‹ Nouveau système de minéralogieChapitre 17 sur 50 · ESSAI · texte numérisé non relu

ESSAI

D’un examen raisonné des principaux systèmes de minéralogie.

On peut diviser les systèmes de minéralogie en trois classes, i° ceux qui sont fondés uniquement sur les caractères extérieurs ; i° ceux qui sont fondés sur la composition et les caractères extérieurs à-la-fois ; et 3° ceux qui se fondent uniquement sur la composition. Je ferai ici quelques observations sur quelques systèmes pris dans chacune de ces classes, et je chercherai à montrer leurs avantages ou leurs inconvénients.

Parmi les systèmes de la première classe, je ne ferai mention que de celui de Brunner. La plupart des minéralogistes ont suivi la classification générale des minéraux de Cronstedt en terres , sels , bitumes et métaux. C’est aussi la base du système de Brunner. Chacune de ces classes est répartie ensuite en ordres qui sont déterminés par la texture , i° texture terreuse , 2° texture écailleuse , 3° texture feuilletée , 4° texture rayonnée , 5° texture fibreuse , 6° texture grenue-feuilletée , y0 texture compacte et indéterminée. Les

sels sont distribués , d’après leur saveur, en astringents et acides, astringents et doux, salés , etc.

Lorsqu’on a sous les yeux un minéral dont on désire connaître le nom, il serait en apparence très-facile de le chercher dans ce système de la même manière qu’on s’y prend , lorsqu’il s’agit des productions de la nature organique, pendant que l’espace dans lequel le minéral doit se trouver, en observant les caractères des sous-divisions , se rétrécit de plus en plus jusqu’à ce que l’on rencontre dans le système le minéral dont tous les caractères extérieurs correspondent parfaitement avec ceux du minéral qu’il s’agissait de rechercher. Un pareil système a pour but la plus grande commodité ; mais sous le rapport scientifique, il n’a d’autre mérite que d’être une table ou un registre présentant ensemble les minéraux de la composition la plus diverse , par la raison qu’ils ont un certain caractère en commun , de la même manière que dans un registre quelconque des objets différents se trouvent réunis , selon qu’ils ont en commun plus ou moins les premières lettres. Cette commodité serait cependant de quelque prix, s’il n’était souvent très- difficile d’exprimer par des mots l’habitude extérieure des corps , d’une manière assez déterminée pour que l’investigateur pût se fixer sans embarras au

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minéral véritable. Mais voilà ce qui est bien plus difficile en minéralogie que dans l’histoire de la nature organique , et il est presque impossible d’y parvenir , lorsque les échantillons que l’on veut examiner, sont caractérisés moins clairement, ce qui arrive très-souvent , de manière que pendant de pareilles recherches , on ne se trouve pas rarement dans l’incertitude, non-seulement par rapport aux espèces , mais aussi relativement aux ordres. Mais l’arrangement sys tématique dont nous parlons , a encore d’autres et de plus grands inconvénients , parmi lesquels il faut sur-tout observer , que pendant qu’il réunit les compositions chimiques les plus hétérogènes , il arrive souvènt qu’une même substance chimique se rencontre dans plusieurs ordres , selon les différences dans sa texture. Ainsi, par exemple, le spath fluor et le spath pesant ne forment pas moins de trois espèces particulières dans ce système. De là il suit de nouveau que , lorsque dans un même minéral , une partie serait effleurie, pendant que l’autre conserverait encore sa forme et sa texture cristalline , et que celle-ci serait cohérente à une masse compacte de la même substance , ces trois formes diverses de la même combinaison chimique et du même échantillon, donneraient trois espèces differentes appartenant à des ordres différents.

Mais nous avons auparavant aperçu à priori ,

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que cette méthode de classification en minéralogie, ne saurait être applicable , et j’ai parlé du système de Brunner , non parce que je trouve qu’il ait le moindre mérite scientifique , mais pour montrer combien l’expérience confirme à cet égard la spéculation théorique qui a démontré que toutes ces difficultés doivent être une suite nécessaire du principe de la composition dans la nature inorganique.

Parmi les systèmes de la seconde classe , qui sont fondés à-la-fois sur la composition et sur les caractères extérieurs des minéraux, je ferai mention de ceux de W erner et de Hausmann.

Le système de "W erner a été quelque temps celui qui a dominé, et les minéralogistes reconnaissent dans son auteur une des premières lumières de la science. Comme Werner n’a pas décrit lui-même en détail son système de minéralogie , mais qu’il a laissé ce soin à des élèves , qui assez souvent n’ayant pas pu pénétrer dans toutes les vues d’un grand génie , ont présenté ses idées telles qu’ils les avaient aperçues , et non telles qu’elles étaient en effet, il est possible que la science minéralogique, de la manière dont Werner l’eût produite lui-même , eût éprouvé des modifications d’une grande importance. En attendant , il faut que je considère ici le système de Werner, tel qu’il est parvenu à notre

connaissance , et je chercherai à faire connaître toutes les grandes inconséquences qu’il renferme selon moi , en ce qu’il est établi sur deux principes qui ne sauraient être conciliés : sur la composition et l’arrangement en groupes, ayant de l’analogie par les caractères extérieurs.

La disposition du système de Werner est entièrement chimique, et toutes ses divisions se fondent sur la composition , de la manière suivante :

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