‹ Nouveau système d'études philosophiquesChapitre 53 sur 101 · DEUXIEME PARTIE. iSq · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE. iSq

ferai lire la doctrine des Sloïciens et celle d*Epicure. La bonté? Je vous raconterai les sacrifices humains qui ont ensanglanté toutes les parties du globe. Ainsi, à mesure que nous parcourrons l'univers, la croyance en Dieu va se décomposer et se réduire ; il ne nous restera que la certitude si naturelle d'une force supérieure : voilà l'universalité du témoignage: voilà votre preuve. Ramassez4à , si bon vous semble : moi je la dédaigne, et passe outre.

Mais, dira-t-oUf vous niez donc que l'idée de Dieu soit naturelle dans sa composition , comme elle l'est dans son principe ? Non certes , et nous nous sommes expliqués nettement à ce sujet. Cette vérité est, dans sa plénitude , l'œuvre de la nature en nous : nous ne l'avons pas inventée , découverte même ; nous l'avons reçue. Elle est en nous, comnie la conscience de nos devoirs, comme la certitude du monde extérieur, comme l'espoir d'une autre vie* Mais des hommes ont rejeté tous ces dons ; de$ hommes ont nié tontes ces réalités : ce n'est donc pas l'homme qu'il faut opposer à Thomme, mais la natm^e. Il ne faut pas argumenter avec l'espèce contre l'individu, car l'individu fait partie de l'espèce. Il ne faut pas dire : tous les hommes ont telle pensée , donc vous devez l'avoir ; car je répondrai : je suis homme, et je ne l'ai plus. Mais on peut interroger jusque dans l'individu la nature humaine, et lui dire : Tu l'avais , cette pensée , quand tu n'écoutais que les inspirations de ton bon sens , quand lu marchais à la lumière de la raison ; tu l'avais tout entière , t6ute

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pure, comme Favait le premier homme, comme les sages l'ont conservée. Interroge donc , pour la retrouver , non pas les murmures confus des tourbes humaines qtii s'agitent sur la terre , mais la voix de la nature^ qu'on entend toujours dans le silence des passions et des préjugés.

Essayons de recomposer F idée de Dieu sous l'inspiration de la conscience., et surtout n'oublions pas que nous cherchons l'origine de l'homme, que ]'*étude de l'homme est notre objet, et qu'il faudra nous arrêter lorsque des questions sur une nature svl* périeure viendront effrayer notre intelligencCé

§ 1. Dieu infini.

Il y a dans l'esprit humain troià notions qu'il ïit faut pas confondre : le fini, l'indéfini, l'infini.

1. Un , deux, trois, quatre , etc. , expriment des unités distinctes les unes des auttes, c6 qu'on appelle des individus. On les additionne , on les divise à vo^ Ion té. Chacutie d^elles est bornée par toutes les àù* très. Voilà le fini.

La vie humaine , le corps humain , la pensée d'un homme, voilà de ces unités.

L'addition de ces unités va toujours croissant, comme leur division, si on les suppose composées, va toujours décroissant, sans qu'il soit possible à l'esprit humain de concevoir des limites à ces opérations. Quel que soit le nombre des unités , vous

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