DEUXIÈME PARTIE. 4l
VOUS qui VOUS expliquent ce que c'est qu'un juge-depaix ?
3. Quand le citoyen aura connu les lois de Tétai , la forme des institutions qui le régissent, nous voulons qu'il aime sa patrie. Sans doute , il peut envier le sort de ses voisins, comme lui-même peut être un objet d'envie* Mais celle comparaison ne doit en rien loucher au patriotisme. Le fils d'un homme qui n'a ni vertu ni talens peut regrelter de n'avoir pas un meilleur père sans être pour cela dispensé d'un seul des devoirs qu'impose l'amour filial. Vous blâmez les institutions de votre patrie : mais c'est i l'abri de ces institutions que vous avez grandi , que votre intelligence s'est développée : c'est à leurs bienfaits que vous devez le talent qui les juge , et la force d'esprit qui les condamne. «Les Etats-Unis, dites-vous, sont mieux constitués que la France; je pars pour l'Amérique. M Eh bien, moi , je préfère le turban au chapeau , l'indolence asiatique à l'activité européenne : mon motif n'est pas plus mauvais que le vôtre ; je pars pour Siam. Avec de pareils raisonnemens, on aurait bien Vite désorganisé les étals : l'intérêt personnel deviendrait l'unique mesure du patriotisme : ubibenè, ibi patria. Mais il faudrait prouver d'abord ou qu'on n'a rien reçu , ou qu'on ne doit rien : que la loi fcançaise, qui nous a jusqu'ici protégés dans l'exercice de nos droits, et la loi américaine^ qui n'a rien fait pour nous , c'est tout un : qu'un fils aurait le droit de dire à sa mère : ce Je connais une femme qui soigne mieux
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que loi ses enfans; je vais me mettre sous sa tutelle : adieu , je ne suis plus ton fils !»
La pairie avant tout! disaient les anciens. La patrie après tout ! semblions-nous dire. La vertu »est quelque part entre ces deux excès : nous venons de faire un pas immense pour l'atteindre.
L'homme doit à ses concitoyens l'emploi des facultés que l'éducation a développées en lui. C'est une grave offense envers l'état que d'aller porter à d'autres sociétés le tribut de ses talens : c'est un crime si cet emploi de forces était dirigé contre la patrie.
Nous reviendrons en détail sur ces devoirs dans le chapitre suivant, en les classant sous les titres: de la vie, de la propriété , et de la liberté.
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