‹ Nouveau système d'études philosophiquesChapitre 92 sur 101 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

Eh bien, quel moyen emploîerez-vous ? Lc3 Uibunfiux, (l!tes*vous, ne peuvent me satisfaire, parce^ que la publicité de Tarrêt ne fera qu'ajouter à Teflet de la calomnie en la répandant davantage.

C'est juste : mais un duel ne produira-t-il pas un résultat tout semblable ?

— Le duel du moins satisfait l'opinion publique*

-^ Oui , mais la poursuite devant les trîbqinaux satisfait la loi.

J'en conclus donc que, puisque de ces deux autorités, la loi ou l'ppinion, vous préfères la dernière, les inconvénieus du reste et les avantages demeurant égaux des deux parts , tous les r^isonnemens précédens étaient en pure perte : il ne fallait pas chercher à faire l'apologie du duel par 4es théories^ il suffisait Je dire :•« Je sacrifie à l'opinion : je me bats, parce qu'on me dit de me battre, j»

On aura beau presser les argumens en faveur du duel , on n'y trouvera que des sophismes,qui, réduits A leur simple expression, signifieront tous : «C'est l'usage. » C'est ainsi qu'en dépit des conseils de l'hygiène, les honunes se serrent le cou dans une cravatte, les femmes se compriment la poitrine dans un corset. C'est ainsi que le Parisien préfère , aux ombrages de Meudon, la poussière des Tuileries ou le sable du bois de Boulogne. Qyie voulez-vous? c'est l'usagjt;. Mais il ne s'agit là du moins que de considérations peu importantes : on ne compromet pas des devoirs sacrés : s'il en résulte quelques inconvénieus, il est toujours temps d'y porter reçiède : on pep..t quitter son

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col, et s'enfoncer dans les bois. Est-ce peu de chose que les jours d'un homme î et quand on l'a tué , peut-on le rappeler à la vie ?

Et puis , combien de cas où le duel est vraimene un acte de démence ! On a déshonoré votre fille : je conçois la douleur paternelle : elle est horrible. Vous allez , Tépée à la main , défier le misérable qui l'a flélrie. Insensé! poignardez-le plutôt : puisque vous foulez aux pieds les lois, puisque vous allez commettre un crime, au moins n'en commettez qu'un : n'ajoutez pas à l'hortible déjir que vous avez de verser un sang coupable , la folie tout aussi criminelle d'exposer à la mort un père qui se doit à ses enfans.

Voilà pourtant à quelle sorte d'argumens conduit l'examen rationnel de cette coutume. Toujours balotte entre l'intention d'homicide et la chance de suicide , le moraliste , une fois enfermé dans ce dédale , n'en peut sortir que par le choix des forfaits.

Mais aussi, pourquoi raisonner contre la déraison? Attendons que les esprits s'éclairent, que les mœurs s'épurent. La voix des sages finira par être entendue. Ce n'est pas en un jour qu'on déracine un préjugé si gothique. Que de sages-femmes façonnent encore entre leurs mains la tête des nonveaux^nés ! que de communes où l'on soniie les cloches pendant

l'orage î

§. 2. Du droit de propriété. , Ce droit tient à celui de vivre; il en est insépa-

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rable. L'homme ne peut subsister qu'en possédant. La possession légitime s'appelle propriété,

1. Considéré en dehors des institutions civiles, ce droit se fonde sur deux faits, le besoin et le travail.

i"* Le besoin. Un homme a faim : un fruit, qui n'appartient à personne, s'offre à sa vue : il le cueille. Ce fruit est à lui; nul n^a le droit de le lui ravir.

Une place lui convient pour prendre son repos , pour fixer sa demeure : en l'occupant , il ne dépos^ sède personne. Cette place est à lui»

Tel est le droit du premier occupant.

Mais le besoin, qui lui sert de principe, lui seK aussi de mesure. L'homme ne peut occuper plus qu'il ne peut employer à son usuge. Si le naufragé, jeté sur une plage déserte , s'écrie en touchant le sol : « Cette ile entière est à mtoi ! » .il usui*pe : car au même moment , sur le rivage opposé ^ peut aborder un propriétaire dont les droits sont é|»9ux« Ainsi aucun ne doit dire: n mon fleuve, m^ fpréti, ma montagne , etc. »

2"" Le travail. L'homme ne se contante pas de songer au besoin du moment : essentiellement prévoyant , il s'assure de ce qui peut satisfaire les besoins à venir. Soit qu'il construise une cabane, soii qu'il entoure sa caverne d'une palissade ou^ détourne, l'eau d'up ruisseau, ici commence la prppriété> résultat du travail. Elle est sacrée comme l'autre, plus peut-êliHî, car dans ce qu'il possède, il a. mis quelque chose de lui. Il semblequ'il puisse dire ntçn chiejrf. jnieux encore que mon fruit i, car : pour cueillir le fruit il ne lui

d'un état 9 le ricbe devra s'y subordonner comme le pauvre. S'il refuse (et il le peut), l'état sera en droit de lui dire : cc.Tu n'es plus citoyen ; je ne te dois plus aide et protection. Rentre dans le droit naturel , puisque tu l'invoques , et défends toi-même tet propriétés ; il n'y a plus pour toi de tribunaux. >> Ainsi , le droit d'héritage est entièrement dans le domaine du législateur : il peut à son gré le changer, le modifier. C'est une question purement politique. Car, à bien y regarder, quels sont les droits d'un fils à la succession de son père, s'il n'a pas contribué avec liri à l'acquisition des biens par le travail ? Il est naturel, dira-t-on, que le père pi*éfère son fils à tout autro. Sans doute : le père manquerait à son devoir , s'il .ne donnait pas à son fils ; mais ce n'est pas une raison pour que le fils envahisse, s'il a plu au père de le déshériter : chacun est maître de son avoir. S'il était, je le suppose , de Fintérêt de l'état que les grandes fortunes ne fussent pas dissipées, la loi ne devraitelle pa« empêcher, que les ricbesses du négociant, •atilâssées avec tant de peine, passassent entre les mains d'un fils indolent et prodigue? L'état s'est com* posé des intérêts de famille .: il a bien faitj mais le contraire était possible ^ et nu( n'avait rien à dii*e. . La question des propriétés renferme aU reste presque tout le di'oit civil : il n'entre pas dans nos devoirs de la suivre plus loin dans ses détails. Nous n'avous voulu que poser le principe. .

11 «ouffire cependant une restriction: tout contrat étant nvl y quand il est entièrement à. l'avantage

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