DEUXIEME PARTIE
pas d*ê Ire purement matériel , d'êlre purement intellectuel : la loi des uns sera donc perpétuellement fondue dans celle des autres, quoique nous soytos contraints de les distinguer.
Ainsi , rhomme est une créature composée r chaque partie abstraite de cet ensemble semblera donc avoir sa loi parliculiérç , qupiqu'en réalité , la même volonté , la même Providence préside à tout son être.
Nous admettrons donc, suivant nos mànièi«»'d'en'« visager la créature , des lois physiques et des loismo-. raies.
Loi physique, c'est Faction de la Providence sur l'étendue et le mouvement* '
Loi morale ^ c est Faction de la Provid^a^e sur W sentimens et la pensée.
Celui qui nierait la loi physique , nierait la ma« tière; celui qui nierait la loi morale, nierait la pensée : tous les deux rejeteraient ^i^fait évident.
En efTet, puisqu'il y a mouvement, il y a Dieu;, puisqu'il y a pensée , il y a Dieu.
Dans ces lois, c'est-à*dlre, dans ces diverses incitions de Dieu sur son œuvre, nous avoiis remarqué des diflerences essenti^UjSS , ^^lop, ',^ nature des choses soumises à Faction diviipie.
Il y a des lois de nécessité, et des lois d'obligation.
1** J'appelle loi de, nécessité Faction immédiate et absolue de la Providence : action qui n'en suppose aucune autre dans le sujet, qui n'exige de lui qu'un état passif. Cette loi subjugue , entraîne » et n'a be^
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soin , pour s'accomplir , de n'étxe ni comprise , ni, sentie.
Ainsi le mouvement emporte le» corps sans qu'il» le sachent , et l'on ne dira jamais que le soleil est obligé de nous envoyer la lumière , puisqu'il ignore qu'il nous l'envoie.
Toutes les lois physiques sont nécessaires.
Quelques-upes de celles qu'on appelle morales le sont aussi. C'est une nécessité pour l'homme de pen-^ ser , c'est-à-dire, d'imaginer, déraisonner, de se souvenir , etc. C'est uxie nécessité poiur Inî d'avoir une conscience, despenchans, d'aimer son père, samtère, sa femme , ses enfans , de s'aimer soi*méme> etc. Ce. sont là de ces faits naturels qui ne deviennent obli^ gatoires que lorsqu'on les considère comme*principes^ d'action. Mais alors ce n'est plus le penchant qnr constitue l'obligation; elle est toute dans l'action que le penchant indique *.
20 La loi d'obligation est celle qui prescrit et défend. Elle suppose dans le sujet qui la reçoit le moyen de la sentir , celui de la comprcndrcv, celui de l'exécuter : en trois mots , conscience , raison , liberté. Ces trois qualités , ces trois puissances réunies constituent la moralité humaine. Nous allons les examiner : leur existence bien constatée prouve la loi morale.
Nous glisserons rapidement sur lea deux pre^ mières , dont nous avons déjà parlé : nous ne les
* Voyez la i"* partie (de cet ouvrage , indivision; §^c^ iion I , chap. i , §. i. n* 3.
DEUXIÈME FAIITIB. aS>
considérerons que dans leur rapport avec la loi. Un mot auparavant sur le principe de l'obligation ; nous ne sommes pas lànlessus de Tavls du grand nombre.
Trois caractères , avons nous dit , se font remar^ quer dans la loi : i^ la toute-puissance, parce qu'elle émane de Tétre souverain : c'est-là l'essence de la loi : 2« la sagesse, parce qu'elle a pour objet l'ordre, lliarmonie, le maintien de ce qui est : c' est-là le but de la loi : 3^ la bonté , parce qu'elle assure le bonheur des créatures : c'est-là le résultat de la loi.
Pourquoi devons-nous lui obéir ? Les Epicuriens du christianisme ( et il y en a beaucoup) , en appellent, pour fonder l'obligation „ au dernier caractère que nous venons d'indiquer. «Il faut obéir, disent-ils^ parce q^ue l'obéissance nous rend heureux. »
C'est prendre pour but ce qui n'est que le résultat ^ c'est une erreur de logique autant que de morale. Notre divin législateur a dit : « Faites cela , et vous vivrez. » Mais il n'a pas dit : « Obéissez, parce gu& vous serez récompensés. » Au contraire, il ajoute sans cesse & ses préceptes : u parce que telte est la volonté de mon père. »
Ne vott-on pas qu'une interprétation comme celle que nous combattons est contraire à l'esprit du christianisme^ ne voit-on pas qu'elle n'est autre chose que le cercle vicieux dans lequel tourne sans cesse la morale d'Épicure? « Il faut être heurei«x.... — - Bien ; mais quel moyen rend heureux ? — La verlu«
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— Et qu'est-cft que la vertu ? — Ce qui rend heureux. »
D'autres philosophes ^ portant leurs vues plus haut, ont remonté jusqu'au second caractère que nous avons indiqué datis la loi : la sagesse. « Il faut obéir, ont-ils dit, parce que la loi, cest Tordre, et que Tordre doit subsister. »
Certes, c'est une grande pensée que d'élever Tintelligence humaine vers les desseins de la Providence ; de lui faire voir l'harmonie des êtres résultant du maintien des lois morales. Nous concevons que le génie d'un Platon ^ que la raison ferme d'un Zenon puisse i^pporter tous les devoirs à des motifs d'intérêt général , aux sublimes eoatemplations du beau moral. Mais combien d^hommes trouveronsnous qui puissent les suivre dans ces magni6ques théories ? Que deviendra la morale si nous la faisons, dépendre des. découvertes de Tintelligence ? , Dieu nous garde de défendre à Thomme de bien de s'affermir par ces belles et nobles éludes dans 1» pratique de Ja vertu ! Nous ne doutons pas qu'on ne devienne plus honnête homme en lisant les étudesî de la nature. Nous voulons seulement que le principe d'obligation ne dépende d'aucun privilège , et que Tignorant le comprenne comme le savant , parce que tous deux sont soumis aux mêmes devoirs , et appelés aux mêmes destinées.
Nous remontons en conséquence jusqu'au premier caractère de la loi , jusqu'à celui qui forme soat ^ssenc^f q^ui la fait loi : la souveraineté