CHAPITRE PREïUfiR
DEVOIRS PES EMFAKIS BNYEflS I.BUMl^lfiEWS.
C'est presque une profanation que d'oser soum'etlre à Texabieii de la raison des sçntimens aussi purs que l'amour filial et Tamoui: maternel. On sent que ces mots renferment tout le mystère de la création , tous les secrets desseins de la Providence. Mettre en doute ce qu'on doit à son père , c'est une impiété pareille à Tathéisme. Nous n'en ferons donc pas plus une question que nous n'en ayons fait une de Texistence du souverain Être. Nous nous contenterons d'expliquer le root pèrg comme nous . avons expliqué le mot Dieu ; et de mettre en cUrdre des vérités que cent fois la conscience a révélées, et qu'aucun sophisme n'a jamais pu détruire.
Quelques rêveurs politiques , dans leur passion pour l'indépendance, oubliant que la famille est donnée par Dieu» la patrie par l'homme, ont voulu fonder l'état civil sans s'occuper de ce premier état; ils ont proclamé l'égalité absolue comme la base et la règle de toutes led institutions sociales. Et ces philosophes parlaient d'un état naturel, comme si dans la nature le fils était l'égal de son père; comme s'il n'y avait pas , antérieurement à toute convention, à toute autorité coocédée ou conquise 9 une autorité
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sacrée , inaliénable , émanée de Dieu même , indépendante de tout contrat, et qui subsiste malgré tout contrat. On dirait à les entendre que le genre humain est tombé des nues tout-à-coup , entièrement composé d'hommes faits , tous du même âge y de sorte que chacun aura pu dire : je suis mon maître ; je ne dois à au-* trui que ce qu'il fera pour moi : je n'accorde qu'au* tant qu'on me donne, et je stipule potir moi seul, sans engager mes descendans, qui, libres et forts comme moi, pourront , suivant leurs intérêts, briser ou maintenir les conventions que j'aurai faites.
C'est une belle chose que les abstractions : il en faut pour toutes les sciences , et surtout pour les sciences politiques, if ais on doit tenir compte des réalités : et la première , la plus solide et la plus durable des réalités, c'est la famille. Là, nous pouvons prendre les liens fraternels ppur emblée de l'égalité civile^ parce que c'eA là seulement qu'il y a corrélation de droits et de devoirs; encore est-il, même dans ces rapports , des disproportions amenées par les différences éHige ou de sexe. Mais c'est briser tous lesres* sorl«dnJ§tai« humain, c'est renverser l'œuvre de la Provideiiee que de nier l'autorité paternelle , ou d'en faire mie sorte de magistrature temporaire, confiée par les subordonnés , et dont ils aient le droit de surveiller l'exercice et de destituer le fonctionnaire. Mous ne connaissons pas un seul cas dans lequel le fils pourrait renier ses parens : son infériorité n'est donc pas volontaire, il n'est donc pas leur égal.
Des hommes, égaux entre eux, peuvent, en rc-