CHAPITRE II
DEYOIHS DE l'hOMME COMME ÊTRJS INTELLIGENT.
L'intelligence dans l'homme n'est qu'un moyen : il n'est pas né pour connaître , mais pour agir : son but n'est pas la science; c'est, ici**bas, l'accomplissement des devoirs ) et dans l'autre vie^ le bonheur. Il faut donc n'employer le moyen qu'en songeant au but , comme pour bien se servir d'un instrument > il faut en connaître l'usage.
Mais ce moyen lui-même est composé de diverses puissances qui toutes réclament notre examen, toutes un exercice particulier : imagination, mémoire , raison, réflexion, sont des facultés bien différentes, et qui, pourtant, ayant même origine, doivent « avoir même destination : c'est de leur harmonie , de l'équilibre établi entre leurs forces que doit résulter la vigueur de Tintelligence , et son aptitude à seconder la moralité.
Ce n'est pas tout : la pensée , unie à la matière , se trouve enchaînée dans les liens d'une organisation • fort compliquée , dont le bon état facilite ses tra* vaux, dont le dérangement au contraire porte le trouble dans ses facultés : mens sana in corpore sono. Nouvelle étude à faire, nouvel exercice à régler , nouvelle harmonie à établir.
^32 iPfliLOàÔPfiflÉ.
Voyez ces deux hommes : Tua ne s*îiiquîèiç nî Ju passé, dans lequel il trouve peu de souvenirs, nî de l'avenir, dont il craint, dçnt il espère peu de chose; il ne s'occupe pas des mystères du gouvernement, des p3.Mncipes sur lesquels repose la société , des théortest qui la dirigent : des sciences , il ne con-r naît que ce que la nature, c'est-à-dire ri^tlnct, enseigne à tous les hommes; des arts.,^ que ce qu it doit à rhabitude du petit noro^W^^ de besoins qu'il satisfait chaque jour. Dans le dictionnaire de sa langue nationale , on ferait à peine quatre ou cinq feuillets des mots qu'il comprend. IF nis saijt ni lire ni écrire. Mais il sait parfaitement soigner ses chevaux , conduire sa charrue ; mais ses forcés musculaires , doublées par un long exercice , le rendient capable, de soulever les phis lourd^s fardeaux , de supporter les plus grandes fatigues, de braver les plus violentes^ attaques. Il rit des menaces d'tin ennemi comme djds rigueurs de la température. Son œil est sûr , sa voiX sonore, sa poitrine large, son estomac vigoureux.* Corps bien constitué, esprit nul; brave homme du reste, car il ne fait de tort à personne : il est même charitable, parce que son curé lui a dit que c'était bien de Têtre. Il croit en DieUi sans savoir ce que signifie ce mot , comme il porte ses contributions au percepteur , sans rien comprendre au budjet. *
L'autre médite, et digère mal : voilà sa vie. Dès son enfance , il a pâli sur des livres : un monde d'ir dées factices tourbillonne dans sa pensée. Ses yeux , ^.u jours fixés sur de petits caractères , à très-^courle;