‹ Nouveau système d'études philosophiquesChapitre 49 sur 101 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

ténuité incalculable; ou bien, creuse un nouveau lit à rOcéan , et broie lentement les rochers par le frottement de Tair et des vapeurs : entre ces deux extrêmes , qui probablement ne sont pas encore les deux termes de la lenteur et de la vitesse, d'innombrables mouvemens font naître, végéter ou vivre, puis mourir des milliers d'êtres connus ou inconnus. Et jamais le mouvement ne cesse , et jamais ne cesse la pensée»

La matière , sujet passif, élément subordonné , n'est unet puissance que par son inertie , ne lutte que par sa résistance. Selon qu'elle apporte dans l'union mystérieuse des deux êtres des molécules subtiles ou des masses accablantes , l'esprit la pénètre , la dompte, la vivifle , ou seulement l'effleure , et s'introduit lentement dans ses profondeurs.

Principio cœlum ac terram, camposquc liquentes, Lucentemque globum IirnsB , Titanîaque astra , Spiritus intùs alît , totosque infusa per artus , Mens agitât molem, et magno se corporc miscct. Inde hominum pccudumquc genus, vitîicque Yolautûm, Et quœ marmoreo fert nionstra sub œquore poutus. Igneus est ollis vigor, et cœlestîs origo Seminibus , quantum non noxià corpora tardant , Terrenique hebetant artus , moribundaque membra. Hinc cupiunt mctuuntque, dolent gaudentque etc.

( YiaciLE , Enéide , Uv*. vi. )

Pour bien comprendre ce système dans sou ensemble , et avant de passer à ses applications et à ses conséquences , qu'onnous permette une comparaison.

l34 PHILOSOPHIE.

Lorsqp'aa miliea d^une salle obscare, vous allumez tout-à^coup uue bougie, toul n'est pas éclairé sur le champ. Une faible lueur, une étroite atmosphère de clarté se forme au foyer. Fuis avec une e]^tréme promptitude , cette clarté se répand dans toutes les parties , et vous n^avez pu saisir qu'au premier moment cette lutte de l'air obscur contre l'air éclairé : seulement vous êtes sur (jue la même résis- X9.nce a eu lieu sur tous les points de la salle , et partout la même victoire. Mais alors même qnellci différence du centre aux extrémités ! Une lecture , un travail que vous pourriez faire auprès de la bougie, vous deviendraient impossibles^ dans un coin de Fap^ partement.

Tel est te monde. Figurez-vous une sphère im«* mense« Au centre est l'esprit, l'être actif, 6 Beoç. Il rayonne de toutes parts , sur tous les points de la circonférence. Tracez des cercles autour d^ ce centre unique. Dans les premiers, où }^ matière > chassé& avec force par l'espjrit , peut à peine apparaître , placez toutes les intelligences supérieures, ces êtres qui savent presque tout, parce qu'ils sont presque au point du milieu, d'où l'on voit tout. Puis marchez^ suivez le rayon, tracez de nouveaux cercles; dé-, gradez vos intelligences , en laissant plus d'accès k^ la matière , par consécjuent moins de force à l'esprit : vous voici arrivés à un. cercle où s'agite Tespèco. humaine , sous l'influence à peu près égale de la matière inerte, et de l'esprit qui lutte contre «He^. s'introduit en elle, se mêle avec ell^; tORt-irl'h^UX:^

DEUXIÈME PARTI B. a3$

nous dirons les conséquences. PoursuiiFes : voici le eerde des animaux qui raisonnent et se souviennent : le cercle de ceux qui ne font qne se souvenir ; puis ceux qui n'ont plus qu'une attention fugilive, une imparfaite sensibilité : alors viendront les plantes , dont les cercles aussi présenteront bien 4es différences , selon que la puissance d'inertie ra* lentira l'action de la force vitale : enfin les nuages s' épaississent 9 vous êtes parvenu aux confins des domaines de l'esprit , vous le voyes user ses dernières tentatives contre des masses qui l'écrasent, depuis les coraux qui végètent, jusqu'aux granits qui semblent ima\obiles , indestructibles. Ici la matière triomphe; son règne est long, sa puissance invin-^ cible, mais non pas absolue; elle cède encore, bien lentement, il est vrai,^ bien peu, mais elle cède en<« core : et par delà cette apbère d'action, comme nous ne pouvons plus rien concevoir, rien imaginer, nous écrirons ce mot incompréhensible : néant!

Voilà Tensemble : passons aux détails qui nous concernent.

Qu'est-ce que l'homme dans ce système ? Ce qu'est la planète qu'il habite , le nuage qui passe sur sa tète , le rayon lumineux qui voyage dans l'espace : il est ce que sont tou^s choses , un mélange d'esprit et de matière. Tout ce qui, dans ce mélange, pense ^ vit et végète , fait partie du grand Tout actif, (©/oç) dont il émane : tout ce qui est forme^ étendue, masse, appartient au grand Tout inerte dont il est séparé pour quelque temps. Seulement, plus heureux que

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}e cheval qu'il dompte , que le légume dotit il se nour-' rit^ l'homme est plus près du foyer, et au jour de Ja séparation, des deux substances , ce qu'il possède de Tesprilsera rendu plus vite à son éternel principe.

Mais ici les questions arrivent en foule, et la rai* son humaine va s'arrêter , efiTrayée elle-même de son ouvrage. Le monde est comme vous le dites ; je le conçois. Mais comment cet ardre de choses a-t-it commencé? A-t-il seulement commencé? Comment comprendre l'immensité du tout dans les divisions indéfinies des parties, l'éternité dans le temps, Fimmutabilitédans le dhangement? Pourquoi aujourd'hui nous, et d'autres demain? d'où venons nous, et où allons nous? et surtout, surtout , actifs comme nous le sommes^ et par conséquent appelés à^aire quelque chose, que devons-nous faire ici bas? et quoi que nous fassions , le résultat sera-t-il le même? Quelle que soit l'explication qu'on donne' de ces énigmes,, elle amènera d'autres questions, d'autres difficultés. Raison, que vas-tu nous dire?

N'importe : dût Fimagination prendre la place, il faut avancer. De pareilles demandes ne peuvent rester sans réponse. D'ailleurs nous n'inventons pas; nous racontons : tout ce que nous allans dire est vieux comme le monde : remontez donc les âges; suivez-moi dans Tlnde , dans l'Egypte : venez vous asseoir au puits des Brachmanes , dans le conseil des Hiérophantes. Le Sphynx est sur le seuil; mais il n'est plus dans le temple ; déchirons le voile de Sa'ïs 'f. le triangle mystérieux n'a plus de^secret^-.

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Au commencemeut, les deux êtres étaieut séparés : rélernel esprit, vivant en lui-même , se contemplait dans ses perfections infinies : la matière , éternelle aussi , mais sans connaissance , sans vie , sans mouvement , était là , je ne sais où , attendant une action.

Et d'abord, comprenez si vous pouvez, cette matière immobile, et par conséquent sans propriétés: car lui donner uneépilhète négative, comme inerte^ comme insensible ^ c'est ne rien dire ; lui en donner une positive, c'est se contredire soi-même : morte ^ diront les poètes : mais ne peut-être mort qui n'a pas vécu : glacée ; maïs le froid est un produit du mouvement. Imaginèrez-vous le chaos? fous que vous êtes , ne voyez-vous pas , enfans de la Grèce , que le cbaos est un mouvement perpétuel; qu'il n'y a pas dans vos descriptions un seul mot qui ne prête à la matière dans cet état uue vie turbulente, désordonnée si vous voulez , mais enfin une vie quelconque , avec des formes, des déplacemens-, des développempns orga-* niques ? Lisons Ovide : que voyons-nous d'abord ? des négations :

NuIIus adhuc mundo praebebat lumîna Titan , Nec, etc.

passons ; venons au fait : qu'y avait-il ?

Quàquc erat et tellus , illic et pontus , et aer. . Sic erat instabilis tellus , innabilis unda , Llicis egens aer : nulli sua forma mancbat, Obstabatque aliis aliud : quia corpore iti unu

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Frigida pngnabantcalidis, humentift âiecîs, Mollia cum duris , sine pondère habentia pondus.

Gommant ! de la terre ! de l'eau ! de Failr ! àe la lumière ! et vous appelez cela pondus iners un peu plus liaut ! comment ! des objets distincts , ayant des formes ! cominent ! des oppositions , des combats , du froid etducbaud^ de Thumlde et du sec, du pondérable et de Timpondérable ,. tout cela perpétuellement «n guerre ; et la matière, en cet état « est inerte , et attend le principe vivifiant ! O absurdité ! £b bien , consentons à toutes ces misères : ne parlons même pas de cet autl^e principe,. C[ui se ré^ flécbit lui-même dans le miroir de son éjt,<érnité« Qu^il noas soit permis seulement de demander, quand , pat quelle loi , pourquoi, et comment ces deux ôti^s se sont rapprochés, unis, et confondus ; et puis nous deinanderons si c^est pour toujours.

— Seulement /•• Je vous raconterais bie^ l'histoire de Brahma et de AViscbnou , celle de Bel et d'Oromaka , ou si vous aimez mieux , celle d'Osiris et d'Isis. Mais nous ne sommes plus au temps où l'on échappe à des difficultés par des contes. J'aime mieux vous dire pour tout cela , que je n'en sais rien.

— Celait bien la peine d'inventer des hypotbèseii si folles. Qu'est-ce que la terre ? demandait-on aux Indiens. Us répondaient : C est une grande plaine , avec une montagne au milieu ; et autour de cette montagne tournent les astres. — Mais qui soutient la terre dans l'espace ? ->- Quatre éléphans. — Et les

quaii^ éléphahs ? — Qualie tortues. <'— Et les quatre tortues ? — Nous n'en savons rien. — Il fallait donc faire cette réponse à la première question.

Autre explication i et celle-ci était plus mysté» rieuse. Réservée sans doute aux initiés du premier ordre ^ elle ne fut pas confiée aux poètes voyageurs qui rapportèrent dans la Grèce toutes les rêveries de rOrient. Us se contentèrent du chaos. C'était une source intarissable de fictions , et il leur fallait des fables. L'hypothèse suivante ne dit rien à rimagina"^ tion , qu'elle épouvante : elle ne s'adresse qu'à la raison , qu'elle contredit.

Vous voulez savoir U origine du monde : il n'a pas d origine. Tout ce qui est a toujours été.

— Pourtant le contraire me semble d'une vériié désespérante pour votre supposition. Kien de ce qui est n'a toujours été.

— Si vous considéi*ez les individus^ oui , vous avez raison ; mais ne songez qu à l'ensemble.

— Mais comment concevoir l'ensemble sans les individus? Comment donner au tout une qualité que ne possède aucune de ses parties ? mille volumes reliés ne forment pas une bibliothèque de brochures» et mille feintassinsun régiment de cavalerie. Or, vous voulez que je comprenne éternelle une collection d'êtres temporaires, immuable une succession d'êtres changeans , immense une aggrégation d^étres bornés dans l'espace?

— Sans doute : ce faisceau que vous ne pouvez rompre est composé de baguettes que vous briseriez

a4o t>ttïLOSOPlïiE.

entrie deux doigts. On peut donc ne pas dire du tout ce qu'on dit des parties : on peut donc concevoir la constance dans l'instabilité, Féternel changement dans l'uniformité étérDelle,

— Jeux de mots : Dônneis moi la main d'Hercule , et le faisceau sera rompu comme une baguette. Ha donc la même propriété que chacune des parties qui le composent. Imposez-moi , si vous voulez , comme un dogme 9 devant lequel mon intelligence doive se confondre, l'absurdité que vous défendes. Maisn'es^ sayez pas de me faire croire que je puis la compren-^ dre , ou je ne vois plus en vous qu'un charlatan.

Aussi c'est ce qui arriva : l'éternité du monde fut le grand mystère en présence duquel il fallut se prosterner autrefois. Défense à la pensée de le sonder ; c'était un sacrilège»

Et puis, en dernière analyse , on répondait à tout par ce grand mot : nécessité. Pourquoi deux êtres dans le monde? il le faut. Pourquoi le monde? il le fallait* Pourquoi la fin de tout ceci? il le faudra.

Yeuons à Vhomme. Il a commencé, lui , personne n'en doute : mais avant cette rencontre , cette combinaison d'esprit et de matière qui forme la personnalité ; était- il quelque chose ? Oui : esprit d'une part, matière de l'autre. A la séparation des deux substances , que sera-t-il? ce qu'jl était auparavant* Mais son individualité , son moi , a commencé par leur rapprochement et finira par leur désunion. Il n était pas lui avant , il ne sera plus lui après : il était tout , il sera tout. Ce qu'il fut d'actif rentrera

èans le tout actif, ce qu'il fat d'inerte sera replongé dans le tout inerte.

Un moment : les conséquences nous pressent : divisons pour bien nous entendre. Nous avons ici trois choses à examiner : la naissance , la mort , et la vie. Cette dernière énigme dépend des deux autres.

1^ La naissance. Je ne me souviens pas de cette existence antérieure dans le tout.

— Sans doute : la mémoire est l'écho de la con^ science , faculté individuelle : pas d'individualité dans le tout : se sentir, 501, dans le tput^ est une conti*adiction. On ne peut se souvenir de ce qu'on n'a pas senti : donc , etc.

— Fort bien. Mais quelle cause a fait que je suis sorti du tout , et devenu moi P

A cela les sages du système , s'il en existe , répon-^ dent : je n'en sais rien : nécessité !

Les charlatans : la vie actuelle est un châtiment. L'être a voulu se séparer du tout» être lui. Il en a été puni en le devenant : enfermé dans un corps, il a perdu son immensité de savoir, de bonheur, d'exis* tence. Il ne retrouvera ces biens qu'en cessant d'être lui.

— L'être a voulu! comme si vouloir être individu, ce n'était pas l'être déjà! s'individualisc^r soimême ? conçoit-on ce verbiage !

Aussi l'on ne répond plus que par des injures; il en est deux toujours à l'usage des chefs de secte :

«Imbécile ! Tu ne comprends pas Sacrilège! tu

blasphèmes. »

PmLOSOPHIE. 16

2^ Passons conâamnation , et parlons de la mort. La mort! mais tout est dit : Nos ineatn tranguilU" tatcm^ in quâ^ anteqiiam nasceremur ^ jacuitnus , reponit. Nous redeviendrons ce que nous étions, tout^ c'est-à dire, en bonne logique , rien.

5*^ Vite aux conséquences.

N'être rieiL, ce n'est pas jouir, mais aussi ee n'est pas souffrir. Or la vie, c'est Tun et l'autre. Tant pis pour les malheureux :

Sur Taveuir insensé qui se fie !

De nos ans passagers le nombre est incertain. Hâtons-nous aujourd'hui de jouir de la vte; Qui sait si nous serons demain ?

Nous n'avons pas besoin d'expliquer ce que veut dire dans celte morale : jouir de la vie. Réservons d'ailleurs ces observations pour le système qui, plus conséquent que le panthéisme, déclara formellement qu'il aboutissait au néant. Le panthéisme, moins raisonnable, persista à soutenir qu'être tout^ ce n'est pas n'être rien; et que cette fusion dans le tout est le souverain bonheur.

Encore faut-il le comprendre, ce bonheur, pour diriger vers ce but tout ses efforts. Mais laissons cela ; voyons s'il est possible.

Qu'est-ce que la vertu? quel est son résultat?

L'état naturel , l'état vrai de l'être cpnsiM^a ut dans son mélange avec] e tout, cette individualité est un mal. Ainsi l'égoïsme est un forfait. Jusque-là, il n'y a pas grand danger. L'esprit doit dompter la ma-

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tière, et se dérober, autant que possible, à ses influences , qui ne tendent qu*à faire durer le temps de Fexil. U y a encore dans cette conséquence de là place pour d^utiles pratiques. Mais enfin claire son devoir à moitié , ce n'est pas le faire. Pressez le principe; vous allez voir que tout ce qui tend à faire durer 1 elat de choses actuel étant mal , les institutions sociales, les affections domestiques, l'entretien .même tle la vie, tout cela est mal; que le plus grand service qu'on puisse rendre à son semblable , cest de le tuer ; que le premier de tous les devoirs, c'est de se tuer soi-même. .Etrange doctrine, qui fait consister la bienfaisance dans le meurtre , et la sainteté dans le suicide !

Nous n'exagérons pas ; des hommes ont compris , adopté ces conséquences : des hommes les ont mises en œuvre.

Tout le monde n'est pas assez vertueux pour arriver là : il existe des êtres faibles qui croient pouvoir long- temps vivre pour agir, et manger pour vivre. Il est des crimes, qu'il faut punir; des vertus, qu'il faut récompenser.

Avec le dogme de la fusion des âiiies dans l'âme universelle» tous devenant la même chose, où sont les peines ? où sont les récompenses?

Pour répondre à cette diiSculté , on inventa la métempsycose : mais c'était reculer au lieu de répondre.

Passer dans d'autres corps , sans souvenir de ceux

qu'on avait animés, c'était n'être plus soi-même.

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La souffrance n'est pas une peine « quand on ignore le délit qui la*cause. Jl eût fallu laisser la mémoire» Mais la mémoire d'un homme dans Fesprit d'un reptile donnerait à ce reptile toutes les idées d'an homme; ce serait un homme complet, sous d'autres formes.

Puis 9 après toutes ces transmigrations , «ussent* elles duré des millions d'années , il fallait toujours arriver au même gouffre , et se perdre dans le tout en s'identifiant avec lui.

Ârrètons-nous : c'est assez de contradictions , assez de folies ; c'est -là qu'aboutissent toutes les conceptions de la raison humaine^ livrée à ellemême. Ce système est le plus beau qu'ait ienfanté la pensée des sages : les deux autres, qui nous restent À voir , sont plus savans peut-être , mais plus absurdes. Lequel vaudra le mieux des trois?

Devine , si tu peux , et choisis , si tu Toses. §. 2. Système de Vmdlé.

On attribue ce système à Xénophaue , fondateur de l'école d'Élée, qui peut-être n'en est pas plus l'inventeur que Spinoza , qui le renouvela dans le 1 7* siècle. '

Quelque chose existe : donc quelque chose a toujours existé. Ex nihilo nihil.

Mais ce n'est pas moi qui ai toujours existé; ce n'est rien de ce qyi m'entoure , rien de ce que je

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