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L’Adulte — Planche 538.
Ce Faucon se caractérise parmi les espèces nombreuses et difficiles a reconnaftre des oiseaux de proie par des formes anomales trèsremarquables; deux fortes dents garnissent de chaque còté les bords de la mandibule supérieure du bec, et deux échancrures assez profondes dans la mandibule inférieure répondent è ces dents; les ailes de cet oiseau ont la méme forme, et les pennes y sont Ctagées comme dans les Autours; ses pieds, mais surtout les doigts, tiennent le milieu pour leur longueur entre ceux des espèces de la division des Faucons les plus rapprochés de notre Cresserelle et ceux des Autours. Nous trouvons conséquemment dans cet oiseau la réunion des caractères qui nous ont servi jusqu'ici a distinguer les Faucons des Autours, et ces caractères sont accompagnés d'une seconde dentelure au bec, tandis quil n'en existe qu'une chez les espèces de Faucons d'Europe. L’anomalie de la dent n’offre rien qui doive nous étonner ou nous paraître étrange, car nous avons observé des formes analogues parmi les Buses; et une nouvelle espèce de cette section, mais à lorum couvert de plumes, tel qu'on veut définir la section Pernis , nous offre un bec armé de deux fortes dents ; l’anomalie dans les pieds et dans les ailes n’excite pas davantage notre surprise, car nous ferons connaître des oiseaux de prole, Autours par le bec et par les ailes, mais pourvus de pieds en tout semblables à ceux de nos Cresserelles et de nos Emeérillons. Les feseurs de genres nombreux trouvent ici des entraves contraires à leurs vues strictement méthodiques. Nous croyons avoir donné quelques indices propres à servir de preuves à l’appui de notre manière différente de voir sur cette matiére, et l’occasion ne nous manquera pas pour soutenir notre
thèse, que le genre Fa/co ne peut pas étre divisé en sous-genres, à
FAUCON BIDENTEÉ.
moins que l'on ne veuille faire presque autant de genres quil ya dans cette série d’oiseaux rapaces.
d’espèces connues ie selon les différens périodes de
Le plumage de cette espèce var a livrée des vieux et celle des jeunes offrent des
dans les teintes qui colorent ce plumage.
anche 38 de ce recueil, a la téte, les joues,
bleue de plomb,;
l’àge des individus; l disparités très-marquées Le vieux mile figuré pl le còté et la partie postérieure du cou d'une teinte le dos, les ailes et la queue couleur d’ardoise; la gorge et les couvertures du dessous de la queue d’un blanc pur, et le reste des. partes inférieures d'un roux de rouille, marqué de bandes blanches assez irréguliérement distribuées. Quoique tout le plumage supérieur paraisse d'une seule teinte ardoisée, on remarque, en soulevant les plumes du dos, que leur base est blanche, et que quelques taches blanches, cachées sous les autres plumes, sont distribuées sur les deux cétés des barbes; toutes les plumes des ailes sont aussi blanches è leur base; les pennes secondaires et les rémiges ont des bandes transversales d’un cendré-clair sur les barbes intérieures , mais les barbes extérieures sont unicolores ; ces bandes sont plus marquées à la face interne des ailes, où elles sont peintes de blanchàtre et de cendréfoncé; sur la face supérieure des pennes de la queue, qui sont à peu près noires, se trouvent trois bandes cendrées, très-Gtroites; elles sont blanchàtres et plus larges en dessous. Nous voyons par le manuscrit du prince de Neuwied, que la cire est d'un jaune-verdàtre, le tour des yeux d’un gris-bleuàtre , l’iris rouge, et les pieds d’un jaune-orange. Longueur, de 13 è 14 pouces.
La femelle adulte a de petites taches plombées sur le blanc de la
rousse; de petites bandes blanchétres et plombées sont disposées sur
gorge; les parties inférieures sont d’une teinte plus généralement
le ventre et sur les cuisses; le roux est toujours plus ou moins pur ou mélangé selon l’àge des individus.
Les parties supérieures, dans les jeunes femelles de l'année, sont d’un brun-foncé, et la queue est noiràtre ; toutes les parties inférieures sont blanches; le cou et la poitrine ont de larges mèches noiràtres; aux premières mues, les teintes cendrées et roussàtres se montrent à la poitrine et aux cuisses, elles se répandent progressivement sur les autres parties inférieures. Nous donnons une figure du jeune de l'année, planche 228 de ce recueil.
Le prin led fai i I6té prince de Neuwied fait mention de deux variétés quil décrit
pi
FAUCON BIDENTE.
dans le manuscrit de ses Recherches ornithologiques faites au Brésil; l’une est une jeune femelle en mue, l’autre un jeune mile probablement de l'année.
La jeune femelle a toutes les parties supérieures d'un brun-foncé, marqué sur les scapulaires de taches blanches; toutes les parties inférieures sont blanches; ce fond blanc de la poitrine est peint de taches longitudinales, qui sont dilatées vers le bout des plumes; on voit quelques plumes clair-semées, moitié roussàtres et moitié blanchàtres; la gorge est blanchatre, et la partie supérieure du cou porte des taches d’un cendré-bleuàtre.
Le jeune màle a les parties supérieures d’un brun-noiràtre marqué de fines bandes blanchàtres qui bordent les plumes; les pennes des ailes et de la queue terminées de blanchàtre; toutes les parties inférieures sont blanches, et quelques petites stries longitudinales sont disposées sur la gorge et sur le devant du cou. Ce plumage est plus ou moins bigarré de roux, suivant l’àge des individus.
Cette espèce est connue sous le nom de F4rco sIDENTATUS, Lath. Ind. Orn., vol.1, pag. 88, sp. 90.— NorcHED rALcon, 2°. Syn. supp. vol. 1, pag. 34.
On trouve cette espèce au Brésil et à la Guyane.
Le Muséum de Paris possède une belle série d’individus dans les états différens de mue. On les voit aussi dans le cabinet du prince
de Neuwied et dans le Musée des Pays-Bas.