‹ Nouveau système d'études philosophiquesChapitre 44 sur 101 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

RAPPORT DBS DEUX SUBSTA1fGE9«

Ce chapitre ne sera pas long.. Il ne (voit conteniif qu un fort petit nombre de notions positives , et une question sans réponse*

Ce qui pense est uni à ce qui ne pense pas : l'àmé est unie au corps*

A la suite de certains mouvemens dans le corps « 1 âme est aflectée de sensations.

A la suite de certains sentimens dans Tâme, les mouvemens dans le corps so^t bâtés ou ralentis, réguliers ou désordonnés.

A cette correspondance s'en joint jane antre plus active , plus sentie. C'est que les volontés dans Fétre pensant déterminent une foole de mouvemens dans celui qui ne pense pas.

Mais remarquons d^ abord que ces faits | pour être correspondans 5 ne sont pas identiques*

Que les mouvemens peuvent avoir lien sans qu'il en résulte des sensations; que des volontés peuvent natlre sans que des motivemens s'ensuivent.

Que par consé(|uent dans aucun cas le mouvement ne sera pensée, ni la pensée mouvement.

Ajoutons quS'ndépendaînment de cette communication entie les deux substances , de cette relation

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intime dans leurs manières d'être^ cliacuiie d'elle a encore une existence à part, tout-à-fait isolée de l'autre.

Ainsi la volonté humaiùe' nie fait rien à la circulation du sang , à l'oscillation des poumons , au travail , quel qu'il soit , dû sjstètne nerveux. L'homme peut penser et pense sans savoir qu'il a un cerveau 9 peut digérer et digère sans conààltfe' son estomac, etc. En un mot tous les phéadmènés organiques doùtPen-^ semble et Tharmonie constituent ce qu'on app'elle la vie, sont absolument étrangers à l'action de l'être pensant. C'est une machine qui va sans lui : et l'influence que le sentiment et là volonté exercent sur eux n'est ni sentie ni voulue : c'est l'effet inconnu d'une càuise ignorante. Ou plutôt, oh ne* peut pas dire qtiè l'âme soit la Cause de cet effet : il faut la chercher ailleurs.

Les anciens avaient fait Céité distiù'ctiôn., car ils appelaient ^njy/i , anima ^ le principe incônhû de la vie , et V0Î34 , mens , le principe connu de la. piénsée^ Le premier s'arrêtait et. s'anéantissait à la mort; c'était ]usie : l'effet cessant, la cause devait finir. Le second pouvait survivre.

Nous avons embrouillé tout cela, ed lie mettant plus qu'un seul mot pour exprinier choses si diffé-^ rentes. Nous avons appelé /une le principe delà vie et celui de la pensée : et l'on doit juger combien nos dissertations sur l'immortalité de Vame ont dA gagner d'objectipnjs et perdre de clarté.

Revenons au bon sens. N'employons le mot dme

t)îîUXlEMB t»AHtlE. 2i5

que pour signifier ce qui-pense t «t laissons le principe de la vie dans les secrets de son auteur.

Si nous admettons dans le corps une jérie de manières d'être , une vie indépendanl^ dé la pensée-^on nous permettra de croire aussi que TAtre pensant a son existence îndividaelle : qu^il p(Nit>« 'pap cette magnifique &culié que nous avons nommée riflexîùn ^ se conoen ti^r en lui-même , vi viv.de aea .setuiaoens ^ de ses idées, de ses volontés, se nourrir deses sour*venirs, de ses espérances., 4)u se toui^naétttet de èes crainles*, sans quda machine inlierpoae dans cesopérations le jeu de ses reasorls : qu'elle marche, digérant ses alimèns, sécrétant ses humeurs, respira: t son .air , et qu'elle laisse quelquefois legéniedu poète qui là conduit se promener librement dans les es*' paces qu'elle ne franchira jamais.

Il y a donc dans l'homme , tel que nous le connaissons ici bas, deux êtres bien distincts, unis et séparés à la fois : l^dme , ce qui pense ; c'est lui : le corps , ce qui ne pense pas ; c'est sa forme , son annexe , son instrument , sou enveloppe , sa prison , son serviteur ou son compagnon, tout ce qu'on voudra : ce n'est pas lui.

Mais comment s'opère ce commerce étrange ? qui expliquera le moyen d'action de ces deux puissances?

Personne.

Eu vain l'on se réfugierait dans le matérialisme : la difËculté reste la même. Elle ne consiste pas en effet à savoir comment dme et corps peuvent agir Tun sur l'autre ; mais comment les propriétés de ces

2!t4 t»HILDSOPHIE;

deak êtres peuvent mutuellement s'engendi^r et se produire : comment la Jiensée fait le mouvement ^ et le mouvement la pensée. Le matérialiste a donc , comme nous^ l'éhigmei résoudre ; il l'a tout entière.

Insoluble*, éternellement insoluble.

Laissons-'la donc » et n'knitons pas Eolev , qui a cru l'-expliquer avec fin/^fio? -physique i mot vide de sens : Gudworth , qui s'en est tiré par une plaisante-* rie V car son médiaieur -plastique est une caricature : enfin Mallebranche et Leibnitz, génies téméraires^ qui ont nié de qu'ils ne pouvaient comprendra.

Constatons le fait , et attendons *i

* Noa'!( myitôtis le lecteur qui voudrait savoir pourifiloi nous ne donnons pas une définition de F homme, à méditer le paragraphe de la Définition, <kins la section des Mé* thodes , ch. !«'•

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