‹ Nouveau système d'études philosophiquesChapitre 57 sur 101 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

FIN DE l'homme EN CETtB VIE.

Partons d'un faît , car tout fait venant de Dieu est une loi. Le bonheur n'est pas de ce monde : ton-' jours en espoir, jamais en réalité, mobile comme rimagînation qui le contemple , il ne peut servir de base à la raison. Il faut pour régler la vie humaine quelque chose d'invariable. La loi, le sentiment qui la révèle , la liberté qui s'y conforme , voilà les faits qui ne changent pas : voilà la règle.

L'accomplissement du devoir , voilà la fin de l'homme ici-bas. Analysons ces idées.

^ 1 . La, Loi,

La loi, c'est la volonté souveraine, qui fait Perdre et le maintient.

Dire que toute créature est soumise à la loi , c'est clire que toute ciéature est dans l'ordre , c'est dire que toute créature est l'œuvre de la volonté souveraine , c'est dire que toute créature est créature.

Si Ton a bien compris ce que nous avons dit dans la section précédente, on verra que l'action de la Providence , la création , et la loi , sont absolument la même chose : que nier Tune de ces trois notions, c'est nier les deux autres ; que supposer une parcelle

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Je matièi*e, un sentiment, qui ne soit pas sous la loî de Dieu , c'est supposer que quelque chose , autre que lui , peut exister par soi-même ; c'est bouleverser lunîvers.

Ainsi, puisque nous reconnaissons un principe nécessaire ) infini, cause perpétuelle de tout ce qui existe, principe que nous appelons Dieu ;

Puisque nous reconnaissons la Providence , c'està-dire, l'action universellement puissante, bonne et sage , de ce Dieu;

Nous admettons inévitablement l'idée de loi.

Nous donnons à cette loi , puisqu'elle n'est autrechose que la manifestation de la Providence , tous les caractères de cette même Providence.

Elte est toute-puissante, c'est-à-dire 9 elle soumet tout.

Elle est bonne, c'est-à-dire, elle n'a d'autre but que le bien de tout.

Elle est sage , e'est-à-dîre , elle établit Pbarmonie dans tout-.

HabituoDSrnous à lier toutes ces idées, de manière à ne jamais les désunir : Dieu, providence, loi, puissance, bonté, sagesse.

Puis , continuons notre analyse.

L'étude des faits ne sera donc que l'étude des l'ois ; c'est-à-dire que non seulement chaque fait isolé sera, une loi , mais aussi chaque rapport des fait^ entr'eux.

Gr , comme le but , l'esprit de la loi , c'est l'ordre, Fharmonie des êtres ; comme cet ordre ne se maintient que par les rapports qui les unissent , il est

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évident que nous verrons beaucoup plus la loi dans ces rapports que dans les faits eux-mêmes. Mais cette considération est toute humaine ; elle a ses inconvéniens : elle nous porte à blâmer ,. à rejeter de la loi , à nommer désordre et mal , tout fait dont nous n'apercevons pas les rapports avec les auti'es. Combien d animaux, par exemple^ .dont nous condamnons Texistence, parce que nous ne savons pas à quoi elle est bonne! Et pourtant çette^ existence est un fait , par conséquent une création , par conséquent un acte de la Providence : elle est donc une loi.

Habituons-nous donc aussi à regarder comme loi tout ce qui n'est pas notre œuvre , tout ce que nous trouvons fait, sans y pouvoir rien changer : et nommons loi , non pas ce qui peut être , car nous n'avons pas assez de science ; non pas ce qui doit être , car nous n'avons pas assez de sagesse ; mais ce qui est.

Tout ce que nous venons de dire est compris dans cette adiiiirable définition de Cicéron : ratio summa^ insita in naturâ* Natura , c'est ce qui est ; là se manifeste la loi : summa , c'est l'origine , le principe de la loi, la volonté souveraine : ratio , c'est l'essence même de la loi , son esprit, son but, l'ordre.

L'impossibilité d'embrasser d'un coup d'œil un certain nombre de faits individuels , la nécessité des idées générales qui en est la conséquence , nous a forcés de régler la division des lois sur la dassifica* tion des êtres. Or , ici comme ailleui*s , toute division n'est qu'une abstraction ; nous ne ci^onaissons

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