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SUR L HOPITAL SAINT-VIVIEN, A ROUEN

Il existe à Rouen, près de l'église Saint- Vivien, une ancienne maison dont la destination, généralement oubliée, nous paraît mériter d'être rappelée. C'était un de ces établissements, comme il y en avait tant au moyen-âge, à une époque où les hôtelleries étaient rares, où 'l'hospitalité envers les pauvres passants était réputée Tune des principales œuvres de miséricorde ; comme il n'en restait presque plus au dernier siècle, et comme il serait peut-être à propos d'en fonder de nouveau aujourd'hui. Je veux parler de l'hôpital Saint- Vivien qui fut établi vers le milieu du xiv* siècle, et dont la durée s'est prolongée jusqu'à la Révolution.

Cet hôpital dut sa fondation a un bourgeois de notre ville, nommé Jean l*e Fèvre, lequel y Ht placer treize lits fournis, ut pauperes, ciauJi et débiles, honeste recipi valeretit. cubari et recolligi. Ce nombre treize n'avait pas, sans doute, été pris au hasard C'est le nombre des apôtres, en y comprenant leur maître.

On a conservé les lettres du duc de Normandie, par lesquelles il ordonne au bailli de Rouen de procéder à une 4 enquête sur le point de savoir si l'utilité publique était intéressée à ce que l'amortissement, sollicité pour cette maison, lui fût accordé.

Ces lettres sont ainsi conçues .

4 Jehan, ainsné fils du Roy de France, duc de Norman*

die et de Guyenne, conte de Poitou, d'Anjou et du Maine/ au bailly de Rouen ou à son lieutenant, salut. Comme Jehan Le Fèvre, bourgois de Rouen, nous ait supplie que une pièce de terre, contenant en lonc et en lé six perches et quatre piez ou environ, en laquelle il a commencé à ordener un hospital en la parroisse Saint-Vivien et y mettre treize Hz pour recevoir et coucher les povres et y faire une chapelle en laquelle ait deux prestres qui doresenavant facent le dyvin office, nous, en regart de pitié, et pour estre participa nz es bienfaiz et oroisons que l'en fera ou dit hospital et en la dicte chapelle, H voulsissions admortir à l'euvre dessus dicte ; wcillariz estre sur ce certifiiez plus à plain, vous mandons que, appelé notre procureur et ceulzà qui il appartendra, vous vous enfourmiez diligemment se, sans préjudice et dommage de nous et d'autruy, nous li poions octroier ledit admortissement, et, se aulcun préjudice ou dommage nous ou autre y poions avoir, quel il soit, et l'information que vous en ferez nous renvoiez stablement encloze sous votre seel, ou aus gens de notre Conseil à Paris, afin que, ycelle veue, nous ou nos dictes gens en puissions plus à plain ordonner ce que bon nous semblera. Donné à Saint-Leu de Serens (i), le xx c jour de juillet Tan de grâce mil ecc quarante et nuef, sous le seel ordené pour l'eschiquier en l'absence dugrant. Par vous, Mons r Symon de Bucy (2). » Signé : Symon.

Bien que le texte ne nous en soit pas parvenu, il ne nous paraît pas douteux que les lettres d'amortissement furent accordées. On voit, en effet, que dès ce temps-là on considérait Thôpital comme régulièrement fondé. Le lundi après la saint Martin d'hiver i35o (3), il était approuvé

(1) Saint-Leu-d'Essérent (Oise), arrondissement de Senlis, canton de Creil.

(2) Simon de Bucy, premier président du Parlement de Paris, mort en 1369.

(3) 1 1 novembre.

par lettres des vicaires généraux |i). agissant au nom de l'archevêque, pour lors absent de son diocèse. On apprend par ce document que Jean Le Fèvre avait préposé un concierge à la garde et à la surveillance de cette maison ; qu'il y avait affecté une rente de 10 1. à percevoir par les mains des trésoriers de l'église Saint-Vivien, auxquels il remettait le soin de nommer a l'avenir le concierge, de le salarier, et de le congédier, à l'occasion ; qu'il y avait, en outre, établi deux chapelains perpétuels, qui devaient célébrer en l'église de Saint-Vivien, à un autel par lui fondé ou à fonder (2), dix messes chaque semaine, à savoir : six messes à YEsquelle de Notre-Dame ad scalam Béate Marie (3), les autres à l'heure de prime, sans pouvoir cependant administrer les sacrements, sinon avec le consentement du curé. Les deux premiers chapelains avaient été présentés par lui à l'archevêque. Mais il consentait qu'à l'avenir la présentation fût faite par le curé et par quatre trésoriers de la paroisse, lesquels devaient s'ad-

(1) Cet lettre* commencent par ce préambule : « Cum dilectms noster Johannes Fabri, burgensis Rot homa gens is t salutem anime sue, parentum, amicorum et benefactorum suorum desiderans, ac etiam considérant quod qui celestis vite dulcedinem, in quantum possibilité admittit, perfecte cognoverit, que ornai in terris libenter pro amore Jhesu Christi relinquit, cum in comparât ion* ejus vile se ont omnia, deserit habita, congre gâta dispergit t et in celestibus animus inardescit. »

(2) Le» lettres des vicaires parlent de la chapelle en des termes qui font supposer qu'elle était érigée, et celles du curé, en des termes qui font supposer qu'elle était à ériger. C'était la chapelle Satnte-Qui taire ou Saintc-Aquitaire (St* Quitcric, dont la fête se cékbrc le aa mai). On la cite comme ayant été fondée par Jean Le Fèvre, dans un acte du tahettionage de Rouen, R. 1 3, f* 56.

< f ) VEsquelle de Notre-Dame, l'une des cloches de la cathédrale. I*cs sonneries de la cathédrale servaient de règle aux divers • églises de la ville. Nous avons eu déjà l'occasion de faire cette remarque a propos de la collégiale du Sépulcre. W Ducangc, au mot tkclla, skilla, squilla.

joindre, pour le choix à faire, sept personnes suffisantes de la paroisse; le choix devait porter sur l'un des quatre clercs matriculiers de l'église paroissiale, ou, si cela ne pouvait avoir lieu, sur un clerc domicilié en la paroisse, et qui en fui originaire. La fondation paraît avoir eu dès lors un double but : la charité à l'égard des pauvres, l'accroissement du culte divin en l'église paroissiale. Ce second objet fut sans doute proposé, sinon même exigé, par le 'curé, Nicolas de Veris , chanoine de Rouen, que Ton voit approuver, à son tour, cette fondation, le 17 novembre 1 35 1 .

Plus tard, Jean Le Fèvre laissa par testament une assez forte somme d'argent, dont une partie (80 florins d'or à l'écu du coin du roi Jean) servit, le jeudi après la fête de Notre- Dame, en septembre 1 35g, au rachat d'une rente de 10 1. pour laquelle un nommé Guillaume Ybert avait fieffé à Jean Le Fèvre le terrain qui avait servi d'emplacement à cet hôpital. Dans l'acte qui fut rédigé à cette occasion, le fondateur est appelé sire Jean Le Fèvre (1). Ce titre de sire, réservé à ceux qui avaient été honorés de charges municipales, donne lieu de croire que le personnage en question n'était autre que ce Jean Le Fèvre qui fut nommé deux fois maire de Rouen, une première fois en 1 343, une seconde fois, dix ans après.

Il avait dû mourir peu de temps avant le mois de février i35<), à en juger par les lettres d'amortissement qui furent obtenues de Charles, fils aîné du roi de France, régent du royaume, duc de Normandie et Dauphin de Vienne, par un nommé Guillaume du Bec, bourgeois de

(1) « S ane vert Uns ad nos carissimus noster Johannes Fabri, civis Rothomagensis, nobis, cum incensa cordis affectione supplicavit ut f cum ipse cupiens diem messionis extrême operibus misericordie prevenire et talia seminare in terris, que, Deo propicio, post hujus vite ergastulum, cum multiplicato fructu recolligere valeat in celis, quoddam hospitale ad usum et opus Christi pauperum in quibus dominus noster Jhesus Christus se pasci et refici in Euvangelio profltetur , in dicta parrochia erexerit.... »

Rouen (Louvre lès-Paris, février 1 35**). L'amortissement comprenait l'hôpital Saint-Vivien fondé par feu Jean Le Févrc, ainsi qu'une vide pièce donnée par le même Guillaume du Bec. Cette faveur avait été sollicitée au nom des exécuteurs testamentaires de Jean Le Fevrc. Elle fut accordée par le Dauphin, comme duc de Normandie, en considération des obligations que lui et le roi, son père, avaient au requérant, ainsi qu'il est consigné expressément dans les lettres de concession : « Le dit Guillaume du Bec* auquel nostre très chier seigneur et père et nous sommes tenus pour certaines causes justes et raisonnables, dont il n'out oneques recompensacion, et encore est prest de nous servir de son corps et de ses biens et de vivre et mourir pour nous et notre droit et honneur garder à son povoir. » L'Hôpital de Saint- Vivien, aux termes de ces lettres, fut, en même temps qu'amorti, exempté de toute juridiction temporelle (i).

Vers i45o, un pieux bourgeois de Rouen, Jean Monicault, donna aux pauvres de cet hôpital une rente de 5o 1., et peu de temps après (14 janvier 1466), une maison adjacente à leur enclos. Le curé et les trésoriers de la paroisse furent constitués les administrateurs de cette dotation nouvelle, ainsi qu'il était naturel, puisqu'ils étaient par les titres de fondation les administrateurs de l'hôpital. Pour se conformer à la volonté du donateur, les paroissiens désignaient deux tresorières qui étaient chargées de percevoir les rentes constituées sur des maisons a l'intérieur de Rouen et qui devaient acheter, sur les fonds par lui donnés, pour 7 livres de bois par an, à savoir : dix mesures

(1) Ce*t probablement ce Guillaume du Bec dont il est question dans un mandement de Charles V, du 19 mare 1 364, par lequel il ordonne aux vicomtes de Rouen et de Montivillicrt «le faire une enquête pour savoir si Guillaume du Bec, père de RobilUn du Bec, clerc, écolier à Pari», « «ton noble et et trait de noble lignée. • V M. Lcopold Dell tic t Mandement $ et actes <f*« vert de Charles V, 1874, n« 202.

de bûche de hêtre prise sur le quai, du prix de 5 sols la mesure ; un quarteron de gloe de hêtre, du prix de i5 deniers la care; deux milliers et demi de fagots de Préaux, avec deux cents de bonnes bourrées. La distribution devait s'en faire par leurs mains, aux pauvres de l'hôpital, à raison par nuit de deux bûches, quatre gloes, un fagot et une bourrée, suivant le temps et le froid.

Le même Monicault avait fondé en l'église Saint-Vivien, à son intention, et à celle de sa femme et de ses amis, des services religieux qui devaient être célébrés par les frères de Notre- Dame-du-Carme, auxquels il était enjoint d'user des ornements de velours pers qu'il leur avait donnés. Ces services étaient annoncés par la sonnerie d'une cloche qu'on nommait encore, au xvui* siècle, la Mounicaude.

Louis XI, pendant son séjour à Rouen en 1467, permit aux trésoriers de la paroisse de donner à l'hôpital Saint- Vivien c de 40 à 5o 1. de rente amortie et à Dieu dédiée hors fief noble, » à charge de payer au trésor royal 100 écus d'or à titre de dédommagement. Dans les lettres d'amortissement octroyées par le Roi, les trésoriers et les parois* siens sont désignes comme ayant fait construire et édifier eux-mêmes cette maison dans le but t d'y recueillir et d'y héberger les povres de Notre-Seigneur, tant ceulx de la ville qui n'ont de quoy vivre comme les forains passant pais. » On y mentionne « qu'en icelui hospital ils avoient pourveu de ornemens d'église pour y faire le service dyvin, et aussi de litz et autres utensilles pour le recueil et service desdits povres, et telement qu'ilz y estoient bien et honnestement recueilliz, servis et pourveuz de leurs nécessitez, et y estoit chacun jour fait et continué le service divin bien et notablement, et avoient entencion de continuer de bien en mieulz. » On voit qu'ils avaient .encore déclaré « que ledit hospital et hostel Dieu estoit grand et spacieux et que les ornemens d'église, lits et utensilles et autres choses nécessaires pour le service des povres estoient de grand entretènement. » Comme dans cet acte, pas plus

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que dans ceux que nous avons précédemment cités, il n'est question de frais de nourriture, nous sommes très porté à supposer qu'on se bornait, dans l'hôpital Saint- Vivien, à fournir aux pauvres le logement, le chauffage, et tout au plus quelques secours en pain. Autrement un seul concierge n'eût pas suffi.

On sait que le xvi* siècle fut une époque de décadence pour tous les établissements hospitaliers. Tous souffrirent, la plupart furent ruinés, beaucoup disparurent, et jamais pourtant il n'y avait eu plus de misères à soulager. L'hôpital Saint-Vivien n'échappa pas à l'influence funeste qui se faisait partout sentir. Ses revenus modiques furent notablement réduits par la dépréciation que subirent toutes les rentes en numéraire à la suite de la découverte des mines d'or de l'Amérique ; plusieurs maisons furent successivement aliénées; la chapelle fut supprimée, et à la fin il ne resta plus de l'œuvre du bon maire de Rouen, Jean Le Fèvre, qu'une maison, où l'on offrait gratis le logis aux pauvres passants, et une autre où résidaient les deux chapelains de la chapelle Sainte-Quitaire.

L'administration de cet hôpital ainsi réduit était onéreuse aux trésoriers. Il leur fallut cependant, pour la conserver, lutter contre le Bureau des pauvres valides, qui voulait s'en emparer; ils transigèrent : ils abandonnèrent aux administrateurs du Bureau une partie des biens, notamment une maison, située rue des (larmes, d'un loyer de 2 5o 1.. qui avait été donnée aux pauvres, en 1670, par I~aurent le Cornu, sieur d'Igovillc, et par son frère le chanoine. On leur laissa la maison a usage d'hôpital, par cette considération qu'elle était affectée au logement des ecclésiastiques qui desservaient la paroisse Saint-Vivien

A leur tour, au siècle suivant, les trésoriers sollicitèrent la suppression de l'hôpital. Us prétendaient que c'était un établissement dangereux, onéreux à la paroisse, contraire aux intentions du gouvernement, a la volonté du Roi, qui

mettait alors tout en usage pour s'opposer aux courses des pauvres vagabonds. C'était, à les en croire, exciter les mendiants à quitter leur pays que de leur promettre hors du bourg, du village qu'ils habitaient, un asile où pendant deux jours ils étaient logés, couchés, chauffés gratuitement, f Que serait-ce, disaient-ils, si, dans chaque ville, il se trouvait de pareils hospices ? Tous les pauvres des différentes paroisses ne seroient-ils pas continuellement errants, assurés de trouver partout des hôtelleries charitables, où ils seraient reçus, accueillis sans frais ni dépenses ? > On n'écouta pas leurs plaintes ; et l'hôpital fut maintenu avec la charge d'admettre les passants qui se présenteraient, de les loger pendant deux nuits et de leur fournir à chacun deux fagots, depuis la saint Michel jusqu'à Pâques.

Le nombre de ces passants (étrangers, soldats, ouvriers en quête de travail ou faisant leur tour de France), était assez considérable. Il s'éleva souvent à plus de quinze cents par an.

Au xvn e siècle, il y avait, à l'hôpital Saint- Vivien, deux dortoirs, l'un pour les hommes, avec neuf lits, l'autre pour les femmes, avec quatre lits. Au xviii* siècle, il n'y avait plus qu'un dortoir, où les hommes seuls étaient admis. On mettait à la disposition des passants un réfectoire dont le mobilier se réduisait à quelques objets indispensables, tels c qu'une grosse table, deux grands sièges, deux pièces de bois à seoir les pauvres, une cramillée à trois cramillons, deux grands landiers ; > la pièce était ornée d'une image de la sainte Vierge.

L'hôpital subsistait encore en 1792. Le 8 octobre de cette année, l'architecte Louis Gilbert, à la réquisition des administrateurs du Directoire du district de Rouen, procéda à la visite et à l'estimation de la maison. Il constata qu'elle consistait en deux corps de logis, bornés, vers le nord par la rue Saint- Vivien, vers le midi par divers bâtiments appartenant au trésor de la paroisse, et par une

allée conduisant à l'eau de Robec ; que le bâtiment sur la rue Saint-Vivien, servant d'hôpital, présentait quarante pieds de façade sur dix-huit de largeur dans œuvre, qu'il contenait neuf lits pour les pauvres voyageurs, avec quatre petites salles, dont une, ayant neuf pieds de long sur huit de large, leur servait de chautfoir. Le rrçéme hôpital contenait deux chambres pour le logement du chapelain et du clerc de la paroisse, une autre pour le logement du concierge, une salle pour les assemblées du trésor de Saint-Vivien, sans compter quelques portions de maison baillées à loyer.

L'hôpital Saint-Vivien, portant alors le n° 1 12 de la rue, fut vendu, comme bien national, le 22 octobre 1793, à Pierre-Adrien- Emmanuel Bonjour, par le prix de 2 5,ooo livres.

On peut s'étonner que les Administrateurs du district de Rouen n'aient point respecté l'hôpital Saint- Vivien, a raison de son but populaire et philanthropique, pour ne pas dire charitable.

Mais si une chose doit surprendre, c'est qu'il eût subsisté jusqu'à eux. Il avait, en etfct, survécu, pendant de longues années, a tous les établissements hospitaliers du même genre.

Je me bornerai a en citer quelques-uns : je n'irai pas les chercher bien loin.

A Arques, l'hôpital Saint-Julien pour l'hospitalité remontait à une haute antiquité : il fut réuni à l'hôpital de Dieppe par un arrêt du Conseil du 22 décembre 1674, et par lettres patentes du mois de novembre 1695.

L'hôpital de Sainte- Foi-dc-Longucvillc, établi dans le même but, fut réuni a l'hôpital de Dieppe à la même époque.

L'hôpital de Vaudrcvillc. administré par un hospitalier, pris parmi les rclitcieut de Longucville. avait aussi pour objet l'hospitalité. Il en est question dans une charte de

ii8o, conservée dans le Fonds du prieuré de Longueville (i).

A Aumale, il y avait un hôpital pour les pauvres passants. Us pouvaient y loger une nuit. Il était sous l'invocation de S. Nicolas. Il en est question dans des pièces du xvi e siècle (2).

A Caudebec, l'hôpital de Saint-Julien était originairement affecté au soulagement des pauvres étrangers et passants (3).

A Écouis, Enguerran de Marigny avait fondé un hôpital sous l'invocation de S. Jean- Baptiste, où Ton recevait les passants de l'un et de l'autre sexe dans deux corps de logis séparés (4).

A Envermeu, en 1277, un nommé Michel Taupin et Emmeline, sa femme, confrères des religieux de l'abbaye du Bec-Helouin, attestent avoir fait construire, dans le fief du prieuré dépendant de ce monastère, un hospice pour les infirmes et les voyageurs et avoir affecté à son entretien une rente annuelle de i5 livres tournois amortie (5).

L'hôpital de Gaillefontaine, fondé, ou tout au moins doté, par Mahaut de Saint-Paul, fut uni, en 1 36g, à l'abbaye de Bival, à charge d'y exercer l'hospitalité envers les pauvres passants, ce qui donne lieu de croire que tel avait été l'objet primitif de la fondation (6).

A Gournay, sur la paroisse de S. Hildevert, du côté de la Picardie, un hôpital avait été fondé, en 1634, pour y recevoir uniquement les passants et les voyageurs (7).

(1) Arch. de la S.-Infér., F. de l'Intendance et de Longueville.

(2) Ibid.y v. YHistoire d' Aumale, de M. Semichon.

(3) Ibid.y F. de l'Intendance.

(4) Dom Touss. Duplessis, Description de la Haute Normandie, II, 339.

(5) Arch. de la S.-Infér., F. du prieuré d'Envermeu.

(6) lbid. y F. de l'Intendance. Duplessis, Description de la Haute-Normandie, I, 118.

(7) ïbid. % 1, 29.

A la fin du xnr siècle, Laurent le Chambellan, chevalier, dont on conserve la tombe en l'église du Mont-aux- Malades, avait fondé un hôpital, sous l'invocation de la Madeleine, au Port-Saint-Oucn « pour cause de herbegier y chascune nuit dis et huit pourcs. • Il en confia la garde aux religieux de Bonport, qui devaient y faire dire la messe trois fois par semaine (i).

Enfin, le 5 janvier 1 398, nous voyons Raoul Daniel et Emmeline, sa femme, donner à l'évêque de Lisieux et à ses successeurs une masure près du chemin du Roi et du presbytère, au Petit-Couronne (2), pour y • establir et éditfier une maison-Dieu ou ospital, ouquel seroient receus et herbegiez les pourcs pèlerins et autres poures passons par le païs (3). »

(1) Arch. de la S.-Infér., F. de l'archevêché, lettres patente» données à Vincennes, 20 décembre 1327.

Cet hôpital ayant été démoli, des indulgences furent accordées par les vicaires généraux du cardinal d'Estoutevillc à ceux qui contribueraient de leurs aumônes à sa reconstruction. « Cum igitur, sic ut accepimus, hospitalc scu domus Dci bcatorum Anthonn, Rcmigit. Gracia m, Cclerini et Béate Marie Magdalcnrs Portus Sancti Audocni, decanntus de Pins, Kothomagcnsis d:ocesis, ubi Chnsti paupjres, ibidem ex divertis mundi partibus affluent s, rccolligi et hospitari et in suis necessitatibus rcnci. et opera miscricordie adimplcn non possunt, msi Chnsti hdchum clccmosints mediantibus, existât quamplurimc dcmolitum, intenditquc magister sivc administrator illius reedirheari ac procurarc rcrui, etc, - enjoint aux curés de recevoir les envoyés de l'hôpital, de les laisser prêcher leurs indulgences qui étaient de quarante jours, 16 mars 1477.

(1) Cette paroisse faisait partie de l'exemption de Lisieux.

( <) K.toul Daniel promettait, par le même contrat, « des biens que Dieu lui preste roi t et des aumosnes que les bonnes gens lui vouldroicnt pour ce donner, de parfaire au plus tost une M*j*»n4)ieu. - 11 en retenait • l'administration et gouvernement sa vte durant tant seulement, et par ce renonçait À la propriété et treffons dudit héritage pour lut et pour ses hoirs sans jimai*

Tous ces hôpitaux n'étaient plus connus au xvm e siècle : à vrai dire, ils n'étaient plus aussi nécessaires; les routes étaient sûres, les auberges très communes, et les pèlerinages n'étaient plus guère en honneur.

y demander ou réclamer aucune chose ; et à ce consenti sa dicte femme. » Tabellionage de Rouen.

NOTES

SUR l-KS

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