‹ Nouveau système de minéralogieChapitre 18 sur 50 · QUATRIÈME CLASSE, FOSSILES MÉTALLIQUES · texte numérisé non relu

QUATRIÈME CLASSE, FOSSILES MÉTALLIQUES

GENRES

ier genre, platine.

2e genre , or.

3e genre , mercure.

4e genre, argent.

5e genre, cuivre 6e genre, fer.

7e genre , plomb.

8e genres, étain.

0e genre , bismuth.

ioe genre, zinc.

ne genre, antimoine.

12e genre, tellure ou silvane.

i3e genre, manganèse.

i4e genre, nickel.

î56 NOUVEAU SYSTÈME

i5e genre, cobalt.

16e genre, ax’senic.

17e genre, molybdène.

18e genre , schedium ou tunstène.

19e genre , titane ou menak.

20e genre , urane.

21e genre , chromer

22e genre , cérium.

Le diamant se trouve ici à côté du zircone par la raison qu’ils ont quelque chose d’analogue pour la dureté et la transparence , et qu’ ainsi le zircone peut être regardé comme un anneau de transition entre le diamant et les espèces siliceuses moins dures. Mais le diamant , nonobstant sa dureté, est un fossile inflammable, et n’a sous aucun rapport que la dureté , de l’analogie avec les fossiles terreux. Pour ce seul caractère le diamant est donc placé hors de la classe des inflammables auxquels il appartient suivant la base principale du système de W erner, et suivant ses qualités chimiques et physiques. Ainsi, dès le premier anneau de la chaîne, nous trouvons que Werner a péché contre le principe fondamental du système , la composition, pour établir un arrangement de transition semblable à celui de l’histoire naturelle des corps organiques. Nous trouvons de

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plus dans la première classe, un genre qui a reçu le nom de hallite , du mot grec «Aç, sel , et qui. ne renferme que deux sels indissolubles dans l’eau, laboracite-, borate demagnésie, et lachryolite , fluate double d’alumine et de soude. Lorsque , dans les genres précédents , on a trouvé le spath fluor, l’apatite et d’autres fossiles salins non moins indissolubles ni moins durs que les deux qui constituent le genre' hallite , on ne peut découvrir aucune raison scientifique pour que ces derniers fassent un genre particulier. Mais si l’on considère l’arrangement de W erner plus en détail , on voit évidemment que ce dont nous venons de parler a eu lieu par la raison que , dans le genre magnésien, il ne se trouve point d’autre fossile , ayant une analogie extérieure avec la boracite , de même qu’il en arrive dans le genre alumineux avec la chryolite. Werner a donc sacrifié la conséquence dans l’arrangement chimique du système entier, au désir de pouvoir disposer les minéraux en classes , ayant des caractères de ressemblance extérieure.

Werner commet encore une inconséquence contre son système considéré chimiquement , en ce qu’il ne rassemble pas les sels dans la seconde classe , qui est proprement destinée aux selç, mais qu’il les dissémine presque sans ordre dans les

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autres classes. Ainsi l’on trouve , par exemple , le gypse et le spath fluor au genre calcaire ; la boracite au genre hallite , dans la première classe; le sulfate de magnésie et les vitriols au genre des sulfates dans la seconde classe; et enfin, les arséniates et les phosphates de fer et de cuivre , aux genres du fer et du cuivre dans la quatrième classe.

Il paraît que le principe a été de classer les sels solubles auprès de leurs bases, et les sels insolubles auprès de leurs acides ; mais Werner s’en écarte en plaçant les tunstates de chaux et de fer , qui tous les deux sont insolubles dans le genre du radical de l’acide. Ces inconséquences dans un système dont la base est prise dans la chimie, sont trop grandes pour qu’elles puissent être négligées et considérées comme sans importance. Elles doivent naturellement être rectifiées à une époque où la science a acquis assez de maturité pour les rendre frappants.

Mais, même dans l’arrangement intérieur, les inconséquences continuent dans tout le système , et toujours dans le dessein de former des groupes naturels , que yV erner appelle sippschaft. Considérons en quelques-uns : le genre siliceux contient les groupes suivants , i° Chrysolite , 2° grenat , 3° rubis , 4° schoerl, 5° qvartz , 6° résinite , 70 zéolith , 8° lapis lazuli , et 90 feldspath.

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Si on considère ces groupes sous un point de vue général, on y trouve une certaine transition d’un caractère principal à un autre , et ce but a été gagné aussi bien qu’on peut le faire dans un sujet qui n’est possible qu’en apparence ; mais considérons en même temps ce que cet avantage apparent a coûté à l’arrangement d’après le principe fondamental du système. Le groupe ou sippschaft rubis qui se trouve placé auprès du grenat , de l’émeraude et de la topaze , à cause de sa grande dureté , consiste en spinelle , saphir , émery , corindon et spath adamanthin. L’analyse de ces minéraux prouve qu’ils sont composés d’alumine, ou seule , ou combinée avec de la magnésie , et qu’ils contiennent si peu de silice , que l’on considère gé¬

néralement cette dernière comme purement accidentelle. Nous trouvons donc dans le groupe siliceux des minéraux qui ne contiennent point essentiellement de la silice , mais que W emer y a placés , parce qu’ils ont quelques caractères extérieurs de commun avec des minéraux, dont la silice est un ingrédient essentiel. Il s’ensuit qu’on ne trouve point ces minéraux dans le genre de l’alumine , quoique cette terre soit presque leur pniqué ingrédient , et la raison pourquoi on les en a exclus , c’est que dans ce genre il n’y a point

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d’autres groupes de minéraux qui se rapprochent d’eux en dureté, et que par conséquent une transition par degré à des minéraux moins durs n’y a pas été possible.

Mais considérons encore la distribution d’un certain groupe en espèces , et choisissons celui qui suit immédiatement le groupe du rubis. Il est composé de topaze, d’euclase , d’émeraude , de béril et de schoerl ou de tourmaline. Quelques-unes de ces espèces ont une composition extrêmement différente , et d’autres forment absolument la même combinaison chimique. La topaze , par exemple , est un fluosilicate d’alumine, et l’émeraude est un silicate double de glucine et d’alumine. Le béril , d’un autre côté, n’est pour ainsi dire qu’une variété de couleur de l’émeraude , et la tourmaline est un silicate d’alumine et d’un alkali. Ces espèces composées d’une manière si différente, et réunies , parce qu’elles forment ordinairement des cristaux d’une longueur très-considérabl c , font un groupe naturel , qui , sous le point de vue chimique , est entièrement incohérent. Si , d’un autre côté , nous considérons le groupe du qvartz, nous y trouvons un arrangement qiii satisfait à-la-fois le chimiste et ceux qui veulent envisager la minéralogie sous le point de vue de l’histoire natu-

MINERALOGIQUE. iCh

reîle ordinaire. Mais quelle peut donc être la raison de ce contraste ? On la trouve sans difficulté dans la circonstance que le groupe du schoerl est composé de combinaisons définies et bien distinctes , qui ne peuvent jamais former aucune espèce de transition l’une dans l’autre , tandis que le groupe du quartz ne se constitue que de la même substance , la silice dans un état non combiné , mais dans des états différents d’agrégation , de transparence , de couleur et de mélanges mécaniques accidentels , dans lesquels cependant les caractères de la silice dominent toujours.

On voit clairement par-là que la possibilité d’arranger les minéraux mélangés d’après le principe de l’histoire naturelle organique , a fait naître chez les minéralogistes l’idée de la possibilité d’appliquer cette classification même aux minéraux non mélangés et purs. Nous venons cependant de prouver qu’une pareille classification pour ces derniers n’est point admissible , puisque dans ce cas il faudrait renoncer au principe fondamental, c’est-à-dire au principe chimique , parce que les deux principes ne se laissent point employer en même temps.

Gomme dans le système de Warner, la place que doit occuper chaque espèce minérale , doit être déterminée par quelque analogie dans les caractères extérieurs , il ne peut y avoir aucun,

principe fixe , d’après lequel deux minéralogistes assigneraient la même place dans le système à un minéral nouveau , puisque les caractères qui peuvent donner lieu à un rapprochement sont souvent nombreux , et puisqu’il dépend entièrement des vues individuelles de chaque minéralogiste de déterminer lequel de ces caractères il considère comme ayant le plus d’importance. Pour le moment, il n’y aurait donc* que Wemer luimême qui pût déterminer quelle place doit occuper un minéral dans son système , puisque ce système ne dépend que de sa manière de voir individuelle. Werner n’existant plus, son système sera sans doute changé en autant de systèmes différents, qu’il y a de minéralogistes qui se servent de ses principes et de sa méthode , puisque la plupart de ceux-ci placeront probablement d’une manière différente les minéraux que l’on parviendra à découvrir. Je vais en citer un exemple : La gadolinite fut découverte après que Werner eut formé son système ; on y trouva une nouvelle terre , pour laquelle le système dont il s’agit n’avait point encore un genre particulier. On aurait cru qu’en y ajoutant ce nouveau genre , la gadolinite eût pu être placée parmi les autres minéraux terreux. Mais Werner, qui trouva qu’elle avait de la ressemblance extérieure avec le fer oxidé résinite , la plaça auprès

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de ce dernier, puisqu’on avait trouvé io p. ioo d’oxide de fer dans la gadolinite. Je suis persuadé que si plusieurs autres minéralogistes avaient désigné une place pour la gadolinite dans le système de YYerner en même temps que lui, aucun d'eux n’aurait donné à cette pierre la même place , et cependant on n’aurait point pu dire que l’un eût désigné une place plus juste qu’un autre , puisque le principe qui doit décider ce qui est ici juste ou non manque entièrement.

Un arrangement systématique des minéraux qui dépend uniquement de la manière particulière de voir d’un seul individu, et qui manque de principes fixes et inaltérables , ne peut point être nommé un système scientifique; et je suis persuadé que le système de YYerner , en n’entendant que l’ordre selon lequel, dans la description des minéraux , il les a fait suivre les uns après les autres, est parmi ses travaux celui qui présenté le moins de mérite réel , et qui se conservera le moins.

M. Hausmann a publié il y a quelques années un nouveau système de minéralogie , fondé , de même que celui de YVerner, sur une base chimique , mais dans lequel l’idée que les minéraux peuvent être distribués dans des groupes qui se rapprochent par leurs caractères extérieurs, dé-

termine la place de chaque espèce en particulier, La base du système de Hausmann est parfaitement conséquente , mais nous verrons que le double principe dont il s’est servi pour les détails , ne lui a point fourni un résultat plus satisfaisant que celui de Werner.

Hausmann paraît tenir beaucoup à cet arrangement en général , qu’il considère comme la seule classification fondée dansïa nature. Il s’exprime ainsi à ce sujet : « Un système naturel des corps non organiques doit prendre en considération tout ce qui appartient à leur existence , et doit les placer les uns auprès des autres dans le même ordre que la nature a suivi elle -même.» Ce qui ne peut vouloir dire autre chose que de les ranger dans des groupes d’après leurs ressemblances extérieures, de même que M. Hausmann a tâché de le faire , puisque , dans un autre sens , cette expression présenterait une absurdité.

Yoici l’arrangement systématique géhéral de Hausmann.

PREMIÈRE CLASSE. Corps combustibles.

C’est-à-dire corps oxidables et leur combinaisons entre eux.

Premier ordre. Corps inflammables .

Corps combustibles non métalliques.

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Première sous-division. Simples.

Deuxième sous-division. Combinés entre eux.

Deuxième ordre. Métaux .

Des métaux natifs et leurs alliages.

Troisième ordre. Minéraux.

Des sulfures métalliques.

DEUXIÈME CLASSE. Corps non combustibles.

Des oxides et leurs combinaisons entre eux.

Premier ordre. Oxides.

Des oxides qui sont des bases salifiables.

Première sous-division. Des oxides métalliques.

Les oxides métalliques partie purs et partie combinés entre eux , ou avec des terres ou avec des oxidoïdes.

Deuxième sous-division. Terres.

Premier groupe , simples sans combinaison essentielle avec quelque autre substance.

Deuxieme groupe , composées, c’est-à-dire combinées chimiquement entre elles, ou avec des oxides métalliques , ou avec des oxidoïdes.

Deuxième ordre. Oxidoïdes.

Corps oxidés qui sont ni acides , ni bases sa-

lifiables. (Tels sont, dans l’opinion de M. Haus-

roann , l’air atmosphérique et l’eau. )

Troisième ordre. Acides.

Quatrième ordre. Sels.

Les combinaisons des bases et des acides.

Première sous-division. Sels terreux.

i groupe ; sels à base d’alumine.

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