DEVOIRS KNVERS TOUS LES HOMMES
Enfin voici rhomme considéré comme membre de la grande famille humaine , abstraction faite des inégalités domestiques et civiles.
Tel tous sont égaux : les devoirs de l'un sont ceux de tous les autres , et la morale s'appuie tout entière sur ces deux préceptes , l'un négatif, fondé sur l'égoïsme , l'autre positif, fondé sur la charité.
Ne Jais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qiCon te fit.
Fais à autrui ce que tu voudrais qu'on te fit à toi^
même.
Or , trois biens sont communs à tous , et constituent trois ordres de devoirs. La vie, la propriété, la liberté : ces trois mots renferment le droit naturel. Nous examinerons ses rapports avec le droit ci-
§. 1 • Du droit de vie.
La vie est un fait qui n'est pas l'œuvre de l'homme, mais de Dieu.
Donc il faut que tout homme vive, tant que Dieu n'ordonne pas qu'il meure.
Or Dieu a deux manières d'ordonner qu'il meure,
4j4 philosophie.
lune physique , c'est la mort naturelle ; l'autre morale, c'est la loi , soit qu'elle permette de tuer, soit qu'elle prescrive de mourir.
Nous allons examiner avec ces principes la question de l'homicide , celle du suicide , celle du duel.
Et pour prévenir une objection spécieuse qui s'appuie sur ce que l'homme change ou détruit à chaque instant, sans culpabilité, l'œuvre de Dieu, en faisant servira ses besoins, à ses caprices, la vie des animaux , nous rappellerons que la vie dans Thomme n'est pas un fait isolé; qu'il tient à une loi morale autant et plus même qu'à une loi physique : que par conséquent en arrêtant à son gré sa propre vie ou celle d'un autre, c'est toute une existence morale qu'on modifie , c'est une destination qu'on méconnaît, un être qu'on enlève à sa nature, à sa loi. *
1. L'homme doit respecter la vie de son semblable. L'homicide est le plus grand des crimes.
Plus les liens qui unissent l'assassin à la victime sont nombreux et sacrés, plus son action est coupable. Tuer sou père, ou son roi, sont des forfaits beaucoup plus odieux que le meurtre d'un étranger.
Les Stoïciens avaient donc tort de dire que toutes les fautes sont égalelT Ils ne voyaien(t dans Tinfrac-
* Toi qui crois Dieu existant, l'âme immortelle, et la liberté de F homme , tu ne penses pas sans doute, quun être intelligent reçoive un corps et soit placé sur la terre au liazard seulement pour vivre, souffrir, et mourir? il y a bien peut-être à la vie humaine un but , une fin , un objet moral... (Rousseau. Lrttre sur le suicide. )