‹ Nouveau système de déligation chirurgicaleChapitre 28 sur 30 · APERÇU DES ARCS RACHIDIENS ET COSTAUX, DANS LES GIBBOSITÉS · texte numérisé non relu

APERÇU DES ARCS RACHIDIENS ET COSTAUX, DANS LES GIBBOSITÉS

LATÉRALES, fia. 3l.

La ligne a b tirée , du trou occipital au commencement du raphé , et représentée par un fil tendu de l’une à l’autre de ces régions , indique la direction que doit avoir l’épine dorsale. En cherchant, avec le doigt , à suivre cette dernière , on sent quelle commence à dévier en c, et qu’elle se porte, graduellement, et brusquement parfois, à droite et jusque sous l’omoplate. Arrivé en jf, le doigt explorateur découvre que la colonne épinière tend à se rapprocher, insensiblement, de la ligne médiane, et qu’en descendant, elle croise celle-ci en d , pour faire saillie au-delà et en ù, d’où elle vient rejoindre la susdite ligne, à une distance, plus ou moins élevée au dessus du raphé. La ligne courbe c f d constitue donc l’are rachidien, anormal et supérieur ; et celle dhb l’arc inférieur. La ligne c d est la corde du premier de ce^ arcs , et d b celle du second. La ligne transversale e f établit la longueur de la flèche de l’arc

supérieur, et la plus grande distance ou saillie des vertèbres dorsales, relativement à la ligne médiane ; comme la ligne g h indique cette même déviation de la part des vertèbres lombaires.

La convexité à droite, comparée à la concavité de gauche, donne la mesure du mal apparent, et que l’on peut apprécier, rigoureusement, au moyen d’un compas d’épaisseur. Pour cet effet , une des branches de celui-ci sera placée sur un point de la ligne a b , siège fictif du rachis, en e , par exemple, et, de ce point, l’autre branche se déploiera successivement, de chaque côté, puis sous les aisselles; et ce mesurage indiquera une différence notable et qu’on notera , entre l’un et l’autre côtés.

Ce même compas sera encore appliqué en m , par l’une de ses extrémités, et antérieurement vers un point du thorax, diamétralement opposé, par l’autre extrémité. Puis la même opération sera répétée en u, pour le côté gauche. Une mensuration analogue peut avoir lieu sur d’autres parties du rachis ; par exemple, sur l’un et l’autre côtés, depuis l’aisselle à la crête iliaque correspondante ; du bout de la flèche f, à l’angle inférieur des deux omoplates; et de la ligne médiane a b , à cette même extrémité de chaqne scapulum. Maintenant, on conçoit très-bien , j’espère , la facilité, l’utilité et la nécessité de toutes ces mesures; le besoin d’en prendre une note exacte , et celui d’y recourir, de temps en temps, afin de constater, comparativement , l’état actuel des parties. Or, si l’on n’a rien obtenu d’avantageux, il est clair que les mesures seront les mêmes ; mais que la plus légère amélioration pourra , au contraire, être facilement constatée. Elle se dessinera , surtout , par la diminution successive de la longueur des cordes des deux arcs , et de la flèche; et par des dispositions, de moins en moins prononcées , entre toutes les autres régions où l’on aura fait usage du fil et du compas.

Toutes ces données , au demeurant, et j’en conviendrai sans

peine, sont loin d’avoir un de ces vernis scientifiques à la mode; et je suis même forcé d’avouer , qu’à coté du brillant rapport que ML Double vient de faire, sur le même sujet, à l’Académie , elles devront paraître pâles, vulgaires et triviales, aux yeux des savans. Mais elles n’en sont pas moins éminemment pratiques ; d’une application rigoureuse , facile , utile et nécessaire , et qui leur assure , comme telles , un avenir de popularité , dont je suis jaloux de leur frayer la route. C’est une légère compensation qui pourra, peut-être, les absoudre et leur faire trouver grâce aux yeux des hommes de l’art.

Eh! n’arrive-t-il pas, trop souvent, qu’on perde de vue cette heureuse application , pour courir après de scintillantes inutilités et du clinquaut, et pour s’en laisser éblouir ?

Si nous nous arrêtons, un instant encore , en face de cette figure, il nous sera facile de signaler les trois élémens dont 1 ’ensemble constitue toute gibbosité latérale. Je dis l’ensemble? parce qu’il est impossible de se figurer une déviation quelconque du rachis, d’un côté ou de l’autre, sans qu’il se manifeste, à l’instant même , une anomalie dans les courbures des côtes. Celles du côté de la déviation rachidienne seront soulevées et décriront des segmens d’un cercle plus petits , tandis que leurs congénères s’allongeront, s’aplatiront et feront partie d’un cercle d’une plus grande dimension.

Si ces désordres simultanés de la charpente osseuse ont duré pendant quelque temps, ce qui est assez ordinaire, on comprendra, de reste , qu’ils auront acquis , dans chacun de leurs trois élémens, assez de e/e, de résistance, je veux dire de fixité , pour avoir , en quelque sorte , une existence indépendante l’une des autres. Or, pour les faire disparaître, il ne s’agira plus alors de ne diriger tous ses efforts que sur l’un des élémens seulement, mais sur tous les trois à la fois. Je dirai plus, c’est qu’il serait assez difficile de corriger l’un , si les autres restaient absolument stationnaires, ou réfractaires. Cherchez, dans cette figure, par exemple, à étendre l’épine, sans comprimer les

côtes du côté droit, et sans favoriser , en même temps , lu courbure, à nouveau, de celles du côté gauche, vous n’y parviendrez pas, ou bien vous ferez naître d’autres désordres. Cependant, comme il arrive, assez souvent, que la déviation de la colonne épinière est peu considérable, en comparaison des anomalies costales, on pourra bien parvenir, en dirigeant tous ses efforts sur le rachis, à lui donner, enfin, une bonne direction ; mais celle-ci sera , pour ainsi dire, isolée et sans résultat marqué sur les affections des côtes; et il arrivera qu’on aura laissé intact, ce qui choque le plus dans ce genre de lésion , la bosse même , ou la disproportion trop prononcée des côtes droites, et qu’on sera forcé de s’appesantir, plus tard, sur cette région tuméfiée.

11 n’est guère plus raisonnable de vouloir changer les rapports vicieux de cette espèce de trinité pathologique , en agissant sur la colonne seule , que de chercher à obtenir le même effet, en ue s’évertuant que contre un des deux autres tiers du mal. Car on pourrait fort bien admettre, du moins par la pensée et le raisonnement , qu’un de ces derniers , le concave , par exemple, vînt, tout-à-coup, à vouloir se soulever et reprendre sa forme et sa place primitives. Or, il ne le pourrait, évidemment, qu’en entraînant et remettant à leur place aussi, le coté convexe et la colonne.

Si un semblable revirement , par l’effet seul de ce soulèvement supposé, est rigoureusement possible , il n’est, cela va sans dire, nullement probable; mais la supposition inverse n’en est plus une, et il est évident, qu’on pourra obtenir la réalisation du problème, c’est-à-dire, le rétablissement des trois incurvations pathologiques du torse, à leur état normal, par la seule compression du côté proéminent du dos.

De tout temps, en effet, on a eu de brillans succès, en dirigeant sa principale attention et ses moyens sur la bosse même, et en l’attaquant, directement par derrière, soit avec des corsets , soit , surtout, avec la position en supination sur le dos,

du corps tout entier, sur un lit dur et même sur une planche, l’un et l’autre représentés, assez sou vent, par un simple plancher. Aussi, ne serait-il pas difficile à prouver, que les résultats obtenus , par l’intermédiaire des fameux lits mécaniques extensifs et contre-extensifs , toujours durs et résistants , et dont on vante si fort l’efficacité, pour je ne sais quelles tractions parallèles; que ces résultats sont dûs, uniquement, au refoulement des côtes trop arquées , et qui font saillie sur l’une des régions du dos.

Des bosses qu’on tient ainsi appliquées, très-sévèrement, presque sans désemparer et pendant des années entières, ne sont-elles pas , évidemment , sous le poids du corps , et sous l’influence d’une compression incessante, et, par cela même très énergique? Aussi, tous les moyens, quels qu’ils soient, qui agiront tout simplement dans ce sens, auront, infailliblement, d’heureux résultats. C’est, au fond , le sens le plus naturel , et celui qui se présente sous l’aspect le plus favorable, pour réaliser, à lui seul , les trois indications importantes dont il a été question, si souvent, dans ce mémoire. En effet, la compression du côté convexe amène l’affaissement des côtes; celles-ci , en se redressant , repoussent , directement, les vertèbres déviées; et si cette compression est sagement dirigée et accompagnée, surtout, d’une position telle, qu’elle doive incliner le corps sur le côté convexe, et en le pliant, en quelque sorte, sur ee côté-là; il est évident que le centre des côtes concaves sera refoulé de dedans en dehors , et que celles-ci seront notablement écartées les unes des autres, vers ce même centre. Et n’est-ce pas là tout ce qu’on doit chercher à atteindre, par l’effet des moyens mécaniques ? Dirigez donc, le mieux possible, ces mêmes moyens, et donnez -leur une impulsion plus judicieuse et qui soit en harmonie plus positive avec les exigences théoriques et pratiques, et vos soins seront couronnés d’heureux résultats.

Ce sujet est, du reste, si important, et la question qui est ici soulevée tellement décisive , que je ne crains point

de m'v arrêter encore, et même de me répéter, en me servant d’autres expressions et de formules nouve lies.

Essayez, par un moyen quelconque et long-temps continué, fût-ce même avec notre simple compresseur du dos ( tig. 44)» de presser sur la bosse , directement d’arrière en avant, et vous aurez de nombreux succès»

Ils seront plus marqués, si cette pression est, en même temps, dirigée obliquement de dehors en dedans, afin d’agir mieux sur le rachis lui-même.

La marche progressive sera plus rapide encore , si , par quelque arrangement, que je vous abandonne, vous parvenez à faire incliner et plier le torse, sur le côté convexe , afin de faire saillir le côté concave.

Vous aurez des résultats de plus en plus avantageux, si, conjointement à cette inclinaison, vous faites ensorte que l’épaule du côté concave soit sensiblement soulevée au-dessus du niveau de l’autre épaule, afin de faire saillir , davantage encore , ce malheureux petit côté.

Enfin, vous serez certains d’être sur la meilleure voie du traitement mécanique pur , si vous parvenez à protéger suffisamment ce même côté concave , pour qu’il puisse se relever de son état d’abaissement, sans qu’il rencontre la moindre opposition de la part des agens extérieurs.

Maintenant, que l’individu, ainsi pansé, soit couché sur de l’édredon ou sur une planche; qu’il y soit placé sur le dos, ou qu’il prenne la position qu’il jugera convenable; qu’on le soumette, bravement, longuement et jour et nuit à V extension et à la contre-extension , sur un de ces lits mécaniqnes tant fameux et si compliqués; ou bien qu’on lui permette de marcher, courir, sauter, de s’exercer à difïérens jeux et en plein air, comme cela convient à tous les jeunes sujets: peu importera! car vous arriverez au but, à peu près en même temps. Je crois même que ce but sera bien mieux atteint, en laissant, aux enfans et aux adolescens, la

plus grande latitude de s’amuser, de jouer et de travailler , suivant leur âge, leur sexe et leur position sociale.

Il est bien entendu, toutefois, qu’on les mettra en garde contre de mauvaises contenances , contre des poses irréfléchies et des exercices ou des travaux peu convenables à leur situation ; et qu’on leur recommandera, expressément, de s’appliquer, au contraire et de préférence, à prendre telle ou telle attitude , à se poser et s’exercer de telle et telle manières, le tout afin d’aider l’action des leviers extérieurs, par celle, si efficace et si nécessaire, de la mécanique vivante. Mais , reprenons la suite de nos déductions.

Si l’on ne peut pas me contester, dans les gibbosités latérales , l’existence simultanée des désordres , quelquefois très considérables, que l’on observe dans trois régions différentes , et de trois manières diverses, à plus forte raison devra-t-on me concéder, qu’il faut, quant aux moyens curatifs, avoir égard à la triple cause de la difformité. Mais, au nom du ciel! que peut-on espérer , dans ce but, d’une extension parallèle, quelque vigoureuse qu’on veuille la supposer ? et n’est-ce pas pécher ouvertement contre les premières règles de la mécanique , que dé faire un usage aussi absurde des forces dont elle indique et dirige le judicieux emploi?

Des cotes sont enfoncées et presque concaves d’un coté , et elles sont, au contraire, tellement courbées du côté opposé , qu’elles se présentent , par fois, sous la forme aiguë ou presque tranchante; et vous voudriez nous faire croire, qu’il suffira de tractions sur une colonne malade , déformée elle-

même, et composée d’une multitude de petites pièces flexibles; qu’il suffira, avec l’adjonction de pressions latérales quelconques , d’un aussi faible moyen , pour remédier à tant de maux !

Mais vous refusez à la mécanique, peut-être, une part notable au redressement des appareils osseux dont il s’agit,

4UÜ —

et vous vous retranchez , sans doute , sur de plus nobles terrains ?

Eh bien! dites nous donc quels torrens de lumière vous avez puisés dans vos minutieuses descriptions anatomiques , dans vos lois physiologiques si bien formulées, et dans les évolutions pathologiques que vous invoquez doctement à votre aide et secours.

Hélas! tout cela, je le crains bien, n’aboutira qu’à une nouvelle confirmation de cette accablante et irrévocable sentence :

Sunt verba et voces , prœtereaque . nihil.

On le voit donc et toujours plus clairement, la question du traitement des difformités latérales de la taille est tout autrement compliquée et complexe qu’on a bien voulu nous le faire accroire, dernièrement encore, en n’arrêtant nos regards que sur l'état de l’épine vertébrale ; et c’est fort mal à propos , qu’on s’est résumé à ne les fixer que sur la seule direction de la colonne , soit comme cause absolue de l’affection , soit, surtout, comme unique indication curative à remplir.

Tant qu’on n’embrassera pas, et mieux qu’on ne l’a fait, la triple cause des gibbosités , ou, pour mieux dire, la triple indication qu’elles présentent, on s’exposera à manquer le but, ou à tourmenter, gratuitement, les individus dont le torse sera dévié.

Il n’était pas nécessaire , cependant, d’avoir à déployer de vastes talens, pour s’assurer de la nature de ce mal , et de ce qu’il fallait faire pour y remédier. Un peu de gros bon sens, en présence d’un simple squelette normal et du squelette d’un bossu, devait , ce semble, débrouiller de suite cette affaire, et décider une question, que la fine anatomie ne parviendra pas mieux à résoudre, qu’elle n’a pu éclaircir le traitement des fractures, celui des affections de l’urètre et, en général, celui de toutes les lésions où les forces mécaniques soiit appelées à jouer le principal rôle thérapeutique.

4oi -

Le scalpel, dirigé par la main la plus habile, est à-peuprès de nul effet, lorsque le succès curatif dépend de la juste appréciation du mode d’agir des leviers , et des modifications qu’ils doivent subir, pour coïncider avec le but qu’on se propose.

Aussi, on a de la peine à comprendre, comment des hommes aussi éclairés et si justement célèbres dans la spécialité qui nous occupe; comment MM. Guérin et Bouvier ont pu, pendant tout le cours de leurs longs et mémorables travaux , ne pas être happés d’une vérité aussi palpable , et qui, comme on dit vulgairement, saute aux yeux de tous! Au lieu de se perdre dans de profondes élaborations et de savantes discussions , Hé ! que n’ont-ils plutôt , à l’exemple de Molière, consulté leurs servantes . En les laissant jaser, elles leur auraient probablement tenu , à peu près , ce langage : « Il va sans dire, » nos bons maîtres, que les côtes , de ce côté là , sont beau- » coup trop bombées et courbées , et qu’il faut donc tâcher » de peser dessus , pour les faire rentrer ; ah oui! mais celles » de ce côté-ci sont, par contre, trop basses , trop plates et »> trop rapprochées les unes des autres ; il vous faut aviser , » croyez-nous seulement , à les relever beaucoup et , comme » qui dirait, à les courber davantage , afin qu’elles soient » égaies aux autres; et puis, ensuite, vous les écarterez; car, » voyez-vous! elles sont trop les unes sur les autres et comme » entremêlées. Après que vous aurez fait ça , ce qui ne vous » sera pas bien difficile , à vous qui êtes si savans et qui avez » tant d’esprit : tenez ! nous vous conseillons encore de tâcher » de redresser eette pauvre échine , car elle est là toute tor- »> due comme un vieux cep de vigne. Ainsi donc, si vous >» nous en croyez, nos chers maîtres , vous commencerez, d’a- » bord, par faire rentrer la bosse de ce côté-ci ; par faire » soulever, ensuite, ce côté là; et puis, en fin finale, par re^* » dresser ces vilains zigzags eu haut et en bas du dos. Il » nous semble qu’on pourrait s’y prendre, pour cette dernière chose, comme ce petit polisson de Jeunnot, quand il s’amuse

» à redresser un bâton pour en faire un manche de fouet. •» Mais, ma foi, si nous avons un conseil h vous donner, >» MM., c’est de faire ensorte de mettre, bel et bien, tout » cela en oeuvre et tout à la fois encore , afin d’avoir bâclé » l’affaire plus vite, et d’être plus sûrs de votre besogne. » Vous fuites, tous les jours, tant de belles choses, et vous » savez si bien dire tout ce que vous fuites, que, vraiment,

** rien ne vous sera plus aisé !

» Nous ne comprenons rien à vos grands et beaux mots de » la zanatomique , mais il nous semble, tout également ,...., »> voilà! que çà pourrait aller comme çà ; et notre avis est , » (pardon, excuse, nos braves Messieurs) que si l’on fait

» autrement , cela n’aura , sauf votre respect , pas le sens

» commun.

» A présent, respectables MM., permettez-nous , à moi et » à ma camarade Margot, pour cette bonne consulte, d’aller »> aujourd’hui à la grande salle de la grimace-tique, pour nous « amuser à voir les tours et les cabrioles qu’y font ces Demoi- » selles. Savez-vous qu’elles courent sur ces cordes comme » des chats et de véritables singes! C’est drôle, tout de » même, pour des bossues! Oh! comme les parens de ces » Jeunesses là vont donc rire , quand ils verront comment » vous cherchez à les redresser , en vous donnant tant de » peines pour les dresser . à ces farces ! »>

La commission chargée d’examiner les mémoires de MM. Guérin et Bouvier, est plus pardonnable que ces deux notabilités orthopédiques*; car, quoique composée d’hommes supé-

* Il m’en coûte assez de m’exprimer de la sorte, vis-à-vis d’hommes aussi éminens, et dont personne n’appi écie , mieux que moi , le mérite transcendant et la haute capacité; mais si ma phrase, qui ne m’est, d’ailleurs, nullement échappée, parait contraster avec mes sentimens respectueux, c’est qu’elle ressort d’une conviction profonde sur la matière , et de ce courage que doit avoir tout homme de cœur, de s’exprimer avec l'indépendance et la franchise que l’importance du

rieurs en tout, ils n’ont probablement pas fait une étude particulière de ce genre d’affection. Si des savans de cette trempa sont restés sous l’influence de ce qu’on leur a fait voir, et de ce qu’on leur a dit, c’est une preuve nouvelle du besoin qu’on doit éprouver, de rendre plus accessible, à tout le monde, une médication, évidemment trop compliquée, trop difficile à comprendre et à mettre en pratique, et qui repose sur des bases qu’on a, de plus en plus, entourées de difficultés et hérissées de ronces.

On a fait quelque bruit, il y a un ou deux ans, de gibbosités artificielles ou simulées , et des moyens de les constater. Si de pareilles supercheries existent réellement , je défie le plus rusé compère , de l’un ou de l’autre sexe, de tenir bon en face du compas et de ma presse orthopédique. Voyez, par exemple, aux fig. 3 i et les résultats que

vous obtiendriez avec le compas , en appliquant l’une de ses branches sur l’apophyse épineuse, en apparence la plus déviée, et l’autre, successivement, sur les convexités costales correspondantes. Il n’y aura aucune différence sensible entre les deux côtés, s’il y a fraude ou dol; tandis que, s’il existait une véritable gibbosité , l’ouverture du compas serait moins considérable du côté de la bosse, que du côté cou¬

su jet comporte, et que commande l’intérêt de l’humanité. Les questions de personnes doivent s’éclipser, en effet, en face de ces graves considérations \ et l’honorable M. Double, lui-même, ne me tiendrait nul compte de mes réticences méticuleuses, tout comme il ne me saurait aucun gré, si je m’avisais de comprimer, lâchement, la voix de ma conscience, et de transiger, par de cérémonieux et jésuitiques accens, avec le cri de mon for intérieur. Cet illustre académicien est, comme moi, à la recherche de la vérité, et il ne doit pas voir, d’uu oeil favorable, quiconque voudrait la lui voiler avec adresse, ou la travestir trop agréablement, dans la seule intention de lui complaire. Je doute qu’on puisse me reprendre sur quoique ce soit de louche à cet égard.

— ÀOÀ

cave. Gela doit être, puisque nous savons, que la colonne se porte vers le côté convexe, et souvent sous l’omoplate; que les côtes se courbent davantage, et que la distance, du rachis à la convexité latérale, diminuera d’autant. Des faits diamétralement opposés , et qui se passeront du côté concave, devront donner, par conséquent, des résultats tout à fait difFérens et très-positifs.

Quant à la presse, je ne crois pas que l’action musculaire puisse contrebalancer sa pression, et je suis convaincu , ce qui serait décisif ici, qu’au moyen de ce puissant levier, on aura bien vite repoussé, à sa place légitime et même au-delà , la convexité prétendue et volontaire.

Aperçu d’une gibbosité latérale , après une exacte mensuration, fi g. 34,

a b , longueur du fil qu’on aura étendu , de l’occiput au haut du raphé.

de, distance qui sépare l’occiput du commencement de la déviation de la colonne.

c d , longueur de la corde de l’arc dorsal c d e. d , point d’intersection de la colonne sur la ligne médiane. d g, longueur de l’arc lombaire d g h. b , commencement du raphé.

e f\ flèche, ou le plus grand écartement de l’arc vertébral supérieur de la ligne médiane.

h i , la mesure du maximum de la même déviation , dans l’arc inférieur.

Tracé ind catif de quelques rapports proportionnels, entre certaines parties d’une taille contrefaite, tig. 33.

al , diamètre antéro-postérieur du côté convexe. a c, ce même diamètre du côté concave. a d , distance de la ligne médiane au côté externe convexe. a e. cette même distance au côté concave. n

La distance de l'angle de l’omoplate concave, au bout de

la flèche dorsale, peut également être indiquée. Elle est nulle, assez souvent, pour le côté convexe, puisque les vertèbres déviées se déjettent, parfois, jusque sous le scapulum. La distance de la ligne médiane à l’angle inférieur de l’omoplate , est fréquemment si peu considérable , qu’on ne peu l’apprécier. Il est bon toutefois de noter ces circonstances.

Pour tirer le meilleur parti des mensurations, fig. 33 et 34, il convient que ces tracés donnent la longueur et les courbures réelles des parties , et même que des chiffres les indiquent. Ce tableau, remis aux parens des sujets en traitement, pourra servir , plus tard , à constater les progrès obtenus, la marche vers ceux-ci , et ce qu’on peut espérer ou craindre.

Béquilles axillo-pelviennes , pour servir d’attelle et de

POINT d’appui, ET POUR LA PROTECTION DU COTÉ CONCAVE

fig. 3 2.

L’une a une seule tige qui peut être ronde ou plate, et l’autre a plusieurs de ces tiges en fil de fer.

Ces montans peuvent être élastiques ou non.

Gilet pour fixer la béquille et le corps compressif,

fig. 35.

11 s’attache, par derrière et au moyen de trois liens dont on voit deux ici, aa bb. Le troisième est caché par les seconds dos ce , dont on aperçoit les quatre liens , la position , la figure, l’étendue et le mode d’agir. La pièce triangulaire d , est destinée à passer de l’épaule convexe au bas de la béquille, en se dirigeant obliquement, comme on îe voit à la fig. 36. Le corps compressif est tixé sous le gilet, et d en est, à peu près, le centre ; la béquille, également fixée au gilet, se trouve à côté, sous celui-ci et sous le second dos, de e en a.

Le gilet peut avoir, derrière, une petite baleine de chaque côté, pour le maintenir tendu. CJn lacet, pour lier les deux côtés du second dos, ne permettrait pas, comme mes rubans

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sépares, de serrer et desserrer , à volonté, telle partie distincte de ce compresseur ; ce qui peut, cependant, être important. Un des points essentiels de ce gilet, c’est que les épaulettes de l’emmanchure soient larges, ouatées; qu’elles ne glissent pas sur le bras, et même qu’elles soient ajustées de manière que les moignons des épaules restent toujours bien emboîtés , afin qu’ils servent de points d’appui convenables.

Si je n’ai point fait lithographier la plaque qui doit recouvrir et comprimer les anomalies spin o-costa les , c’est que tout a été dit, à ce sujet , à l’article LIII, qui traite de la compresse graduée , et à l’explication de la figure que cela concerne. J’ajouterai seulement , que cette plaque devient bientôt hors de proportion avec les saillies qu’elle doit recouvrir, et qu’il convient d’en diminuer l’étendue, au fur et à mesure que la bosse , elle -même, diminue, afin de concentrer la compression sur les points seuls qui la réclament, ou sur ceux qui se montrent récalcitrans et qu’on tient à écraser de préférence. On peut, en quelque sorte, envisager l’un de ceux-ci comme le culminant , la clef de la voûte , et l’attaquer, exclusivement, avec une très-petite plaque compressive et la presse, et en laissant en dehors toutes les autres parties qui constituent la difformité. Parce moyen, on parvient à concentrer, sur le point rendent, toute l’énergie des différentes pièces de l'appareil, surtout celle du second dos.

On le voit donc , l’arrangement de la plaque, et la manière de diriger et de varier son action, doivent constamment exercer la sollicitude du praticien ; et l’observation, ainsi que l’expérience, peuvent seules assurer sa marche et couronner ses efforts. Il en est de même, au reste, de tous les objets qui se rattachent au traitement qui nous occupe, lesquels suivent, à cet égard, la loi commune dans l’application de toutes nos connaissances.

La manière d’avoir cette plaque, telle qu’il la faut, consiste à tracer, avec de l’encre, le pourtour des parties qu’ou désire comprimer, et à placer sur cette surface bien déterminée une

feuille de papier. II ne s'agit plus, ensuite , que de faire modeler, sur celle-ci 5 la plaque métallique et résistante dont on a besoin.

La forme de la béquille est la même, à peu près , pour tous les sujets: la longueur seule peut varier, et doit être mesurée, également, avec une bande de papier, qu’on étendra du creux de l'aisselle au trochanter.

Aspect d’un individu auquel on a appliqué le gilet de la

FIGURE PRÉCÉDENTE , fig. 36.

Cette figure peut être envisagée, à peu de chose près, comme léserait la fig. 3i , après le pansement. Les pointillés a indiquent l’endroit où est la plaque; h b ceux qu’occupe la béquille; a b le lien oblique scapulo -pelvien , qui, en augmentant la pression sur la plaque, tend à abaisser l’épaule droite , pour soulever la gauche ; car ce lien tient , en b , à une boucle qui passe dans le trou qu’on voit au bas des béquilles, fig. 3 2., et qui doit se trouver aussi au bas du gilet; cc est la place d’une attache supplémentaire pour fixer mieux l’emmanchure du gilet sur le moignon de l’épaule, au-dessus duquel il est important que reste le gilet.

On se rappellera que j’ai annoncé, d’avance, que mon appareil était loin de donner un aspect gracieux aux jeunes personnes, et qu’elles avaient l’air d’être plus bossues qu’auparavant. Cela ne doit donc pas surprendre, surtout si l’on réfléchit, que la prétendue bosse se dessine presque dans un opposés, la réelle. Mais vous figurez-vous ce que deviendrait un sujet pareil , si on intervertissait la place et l’action des pièces diverses de cet appareil P On le plierait en demi cercle, comme le bâton courbé sur lequel on agirait à contre-sens, en cherchant à le redresser. Cela dit tout en faveur du moyen proposé.

» COMPRESSION MOBILE, fig. 3 J.

On voit que le sujet peut s’élever , au moyen d’une poulie;.

qu’il est facile de lui donner une pose convenable, et de le faire agir, avec telle ou telle main sur la corde. Ou remarquera que celle-ci est noueuse; eh bien! chacun de ces gros nœuds peut être envisagé comme un bouton, qui, passé dans la boucle a, sera solidement fixé, et pourra teuir l’individu soulevé au gré de ses désirs ou besoins. LJn coup de main déboutonnera et reboutonnera cette corde, s’il faut changer le degré d’élévation ou sortir de l’appareil.

PRESSE ORTHOPÉDIQUE , fig. 38,

La vis peut avoir un pied et quelques pouces; la traverse un peu moins de deux pieds; le lien, de forte toile, a de sept à dix pouces de largeur ; sa longueur est proportionnée au besoin, et peut augmenter ou diminuer, par quelques nœuds aux attaches terminales. Le bout en fer est destiné à entrer et jouer librement dans un petit canal qui se trouve en a 7 à la plaque de la figure suivante.

PLAQUE COMPRESSIVE POUR LA PRESSE, fig. 3q.

Elle est en fer, et doit être recouverte ; son diamètre peut varier de deux à quatre pouces.

LA PRESSE EN ACTION , fig. 4 O .

Lorsque, par le moyen de la vis, le lien se trouve tendu et que la plaque est ajustée, de légers coups de main , sur ce puissant levier, ébranlent et refoulent, à volonté, côtes et vertèbres. Le lien de toile peut être passé vers un point de la chaise, au lieu de s’appliquer vers la hanche; tout comme l’extrémité libre de ta vis peut, au lieu d’être soutenue avec une main, se placer sur le dossier d’une chaise, ou de tout autre objet fixe. La plaque compressive, cela va sans dire, devra changer de place, dans ces diverses manœuvres, et être portée, successivement, sur tous les points qui en ont besoin et, surtout, sur ceux qui sc montrent récalcitrans.

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La bande paraît ici trop oblique ; et le dossier sous faisselle n’est pas assez élevé; car il doit soulever l’épaule, tout eu faisant résistance aux efforts de la presse sur le côté convexe. Il ne serait donc pas difficile, comme on voit, d’assimiler le torse entier d’un bossu à un simple bâton courbé, et de lui appliquer la formule générale pour le redressement d’une tige de bois tortu. En poussant sur le côté convexe, et en cherchant à fléchir l’épine en sens opposé à cette pression, on fait, effectivement, tout ce qu’il y a de mieux pour affaisser ce même côté et pour faire saillir le côté convexe. Il ne s’agirait plus que d’appliquer les mêmes manœuvres à la partie inférieure du rachis, (l’autre bout du bâton) mais en les dirigeant en sens inverse de celles qui étaient nécessaires pour remédier aux courbures supérieures.

CHAISE A BÉQUILLES, fig. 4-1*

Au moyen de la crémaillère, on hausse et baisse les béquilles à volonté. Les mouvemens, en tous sens, sont d’ailleurs faciles, grâce au mode de jonction des béquilles avec la chaise; et le bâton transversal empêche que la compression ne blesse la poitrine, lorsque l’on veut profiter de l’une des béquilles, en qualité d’attelle ou de point d’appui à un lien thoracique , comme il est indiqué à la figure suivante.

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