‹ Nouveau système d'études philosophiquesChapitre 61 sur 101 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

voir de choisir son maître : c'est encore (pielque chose.

Les motifs ne viennent pas de nous»

Il ne dépend pas de nous d'avoir telle ou telle conformation. On n'a jamais pu nier les pencfaans i et si, comme Gall le soutient y comme tout porte à le croire , ils dépendent des variétés organiques de l'encéphale, comment empêcher d'avance ces 'pi*édlspositious naturelles? Or, qpai pourrait contes ter" leur influence? L'expérience la plus inattenlive a remarqué les dififérences innées de deux enfants nés des mêmes parens.

Il ne dépend pas de nous d^ arriver en ce monde,. Français ou Hottentots, chrétiens ou musulmans. Et qui ue sait l'influence des premières idées reçues,, celle des lieux , des climats , celle des croyances religieuses qui nous entourent?

Il ne dépend pas de nous de naître sous le chaume ou daus uu palais , d'avoir pour père un riche ou wct mendiant, un porte-faix ou un académicien, un homme de bien ou un vil scélérat. Et qui ne sait l'influence de l'éducation ? Rejetons' d'une famille estimable et honorée, élevés dans les principes de vos aïeux, sous les regards paternels, ou confiés à des maîtres habiles et sages ^ environnés de bons exemples, imbus, comme disaient les Latins , de pré^ ceptes excellens, êteii-vaus aussi libres de volei» , d assassiner^ que le malheureux dont l'enfance fut abrutie par le spectacle de tous les vices? Il est eatvaÎMe àUcorruptioa,.dire&^vous : et vous> ne FêteA»-

loù PHILOSOPHIF..

VOUS pas à r honneur? Ah ! soyez moins fiers de ce choix que tant de bienfaits ont préparé : il est bien peu votre ouvrage : songez à votre rang dans Féchelle sociale, à Festime dont, le monde vous honore;, songez-y , mais pour bénir à jamais la bonté du Créateur, la tendresse de vos parens, la sagesse de vo» maîtres ; pour vous soutenir dans la route (p'ils vousont fi'ayée ; et surtout pour la montrer un jour a vos enfans , car c^est là que commenceront vos mérites , là que je louerai vos vertus : jusque-là^ je ne fais. qu'admirer votre bonheur.

Après ces considérations générales, si nous descen-i dons dans les détails de nos actes, ^1 faudra tenir compte des influences de la température, d^s ali* mens, des boissons, du mouvement, du repos, de^ l'état de santé; voilà pour le physique : de celles^ non moins fortes , du caractère , des idées , du lan-.

gage même des personnes qui nous entourent ; des livres que nous venons de lire ; des liaisons d'idéesque nous venons de former, des habitudes que nous nous sommes faites, ou des désirs soudains auxquels nous nous livrons : surtout , car on ne remarque pas assez ce genre de motifs , surtout de ces pensées su-bites qu'aucun travail ne prépare, qu'aucune science ne peut prévoir , qui nous arrivent on ne sait d'où , se jettent au milieu de nos délibérations, et nousdécident tout-à-coup; pensées que le poète appel le^ des inspirations, le savant des découvertes, le vulgaire des traits de génie ; l'homme religieux des instigations du malin esprit , si elles sont mauvaises ; de»

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^âces divines, si elles sont bonnes: pensées qui faisaient dire à Santeail , dans son enthousiasme Ijrrîque : « voilà le plus beau vers que Dieu ait fait !» Au milieu de ces influences journalières^ innombrables; de mille autres que je n*ai pas besoin d'indiquer, cherchez la liberté, vous qui en faites une si noble puissance.

Cherchez : vous la trouverez. Faible sans doute , et bien déchue de cette grandeur que vous admiriez , mais simple , pure , inaltérable. Vous la trouverez , comme au milieu du chaos des passions, des préjugés, des erreurs, vous trouverez la conscience. Chacune de ces puissances n'est qu'un point, mais un point central que rien n'eflace, que rien ne peut déplacer,, quand même vous Tenvelopperiez sous des cercles innombrables.

Aucune force ne détruit la conscience : une seule chose pourrait anéantir la liberté , c'est la folie. Encore il faut bien constater que la folie est, comme l'assurent les physiologistes, la fusion de toutes les^. idées dans une seule, la prédominance absolue de l'action d'un organe sur tous les autres : il en résulterait nécessairement la présence d'un seul motif à la pensée : alors plus de choix possible , alors plus de liberté.

Partout ailleurs, plusieurs motifs arrivant ^semble, l'homme peut choisir, l'homme est libre: il l'est plus ou moins, sans doute, mais il Test. Repre*'' Xkons un moment les motifs indiqués plus haut, et cl^pisissons parmi eux un exemple.

3aa PHILO^OPtflF^

VOUS serez avertis qu'il faut éloigner de sa vue , <îe son esprit > tout spectacle, tout récit de meurtres, de batailles ; vous lui montrerez^ la puissance de Dieu se manifestant par la création , parla vie , plutôt que par la destruction et la mort ; vous l'entourerez d'exemples d'humanité , de bienfaisance ; vous respecterez devant lui l'existence du moindre insecte ; et les circonvolutions cérébrales ne grandiront pas avec le reste de son cerveau , et l'instinct carnassier reprendra son niveau avec les autres, et votre fils ne sera point nécessairement un assassin.

On dira :peut*étre que nous substituons une influence à une autre ^ et qu'U OL'est pas ici question de liberté. C'est revenir sur les principes posés,, c'est ne pas nous compre^ndre. Il n'y a pas de liberté possible sans motifs, et les motifis ne viennent jamais de^nous* Nous disons seulement que les influences de l'éducation peuvent contrebalancer celles de la nature : nous y ajouterons celles des habitudes v^olontaires , plus rares san^s doute, mais aussi plus énergiques. "Né avec de mauvais pencbftns , mal élevé, un homme^ d'une forte trempe peut redresser ses penchans» et corriger soa éducation. L'histoire et la société nous en oflrent de beaux exemples. Mais si ces. trois causes se réunissent; si un homme nait organisé comme nous venons de le dire , s'il est élevé par des brigands ou des cannibales , s'il fuit de lui-même toutes^ les occasions d'être utile et bon , s'il rit des lois hu-^ maines, s'il foule aux pieds toute croyance , s'il ferme l'oreille aux leçons de la sagesse, il finira par assasr

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