‹ Nouveau système d'études philosophiquesChapitre 13 sur 101 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

conde , qui , appliquée à ses sensations , lui découvre un monde extérieur ; à ses sentimens , des êtres supérieurs à lui, dont il éprouve T influence nuisible ou salutaire^ des êtfes qu'il appelle bons ou mé* chans , for(s ou faibles ; à son existence enfin , peut lui faire soupçonner Dieu lui-même ^ le plonger du moins à ce sujet dans d'inexplicables méditations. Car , ne t'oublions pas , cet homme n'est pas malheureux de la privation des biens qu'il ignore. Il ne voit pas , comme le sourd-muet , qu'on peut s'entendi*e : il n'entend pas dire , comme Faveugle, qu'on peut se voir. Il sait bien que sa vie ne se soutient que par des Recours étrangers : il devine que ces secours lui viennent de plus fort que lui : mais il ne peut désirer de ressembler à ceux qui l'entourent , parce qu'il ignore en quoi consiste la dlflerence qui le sépare d'eux. Un être bienfaisant, dont la substance s'est long-temps unie à la sienne pour le nourrir, dont la douce chaleur a long-temps pénétré toute sa personne , dont les bras l'ont porté , dont la main a guidé ses premiers pas , et chaque jour lui fournit les alimens salutaires , marche encore auprès de lui , et le dirige au milieu de cet inBni de ténèbres et de silence dans lequel gravite son corps, et où s'égare sa pensée. Il songe sans cesse à cet être comme il songe à lui-même ; et qui nous dira les rêves au fond desquels s'abime son intelligence ? Sans doute il ne sait pas que c'est sa mère ; et peut-être en fait-il son Dieu, sa'providenee. Il se trompe bieii peu.

Que d'idées pourtant ! et quels signes pourront les ' ' * 5

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traduire cLaas sa mcmoire? Fussent*elles, comme )« vous laccorde , vagues , incertaines , Tincei^tiUide elle-même est une pensée; quel en sera le laiigag4i intérieur? Direz- vous, Logiciens, que les forme» qu'il a palpées lui serviront pour diviser entre elles, pour fixer ses notions ? Irez-vous , plutôt que de rejioncer àvos systèmes, inventer pour lui, à défatit d'images, une combinaison d'odeurs, de saveurs? Mais pourquoi liésiterions-nous à le dire , puisque là ré^ side toute la solution du problème? Ne voyez-vouspas que pour tous les hommes comme pour celui-là , il est tout aussi difficile de distinguer deux sensation» que deux actes de la volonté : que supposer la nécessité d'un signe pour penser , c'est supposer la pensée pour la pensée , c'est faire un cercle vicieux. Si nour pouvons séparer, combiner^ fixer des images, destons , des formes , nous pouvons de même, séparer , combiner, fixer des opérations diverses, distinguer l'amour de la haine , comme le bleu du rouge ; le plai-»sir de la douleur , comme une croche d'une blanche ^ la mémoire de l'imagination , comme un cercle d'un triangle. Les sensations et les sentimens naissent, sa. développent , demeurent dans le même sujet ; si ^ par une fusion naturelle, mais inexplicable, les unes de^ viennent signes des autres , ce n'est pas une raison pour que chacune de ces manières d'être 9 prise à part., ne puisse être signe d'elle-même, ou plutôt se passer de signe. Une intelligence qui ne serait pas unie à la matière ne penserait donc pas ? Vos belles théories sur la séparation de Vkmn et du Qorps sont donc descfai-

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