‹ Nouveau système de minéralogieChapitre 20 sur 50 · E72 NOUVEAU SYSTÈME · texte numérisé non relu

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la composition est inconnue , commet la même espèce d’inconséquence qu’un botaniste qui voudrait de' terminer la place dans le système pour une plante qu’il n’a point encore eu occasion de voir. Dans la substance nommée polytype , qui a pour* ingrédient essentiel du carbonate de chaux, la dixième formation , qui est nommée eisenkalk , contient 97 p. 100 de carbonate de fer, qui, par conséquent, n’y devrait être qu’un ingrédient accidentel. — Parmi les sels on trouve sous le nom d’attramentstein , le sous-sulfate d’oxide de fer ; mais le sous-sulfate d’alumine est placé parmi les combinaisons des terres entre elles ou avec d’autres substances oxidées. Je crois que ces exemples suffiront pour prouver que Hausmann n’a point été plus heureux que Werner dans l’application des deux principes inconciliables sur lesquels il a basé son système.

On trouve en général , tant chez Hausmann que chez Werner, qu’ils ont suivi le principe chimique assez fidèlement dans la distribution des minéraux métalliques et salins , et que ce n’est que dans les classes des pierres proprement dites qu’ils ont laissé leurs deux principes se heurter mutuellement. Je considère cette circonstance comme une preuve qu’ils ont reconnu la nécessité de suivre le principe chimique sans écart par-tout où ce principe a pu être trouvé. Pour

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cette raison on ne trouve point parmi les minéraux métalliques des familles et des sippschaft , comme il s’en rencontre dans les minéraux terreux. On a classé ensemble le pechblende (urane oxidulé ) l’uranglimmer ( oxide d’ urane micacé ) et l’uranocker ( oxide d’urane jaune pulvérulent) malgré la grande différence de leurs caractères extérieurs , et on n’a jamais réuni en une même famille le fer oxidé résinite , le fer chromé, le manganèse phosphaté , F urane oxidulé, l’yttrotantale , le tantalite , le wolfram et d’autres minéraux métalliques qui se ressemblent souvent tellement per leurs caractères extérieurs , qu’on a peine à les distinguer sans l’aide des réagents chimiques. Mais si on reconnaît la préférence des principes chimiques dans une partie du système , on ne saurait la contester pour les autres parties.

Parmi les systèmes minéralogiques de la troisième classe, qui se fondent exclusivement sur le principe chimique , je citerai celui de Karsten et celui de Haüy , qui sont les plus connus.

Le système dé Karsten est partagé en quatre classes principales de même que celui de Werner, savoir : les terres , les sels , les corps combustibles et les métaux.

La classe des terres contient les familles sui vantes : zircone, yttria, silice , alumine, magnésie, chaux , fhontiane et baryte

La seconde classe des sels contient tous les sels solubles dans l’eau, et rangés d’après leurs acides. Les sels terreux insolubles sont placés auprès de leurs bases, et les sels métalliques auprès de leurs métaux.

La troisième classe contient des minéraux combustibles, tant simples que composés.

La quatrième classe comprend tous les minéraux qui contiennent des substances métalliques , excepté des silicates de fer et de manganèse (1).

En jetant un coup-d’œil sur le système de Karsten, après avoir parcouru ceux qui précèdent , on trouve avec satisfaction que la confusion qui s’y était introduite dans l’ordre apparent, commence à se dissiper ; et celui qui considère le système de Karsten sous un point de vue général , prend des idées plus claires et plus correctes sur la nature des productions du

(x) On pourrait reprocher aux minéralogistes qu'ils ont toujours placé des minéraux qui contiennent du fer ou du manganèse, parmi les minéraux terreux, et non pas parmi les substances métalliques , comme on ferait si , au lieu de fer ou de manganèse , ces minéraux contenaient du cérium ou de l’urane. Cependant ce reproche serait précipité, puisqu’il n’y a que les oxides de fer et de manganèse qui donnent les silicates doubles avec les terres 5 d’où il suit qu’on peut tout aussi bien classer leurs silicates auprès de ceux des terres. .

règne minéral, que celles qui résultent par les arrangements de Warner et de Hausmann. Malgré cela , on trouve , même dans le système de Karsten , des inconséquences chimiques qui , à l’époque où ce système fut établi, auraient pu être évitées. Le genre de la silice embrasse presque tous les silicates, sous-divisés d’après leurs bases; mais il ne se trouve aucune raison plausible pourquoi la zircone et la gadolinite n’ont point été classées dans le genre de la silice , tout aussi bien que l’émeraude. Il en est de même du lazulithe , de l’iolithe, de l’andalusite., de la tourmaline, etc., qui sont placés dans le genre de l’alumine , et qui auraient dû être classés dans le genre siliceux, parmi les autres silicates à base d’alumine.

Les silicates ont été la pierre d’achoppement dans tous les systèmes minéralogiques, et même Karsten n’a point pu se tirer de ce sujet sans donner lieu à des critiques fondéés. Le genre de la silice est dans son système sous-divisé de la manière suivante : a), silice et glucine; b), silice avec des mélanges peu considérables ; c) , silice avec eau; d), silice avec alumine et eau ; e), silice avec alumine, chaux, baryte et un alcali; f), silice avec magnésie; g), silice avec chaux; h), silice avec chaux, alumine et gypse. Il est évident que si cet arrangement doit être

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considéré comme étant de quelque importance , les minéraux compris dans chaque sous-division doivent contenir les substances énumérées dans la définition de la sous-division. Cependant Karsten s’est permis parfois de s’en écarter. Ainsi , on trouve la népheline et le bisilicate de manganèse dans la sous-division précitée sous e) , quoique ces minéraux ne contiennent point d’alcali. Cependant de pareils écarts, qui souvent dérivent d’une connaissance imparfaite de la substance que l’on veut placer, ne sont point des inexactitudes appartenant au système , mais plutôt des erreurs partielles contre le principe du système, et se laissent aisément changer, sans que le système lui-même soit par-là changé en rien

En nous dirigeant ensuite vers le système de M. Haüy , la clarté des vues augmenté ; et il faut avouer que ce dernier système , pour le temps où il a été fait, était non- seulement le plus conséquent de tous , mais encore il était aussi parfait qu’on pouvait l’attendre de l’état où nos connaissances étaient à cette époque. Yoici l’exposition générale de ce système :

PREMIÈRE CLASSE : Substances acidifères.

Premier ordre. Substances acidifères libres.

Second ordre . Substances acidifères terreuses.

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Troisième ordre . Substances acidifères alka- Jines.

Quatrième ordre. Substances acidifères alkalino-terreuses.

SECONDE CLASSE : Substances terreuses.

TROISIÈME CLASSE : Substances combustibles non

métalliques.

Premier ordre. Simples.

Second ordre. Composées.

QUATRIÈME CLASSE : Substances métalliques.

Premier ordre. Non oxidables immédiate»

ment.

Second ordre. Oxidables et réductibles immé-

diatement.

Troisième ordre. Oxidables , mais non réduc» tibles immédiatement.

a. Sensiblement ductiles.

b. Non ductiles.

Dans ce système , on trouve tous les sels placés sous leurs bases , qu’ils soient solubles dans l’eau ou non. (Les tunstates font cependant une exception, puisqu’ils sont placés auprès de leur acide. ) La seconde classe, les substances terreuses , contient les silicates à base d’alcalis , de terres et d’oxide de fer. M. Haüy les a mis ensemble, sans aucune prétention de pouvoir leur donner

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