‹ Nouveau système d'études philosophiquesChapitre 10 sur 101 · PREMIÈRE PARTIE, 3l · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE, 3l

toujours renouvelé , toujours diiTëreulde lui-uièmc» BC pourrait jamais dire mai ; son existence serait une énigme dont Dieu seul aurait le mot. Certes, il n'y a pas seulement sensibilité, maïs puissance, mais action , à se dire : « Mes idées d'hier, celles de tout à ir Theure , celles d* à-présent ne sont pas moi : elles «c se succèdent , s'effacent , s'évanouissent ; et moi « je reste , moi je suis ce que j'étais hier et tout à ce l'heure. » Non , je ne conçois pas nos logiques avec leurs divisions. Puisqu'on veut des distinctions fondées SUT les nuances les pins légères, pourquoi faire de la comparaison, qui après tout n'est que lattention , nne faculté à part , tandis qu'on exile la mémoire , sans laquelle rien ne s'explique dans les opérations de la pensée ; la mémoire y qui se sépare de toute autre faculté par dea traks, par nne physionomie si particulière ?

4. Mais ce n'est pas tout : s'il y a une mémoire qui se souvient , il y a une mémoire qui rappelle :' et il est à regretter que notre langue n'ait pas ou: plutôt n'ait plus im mot pour exprimer cette autre puissance. Les Latins avaient recordatio , leè Italiens ont rimemhtanza r^^ns en avions fait rememhrance. Qu'est devenu ce mot ? Celte espèce de mémoire n'est plus, comme l'autre, la gardienne des morts : c'est une fée qui les évoque et les ranime. Elle les appelle sans lesvoiif, l'autre ne peut que les nom*mer quand ils paraissent.

Nous refusera-t-on ce pouvoir ? niera-t-on que nos souvenirs accourent k la voix qui les mantle?

non î mais on refusera d'en faire une faculté, parce qu'elle est soumise à la conformation de nos oi^ ganes , et que nous ne la possédons pas tous égale* ment.

Et quelle est la faculté dont on n'en pourra dire autant ? sans contredit il y a de grands mystères dans la mémoire. Comment se fait-il que certaines mala* dîes en suspendent l'exercice ? comment se fait*il que , même dans Tétat normal , nous poursuivions en vain certains souvenirs , qui tout à l'heure vont revenir d'eux-mêmes quand nous cesserons de vouloir les atteindre?

Bien ! mais comment se fait* il qu'une céphalalgie violente rende toute attention impossible ? comment se fait-il que la fièvre dérange la comparaison dans l'étude de ses rapports, et lui présente des ùtUf tomes pour des réalités?

Et pourtant l'attention et la comparaison conservent leur place dans nos systèmes.

ce Mais nous n'avons pas tous autant de mémoire^ Les uns ont une prodigieuse capacité pour tout retenir : les autres s'épuisent en efforts pour ramener lentement quelques idées nouvellement acquises. Ici je vois la mémoire des visages , là celle des mots « ailleurs celle des chiffres , plus loin celle des lieux. Dans cet idiot, enfin , je n'en vois aucune ».... Ârrètez , cette dernière assertion est fausse ; l'homme le plus stupide peut se rappeler quelque chose. Je vous renvoie pour la preuve à ce que j'ai dit des Crétins. Et pour tout le reste , quelle objection a-t-on faite

iPABMlèRE PARTIE. 33

qu'on ne puisse opposer à cbacane de nos facultés ? ^e croirais faire injure à mes lecteurs si je leur indi- (joals sous combien de formes et avec quelles luégalités de puissance Tattentlon et la comparaison se produisent. Je les renvoie à cette plirase de Rousseau : ce L'esprit qui ne forme ses idées que sur des i^pports réels, est un esprit solide; celui qui se contente des rapports apparens, est un esprit superficiel ; celui qui voit les rapports tels qu'ils sont , lest un esprit juste ; celui qui les apprécie mal , est un esprit faux ; celui qui controuve des rapports imaginaires, lesquels n'ont ni réalité, ni apparence « est un fou ; celui qui ne compare point , est un imbécile *• L'aptitude plus ou moins grande à comparer des idées et à trouver des rapports est ce qui fait dans les hommes le plus ou le moins d'esprit, m

Ainsi ) puisque ces raisons ne suffiient pas pour taire exclure du nombre des facultés l'attention et la comparaison , elles ne prouvent rien contre la mémoire.

Il est d'ailleurs facile d'expliquer les différences que présente la mémoire (recordatio) dans les divers individus. L'homme de cabinet aura la mémoire des mots, le peintre celle des visages, le calculateur celle des chiffres, le voyageur, le poète, celle dés lieux. Et remarquez que dans les visages, le coloriste se rappellera le teint, le dessinateur les traits , etc.

* n n*y a pds d'homme qui oe compare point; ce qui n* empêche pas qu^il n*y ait des imbéciles.

34 t>HILOSOPHIE«

La mémoire , dans la variété de son action^ dépend donc de l'habitude, et T habitude de Fattenlion.

Le premier secret pour se faire de la mémoire ^ c'est donc d'exercer son attention. On sait le sens que nous avons donné à ce mot. Cette recelte vaut mieux que toutes les mnémoniques.

5. Par l'attention, nous fixons à part l'un de l'autre les objets de nos pensées; par la mémoire, nous divisons l'attention sur plusieurs à la fois : enfin par le jugement nous saisissons leurs rapports.

Je ne m'arrêterai pas sur cette opération nouvelle, résultat ordinaire , mais non pas nécessaire , des précédentes ; car on peut comparer sans rien découvrir. Tout ce qui existe est lié par d'innombrables rapports : et combien de ces rapports nous échappent , malgré nos recherches! Que de fois nous sommes obligés de suspendre notre jugement, aprèa un long examen ! que nous serions heureux , s'il suffisait de copiparer pour savoir I

Je ne chercherai pas non plus si le jugement est une faculté ou non , une perception volontaire on involontaire, un acte simple ou composé. Discussions frivoles, perte de temps, grande faute en philosophie.

6. Mais c'est peu de sentir, de trouver des fapports ; à chaque instant nous en créons de nouveaux.^

Créer! expression audacieuse, usurpation de la faiblesse sur la force; du néant sur la toute-puissance! Nous, êtres d'un jour, faire que ce qui n'était pas^ soit! Nous créer, quand notre vie entière

PREMIÈRB PARTIE. 3S

ne suffit pas pour étudier , pour raconter les merveilles de la nature ! Pile copiste, où sont tes œuvres? Malheureux Prométbée, tu veux rayir le feu du ciel ; commence par briser tes chaînes.

Oui, sans doute, il faut imiter avant de produire, obéir avant de commander , rassembler des matériaux avvmt de construire un édifice. Mais dite»-moi, n'ayez-vous jamais fait de différence entre ce peintre grec qui , pour représenter Yénns, réunit, en les copiant , les charmes des plus belles femmes de son^ temps; et Raphaël, qui va chercher sa figure -de vierge dans les cieux : entre les ballades , les c1uk>niques qui racontent à Torquato la première croi« sade , et les beaux chants de la Jérusalem : entre le voyageur qui vous décrit exactement les sites de File de France, les scènes qu'il y a vues, les mceurs qu'il y a remarquées , et le charmant écrivain qui vous promène dans les mêmes lieux avec Paul et Virginie ? Où les avait-il rencontrés ces deux êtres si purs? on avait-il entendu leurs innocentes paroles ? Certes , les sentimens qu'il a dépeints sont dans la nature, et c'est là son premier mérite : les formes gracieuse» de jl^ginie sont quelque partpeut-étte; cette belle âme qu'il a rêvée a peut-être un modèle. Mais ce modèle , il ne TaperçQt que dans sar pensée ; mais ces situations si simples et si touchantes, il ne les trouva point dans sa mémoire. Il a donc fait plus qu'apercevoir, plus que sentir, il a créé : car il a fait , sans modèle, un ordre, une combinaison de sentimens, d'idées , de formes physiques i d'événement , qur ne

26 p'aiLOsopuiË.

furent jamais, et qui subsisteront toujours, li^exis-* tence de ces ravissanies créatures est pour nous à présent comme celle d'un ami que nous avons perdUf un souvenir , un rêve.

Combiner, créer des rapports, c'est imaginer. . Encore un mot qui nous gêne. Imaginer vient àHmage: donc, imaginer, ce sera reproduire, arranger des images N... On jrait loin avec de pareilles conelusions , ^% peu d'^jmologies supporteraient la Hfi^ppasabilité du «ens des mots. C'était bon dans le t^ps où Ton •çr0jrait-que toutes les idées étaient des ii9a^s., ^'çat-iItTdMr^, des représentations visibles des obje^. Alioirs^^ombiaer des images signifiait combiner dés^^¥lée^:Mn|i^^ ftlors.ftussi, pour être conséquent, CA déliait dire que les aveugles n'avaient pas d'idées^ èômmftipoi^r l'être aujourd'hui , il faudrait dire qu'ils li'ont pas d'imagination. En effet, les aveugle» il'oint pas d'images d^n^ U. pensée^

.:. Laissons ces frivolités : ce ne sont pas des image» seulement que .c<>mbinait Homère. .Conservons cette défin^itipp pour exprimer ce que fs^isait Micbalon t quand il composait un paysage : eotcore si dans ce liaysâge il plaçait la mort de Roland , >'y voyais plus qtiedesitnftges^ .:. .<•

Mais, dira->t^Ay voua ne citez que des exemjâe» ixtraordinabres : tout le monde n'est pas un;Ho0ièrer nn Kapbaël i un 6ernardin.de Saint-Pierre { tout le 9ionde ne peut pas^ comme Milton, lancer. un pont snr le vide« '

, 9(qp, mais %om le monde imaginf, et coujoiirs:^

PRBMIÈRB PARTIE. Sf

rimbécile^ comme Chateaubriand , Pascal au maillot « comme Pascal grand homme, ûir toutes ces opéra* tions qui nous étonnent dans leurs produits sont •impies dans leur nature. Imaginer, c'est songer à ce qui n'est pas : or toutes les fois que Toii s'occupe de l'avenir , on songe à ce qui n'est pas ; on y placb ce qui peut être. Et qui d'entre nous ne s'est pas toujours occupé de Tavenir? Sans doute nous ne le composons que des débris du passé : il n'appartient qu'à quelques hommes privilégiés de se métamor^ phoser en d'autres êtres, de dépouiller tous lenra sentimens, de devenir tour à tour Néron, Achillev, Joad , Eliacin. Mais enfin, il est une chose que nous créons, nous autres vulgaire : c'est un nouvel ordre d'idées, dô Sentimens, de situations à notre usage. Jen appelle à vous, qui que vous soyiez, qui lise» mon livrer et je vous demande , si vous continuez cette lecture, ce que tous penses trouver à la page que vous ailes tourner : si l'ennui ou la fatigue vous gagne, ce que vous allez faire tout à Theure. La ré« ponse est prête, et c'est l'imagination qui l'a fournie. Nous dirons de Timagination ce que nous avona dit de l'attention; on peut, on doit l'exercer de bonne heure. Fille de la mémoire, elle reçoit délie ses richesses et sa puissance : mais /. maire puichrA fiUa palcbrior^ elle agrandit prodigièuseriient sen domaine» Fréparez*lui donc les voies en développant la mémoire, surtout en variant ses matériau;^. Ëserces dès l'enfance les sentimens, multipliez et surtout variez les sensations , accumulez , même saiis oardre».

dé nombreux rapports : la raison viendra plus tard ranger ces matériaux. Mais l'imagination y aura trouvé des trésors. Ainsi , que l'attention soit forte , et je réponds de la mémoire; qu'elle s'étende sur des milliers d'objets , et je réponds de l'imagination. Tout est donc danftl'attention, tout est dans ce mot : vouloir.

7» Cependant il faut un guide à l'imagination, un guide sûr et paisible , qui soit toujours auprès d'elle pour modérer sa fougue, et régler ses écarts, un guide qui lui rappelle sans cesse que la nature est son modèle , et la vérité sa loi. Le voici ce guide ; nous allons vérifier ses pouvoirs. C'est le raisonnement.

Cette opération est le complément de toutes les autres. Voyons en quoi elle consiste.

Cet enfant compte à peine quelques jours d'existence. Vous mettez un hochet dans sa main. Il le presse, le tourne, le porte à sa bouche; enfin, et sans savoir ce qu'il fait , si Vous voulez , il ouvre la main, le hochet tombe. Il a remarqué cette chute, il a perçu un rapport , il a jugé. Puis distrait tout i coup par une sensation, une douleur, il laisse échapper ce jugement , fruit d'une attention si légère, il l'oublie. Mais le hochet revient dans sa main, il le sent, il le voit^ et recommençant les m^mes mouvemens , renouvelle nécessairement les mêmes observations, et i chaque fois il se dit : ma main est fermée , l'objet reste ; ma main est ouverte , l'objet tombe. Comme c'est toujours le même fait, la même

PKEMlÈaE PÂUTIE. ^9

correspondance de rapports, il faudra bien qu'il s en souvienne ; il faudra bien que tôt ou lai*d , ( je ne fixe pas Tépoque ; au bout d'un jour , au bout d'un mois , qu'importe ? ) il faudra que Topération de sa pensée soit plus rapide, et qu'il se dise : ma main est fermée, et l'objet reste, parce qu'elle est fermée : je vais l'ouvrir, et l'objet tombera. Voyez- vous la diflei*ence ? Tout à l'heure il jugeait, à présent il raisonne. Juger, c'est saisir le rapport , tel que la nature nous le donne ; il ne faut pour juger qu'éti*e attentif et se souvenir : raisonner, c'est faire produire à des rapports fournis par la nature, un nouveau rapport qu'elle ne donne pas. Pour raisonner il faut de l'attention, delà mémoire, des rapports acquis, puis un acte d'imagination qui en crée de nouveaux , puis Texercice d'une autre faculté, qui saisisse la dépendance, l'enchaînement de ces rapports. Elle diflOère du jugement , en ce qu'elle produit et constate à la fois, tandis que le jugement ne fait que constater; de l'imagination , en ce qu'elle ne travaille que sur des réalités , et tend à n'en£ainter que des réalités. L'un veut conquérir pour connaître, pour posséder ; l'autre pour bâtir des cités et fonder des empires.

Le raisonnement ne repose que sur des analogies. Que se passait-il dans la pensée de l'enfant ? il disait : a J'ai ouvert la main , une fois , deux fois , vingt fois : » analogie dans les faits, ce L'objet est tombé toujours : » analogie dans les résultats. Là finissait raction du jugement, m Ouvrir la main , c'est faire tomber ce qu'elle contient : » résumé des analogies ,

4o PHILOSOPHIE.

principe de raisonnement. «Je vais ouvrir la main ; ». application du principe , toujours par une analogie. <c L'objet tombera : » conséquence, résultat nécessaire du principe appliqué , produit des analogies. Tout le secret de Vçypération est donc dans ce mot.

Si les analogies sont fausses ou mal appliquées , le raisonnement est ù^. « Y a-t-il des hommes dans la lune ? — Oui. — Pourquoi ? — La lune ressemble à la terre : elle a ses montagnes , ses plaines , ses mers.... — Analogie fausse : qui vous a dit que ses taches étaient des vallées, ou des lacs? vous ne pouvez rien conclure. — Mf^s la lune a comme noust ses vicissitudes de jours et de nuits , de froid et de cbaleur. — Analogie vraie , mais mal appliquée; car |1 en faudrait une aussi, une nécessaire entre Texisr tence de Thomme et ces vicissitudes dont vous par-, lez : or les alternatives de la lumière et de l'ombre etc. ^ n'entraînent pas la présence de Thomme. »

Si les analogies sont vraies , nombreuses , mais incomplètes, c'est-à-dîre, si à côté des ressemblance^ les mieux constatées il y a des différences qui les contredisent, le raisonnement n'a qu'une force re-. lative, hypothétique. C'est ainsi que des analogies, incontestables entre l'homme et l'animal peuvent nous faire conc^re que ce dernier pense , sans nous, garantir l'infaillibilité de la conclusion : encore fau->. dra*t-il remarquer que le mot animal est bien vague I et que les analogies diminuent et s'effacent à mesure que nous descendons l'échelle des êtres vi- ^aps , pour nous rapprocher de la plante.

PRBMiàRB PARTIE. 4t

•Enfin si les analogies sont réelles et complètes i si elles arrivent jusqu^à l'iclentilé , le raisonnement est sûr. Ainsi V homme proclame l'existence de l'homme. Mais ce qu'il importe de remarquer, c'est qvL identité ne veut pas dire confusion « ressemblance parfaite du tout au tout, car il n'y aurait pas deux êtres iden^ tiques; mais identité des quaHlés essentielles, de pelles qui font l'être. Ainsi les hommes diffèrent de couleur , de figure , de taille , de langage , de forme même , car rien ne ressemble moins au nègre de Vanikoro que l'Apollon du belvédère : ils digèrent d'idées , de jugemens, de mœurs ; car rien ne ressemr? ble moins au stupide Groenlandais que Voltaire , au muet du sérail que Washington , au Zélandais féroce que St-Vincent de Paule. Mais tous sont hommes , parce qye tous ont la même conscience , les mêmes fa-^ cultes à eiercer, les mêmes devoirs i remplir.

8. Nous bornerions ici cette analyse rapide de^ opérations de la pensée , si nous n'avions cru devoir indiquer dans l'homme la puissance qui le distingue de tous les êtres connus, et réhabiliter un mot qui nous semble mieux qu'aiicun autre destiné à exprimer ce pouvoir.

Il est possible que les animaux soient comme noua doués de la sensibilité. Des millierade faits semblent venir à l'appui de cette assertion, qui d'ailleurs aujourd'hui n'est plus guère combattue. S'ils sentent, ils pensent : s'ils pensent, ils se souviennent, jupipt, imaginent et raisonnent : la conséquence est rigoureuse. Mais un pouvoir qu'aucun d'eux ne possède

( et , à notre avis , c'est le plus grand de tous J , cVst celui de se replier sur soi-même , de s'observer pensant , d'assister , pour ainsi dire , comme spectateur à chacune de ses opérations. Où est Tanimal qui , dans le moment même où il se rappelle le danger qu'il a couru , où il invente le moyen de l'éviter , se dit à lui-même : je me souviens , j'imagine ? Si les animaux avaient un langage pour exprimer leurs idées, qui d'entr'eux pourrait comprendre ces mots : ma mémoire , mon attention , m^ conscience 7 Nous l'avons , nous , ce beau privilège : nous pouvons étudier notre nature , nos facultés , leurs opérations , leurs produits : nous pouvons à notre gré laisser courir ou arrêter au passage chacune de nos pensées. Dans les momens même où l'instinct nous conduit , oiï la passion nous entraîne , nous pouvons d'un coup d'œil rapide et sûr , calculer la pente du chemin , mesurer l'abtme , et nous arrêter au bord du précipice. Admirable puissance « dignité de l'homme, réflexion : ne serais-tu pas le levier dont il se sert pour faire mouvoir l'univers dans sa pensée ?

Réflexion^ retour sur soi-même , regard intérieur : il m'a semblé que la philosophie moderne n'avait pas fait de ce mot l'emploi qu'il est en droit de réclamer. Me serais-je tnMnpé dans la définition que je propose ? Je soumets cette question aux habiles.r Dans tous les cas , je ne me suis pas trompé en constatant ceWt fÎEiculté de l'homme, et je somme la philosophie d'avoir un mot pour l'exprimer.

Page 1