‹ Nouveau système d'études philosophiquesChapitre 84 sur 101 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

d'élëmens monarchiques, aristocratiques, et démo-* cra tiques.

En Amérique, où le peuple a fait la constitution, les élémens démocratiques dominent.

En Angleterre , où la charte fut l'ouvrage des seigneurs , l'aristocratie exerce plus d'influence.

En France, quand les concessions venaient du trône , il était naturel que le principe monarchique dominât. Depuis qu'une violente secousse venue du peuple a renversé la vieille monarchie, et détruit le principe suranné du pouvoir qui octroie , les élémens démocratiques dominent comme en Amérique. Mais ils n'ont pu arriver jusqu'à l'état républicain , et abolir complètement le principe monarchique , parce qu'il a quatorze siècles de durée, et que les autres ne font que d'apparaître à une existence légale.

Le devoir du citoyen est de connaître la constitution de son pays afin de savoir ce qu'il doit respecter. Sans doute ces grandes combinaisons politiques ne sont pas à la portée de toutes les intelligences, et supposent des études préliminaires. Mais nous écrivons surtout pour ceux qui ont fait ces études, et nous regardons cette dernière comme le complément indispensable de toutes les autres , d autant plus que notre éducation publique nous expose sur ce sujet à de graves inconvéniens. Nos premières idées, nos idées les plus habituelles , celles par conséquent qui doivent exercer sur nous la plus longue influence, nous allons les puiser dans les écrivains de la Grèce et do-

4iO PHILOSOPHIE.

Rome. Accoutumés aux déclamations du Pnyx et du Forum , nous courons déclamer à la tribune , et nous nous croyons libres, quand nous avons fait un discours sur la liberté. En sortant du collège pour entrer dans la vieposilive , on a toute une éducation à recommencer, tout un monde à refaire dans sa pensée. On vient de vivre pendant dix ans avec des tribuns, des archontes, des prétoriens, des éphores, des satrapes , des proconsuls , personnages très déplacés dans la civilisation moderne ; on ne voit partout que tyrans ou démagogues; et pour mettre en ordre tous ces matériaux, pour en construî-re dans sa raison TédiGce social actuel , on s'adresse aux par^ lis selon ses goûts , ses opinions , sa famille , au lieu d'étudier les lois et les faits, seule école politique ou l'on trouve de vraies et solides instructions. Alors l'autorité semble naturellement illégitime , parce qu'on la considère moins comme la garantie d'un état de choses dont on n'a pas l'idée, que comme l'exercice d'un pouvoir obtenu et conservé par la force. Il n'eu était pas de même dans ces anciennes républiques, si turbulentes et toujours agitées. Le respect pour l'autorité se conservait au milieu même des séditions. C'est que chacun savait ou placer la limite de ses droits , et mesurait sur leur portée l'étendue de ses devoirs ; c'est que chacun , soit dans les écoles publiques, soit dans la demeure paternelle, apprenait la constitution de son pays. Chez nous, demandez aux jeunes gens ce que c'était qu'un préteur ; presque tous vous le diront : co!nbîcn en trouverez-

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