CHAPITRE II
OP^HATIOI^IS bË LÀ PENSÉB.
Tout à l'heure nous n'avons fait qu'une abstrac-> tîon.
Il n'y a pas d'être borné à la seule capacité de sentir.
Il n'y a pas d'état ou l'on ne fasse que sentir^
Si cet état pouvait s'imaginer , si cet être pouvait se rencontrer, ce serait certainement lorsque Condillac, supposant une statue organisée comme l'homme, se réserve d'introduire à son gré les sensations dans sa pensée, et commence par une seule , la plus simple de toutes : une odeur de rose. Et pourtant, Gondillac lut-méme , malgré la folie de son hypothèse , fait dire à cet être qui n'aurait qu'une manière d'être :/e suis odeur de rose. lliSe fait que sentir une chose, et déjà il se remarque sentant.
£h bien, où est-il, cet être incompréhensible, borné à une manière d'être? Nulle part. L'huttre elle-même, si voisine de la plante, l'huître, qui ne peut ni voir , ni entendre , ni flairer , ni presque se mouvoir , et pour qui le sens du toucher n'est guère autre chose que celui du goût , l'huitre , le moins animal des animaux , si vous admettez qu'elle sent ( ce que je n'examine pas ) , doit penser à ce qu'elle sent, c'est-à-dire, comparer ses tristes manières