M. JOURDAIN
Je TOUS dii q^u'ils me blessent , moi.
LK MÀITAE TAILLIOA»
Yous vous imaginez cela.
M. JOURDAI K.
Je me T imagine parce que je le sens» Voyez la b«lle raison !
a. La raison est notre second moyen pourjn^r; Elle est quelquefois infaillible , et plus souvent sujette à faillir. Les conditions qui préparent ces^deux résultats ont été indiquées dans la I'^* division de cette I'« partie (I*"® section , chap. II , n<^ 7 , pag. 3 8)* Les règles aitiquelles la raison doit se soumettre seront tracées dans la section qui. va suivre, (cf^oy. Raisonnement, ch. 1 et 2 ]•
Toutefois , n'oublions pas une observation impor>tante : c'est que la raison n'est rien sans la conscience : nous consentons à ce qu'elle marche son égale ^ comme puissance de Thomme ;^ mais nous ne l'appellerons jamais à discuter les faixs de conscience , tandis que ces derniers serviront de base à toutes les vérités rationnelles. Tout jugement a été précédé par un sentiment ; et nous avons hésité quelque temps pour savoir si nous ne devions pas ramener i un seul nos moyens de juger > d'autant plus qu'une certitude acquise par la raison s'identifie , commis nous l'avons dit, à nos certitudes de sentiment. Ce qui nous a décidé à distingjuer ces deux ^principesK
c est que dans les sciences on n'a pas toujours besoin de reculer jusqu'aux vérités senties. On part d'un principe rationnel : dans quelques-unes même , comme la géométrie, on soumet à une démonstration, dès le début, les faits les plus sensibles.
§ 2. Témoignage des sejis.
Le témoignage des sens se compose de deux parties : 1^ La certitude de ce que nous sentons; certitude qui n'est autre chose que la conscience, a"* La croyance qu'il existe bors de notre pensée quelque chose y cause occasionelle , ou moyen potir produire en nous la sensation.
Cette certitude ne peut être contestée.
Nous voudrions pouvoir en dire autant de cette croyance , car elle est tellement naturelle que nous la voyons se manifester dans l'enfant qui vient de naître ; et que plus tard , au premier doute élevé contre elle , le bon sens se soulève avec une sorte d'indignation. Ainsi > demandez au paysan qui conduit sa charrue et ses bœufs , s'il y a réellement devant lui des bœufs et une charrue, s'il a un bras pour les guider et des yeux pour les voir ; il vous prendra pour un imbécile ou se fâchera. Mais enfin c'est une croyance ; et il se fâcherait tout de même si vous lui disiez que le soleil est immobile et que la terre tourne avec ses bœufs et sa charrue. Il faut donc que cette opinion , comme l'autre; qui n'est pas moins naturelle , se soumette à la raison ; et puis-