PREMIÈRE PARTIE. iSg
OB Sait le syllogisme complet , mais on le déguise par la variété des formes du langage , et par le déplacement des propositions. Au moyen de quelques particules conjénctiyes , on peut commencer soit par la mineure , soit par la conclusion. Voyez pins haut.
i^'^ ex. : Mineure , conclusion , majeuin;.
3^. Majeure, mineure, conclusion.
3^. Majeure, mineure, conclusion.
4^. Conclusion , mineure , majeure.
5®. Majeure , conclusion , mineure.
D'autres fois , chacune des propositions a besoin d'être prouvée, parce que chacune est contestable. Alors elles s'écartent l'une de Tautre par les démonstrations intermédiaires. Ce syllogisitie s'appelle Épichérétne. C'est en général l'argument des orateurs *.
Plus souvent enfin , dans les trois propositions ^ il en est une qu'on peut se dispenser de produire, soit parce qu'elle est évidente , soit parce qu'on suppose à son lecteur ou à son auditeur assez de sagacité pour suppléer à cette omission. L'argument alors s'appelle enthymème , syllogisme in petto , ev 9u(jlôî). Cette forme donne de la promptitude , de Téclat au raisonnenient; mais elle est dangereuse entre les mains d'un sophiste , qui supprime avec adresse la proposition douteuse. Pour démêler l'artifice, il faut rétablir cette proposition , afin de l'examiner. Voici le moyen d'y parvenir.
N'oublions pas qu'il est impossible de retrancher
♦ Voyez le plaidoyer de Cicéron pour Milon.
l6o PHILOSOPHIE.
un terme : sans quoi il n'y aurait plus raisonnement. I^s trois termes sont donc dans Fenthymème* Mais le moyen n'est comparé qu'à l'un des extrêmes : il «'agit de savoir auquel , pour trouver la comparaison qui manque.
Regardez la conclusion ; les deux extrêmes sont là ; c'est-à-dire, le sujet et l'attribut. Or, il est toujours facile de connaître la conclusion, quelle que soit sa place. C'est la réponse à cette question : que veut on me prouver ?
Ce qui , la conclusion à part , reste dans l'argument , c'est le moyen terme.
Vous voyez alors , quoique le sopliiste ait à dessein changé les mots, employé des synonymes pour vous dérouter , si c^est avec le sujet ou l'attribut que le moyen est comparé.
Si c'est avec le sujet, la majeure manque, faiteslà. Si c'est avec l'attribut , la.mineure reste à faire.
Car remarquez qu'on peut indistinctement supprimer l'une ou Tautre. Il arrive même quelquefois dans la conversation , que l'on sous-entend la conclusion , c'est un moyen de plaire à son interlocuteur , en lui laissant le plaisir de découvrir la conséquence.
•t Jeune homme , quel âge avez-vous ? — Vingt ans. — Ah ! vous voici à f âge où l'on doit choisir un état. »
«Moi ! j'ai une grande fortune : on est bien bon de travailler quand on est riche. »
De part et d'autre les conclusions ont disparu : vous devez choisir un état -^ fai le droit de ne rien faire.
VRXMIÊRB PARTIS. iCi