l'on avait détruits pour le placement des tableaux (21 décembre 1792).

Ce fut à peu près à la même époque que l'église subit des mutilations regrettables, que n'expliquent que trop les passions qui régnaient alors. Il y est tait allusion dans la délibération suivante.

« Le n e jour du mois d'octobre 1792.

» Le citoyen De la Rue, trésorier en exercice, exposa qu'étant instruit que des particuliers attroupés dans l'église de Saint-Ouen avoient menacé de briser les barrières de fer qui entourent le chœur, et ce sous prétexte que quelqu'unes d'elles portent encore quelque marque de l'ancienne féodalité, telles que couronnes, armoiries ou autres, il croyoit prudent de les faire supprimer pour éviter de pareils événements, qui ne pourroient tourner qu'au scandale général. >

Les avis pris, après mûre réflexion, il fut arrêté, de voix unanime, que les dites couronnes et armoiries seraient retirées le plus promptement possible, et de suite Tordre en fut donné à un serrurier.

Quatre jours après on recevait une lettre du substitut de la Commune qui invitait les Trésoriers a faire disparaître • toutes armoiries et fleurs de lis qui pouvaient se trouver sur les mausolées, colonnes, vitraux de l'église, et à supprimer également, dans les épitaphes, les litres et ceintures funèbres, en observant toutefois de ménager soigneusement les monuments de l'art. »

Trois jours étaient donnés pour cette opération. Cet ordre mit les Trésoriers dans le plus grand embarras; les fleurs de lys étaient multipliées à l'infini dans

l'église Saint-Ouen, surtout dans les vitraux ; on ne pouvait pas enlever les carreaux qui portaient ces emblèmes prohibés sans s'engager dans une énorme dépense, et sans rendre l'église inhabitable pour les fidèles. On se contenta pour le moment de faire disparaître les marques les plus apparentes de la féodalité, et il est juste de reconnaître que la réserve avec laquelle on pratiqua cette opération fut approuvée par la municipalité, aussi opposée qu'elle pouvait l'être, sans se compromettre, au vandalisme dont on voulait faire alors une preuve de patriotisme.

État des opérations faites pour la recherche et conservation des monuments des arts, depuis le 8 brumaire j jg3, 2g octobre (vieux style), lesquels ont été déposés à la ci-devant abbaye d'Ouen, par les soins du commissaire délégué du district révolutionnaire de Rouen.

t Du 26 brumaire. — Ordre de l'agent national du district de faire enlever sur-le-champ tous les tableaux qui étaient places en ordre dans la petite salle des Jacobins, pour y établir un bureau. Tous les objets de cette salle ont été réunis et portés sous mes yeux au dépôt d'Ouen. Cinq jours et demi.

Du 4 de frimaire. — Je me suis rendu le matin à la juridiction consulaire pour en faire enlever et porter au dépôt seize grandes bordures propres aux tableaux du Muséum.

Du 2 frimaire. — Sur l'avis du District, j'ai été à 9 heures du matin au Séminaire des Vieux-Prêtres, et j'ai, conjointement avec le citoyen Selot, procédé à l'inventaire et enlèvement des objets d'arts renlermés en cette maison et dans l'église, lesquels ont été portés le même jour, au soir, a l'abbaye de Ouen. Parmi les objets était un Christ d'ivoire de très grande proportion et des plus curieux, lequel est soigneusement conservé au dépôt. Un jour.

Du 8 frimaire. — Sur une commission du District, je me suis rendu au trésor de la ci-devant cathédrale, aux fins de faire la recherche des vases qui mériteraient d'être conservés. Un seul, fort ancien, par l'excellence de la ciselure et sa haute antiquité me parut mériter d'être conservé. Je l'employé au procès-verbal, dans l'intention de venir le chercher; mais soit par zèle, soit par précipitation ou ignorance, le vase fut confondu avec le reste et condamné à être brisé sous le marteau pour la fonte; il n'était plus lorsque je me présentai à la municipalité avec Tordre du District pour le conserver. Le vase représentait des cérémonies religieuses en l'honneur de Bacchus, et, par suite de l'ignorance grossière des ecclésiastiques des premiers siècles, il était métamorphosé en ciboire. t T n jour en deux fois.

Les 9, 10 et u frimaire. — Il est ditheile d'exprimer avec quelle célérité tous ces objets et des masses aussi pesantes ont été enlevées a cause des circonstances.

Ces trois jours furent employés du travail le plus assidu, à faire enlever de la même église tous les beaux tableau x, tous les objets fameux en sculpture, lesquels ont été portés au dépôt sans nul accident, malgré la pesanteur considérable de ces objets. Ils sont conservés au dépôt. Trois jours.

Du 12 frimaire. — Ce jour, par commission du District, je me suis rendu au Séminaire de Nioaise, où, conjointement avec le citoyen Selot, je dressai procès-verbal et fis la recherche de tous les objets d'art de cette maison, dont trois particulièrement fixèrent mon attention et furent avec les autres portés au dépôt. In jour.

Du i3 frimaire. — Le i3, d'après un arrêté du Département qui m'enjoignait de faire la visite de toutes les églises nouvellement supprimées, afin d'en faire enlever tous les objets d'art, je me rendis d'abord à l'église de Vincent, d'où je fis enlever plusieurs tableaux et deux anges dorés de Cartier es, lesquelles [sic) avaient été pla-

ces d'abord aux Chartreux ; les objets sont au dépôt et conservés avec les autres morceaux de sculpture. Cette opération a duré deux jours du travail le plus opiniâtre. Deux jours.

Du 1 5 frimaire. — Ce jour, par commission du District, je me suis rendu à la juridiction consulaire, où j'ai tait procéder à la descente de plusieurs beaux tableaux, entre autres du superbe Christ de Vandyck, de Dumont le Romain, de la Vierge de Carie Vanloo, lesquels ont été de suite déposés soigneusement au dépôt. Un jour.

Du 16 frimaire. — Je me suis transporte le matin, par ordre du District, à la salle du tribunal de District, d'où j'ai fait enlever plusieurs tableaux, dont (deux) de Natoire et de M ou net, lesquels j'ai fait descendre et porter le même jour au dépôt. Demi-jour.

Le même jour, après-midi, j'ai été à la succursale de Romain, d'où j'ai fait enlever quatre grands tableaux et la couverture des fonts baptismaux, morceau de sculpture très curieux, en bois, qui paroit être du xv« siècle, vers le temps de la renaissance des arts en France. Ce morceau est enrichi d'arabesques très jolis. Le tout a été porté au dépôt. Un jour en deux fois.

Du 18 frimaire. — Ce jour après midi, j'ai fait la visite de la parroisse Jean, où, recherche faite, j'ai trouvé, aux deux petits autels collatéraux, deux forts jolis tableaux de Dclroy le fils, lesquels j'ai fait descendre avec soin et porter de suite au dépôt. Demi-jour.

Du i<j frimaire. — Je me suis rendu après midi à la paroisse de Nicaise, pour y faire également enlever les tableaux précieux. Recherche faite exactement, je n'y ai trouve que le tableau de contrctable, fort beau tableau de Letellier, que j'ai fait descendre et porter de suite au dépôt. Demi-jour.

Du 20 frimaire. — Je me suis rendu à la paroisse de Godard pour y faire la recherche des objets d'art, d'où j'ai fait apporter un saint Jean, belle copie de Carrache. Demi-jour.

Du 21 et 22 frimaire. — Ces deux jours ont été employés à faire descendre de l'église de la Madeleine deux très grands tableaux de Vincent, lesquels sont doublés d'un parquet de chêne très pesant. 11 fallut y retourner le lendemain pour les faire enlever et porter soigneusement au dépôt, avec beaucoup de peine, à cause de leur extrême pesanteur. Deux jours.

Du 23 frimaire. — Sur une commission du District, je me suis transporté avec un officier municipal a la paroisse de Paul, où, recherche faite des objets d'art, je n'ai rien trouvé qui méritât la peine d'être transporté au dépôt. Demi-jour.

Du I er , 2, 3, 4 et 5 nivôse. — Avoir continué la recherche dans différentes églises supprimées et fait enlever de celle d'Oucn, treize grands tableaux en cinq jours, lesquels j'ai fait déposer dans l'intérieur de la maison. Cinq jours.

Du ô nivôse. — Plusieurs jours de ce mois ont été employés à l'arrangement, choix et distribution de tous les objets apportés au dépôt depuis la suppression des paroisses. Sept jours.

Du 3 pluviôse. — Sur une nouvelle commission du District, je me suis rendu encore une fois à la sacristie de la ci-devant cathédrale, d'où j'ai fait enlever plusieurs tableaux qui y étaient restés, entre autres un saint Jean, d'Annibal Carrache, une Vierge, de Vouct, une vue du port de Rouen et une du Pont-Neuf de Paris, toutes deux par Léger. Tous les objets ont été portés soigneusement au dépôt et sont plus au long détaillés au procès-verbal. Un jour.

Du iô pluviôse. — Par commission du Département, nous sommes partis, mon collègue et moi; nous avons fait un voyage à Jumiêges. l'nc superbe bibliothèque, un grand tableau placé dans le réfectoire et quelques morceaux d'histoire naturelle nous ont occupés pendant quatre jours consécutifs du travail le plus assidu et un jour pour le retour. Cinq jours.

En marge : € Tous les objets provenant de Jumièges ont été remis au district d'Yvctot, suivant le décret de la Convention nationale. »

Du 24 pluviôse. — Par commission du District je me suis transporté aux Gravelines pour faire enlever les tableaux et autres objets d'art de cette église, dont plusieurs, entre autres un beau tableau du maître-autel, ont été portés au dépôt. Un jour et demi.

Primidi ventôse. — J'ai fait apporter au dépôt plusieurs grandes bordures dorées, déposées dans l'ancienne commune. Demi-jour.

Du 8 ventôse. — Sur une commission du District je me suis rendu à neuf heures du matin à la juridiction consulaire où étaient les commissaires du District et le citoyen Selot, pour procéder à l'inventaire des livres et autres objets d'art contenus dans les salles et armoires, lesquels objets consistaient en plusieurs plans de ports de mer de la ci-devant province de Normandie, sous verres et bordures noires et or, plusieurs plans des différents accroissements de Rouen, un grand dessin sous verre, représentant la vue générale du port de Rouen, dessinée par Le Carpentier, lesquels objets ont été dans ledit jour portés au dépôt et détaillés plus au long au procès-verbal. Un jour.

Des 24, 2 5, 26 et 27 ventôse. — Sur lettre de l'agent national, j'ai été chargé de faire enlever sur-le-champ tous tableaux qui étaient classés et placés dans le réfectoire des Jacobins, avec injonction de les faire de suite porter au dépôt des arts de Rouen, le réfectoire des Jacobins étant destiné à d'autres objets. J'ai fait déplacer et porter les objets avec le plus grand soin. Quatre jours.

Des i<^, 2, 3, 4, 5. (> et 7 germinal. — Ce jour et les sept suivans, sur une lettre de l'agent national du District, j'ai eu ordre de faire retirer sur-le-champ vingt-sept grands tableaux de légli e d'Ouen, qui y étaient restés, et plusieurs très grandes bordures dorées, d'un poids énorme,

cet édifice étant destine pour y forger des armes. Tous les objets ont été déposés soigneusement et portés en ma présence au dépôt des arts où ils sont conserves et numérotés. Sept jours.

Du 6 prairial. — Sur une commission du District je me suis rendu à huit heures du matin à la ci-devant chapelle de Maur, pour faire la recherche et enlèvement des objets d'art, dont j'ai dressé procès-verbal; douze tableaux ont été portés au dépôt. Un jour.

Des 7 et 8 prairial. — Sur une commission du District j'ai été à l'hôpital de François, sur les huit heures du matin, pour faire l'inventaire des objets d'art de cette maison, lesquels j'ai fait porter au dépôt. Deux jours.

Du (j prairial. — Je me suis rendu aux Gravelines, sur une nouvelle commission, pour visiter l'intérieur de la maison, dont j'ai fait enlever plusieurs tableaux et gravures détaillés au procès-verbal. Un jour.

Du 17 prairial. — Sur une commission du District, je me suis rendu ce jour à la chapelle de Maur pour en faire enlever les vitraux très précieux, lesquels j'ai fait encaisser soigneusement et porter au dépôt; le cours de cette opération a duré trois jours. Trois jours.

Du 4 thermidor. — Ce jour après midi, sur une commission du District, j'ai été à l'ancien presbytère d'Élov pour procéder a l'enlèvement de quelques grands tableaux restés lors de la restauration de l'église; ils ont été portés de suite au dépôt. Demi-jour.

Du 10 fructidor. — J'ai employé seize jours consécutifs du travail le plus assidu à faire le recensement général de tous les tableaux, gravures et autres objets d'art conservés au dépôt au nombre de plus de 2,000, pour procéder au catalogue raisonné de ces objets, dont je me suis occupé depuis, pour être envoyé à la Convention.

Il s'ensuit de ce travail qu'il a été apporté plus de deux mille tableaux, lesquels ont été formés en trois classes. 11 résulte de ce choix un nombre de six cents trente tableaux,

tant supérieurs que de la deuxième classe, en outre, treize plans lavés et sous verre ; un grand plan du cours de la rivière de Seine, depuis le Havre jusqu'à Caudebec ; beaucoup de cartes géographiques; deux beaux projets d'architecture sous verre ;

Une grande collection d'estampes, tant en feuilles reliées que montées sous verre, qui seront détaillées à la suite du catalogue général ;

Un peu d'histoire naturelle, quelques madrépores et stallactiques, un près si eus (sic) herbier, en très bon état, au nombre de plus de 2,000 plantes. 16 jours.

Non compris le travail fait et à faire pour compléter le catalogue raisonné pour être envoyé à la commission des arts.

Il résulte de ce compte qu'il a été employé 16 jours pour les domaines nationaux, ci 16 jours.

Présenté par Le Carpentier, Commissaire délégué.

Le 26 ventôse, an III e de la République française 11). >

(1) Le 22 mars 179?, le Directoire du département de la Seine-Inf.rieure Jans une lettre aux Directoires de district, leur annonçait que, dans sa séance du iS février, il avait arrêté qu'il serait dressé un état indicatif par chaque district des mausolées et autres monuments existants dans le département.

NOTICE

sur l'ancienne église de saint-pierre-en-port

L'ancienne église de Saint-Pierrc-en-Port, monument des xu c et xin 1 * siècles, fut démolie, en i85o. parce que sa situation, dans ce qu'on nommait le val ou le port, ne répondait plus aux besoins de la population : les laboureurs, disséminés dans la campagne, l'emportaient alors sur les pécheurs; le gros des paroissiens n'était plus au bord de la mer où ils avaient leur marché; ils occupaient la plaine. On crut devoir faire élever à leur usage une autre église dont le genre de construction fut sévèrement jugé, dans le temps, par M. l'abbé Cochet.

Du moins, notre zélé collègue put-il se rendre le témoignage d'avoir plaidé éloquemment la cause du monument condamne. S'il ne réussit pas à le sauver, il put obtenir la conservation du clocher, qui, du transept de l'église primitive, sa place naturelle, fut soigneusement transféré au portail de l'église nouvelle, dont il est, a vrai dire, la seule partie digne de remarque. C'est là un des plus signalés services que le savant inspecteur des monuments historiques ait pu rendre à l'archéologie dans notre département, l^a notice qu'il a consacrée, dans son ouvrage sur les Églises de l'arrondissement d'Yvetot, à Saint-Pierrc-en-Port, a appelé notre attention sur un registre de comptes de la fabrique de cette paroisse. J'en ai extrait quelques notes qu'on pourrait peut-être employer pour son histoire.

On conserve, à ma connaissance, peu de comptes anciens des églises rurales.

Celui qui nous occupe s'étend de 1570 à 1614, et comprend l'administration de trois curés : Pierre de Gueutteville, de 1 570 au 3o janvier 1 590, date de son décès ; — de Marin Mallon, de i5qi à 1609; — de Pierre Le Coustre, de 16 10 à 1614. Ils avaient été nommés par l'abbé de Fécamp, patron et gros décimateur de la paroisse (1).

Les revenus de la fabrique étaient administrés, suivant l'usage, par des trésoriers qui rendaient leurs comptes à l'archidiacre ou à son commis lors de la visite de ces ecclésiastiques. Cette opération, aussi bien que l'élection des trésoriers, et généralement tous les actes de l'administration temporelle de la paroisse, se faisait au porche de l'église. Le porche, on le sait, était autrefois la véritable mairie de nos villages.

Ces revenus consistaient en quelques terres provenant de fondations, et qui étaient données à ferme muable, ou, comme nous dirions, à loyer : les chapitres des muesons ou des meusons correspondent à ce que, dans des comptes plus récents, on désignait sous le titre de Chapitre des baux, par opposition aux fieffés. Ajoutons les legs testamentaires comme celui que fit, en 1576, une veuve de l'anneau d'or de son mariage (2) ; l'herbage du cimetière, qui n'était encore planté que d'ormeaux; les cueillettes^ autrement dit les quêtes, qui se faisaient à l'église. A certains jours de l'année, nous ne saurions dire lesquels, c'était du lin en nature que l'on offrait. Chaque compte mentionne la vente du lin cueilli dans l'église. Ainsi en est-il encore dans quelques paroisses de la Basse- Normandie, et assez généralement en Bretagne. Il est fait allusion à cet usage dans une des poésies de Brizeux.

Ce qui était plus particulier à Saint-Pierre-cn-Port,

(i)A une époque antérieure, on trouve le nom de Pierre Feuillet, curé, 1497, et celui d'André Baillcul, vicaire, i53<».

(2) Nicolas Qucsnel, avocat, lègue, en 1 583, 6 livres, qui furent payées par son fils Romain, conseiller à Cany.

c'était une sorte de contribution à laquelle étaient soumis les pêcheurs de la localité.

Ils payaient ce qu'on appelait leur quart à Dieu des maquereaux et des harengs qu'ils péchaient. 11 est assez vraisemblable que cette contribution avait été volontaire au début, mais il est certain qu'elle avait fini par devenir obligatoire. Ainsi, on trouve dans le compte de ibj2 : « Payé pour avoir faict adjourner Pierre Le Febvre, Régna ult Feré, Pierre Martin, Colin Vymont, pour paier leurs cars à Dieu, vi s. — Pour avoir esté à Cany, contre Michault le Gros, pour avoir le cart de Colin Vymont, vii s. »

On ne sera pas surpris de ne trouver dans les comptes d'une pauvre église de campagne, aucune mention de travaux artistiques de quelque importance. On devait s'en tenir A l'indispensable, sans viser au luxe, sorte de nécessite pour les habitants des villes (i)-

On voit qu'en i5;2, on fit marché avec Nicolas Baudouin, pour refaire la voûte et le mur du chancel, et qu'on employa dans cette reconstruction le gai ou galet que fournissait la plage ; — qu'en i5N«">, un maçon, du nom de Guillaume Regnault, refit les murs de l'église; — qu'en

(i) « 1573. Pour une banière de damas figure rouge avec des fleur de lis et des ancres, payé, à Rouen, la somme de xiii s. Payé, k Rouen, pour une courtine, pour le Sacrement, de taffetas renfforcy, à huit fils, avec des ancres et des Heur de liz, la somme de xvi 1. Au casublier, à Rouen, pour une c happe de trippe de velours rouge, xii 1. x s.

■ i375. Pour du ruban rouge vie fil à refaire les pendans de 1 église et pour la façon, iv s.

« i58i. Pour un grand messel, vi 1. Pour ung processionnaire, XV s.

« 1602. Calice d'estain, xv s.

« 1606. Suivant le commandement des supérieurs, «.lia pie piroitse dut acheter un missel neuf; nouvelle dépense de vi I. pour cet objet.

i5<)i, un autre maçon de Fécamp, Toussaint Halingue, fut chargé de refaire la voûte de la chapelle Saint- Jacques vers la mer, et de réparer la chapelle de Saint- Nicolas; — qu'en 1575, un verrier de la même ville fut appelé pour réparer ou raccoutrer les verrières ; — qu'en 1602, on éleva dans le cimetière une croix de pierre; —qu'en 161 1 enfin, conformément aux prescriptions réitérées des archidiacres dans le cours de leurs visites, on dut s'occuper de faire clore les autels de balustrades.

Jusqu'en 1 5y5, l'église paraît n'avoir été couverte que de chaume ; on commença cette année à employer la tuile comme couverture, et l'on vendit le vieil étrain qui avait été jeté bas. Mais les ressources dont on disposait ne permettant pas d'achever le travail commencé, il fallut prendre son parti d'acheter i3 boteaux de feurre long pour compléter la toiture. Déjà, en 1 571 , la tour était couverte Ressente.

Ce ne fut qu'en i6o5 qu'on songea à faire planchéier une partie de la nef.

Parmi les dépenses ordinaires de la fabrique, on voit figurer régulièrement le buis des Rameaux, les cierges ou ciergeos de la Dédicace, des Ténèbres, de la Pentecôte, le Chandelier de Noël (1).

Le cierge pascal était vraisemblablement l'objet d'une contribution paroissiale particulière. Une fois, en 161 1, la fabrique dut entrer dans la dépense pour une somme de

9 s. 6 d., parce que plusieurs paroissiens n'avaient pas payé (2).

(1) ibj2. « Pour avoir reffaict cinq cstalons et pour la cire,

10 s. 6 d. Pour avoir reffaict ung cstallon à Pasques, 4 d. 1577. M P° ur un cierge en cstalon devant Saint-Nicolas pesant

2 livres, 26 s.

« Pour un autre cierge en estalon au grand autel, pesant .

3 livres, 39 s. »

(2) « Pour l'argent mauvais du cierge bdnist, à cause de ceux qui n'ont payé, 9 s. 6 d. »

Le pain bénit devait se porter par les maisons, ce qui explique pourquoi le panier d'osier servant à sa distribution dut être fréquemment renouvelé. Ainsi en était-il à Rouen, et c'est par là qu'on doit s'expliquer cette singulière division de la paroisse Saint-Maclou en plusieurs eaux bénites, sortes de circonscriptions qui correspondaient aux quartiers que devaient parcourir les divers distributeurs.

Tous les comptes des paroisses de cette ville mentionnent, comme dépenses ordinaires, le vin des paroissiens a certaines grandes fétes de Tannée.

Notre érudit collègue, M. de Glanville, dans sa notice sur Saint-André-de-la-Porte-aux-Fùvres, rappelle la fondation que Geoffroi Dureaume avait faite pour la distribution du vin aux fidèles, après la communion.

Une chapelle était affectée à cet usage; on y dressait une table pour donner du vin aux paroissiens, « quant ils estoient yssus du chœur après avoir reçu le sacrement de l'autel. >

La distribution du vin se faisait non seulement à Rouen, mais dans toutes les paroisses du diocèse; elle ne cessa. tout à fait, je crois, que vers 1640.

Le 2 5 janvier 1497, un nommé Colin Le Forestier, de Saint-Pierre-en-Port, fit une fondation de G s. de rente € pour quérir et trouver le vin pour administrer les personnes dudit lieu à Pasqucs. >

Mais cette somme était insuffisante : la fabrique dut y mettre du sien, comme il paraîtra clairement par quelques extraits des comptes.

1 572. € Pour le vin à administrer le jour de jubilé, le lendemain de la Toussaint, la somme de vii s. Payé par le curé, pour le vin à administrer le jour de jubilé, le second dimanche decaresme, la somme de v s. Pour 3 pos de vin à administrer le jour de Pasqucs, 1 5 s. •

1575. « Pour 3 choppines de vin pour administrer le jour de jubilé, jour de la Trinité, la somme de xii s.

« Pour 3 pos de vin à administrer le jour de Païqucs,

i58i. € Pour demion de vin à ministrer à Noël, la d. Pour 3 pos et demion de vin à Pasques, i3 s. En vin, pour administrer les jours de Pardon, à la my aoust, 4 s. »

Parmi les charges, on voit figurer les frais de la sonnerie des cloches, la nuit du jour des Morts (1606); les gages du magister qui n'était autre sans doute que le clerc, et qui montrait assez convenablement à lire et a écrire aux enfants de la localité pour que, parvenus à l'âge d'homme» ils pussent devenir à leur tour trésoriers et signer lisiblement les comptes de la fabrique.

Une seule fois, dans le compte de 1570, nous voyons inscrite une dépense de 40 sous pour le prédicateur. 11 n'en faudrait pas conclure que les paroissiens ne connussent d'autres prédicateurs que le cure ou le vicaire de leur village. Généralement, les prédications étaient à la charge des curés, quand elles n'étaient pas payées au moyen de quêtes faites dans l'église, quêtes de deniers et quêtes de chandelles, qui n'entraient pas dans la bourse du trésorier. Signalons, à ce propos, 'que, si la chaire était modeste dans sa construction, elle était ornée de tapis, suivant un usage que nous avons déjà plusieurs fois signalé (1).

Si pauvre qu'elle fût, l'église Saint- Picrrc-en-Port avait plusieurs cloches: l'une d'elles s'appelait la Rigault, comme celle de la cathédrale (2).

Une autre fut fondue par un célèbre fondeur de Rouen, nommé Pierre Hurel (3).

Celle-ci eut pour parrain noble homme Jean Bemiyer,

(1) Pour ung tappis à mettre sur la chaire, 3o s., i58f>. — Pour 2 tappis pour la chaire et pour le lutrin, 4 liv. 10 s., 1601.

{2) Cloche de Rigault, Compte» de 1 585, 1601 ;— pour refaire !.i Juche Je Rigault. 3 s. '*> il. Compte de |58|.

(3 1 5 S 3. Pour le vin du marché fait avec Pierre Hurel, fuodeur pour retondre U> clikhes, 12 s. t> d. Audit fondeur pour son salaire d'avoir tondu les cloches, 3o 1. ; pour le métal, 19 L

commissaire ordinaire de la marine, valet de chambre ordinaire de S. M., estant à la suite de M. Brulart, secrétaire d'Etat. Il se fit représenter à la cérémonie par son beaufrère, M* Thomas Duval, lieutenant à Cany pour le vicomte de Caudebec.

Bcrruyer aimait Saint-Pierre-en-Port, qui pourrait bien avoir été son pays natal. Il y était propriétaire d'une terre qu'il arrondit en se faisant fiefler par les paroissiens t une monstre de la commune, » pour 6 écus d'or sol (2 3 septembre 1584). En i3<)5, il obtenait de l'abbé de Fécamp, la permission de faire bâtir sur sa terre, qui n'était encore qu'une roture, 3 tourailles et une volière à pied, permission analogue à celle qui fut accordée, dans le même temps, à PaulSorel, demeurant au hameau de Boulleville. En i6o3, cette terre était érigée en 8 e de fief, auquel lut donné le nom de fief de Rougeville. Jean Bcrruycrétait alors commissaire ordinaire de la marine et secrétaire ordinaire de Pomponc de Bellièvre, chancelier de France; il prend le titre de sieur de Bernesault, de secrétaire ordinaire de la feue reine Louise, douairière de France, de commissaire ordinaire de la marine et de capitaine de Veulcttes et des Petites- Dalles. Il demeurait habituellement à Paris, au cloître Saint-Germain-l'Auxerrois.

Il avait été anobli en 1 59S.

Ce qui me paraît le plus curieux à noter dans les comptes de Saint-Pierre-cn-Port, ce sont les passages relatifs aux lépreux.

On était à l'époque où la lèpre devenait de plus en plus rare, et où les maladreries, habituellement vacantes, étaient aussi mal administrées que mal défendues contre la cupidité des propriétaires voisins.

L'intervention de l'autorité ecclésiastique pour la séquestration du lépreux, la responsabilité delà paroisse dans les mesures à prendre pour arriver a cette mesure, jugée indispensable, sont encore nettement accusées dans les docu-

mcnts qui me sont passés sous les yeux et particulièrement dans les comptes de Saint- Pierre-cn-Port.

« 1572-1573. Item, payé pour une procuration pour envoyer à Rouen pour esprouver Thomas Forthomme, la somme de v s.

Item, pour la dépense feicte avec ledh tabellion, en faisant la dicte procuration à Criquetot, iii s.

Ensuit les misse^ /aidf par le thrésorier pour faire remire Thomas Forthomme à la léproserie à Esprerille :

Premièrement.

Payé à l'advocat qui plaida la première foys, ii s., vi d.

Plus au notaire, ii s.

Plus paye à deux médecins et au cirurgien, pour avoir esprouve ledit Forthomme, la somme de Ixxv s.

Plus payé, pour la sentence comme il fut déclaré lépreux, la somme de v s.

Plus paye à l'advocat et notaire qui y estoient présents, pour avoir la dicte sentence, la somme de iiii s. vi d.

Plus pour un acte en papier, v s.

Plus paye audit Thomas Forthomme, pour s'en retourner, suyvant sa quitance, la somme de x s.

Plus paye à notre advocat et notaire qui plaidèrent contre le thrésorier de Escreteville, vii s. vi d.

Plus, pour troys jours dudit thrésorier d'avoir esté à Rouen pour ledit procez, lx s.

Plus payé par ledit thrésorier en despence, quant ledit lorthomme fut rendu à la maladerie, la somme de x s.

Payé au doien de Vallemont, pour son salère d'estre venu à ceste paroisse Taire l'examen de Thomas Forthomme, pour sa lèpre. x\x s.

Ensuit les misse^ /aides au voyage de Rouen pour Mariette %

/etnme de Robert La//ylay.

Premièrement :

Payé uu\ médecins et harhicr qui ont visité ladietc Mariette, pour scavoir >y elle estoit lépreuse, lxxv s.

2ÔQ

Pour l'advocat et notaire qui plaidèrent devant l'otficial, la somme de vi s.

Pour l'acte par lequel il fut déclare qu'elle estoit saine,

Pour les despens du trésorier d'avoir esté a Rouen suyvant la citation, lx s.

Mises /aides pour le malade.

Baille pour le malade, pour notre part, la somme de iiii 1.

Pour une sentence, advocat et procuration, xxxi s. vi d. Payé au malade, pour les despens qu'il avoit actains sur nous, xxv s.

Pour mes despens durant le procès, xxvi s.

Mises faictes pour avoir faict rendre Pierre Forthomme

à la léproserie.

Payé pour obtenir un mandement de M. le bailli de Caux pour faire sommer l'administrateur (de la maladrerie d'Espreville), de recevoir ledit Forthomme, malade lépreux, la somme de v s.

Payé au sergent Tallcbot, qui a insinué ledit mandement audit administrateur, la somme de v s.

Payé, pour 3 aulnes de gris pour vestir ledit Forthomme malade, achepté à Fescamp, iiii 1.

Au cousturier qui a faict les habits dudit malade et baillé le fil, vi s.

Payé a Mons. Rcgnault Robert, qui a dit messe pour ledit malade devant que de le mènera la maladeric suivant la coustume, v s.

Payé audit Forthomme, par accord faict avec tous, es présences de Mons. Noël bailleul, presbtre, Ferry Rabace, Clément Forthomme, son frère, pour des ustensiles qu'on estoit subject luy achepter et fournir, viii s.

Ensuit la despence que ledit Hedouin a faicte.

Premièrement :

Les gens du Roy ont faict venir ledit Hedouin à Cani par acte d'ordonnance, afin de faire éprouver Nouelle le Roy de la maladie de lèpre ; ledit acte a coûté xvi s.

Il a fallu une charette pour porter la dite Nouelle à Rouen, par marché faict avec Pierre Quiquet, son gendre, présence de plusieurs des paroissiens, xii 1.

Item pour les despens de bouche de ladite Nouelle, xiii s.

Payé à Mons. l'official de Rouen, en plusieurs foys, la somme de xxxii s.

Payé à son greffier, en deux foys, lviii s.

Payé à ung solîciteur qui nous a servi, v s.

Payé aux médecins, sirurgiens et sergent qui les a assignez pour faire le procez, affin de juger sy elle estoit lépreuse ou non, et pour leur procez envoyé par devant ledit sieur officiai, xi 1. xvi s.

Payé à notre procureur, iv s.

Payé, pour les dépends de bouche, à deux hommes qui ont esté à Rouen pour visiter ladite lépreuse, iv 1. iv s.

Payé, a Fescamp, pour cinq aulnes de gris à faire une robbe à ladite lépreuse suivant qu'il est accoustumé, c s.

Payé pour la façon de ladite robbe et fil, v s.

Item il a cousté, à Cani, quant il a porté la sentence de Mons. l'official, viii s.

• Payé et dépensé û ceulx qui ont mené ladite lépreuse à la maladerie d'Espreville avec ungne charette, xiii s.

Payé pour les cxtensiles de mesnage à ladite lépreuse, par marché faict avec elle, viii 1.

Payé à Firmin Blondel, pour du pain et du cidre prins par la dicte lépreuse, attendant qu'elle fust rendue, viii s.

Le lundi 18 mars, le trésaurier a esté assigné, requeste des gens du Roy, à Cani, pour le faict de la maladie de

Georges Blondcl et Pierre Dambri ; a paye au greffier et clerc, xlv s.

Pour le juge, l'advocat et le procureur du Roy, xvi s.

Pour le déjeuner du trésaurier et un homme avec lui, xiv s.

Au sergent Crevel, pour faire sommer Pierre Dambry, qui refusoit d'aller à Rouen, vi s.

Marche faict à Jehan Sorcl, xii s.

Payé audit Jehan Sorel, pour 2 chevaux (à) porter ledit Dambry et Blondel, vii 1.

Paye, le mardi XXVI dudit mois, à la taverne a Roquefort, v s. vin d.

A Bans, à disner, xviii s.

A Bouvillc, xii d.

A Saint-Jean-du-Cardonnay, iii s. vi d.

A Maromme, à soupper, xxxvii s.

Le XVIII mars avec un homme pour conduire les malades, vi jours.

Vacations h Epreville, que par la parroisse, pour cueillir de l'argent pour les malades. •

Pour ne rien omettre de ce qui peut servir à faire connaître les mœurs de l'ancienne société, nous rappellerons qu'en l'église de Saint-Picrrc-en-Port, de même que dans tant d'autres églises, une bagatelle mit la désunion entre deux familles honorables, et donna lieu à un procès qui suivit naturellement tous les degrés de juridiction.

11 s'agissait du ûVoit d'usage d'un banc situé en la chapelle de Saint-Nicolas, différent de ces sièges de pierre en maçonnerie, le long de la muraille, sur lesquels les paysans pouvaient s'asseoir.

Celui-là était de bois pourvu d'un prie- Dieu, et s'étalait, en long et en large, devant l'autel.

Jean Hédouin, officier de feue S. A. R. M ,,c de Montpensier, y avait toujours pris sa séance, et il en jouissait, paraît-il, a droit successif de ses ancêtres, qui avaient fait

une donation à l'église.

A la mort dudit Hédouin, Charles Quesnel, fils d'un vice-bailli de Caux, prétendit se mettre en possession de ce siège, qu'on aurait pu appeler seigneurial, si Saint- Pierre-en-Port eût pu reconnaître d'autre seigneur que l'abbé de Fécamp. Le seul droit que Quesnel eût à invoquer, c'était sa qualité de gentilhomme.

Il éprouva de l'opposition de la part de M. Desmares d'Orcher, qui avait épousé la fille unique dudit Hédouin.

Les parties en seraient venues aux mains, sans une ordonnance du marquis de Beuvron, gouverneur de la province, qui leur prescrivit de laisser le banc libre jusqu'à la décision du procès.

La contestation avait commencé en 1678, peut-être avant, puisque ce fut cette année-là qu'on vit venir sur les lieux Jacques Tallebot, lieutenant-général civil et criminel au bailliage de Caux, siège de Cany.

Ce serait à desespérer de la justice si, cette fois, elle n'avait vu juste : de longs délais lui permettaient d'être bien informée; l'arrêt ne fut rendu que le i3 juillet 1688 : il faisait défense aux parties de prendre leur séance dans le banc en litige. C'est l'histoire de l'huître et des plaideurs.

Rentrés par cet arrêt, dans la propriété du banc vacant, les paroissiens qui pourtant n'y avaient rien réclamé, l'attribuèrent, le i5 février 1712, au sieur Desmares d'Orcher, par cette considération que l'aïeul et la mère de sa femme avaient été inhumés dans la chapelle de Saint- Nicolas.

Un membre de la même famille obtenait, quelque temps après, de l'archevêque l'approbation d'une chapelle près de son manoir.

Très anciennement, il existait, en la même paroisse, au hameau de Boulleville, une chapelle sous le vocable de Saint-Gervais. Au \\ c siècle, elle était à la présentation de Guillaume Le Vasseur, sieur d'Ancretteville-sur-Mer. Le titulaire était un personnage important, Jean Raulin, docteur en théologie.

Cette chapelle était, des ce temps-là, à peine connue. Les paysans disaient que, d'après la tradition, c'était une ancienne succursale de l'église paroissiale.

Ce qui n'est pas douteux, c'est que le nom de Boullcvillc n'est guère moins ancien que celui de Saint-Pierreen-Port.

NOTE

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