DEUXIÈME PARTIE. S
èponses ; comme si la femme n'était destmée qa'à la gestation et à l'allaitement; comme si le* titre de mère n'exigeait pas, sous le rapport intellectuel et moral, un développement de facultés., tiii<ùercice de puissance qui la fit marcher l'égale de rJu>mane. Constituée au profit des familles , la société 'aurait dû ne pas y placer la tyrannie pour en faire sortir la liberté. Il aurait fallu que la loi descendit davan-* tage dans les rapports domestiques, et que Thémis, en entrant chez le citoyen , ne laissât pas sa balance sur le seuil.
Le christianisme a rétabli l'équilibre. Gr&ce à cette religion sainte, le mariage est devenu ce qu'il doit être , une institution divincet sociale en mémo temps. Ce ne sont ^plus seulement deux individus qui s'unissent comme autrefois, c'est Dieii qui les appelle Tun vers Tautre, c'est Télat qui, en joignant leurs mains , leur ordonne de vivre pour lui plus que pour eux. Le sceau de la religion , celui de la patrie, indélébiles tous deux^ sont apposés au contrat. L^homme et la femme comprennent qu'ils* doivent à Dieu des hommes, à l'état des citoyens : que l'amour qu'ils ont l'un pour l'autre ne sera pur qu'en se réfléchissant sur ces devoirs imposans, sur cette mission sublime : que le bonheur de tous est dans leur bonheur, Tunion sociale dans leur union, les vertus publiques dans leurs vertus. £gaux sous ce rapport, que tous deux ont à remplir d'impérieuses obligations , ils ne voient dans l'inégalité qui les distingue» que, d'un côté, une règle à suivre pour le
i$S PHILOSOPHIE.
xnaine que d'unir les sexes sans amour, et c^est le? unfr sans amour ^ que de prétendi*e en même temps €once«itrer sur un seul être FafTection de plusieurs autres 9 et faire rayonner également sur plusieurs rafTectiou d'un seul. Nous l'avons dit, le penchant moral, le besoin d'aimer et d'être aimé est égal dans les deux seses, durable dans tous deux ; et la polygamie en détruit l'équilibre comme elle en Tend impossible la durée.
Le célibat, en général, est un fléau pour la se« ciété , et en même temps une infraction à la loi de Dieu. Toutefois, il faut envisager l'esprit de celte loi ; elle a pour but beaucoup plus la conservation ];noraIe de l'bumanité que sa continuation physique*. Si par conséquent, dégagé de toute vue d'égoïsme^, le choix du célibat n'a pour objet que le dévouenient complet au bien être de ses semblables^ au prix des plus douloureu}^ sacrifices, loin de le blàmeK , nous l'admirons. On exalte bien celui, qui donne sa vie pour son frère^ pour son pays : pourquoi n'auraitoon p^s des éloges pour une abnégaJtioA plus pénible cent fols ? car le renoncement à la vie n'exige qa un in««> tant d,e courage, et ici la li^tte.est de tous les ^ours^ çt dure de longues a/inées. XI s'agit, d'oublier non seulement des néce$sités physiques ,, uiai^ $ ce qui coûte bien davantage sai;is doute, lea plus délicieuses affections de la vie, l'amour conjugal ,, l'amour paternel; et cela, au milieu d'une société qui n'a pas ^sses^ de spectacles, pas assez de poésie pour, vpua ^youir di; prestige de ce boi^heur^ Certes, il est
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plus qu'un homme , celui qui dit avec force, qui dit toujours : ce Point d'autre amour que la charité , point d'autre famille que le genre humain : je suis tout à tous. » Il n'appartenait qu'au christianisme de pré<^ cher cette vertu sublime : mais il ne pouvait en faire , il n'en a pas fait un devoir ; comme il n'en a pas fait un de mourir pour sa patrie»
Quant au divorce , il suffira , pour comprendre nos principes à ce sujet, de se rappeler sur quelles autorités nous avons appujé l'institution du mariage. S'il ne s'flgissait dans cette union que d'un pacte entre deux individus , il est évident que l'accord des parties contractantes suffirait pour le rompre comme il aurait suffi pour l'établir. Mais avec ces deux inté^ rets, sont représentés dans le mariage, ceux de deux familles, ceux des enfans à venir, ceux de l'état, ceux de la religion. Voilà toutes les parties contractantes. Si vous pouvez les mettre d'accord pour déchirer l'acte , le divorce est permis.
Yoilà les principaux devoirs de famille. Ajoutons-y que les enfans doivent s'aimer entre eux plus qu'ils n'aiment tout autre homme, parce que les rapports qui les unissent sont plus intimes. Même origine, mêmes bienfaits, même éducation : la famille est leur première patrie, l'amour fraternel leur première liaison ;
Un frère est un ami donné par la nature.
comme un père est un roi imposé par Dieu même. Puis, Tàge et le sexe apportent quelques nuances
dans ces mutuelles affections. Quelque chose du père est dëseéhdtl dans l'aîné : il doit Veiller âur les plus Jeunes , et leur donner l'exemple de Tamour filial, del'obéissance, du respect, Vîs-à-vîs de sa sœur, le frère aussi réfléchît ert quelque sorte la dignité conjugale : fut-il plus jeune qu'elle, il lui doit protection parce qu'il est homme , et respect parce qu'elle est femme. Cellé-ci , de son côté, dans sa conduite aVec ses frères puii^és , doit se souvenir de sa mèrei Ainsi s'établissent des liens durables : ainsi la fàinîlle , en se développant plus tard dans l'état, n'y portera que des vertus ^ l'exemple de la soumission toux lois , du respecJt des droits de chacun , et surtout de cette bienveillàncîe saris laquelle la probité se conlenlé de i*esler iiioflensive , oubliant qu^I est un devoir plus précieux que l'obligation de né pas faire de mal, celle de faire cfu bien.
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