DEUXIÈME PARTIE. ar
connais , puisque chaque chose a son commencement , sa place , ses cbangemens ; sa durée, sa fin.
Or, exister toujours,, ne peut signifier rien de tout cela.
Ce qui est toujours, n^est donc pas dans le temps : par conséquent n'est susceptible d'aucune modification , car toute modification, est une succession. Ce qui est toujours est donc immuable*.
Ce qui est toujours est par soi : ce qui est par soi ue peut être borné par riea, car il ne serait pas tout ce qu'il peut être.
Ce qui est toujours est donc infinîv
Ce qui est infini est un : car s'il était seulement deux, Tun bornerait l'autre, et dès-lors plus d'infini-.
Appelons, Dieu , l'infini , et reposons-nous suv cette pensée.
Puis, venons à l'étude des êtres finis, et tachons de pénétrer le mystère de leur existence.
Il est démontré que ce qui est toujours n'est riea de ce qui change*.
Il est démontré qu'une collection d'êtres chanr geans ne peut faire un tout immuable*.
U est démontré que Dieu existe*
Maintenant , voici ce qu'il s'agit de comprendre* Si nous autres, existons aussi, et sommes quelque chose , nous bornés dans l'espace et dans le temps , «ions individus distincts les uns des autres , nous finis 4e toutes parts ; comment expliquer notre existence?* La série de ces êtres serait^elle coétecnelle àl'immol^ilité; de l'autre,?.
Impossible : Tinfini n'est pas dans le nombre. Seraît-elle une émanation de Fautre?
Impossible : de l'infini ne peut sortir le fini , qui n'y est pas : nihil in effectu quod non sit in causa»
Serait-elle une création de l'autrei un produit de sa volonté^ apparition subite là où rien n'était ^ existence à la place du néant ?
Impossible : ex nihilo nihil.
Que faire donc?
Ne pas nous occuper de cette question, et tàcber de bien vivre ? c'est un parti trop simple.
Avouer notre ignorance y en reconnaissant d'une part que chacune de ces vérités , l'existence de Dieu et celle du monde, est évidente , et que le rapport qui les unit nous écbappe?
Mais pour cela, il faudrait renoncer à l'axiome, ex nihilo nihil : et la raison humaine aime mieux renoncer à un devoir qu'à un axiome.
Prenons donc un parti désespéré, le seul qui reste à prendre. A nous le sabre d'Alexandre f
Et là-dessus les uns ont dit : pas d'unité ; il n'y a d'éternel, d'immuable, d'infini, que le nombre* Dieu n'est pas! Tout à l'heure nous verrons leur système.
Les autres ont soufflé sur la création , et le monde s'est évanoui. Dieu seul est resté.
Il n'y a , disaient-ils , qu'une seule substance , un seul être : il est un , et il est tout : il est lui et nous tout à la fois.
— Et nous , que sommes-nous donc? — Rien.