Que, si op étudie à sou tour une
202 • STRCCTÜRE ET DÉVELOPPEMENT
tranche lon{jitudinaIe<l'uQe jeune branche de la qiéoie plante , de manière à pouvoir embrasser, d'un seul re^jard, toute sa superficie, depuis son point d'insertion sur le rameau plus ancien, jusqu'à sa som' mité close et gemmaire , on n'aura devant les yeux que des lignes parallèles au bord , mais l'on s'assurera que toutes ces lignes latérales viennent sc rejoindre aux deux extrémités , encore paralièleiueiU aux deux culs-de-sac qui terminent les deux bouts de la tige. En combinant les résultats de cette dissection en longueur, avec ceux delà dissection en largeur, on est forcé de conclure qu'il y a là emboîtement tout aussi bien en longueur qu'en largeur, emboîtement de cellules également closes de toutes parts,* qu'il y a là , sous tous les rapports , l'analogie la plus complète entre la structure du tronc et celle d'un ovaire un peu compliqué; et, en ramenant le type de l'un et de l'autre de ces organes à la formule élémentaire, c'est-à-dirc par des décroissements théoriques, on transportant toute cette organisation dans le Sein du globule d'oû le tronc émane tout aussi bien que l'ovaire, on réduit cette complication de structure à une simple vésicule, dans le sein de laquelle s'est développée une rangée circulaire d'autres vésicules, douées d'une vitalité indépendante et d'une tendance à croître plus vile en longueur encore qu'en largeur.
879. En variant ensuite les circonstances accessoires de ce type , on arrive à expliquer une à une les diverses configurations qu'offrent les tiges végétales , de même qu'en variant le type du fruit, tel que nous venons de l'expliquer , on arrive à obtenir tbéoriquemcnl la structure de chaque fruit eu particulier, sans être exposé , dans l'un comme dans l'autre cas , à rencontrer une seule anomalie.
876. En effet, de même qu'en admettant une seule loge dans le fruit , on obtient la structare du fruit de la pêche, de la cerise, etc., de même, en n'admettant qn'une senle loge, ou tont au plus trois loges , dans le tronc , on arrive à la structure spongieuse de certaines tiges, telles que les tiges de certaines monocotylédooes
et de certaines plantes aquatiques; et, ea admettant que ces loges circulaires aient une tendance unique , la tendance à croître en longueur , et nullement celle de croître en largeur, on obtient le type de Certaines autres , dont la périphérie est ligneuse et le centre vide ou moelleux, telle que la canne à sucre, la tige articulée de Vjirundo donax y etc.
877. En conséquence , donnez-moi une vésicule animée de la tendance tigeUaire, et dans le sein de laquelle se soient développées trois cellules, trois loges animées de la même tendauce, mais dont U portion (jui est eu coutacl avec la lumière acquière seule de la vigueur , et nous aurons la lige triquêire des Scirpuscl autres plantes monocotylédones. Supposez une vésicule animée de la tendance tigellaîre, dans Ig sein de laquelle sc forme une rangée circulaire de vésicules animées de la même' tendance , mais qui ne se développent qu'à peine dans le sens transversal, et nous aurons la lige des palmiers avec sa Columelle (956) spongieuse, qui, par son accroissement illimité au sein d'une capacité qui ne lui oppose pas le moindre obstacle, acquiert des proportions exagérées, par rapport à la paroi du cylindre
énératetir. Supposez une vésicule animée
e la tendance tigellaire , et dans laquelle se développe une rangée circulaire de vésicules animées de la même tendance, et qui s'accroissent également en largeur et en longueur, la columelle sera peu à peu refoulée par l'accroissement indéfîoî des loges; on aura la tige des dicotylédones ligneuses, celle du pêcher ( pl. 11, fig. 5 )•
878. Qu'on ne le perde pas de vue, dans tout ceci nous n'avons de théorique que tes termes; cl ces analogies ne paraîtront forcées qu'à ceux qui ne s'y seront paspréparés par tes théorèmcsprécédcnts.
Car la concordance est en elle-même d'une admirable justesse , et elle dépasse tout ce que l'on pourrait imaginer de plus ingénieux, si l'on a soin de poursuivre, sur la même plante, l'étude comparative de l'ovaire et du tronc. Soit , en effet , le pêcher dans toute la série de sou développement, par exemple, de la base au som-
DE LA TIGE ET Dü TEONC,
met, il eat ^Ticlent que la diapoaition da eea orgaoea eat eu apiralo par cinq (8ô0). Sa gemmation , aa foliation , aa floraiaon (fig. 8, pl. 11), tout chez lui eat empreint de oe type. Auaai le remarquei-vooa aur la oolumelle, aur la moelle de la tranche; et ai l'on voulait ae donner la peine de compter régolierement lea logea auaqiiellea elle donne naiaaanoe, on arriverait, en tenant compte dea avortcmenta , à retrouver leur nombre multiple dea côtéa du pentagone, contre leaquela ellea a'adoaaont circniairemeut. Le fruit de cet arbre eat, à la vérité, uoilooulaire ; maia lea fruitadeaautreaarbreafriiilierade la même famille, qui toua aont quinqueloculairea, ou aimplea , ou multiplea , iudiqiieiit auffiaamment que l'unilocularité de la pèche n'eat due qu'à un avortement dea quatre aulrea logea.
870. Prenona aobaaard un autre exemple , VEpUobium tetragonum ( pl. 54 , ftg. S et 8) : tout y eat quaternaire, oppoaé, oroiaé (741 ). Dana cette plante, le fruit et la fleur, comme chez toutea lea eapècea de ce genre , lea pétalea , le calice, le nombre dea étaminea, et le atigmate lui-méme (fig. 11), enfin tout eat conforme à la diapoaition indiquée par le théorème. Or , ai l'on obaerve une tranche tranaveraale de la tige (fig. 8), on y retrouve , entre lea diveraea piècea, la même diapoaition conforme à la théorie. La moelle, qui eat l'analogue de la columelle, y eat tétragone, croiaaot l'étui tétragone , qui emboîte la place que devraient occuper lea logea preaaéracirculaire'lnentantourdelamoelle; et ai , entre lea deux cavitéa que l'on aperçoit aur cette moelle, il a'en était formé croiaément deux nuuvellea , on aurait en là l'analogue apparent dea quatre cavitéa du~fruit, dea quatre logea triangulaires; enfin cette moelle alterne avec Ica cdléa de l'écorce , exactement comme la columelle ( ibid. fig. 7 pc ) alterne avec lea cdtéa du véritable fruit.
880. Noua n'entrerons pas dans de plus longues applications ; elles ne manqueront pas à ceux qui, dans le cours de Icnra obiervationa, auront soin de ne pas perdre de vue la théorie.
881. Maia une fols l’analogie de atruo> ture établie entre l’ovaire et le trono, oherchona à évaluer, par l'étude du premier, lea circonstances essentielles que présente le développemennt progressif du second.
889. Si noua ouvrons , à l'époque de la fécondation, l'ovaire de froment(pl. 16, fig. 1 ), on observe , aur aa tranche longitudinale , trois ordres de subatanoes :
1 ° une couche externe, blanche, moelleuse, épalaae (a iig. 9, 5); elle eat féculente, et ae colore fortement en bleu par l'iode ; elle est tapissée , 3° par une couche verte {fi) qui adhère intimement à son tissu; 3° enfin une couche blanche qui remplit toute la cavité (d) et qui, à nette époque, ae colore en jaune par l’iode. Cette dernière eat In périspermo futur, qui adhère par une chalaae à la nervure (ne) dorsale du péricarpe ( fig. 9 ) ; l’embryon (e fig. S) doit ae développer à la pointe mamelonnée, qni la termine inférieurement. Par une coupe transversale , on a sous les yeux une tranche d’une jeune tige dicotylédone, un épiderme , une couche blanche qui embolie un anneau vert , lequel emboîte une moelle centrale. En tenant compte dea ainnositéa de la surface , on a sur cette tranche les mêmes emboîtements qu’oiTre la tige de VEpilobium roseun de la fig. 9, pl. 34, où la couche ci équivaut à l’épiderme de notre ovaire, la couche ab équivaut à la couche féculente ,/gk la couche verte , nid au périsperme futur de l’ovaire de froment.
883. Maiaauasitdtaprèa la fécondation, il commence à s’opérer un refoulement du centre à la circonférence , un déplacement dea organes externes qui aont les plus anciens, par le développement des plus internes, qui senties nouveaux venus.
En effet, peu à peu la couche blanche et externe de l’ovaire (pl. 16 , fig. 9) perd sa fécule, alTaisse son volume, et en même temps le périsperme (fig, 3 a/), qui forme la couche interne , enrichit le sien de fécule , augmente en volume, et refoule en dehors le péricarpe , qni s'épuise à son I profil, comme une mère au profit de son J héritier. A une époque voisine de la matu-
STRUCTORB ET DÉVELOFPEHENX
rité , le péricarpe (pp fig. 4) n’eat déjà plui qu'une écorce double, dont le* deux moitié* *e séparent l’une de l’autre : la blanche , on ectocarpe («) , en laissant, sur la surface de la rerte, ou endocarpe (4) , des trace* d’une ancienne adhérence , comme l’ectocarpe de la pèche en laisse sur son endocarpe osseux ; alors le périsperme {al) a envahi tonte la capacité de l’organe qu’il refoule et qu’il remplace ; car il a i son tour , dans son sein , l’organe qui doit le remplacer, et au pro6t duquel il est destiné à se sacriGer à son tour ; l’embryon (e) . A la maturité complète, le péricarpe avec ses deux couche* n’est plut qu’une vile coquille , qu’une enveloppe vide de sucs , qu’un appareil desséché , à cellules aplaties , et frappé de mort , après avoir fait son temps, organe tout an plus protecteur plutôt qu’organe nourritseur ; il est l’écorce du végétal en miniature , que l’on recueille comme un rebut , i l’instar des écorces de tous les végétaux possibles.
884. Dès que la germination commence la série de ses phénomènes, le périsperme te conduit , à l’égard de l'embryon , de la même manière que l’avait fait le péricarpe é l’égard du périsperme ; et le cotylédon, qui en dévore la substance nutritive k ton profit, qui t’en assimile la fécule, en déplace le tissu et envahit sa capacité ; le périsperme , à son tour , finit par ne plus être qu’une écorce.
885. Mais l’embryon, ainsique nous l’avons prouvé , est organisé sur le type des organes sur les parois desquels il a pria naissance (578) ; il marche et se développe par emboîtements , comme l’ont fait tes deux enveloppes génératrices. Ses racines déplacent et réduisent en lambeaux la radiciilode ( S67 ) , qui tombe et se décompose comme une écorce plongée dans l’eau ; les emboîtements internes de la plumule fendent les emboîtements les plus externes, qui, après s’étre sacrifiés, tous la forme de feuillet , aux développements plot jeunet , tombent à leur tour , et font place aux nouveaux venus.
886. Joignez é ces observations la figure détaillée d'une tranche prise sur le grain joùr de blé , à la hauteur de la plumule.,
et vous aurez en miniature l'image la plu* accomplie d’une tige dicotylédone aveo set cercles concentriques continus , qui représenteront , dans ce cas , le plan des emboîtements indéfinis des feuilles de la plumule. Si la dissection du tronc était aussi facile que celle d’une graine , l’analogie , à laquelle nous amène le raisonnement, revêtirait le* caractères de l’identité.
887. Mais si tout cet organes avaient été appelé* à continuer à la fois leur développement (ce qui est une hypothèse admissible), que la graine des céréales , continuant à recevoir la sève nutritive de l’articulation à laquelle elle est attachée , ne se fût pas brusquement arrêtée dan* ton développement en longueur; que le péricarpe , tout en te dépouillant de sa fécule , se fût prêté à l’extension de tes tissus et eût grandi avec les organes qui le refoulent ; que le périsperme , à son tour, en eût fait autant à l’égard de l’embryon, et les premières couches de l’embryon à l'égard des couches plus internes ; l’embryon n’eût pas perforé le périsperme et le péricarpe ; il eût fait avec eux un tout continu ; il eût continué , tous ses enveloppes, le développement que nous loi voyons poursuivre , une fois débarrassé de ses enveloppes ; l’ovaire te fût peu à peu transformé en articulation tigellaire é l’insu de l’observateur; et, ainsi que noua l’avons dit ailleurs , les stigmates qui, dans ce cas, auraient obéi à l’impulsion de leur support , te seraieut développés en bractées et en feuillet. Or, l’origine des emboîtements que nous venons de reconnaître dans l’ovaire se serait soustraite à l’investigation , dans la tige développée , quoique réellement elle ne toit pas différente.
888. Afin de donner à l’analogie un caractère encore plus grand de généralité , examinons du même point de vue un fruit uniloculaire d’une dicotylédone, les fruits à noyau, par exemple; et, par une coupe transversale prise à la hauteur de l’embryon , nous obtiendrons les mêmes emimitemenls et dans le même ordrequedant l'ovaire du froment; et si ensuite uous
1)E LA TIGE ET DU THOEC
comparoni ce plan géom^tral i ane tranche transversale de tige dicotylédone, nous y trouverons de quoi appliquer les mêmes dénominations : l’ecotice du tronc, représentée par la pellicule, l’ouéier par l'ectocarpe charnu , le ligneux par l'endocarpe osseux ou le noyau , et la moelle par le tissu des cotylédons, on par les emboîtements de la radicule.
889. IL ne nous manquera, pour achever le parallèle, que de retrouver les rayonnements qu'offre nne tranche transversale du tronc. Hais observez que notre fruit est à une seule loge ; si , an contraire , on établit la comparaison, entre un fruit multiloculaire et i loges uniovulaires (les Mauves , par exemple) et le tronc , dès ce moment l'analogie de structure apparaîtra sous l'aspect le pluscomplet; onaura sous les yeux le plan du jenne tronc du pêcher (pl. 11 , fig. 3), avec son écorce , ses loges rayonnantes, les différents ordres de substances de l'ovule , qui se dessinent à la même place dans chaque loge , enfin la coinmelle centrale qui figure la moelle.
890. Les rayonnements , que l’on avait désignés sous le nom de rayons médullaires,sont donc chacun les cloisons communes à deux loges ; donc les ovnies , ai je puis me permettre déj h cette expression , un peu hardie pour l’époque, se développent indéfiniment dans leur intérieur , et de concert avec la loge qui est leur celléle génératrice.
891. Les tiges cylindriques, i emboîtements concentriques, sont les analogues des fruits pluriloculaires k columelle centrale d’un petit diamètre, et à loges rayonnantes. Les tiges aplaties sont les analogues des fruits i deux loges, qui eux-mêmes sont les analogues des feuilles é deux lobe s; Les tiges cylindriques h coinmelle eentnale, occupant presque toute la capacité du cylindre cortical , sont les analogues d’un ovaire à placenta on à columelle plus largement développée que les ovnies et les loges.
[i] Cctl celle portion du tronc qui, dans l'origine de riadnstrie , a Mrvî quelquefois de parcbemin aux
893. Chaque espace intermédiaire entre deux rayons médullaires, sur la tranche transversale d’un tronc, correspond à une loge rayonnante , qui s’étend , sans aucune solution de continuité, du bout inférieur au bout supérieur du cylindre, qui s’est développé sont la forme de tronc.
893. Le développement de ce tronc formé sur le type de l’ovaire étant indéfini, il est évident que toutes les pièces de l’appareil qui le composent participent de cette tendance , et que le tissn central , le cylindre cellulaire, est dans le cas de donner naissance é de nouveaux rayonnements de loges circulaires, qui viendront de la sorte s’emboîter dans le centre des anciens rayonnements, et ainsi de suite k l’infini. Nous noos arrêtons à cette dernière condition de structure , pour passer à l’étude des phénomènes de l’évolution de la tige, et des formations organiques qui en sont le produit.
1“ Formation de l'écorce, du liber, de l'aubier, du bois, de la moelle, dans le tronc,
894. Sur nne tranche transversale d’un tronc grandement développé , on distingue, surtout à l’époque du printemps, cinq zones concentriques , qui paraissent douées d'une structure différente : la moelle, qui en forme le centre ; le bois, zone très-large, très-dure, qui enveloppe immédiatement la moelle ; l'aubier, zone moins large que le bois , mais moins colorée, moins dure, et plus poreuse; le liber [1], troisième zone réduite à l’état d’une pellicule plus ou moins épaisse, à celle d’un feuillet de livre, qui se détache facilement de l'aubier qn’elle enveloppe , et de l'écorce dont elle est enveloppée. L'écorce n’a pas besoin de définition.
895. Comment se forment ces cinq couches concentriques ? que deviennent-elles par le progrès de la végétation ? Ce sont là deux questions qui ont fait naître les
srehives des peuples et aux découvertes des lettres. De là est vau le mot Uber, livre.
ao6 STnUCTÜRE ET DÉTBLOEPEMETÎT
plui )oa(piet , et, par conséquent lea pUia itérilea diaaerlationa , et dont, noua aommca autorisé à le croire , notre méthode , baaée aur l'accord de l'obaerration et de l’analogie , eat destinée à fournir la aolution, sans avoir recoure à un grand effort d’esprit.
896. Noua avona reconnu, dana le tronc le plus compliqué, dans celui qu’on attribue excluaivement aux dicotylédones, lea organes qui entrent dans la composition d’un ovaire pluriloculaire , dans les loges duquel , et , simultanément avec lea logea duquel les ovules vivipares continueraient indéüniment leur développement. Noua avons exposé le mode de développement de l’ovaire de la (leur; contenions-nous d’appliquer succinctement ces principes à l’ovaire vivace, au tronc; et cherchons en même temps à désigner chaque forme nouvelle, qui résultera des progrès de ce développement, par les dénominations qui servent à désigner chaque organe de l’ovaire.
897. Aux premières iofluenT;es du printemps, à l’époque où tout germe dans la nature, le tronc, cette graine gigantesque, germe à ton tour dans de giganlesqnes proportions. La première année , son immense péricarpe (pl. 1 1 , fig. 5 cl), la couche que recouvre l’épideraie , commence à s’épuiser, comme le péricarpe du froment, au profit des nouveaux développements qui se forment dans les couches plus internes; les cellules de son tissu, jusque-là si compacte, s'alfaissent en s'épuisant de leurs sucs , s’aplatissent en s’affaissant; et comme leurs parois sont d’une épaisseur inappréciable, l’épaisseur de l’organe total ne tarde pas à se réduire a celle d’un feuillet membraneux, qui est encore pulpeux , encore organisé, encore imprégné de sucs mucilagineux, enfin ayant l’aspect mucilagineux lui-même. Il est évident que , dans ce retrait général , alors que cliaque cellule du tissu revient sur la celiule voisine, cette couche totale doit se retirer sur elle-même , comme ses cellules , et se détacher spontanément de la couche qu’elle enveloppe , et de celle dont elle est enveloppée , de la même ma-
nière que nous l’avoAs observé snr lacoache externe du péricarpe de l’ovaire du froment (883), Nous aurons alors le liber, couche épuisée sans être décomposée, couche encore organisée , mais non plus organisatrice; qui a fait son temps, et qui se hâte de faire place à d’autres.
Mais ce sacrifice a profité aux organes plus internes ; ce sacrifice est un enfantement. Dans chaque loge de notre tronc, nous devrons donc observer simultanément les mêmes phénomènes que nous avons observés dans la loge unique du froment ; le péricarpe s’étant atrophié en on feuillet sans consistance et sans vitalité, un périsperme a dû prendre sa place , et dans le périsperme un embryon. Le périsperme préexistait, mais il a grossi; l’embryon n’existait pat , il s’est formé et il se développe. Dans chaque loge du troue , il doit exister un refoulement de tubsLaneet dans le sens diamétral ; la couche la plot externe, celle qui succède immédiatémeot au péricarpe , celle qui est enveloppée immédiatement du liber, a épaissi , s’est infiltrée de sucs notrilifs, adilsté sa capacité, a attendri sa dureté, a pris un aspect plut spongieux, en acquérant une structure moins serrée. Or, comme le développement a lieu, avec les mêmes proportions, dans chaque loge du tronc, puisque chaque organe y occupe la même place, y remplit la même capacité , et y siihlllesmêmesiniliiencet, il s’ensuivra que le tronc offriee une couche spongieuse, moins colorée , concentrique et intermédiaire au liber et à la couche compacte interne que l’on désigne sous le nom de boit ; cette couche, c’est VatAitr. L'aubier complet, le cylindre trop tendre que l’on enlève du bois, par l’équarrissage , pour qu% celuixci puisse servir comme bois de charpente, résultera de l’agglutination des aubiers de chaque loge cèle à côte ; la figure 5, pl. 11, dessine déjà les germes de ce développement dans les organes circulalremcnt disposés, qui y sont marqués des lettres ab.
898. Mais en même temps, avorts-ttdul dit, un organe nouveau s’est développé, B la suite de celte germiustion ou fécon-
DE LA TIGE ET DD TRONC. ... * SOT
dation ÎDtMline; un embryon est né dans ch.irjup loge du tronc, mais dans cliaciine à la même place ; et la place de l'embryoD est nécessairement du cdlé du centra d'activité, du côté du tuyau placentaire et médullaire, contre lequel et autour duquel les loges sont toutes adossées. Tous ces embryons formeront donc une rangée circulaire autour de la columelle. Due trancha transversale qui passera par ces organes les offrira comme un nouvel embo'itement, le plus Interne de tous, comme une conebe concentrique à toutes celles du tronc , mais comme une couche plus centrale qu'elles.
809. Or , une rangée d'organes n'a pu épaissir dans l'aubier, une rangée d'organes n'a pu naître dans le ligneux, sans que la capacité du cylindre extérieur ait augmenté, sans que lacouclie externeait été distendue. Lc/iAerrefoulé a dû s'aplatir; et l'épiderme, refoulé parles développements internes, desséché par lesiniluenccs externes, a dû se tirailler, se déchirer,et se dessécher davantage ; il a dû devenir écorce.
900. Ainsi, à cette époque, nous retrouvons, dans le tronc encore jeune, \imoelle, que nous pouvons supposer être restée stationnaire; le ligneux qui a acquis une nouvelle couche plus interne, et qui en ainGItré une plus externe de sucs d'approvisionnement et de nutrition , laquelle, une fois complètement organisée, prend le nom d'aubier. Nous trouvons, dans le péricarpe épuisé, aplati, dâsteiidu, isolé, le liber, qui marche à grands pas vers une dessiccation complète ; et puis l'ccorce, qui n'est plus que le cylindre de rebut, que U dépouille inerte d'un organe qui primitivement était tout, enOn que la peau du kermès, sije puis mcservirdela comparaison, qui actuellement ne sert plus que d'enveloppe protectrice à sa nouvelle génération.
901 . Nous venons de raisonner, en nous contentant de considérer chacun de ces organes comme un organe simple , comme un point indivisible et presque mathématique; cette manière d'envisager le sujet facilite le raisonnement etsimpliGc ladif- Gculté; ce sent les lettres algébriques,
unités apparentes qui représentent des nombres indéfinis. Mais chacun de ces organes est lui-même composé Je couches ' variables en nombre, qui se développent dans son sein, comme lui s'était déve-, , loppé dans le sein d'un autre organe, et qui engendrent à leur tour des tissus de même nature que ceux par qui ils ontétéenge% drés; observes en même temps que les générations ont toujours lieu en nombre multiple ; qu’une unité qui s^sacriGe enfahte pliisd’une unité; ainsi, le périsperme qui succède au test ou au péricarpe, est bien plus volumineux que ces deux organes, èt l'embryon devient indéfiniment bien plus volumineux que la périsperme qu'il déplace et qu'il dévore. Or nous devons raisonuer du tout comme nous avons raisonné de la partie, admettre, dans chacun des organes qui végètent et qui croissent, la même continuation de développements, que nous venons d’admettre dans le sein de l’organe général du tronc. Ainsi , l’aubier de chaque loge du tronc est composé découches qui s'accroissent, le ligneux et la nouvelle couche de ligneux demême, et ces couches s’accroissent progressivement et non en série linéaire.
Toute l’année il y aura accroissement dans l’aubier et dans le ligneux, comme pendant toute la saison t il y a accroissement dans le périsperme et dans l'embryon de certains fruits, et même dans l’ectocarpe, d'abord vert , puis succulent , et dans l’endocarpe, d'abord simple pellicule, puis noyau osseux et ligneux de certains autres. Ne perdons pas de vue que cette série d'évolutionsest une série de générations (583); que les Qénératioos ont lieu dans les couches plus internes. Toute Tannée il s’opérera donc un refoulement inlérietir du centre à la circouférence, un aceroissement régulier en diamètre. En même temps, et par une conséquence nécessaire, toute Tannée les couches externes de Vaubier s’épuiseront , au profit de l’accroissement etdel’aubier, et du ligneux, et de la création de nouveaux embryons ligneux ; toute l’année il se formera, aur la périphérie, une épaisseur plus ou moine appréciable de liber, qui se composera da
Si
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*08 ’ ' • • ' STRUCTÜRE ET DÉVELOPPEMENT
résida de tontes les candies sacrifiées à la nutrition ou au simple développement des couches engendrées au printemps.
90t. Mais au retour du printemps, lors* • que Vaubier, ce périsperme de chaque loge , aura , non plus seulement à nourrir, mais k fournir à la génération des organes plus internes, une plus grande élaboration se manifestera dans ses couches exteroes ; le mucilage, longtemps coagulé dans les cellules de son tissu , en coulera, pour ainsi dire , à plein bord , pour s’élaborer au profit des fécondations nouvelles, et le liber de l’été et le nouveau liber du printemps, se confondant ensemble, marcheront à la fois vers l’épuisement et se refouleront il la fois contre l’étui cortical , chacun dans la direction de la loge à laquelle il appartient, chacun entre les deux parois latérales dont une couche transversale nous offre le plan en tout autant de rayons do grand cercle ; en sorte que ces prétendus rayons médullaires , seuls stables , an milieu de ces révolutions , continueront toujours à aboutir de la moelle i l’écorce , du centre à la circonférence.
905. Or, une fois appliqué contre l’écorce, et une fois soumis aux mêmes agents de dessiccation que l’écorce, le liber se desséchera, et remplacera l’étui cortical , dont les couches les plus externes tomberont , après s’être crevassées, sous reffort de couches qui s’accroissent tous les ans dans sa capacité.
904. Le /fier devient écorce, et ne saurait devenir qu’écorce; Vaubier devient liber, et ne saurait devenir que liber; le ligneux devient aubier, gt ne saurait devenir qu'aubier. Mais le sacrifice de l’aubier et du ligneux ont pour but la formation de nouveaux organes ligneux, de nouveaux embryons ligneux.
905. En conséquence, le tronc s’accroît en longueur et en diamètre, comme les ovaires mûrissent ; mais sa maturation est indéfinie, et elle ne compte souvent que par des mois composés de siècles.
906. La formule de la structure du tronc étant une fois admise comme étant la même que celle de l’ovaire , toutes les
circonstances qui, auparavant, semblaient se ranger dans les anomalies, rentrent, au contraire, dans les cas d’application les plus faciles à comprendre; et la théorie rend dès-lors compte, de la manière la plus satisfaisante , de tous les phénomènes qu’on a remarqués dans l’accroissement des végéta'nx. •
S» Application de la théorie précédente
aux divers phénomènes de l'accroissement du tronc.
907. 1° Les lettres ou antres signes que l’on grave, à la pointe do couteau, sur l’écorce encore tendre, se dilatent et s’écartent peu k peu , en sorte que, au bout de quelques années, chaque entaille forme un creux , à parois ligneuses et à rebords saillants. C’est une conséquence du râle passif que joue l’écorce, étui que le développement du tronc en diamètre distend progressivement , et de manière que , cbex certains arbres , sa substance éclate en crevasses ou se détache par plaques. Un cylindre de caout-chouc , sur la surface duquel on aurait écrit des lettres à la main, offrirait à volonté et instantanément ce phénomène, si l’on se plaisait à le dilater intérieurement.
908. S» Si l’on ouvre l’écorce encore tendre , comme pour préparer la greffe en écusson, en pratiquant une fente en T, qui pénètre jusqu’à la substance qui lui est immédiatementinférieure, qu’on applique sur l’aubier une lame de métal , et qu’on la recouvre des lambeaux de l’écorce; an bout de quelques années , la lame sera mise à nu par le déchet de l’écorce , et elle-même sera rejetée an-dehors comme une écorce de rebut.
Car le développement en largeur ayant lieu du centre à la circonférence , il est évident que la force qui poussera notre lame sera centrifuge ; la lame étant appliquée contré l’aubier, et les couches externes de l’aubier, s’épuisant en liber, et cédant aux nouvelles couches auxquelles leur élaboration a donné naissance , chasseront nécessairement devant elles la lame qui est appliquée sur leur surface.
DE LA TIGE ET DU TRONC. - 2ô9
TappliqtieroDt contre la paroi interne des couches anciennes de Pécorce , la recou< Triroot ensuite de la couche épuisée quVlies apportent à IVcorce ; à une ccr« laine époque , la lame se trouvera cniprîsonnée entre deux couches corticales, et quand l'externe sera complètement tombée en lambeaux , la plaque sera mise «i nu.
009* 3° Si Pentaille faite à Técorce pé^ nètre un peu avant dans la substance de l'aubier, l'empreinte qui en résulte reste permanente ; au lieu d'étre rejetée au-dehors, elle Goitpar être emprisonnée par l'aubier, puis par le ligneux , et on n'en reconnaît l'existence que lorsqu'on a oc> casion de travailler le bois en cet endroit. C'est ainsi qu'on a trouvé , dans le cœur de certains arbres , des lettres gravées, des inscriptions , des signes d'une date trés-anciennc, des pierres, des fruits d'une autre plante, des os, etc., dont personne n'aurait pu d'avance y supposer la présence. Ces faits, d'une réalité incontestable , s'expliquent avec succès par la théorie que nous venons d'exposer. Car le tronc ligneux étant formé par des loges rangées circulairemcnt autour de la moelle, comme les loges du fruit autour delà columclle, il est évident que chaque loge agit avec indépendance et pour son propre compte ; il est évident qu'elle peut être frappée de mort ou de stérilité sans danger pour ses voisines. Mais nous avons TU que l'aubier était le périsperme des créations plus internes (903); or, sans périsperme , tout embryon s'arrête dans son développement, et meurt avant d'avoir vécu (835). Enfîn chaque loge longitudinale du tronc doit être considérée comme une loge d'un fruit pluriovulé, dont les ovules, se pressant les uns contre les autres, finissent par se souder entre eux , à l'instar des cellules dont ils sont les analogues. Et pour bien apprécier la justesse de cette idée , qu'on jette les yeux sur un ÎTWxX.fX'OEnotherabiennis f dont oo aurait enlevé exprès les valves (pl. 35, fig. 7), on y verra que les ovules y sont pressés entre eux, comme nous supposons que le sont les créations embryonnaires cl ligneuses de chaque loge du tronc. Leur PHYSIOLOGIE VCcETAIB.
conGguration dépend du genre de eom<« pression que chacun d'eux éprouve; si elle devenait telle qu'ils restassent agglutinés entre eux, le fruit serait un tronc jeune; par une tranche transversale , oi^ * obtiendrait la confirmation defanalogie, et le test f et le perisperme , et Vembryon ,
Y prendraienltous des dénominations différentes. Mais alors, si, avec la pointe d'une aiguille introduite à travers le péricarpe (fig. 10), on venait à endommager, à ruiner un de ces ovules en particulier, cet accident ne nuirait en rien au développement des autres , qui , au contraire , en s'agrandissant d'autant, ne tarderaient pas à combler plus ou moins complètement la lacune. Lh bien ! appliquons ces idées aux ovules des loges du tronc, et que l'un d'entre eux , par suite d'un accident, ail été altéré dans une portion considérable de sa substance, dans celle dont le sacrifice importait au développement des tissus intérieurs, dans son aubier; le développement s'arrêtera dans ce rayonnement looulairc; l'organe restera stationnaire; mais les loges voisines continuant le leur, et toujours dans la proportion de l'espace qui leur est accordé, leur substance, qui est refoulée en dehors, faute de pouvoir se développer avec la mémo énergie à droite et fk gauche, se refoulera dès ce moment du c3lé de l'organe qui ne croit plus; et les deux loges voisines de la loge endommagée finiront par 1a recouvrir de leur substance, et par venir s'accoler ensemble, et par égale part, sur son dos. Or, c'est ce qu'on observe; car un nouveau rayon médullaire s'observe derrière la lacune , comme si la lacune avait été faite après coup et sur la tranche qu'on observe. Ce que nous disona des deux loges latérales, nous l'entendons encore des deux portions inférieure el supérieure de la même toge, que nous avons assimilées à tout autant d'ovules du même placenta.
910. Qu'à la place d'entaillea on enfonce un clou , une cheville de bois , dans l'aubier, le résultat sera le même.
911. 4° Oo rencontre souvent, dans lesmerraÎDs, des clous ligneux, qui ne
srnrnTBB et péveeoppemket
tictujirnt nullempnt par adbc'reqcc au cylitulre qui le» enveloppe ; ce «ont Je» rameaux l'rappé» Je mort , à une époque plu» QU utoin» avancée Je la végétation Jti tronc, et Joutle point J’inaertiou c»t resté stationnaire, tandis que tout a cru , tout a été reioulé au-Je|iors autour J’eux. Ce phé noinéne rentre Jaii» la catégorie Je» liréccJent». Tout rameau est le Jéveloppcmeitt Je l'un Je ce» germes, que la loge ligueuse renferme Jao» son sein j chacun Je ce» germe» prenJ naissance sur un placenta partiel ou sur la columelle; ai, après avoir pris son essor aU-Jehors , il est frappé J’uue Jésorganisation intcstiue< la mort l'euvaliit Ju sommet à la base, car un mut ne meurt pas partiellement.
Dés ce moment , tout se Jéveloppe autour Je lui, penJant que |ui reste à la même place; mut le Jevancc et l’enveloppe; tout finit par l'emprisonner, une fois que le Jéveloppement général est arrivé à la hauteur Je l’extrémité Je eeltc tige Jessécbéc. Qr, se trouvant Je la sorte à l’abri Ju contact Je l’air, et tenant pourtant, au moins par Jes communications inorganisée», à Je» surface» qui élaborent de diverse» foçon», sa substance ne se décompose pas , mais elle s’Iofiltre ; elle ne se développe pas, mais elle durcit; elle vieillit et se colore en noir, comme tous les tissus qui vieillissent ; c’est un c/ou; en terme» d'élagage c’est un chicot, qii i rompt l'unité du tissu dans tout son trajet, comme le ferait un clou mécanique- 913. 5" Il est des arbres qui continuent à vivre, à pulluler par le haut Je leurs rameaux , quoique rongé» au cœur, soit par la carie, soit par le temps, soit par un accident ; ainsi ce Dragonnier Jes tianarics, Jpnl le tronc est une salle à manger ; ainsi no» saules qui , au premier coup d'œil, semblent n’avoir que l’écorce, et qui ne laissent pas que Je fournir Je beaux produits. Ce phénomène ne doit plus rien offrir d'extraordinaire aux personnes qui se seront pénétrées des principes de la théorie; car le tronc, en perdant une portion de sa capacité, ne perd qu’un certain nombre des loge» dont il, est composé; mais, de même que ehex tous les
fruits, les antres loges restent iotaclee «t fonctionnent sans perturbation; car chaque loge fonctionne pour sa part. De plus, cbei le tronc, les loges qui sont durables et vivipares acquiérent bienlét une existence indépendante les unes des autres ; chacune d’elles est un troue à part qui vit et engendre à part ; ou peut raisonner de sa structure comme de celle du tronc entier ; elles produisent t6t on tard dans leur sein dea loges secondaires , et cellesci des loges tertiaires, comme, dans le principe , elle» étaient loges secondaires de la grande loge du tronc malernel ; de sorte qu'elles pourront perdre une portion de leur substance , en largeur un en longueur, impunément pour les portions qu’elles conservent; de sorte que, creusée à i’inléeicur, crevassée à l'extérieur, cette masse séculaire setnblera ressusciter de ses ruines , en se couvrant Jes ranteaux et du feuillage de ses jeunes ans. be voyageur ne verra qu’une écorce dan» cette charpente; le physiologiste, désormais, y découvrira une série de loges qui ont survécu aux désastres du temps, en acquérant chacune l’indépendance du tronc.
913. 6" On a remarqué sur certain» arbres, et surtout dans les contrées boréales, que la face du tronc qui est exposée au nord prcuJ moins de développcinent que.
celle qui est exposée au midi; que les coivcbea cpqçeniriques, observées sur une tranche transversale , ont moins d’épaisseur, sur la pnrliou exposée au nord, que sur la portion exposée au midi . Ce fait serait peu concevable, si chaque emboilement constituait une unité, un seul et même or-, ganc ; car, o lo faveur des cnmpaunicatioax orgaqiqne», dp l'échange mutuel de» élaborations, de la compensation des (onctions végétale» , l’uniformité de structure serait la résultante de toutes ce» impulsiotisde différenles puissances. En admettant, an contraire, l'indépendance, comme organes, de toutes les loges du mémo tronc, d est évident que les loges , qui seront exposées continuellement à l’innuence directe de» rayons lumineux , prendront un développement plus rapide que celles qui bnguissent à l’iofluençqdu nord ; que.
DE LA TIGE ET Dü TRONC. SU
le* premi2r<‘i joneront, à IVfranl dnaeeeode*, le rile d'un individu véfjétal d'une contrée chaude, jrtar rapport à un individu de même eapéee végétant dans une contrée aeplentrionale ) 1e premier , comme on le aalt , parvient , dan* le même eapace de tempa, à de* dimenaiont multiple* de celle* du aecond.
914. 7< Le* agrioullenr* Ibrestier* déaignent, aon* la nom d’arbre* gili/s, de* tronc* , dont une tranche tranaveraale préaenle çi et lê de* plagne* d’aubier enchiaaée* dan* la aubatance lignenae; phénomène qu’il* déaignent encore aou* le iM>m AtgelùmntMrtlardé». En expliquant la préaenoe dea eorp* étranger* dan* la *nb*tanc* du ligneux , noua avons donné l’explication de la formation de ce* plaque* hétérogène* ; ce sont en erfel de* résultat* de l’influence dn froid , sur le* portion* les plu* délieate* ou le* moins bien exposée* de la périphérie du tronc. Il arrive par U que la portion attaquée est frappé* de mort , comme si son tissu était méoanlquement désorganisé. Cette portion de i’aubler , cette loge du tronc reste donc stationnaire, pendant qo* ses voiainos, é droite , ê gauche , eu bas et en haut, continuent la marche de leur développaaient, et se rapprochent toutes ensemble dan* la lacune où leur congénère fait délàut ; e'eat un nodule de déserganiaalien, qui reals empriaonné dan* une an bslanee éktberaute, et qu'on ne retrouve qu’è une époque où la scie ami* ion l’inloriour dn troue.
915. 8* Ou a observé que la brancheasère d’une racine suit en développcoieot la branche-mère qui part de la portion eorsespondante du tronc. Le rapport de eommnnication ou de sympathie de* deux rameaux, l’un souterrain , l’antre aérien, entre eux, se dessine parl'oia, eu soulevant IVoorce du tronc, comme par on efl'ort muaculaire, depoi* le poiold'interlioti de l’une jnaqu’an point d’insertion del’aulrej et cette saillie musculaire ne s'éoarle point de la direction verliealo , direolion sfB’arfeclent lo* logea qui entrent dan* la structure du tronc. Chacune de ecs loges est une vésicule élaborant sur une vaste
échelle; e’eat une eellnle doublement polarisée , ayant son pèle supérieur et son pèle inférieur qui agissent tons denx avec nne puissance corrélative , qui sgisaent avec la même intensité , en sens contraire. Dès que le pèle supérieur s’anime d’une nouvelle vie , qu’il donne naissance b un rameau aérien, le pèle inférieur s’anime d’une vie «gale , d’une puissance de création égale, d’une direclioncontraire de même énergie, et il donne naissance à un r,imeau souterrain , dont le développement marobe d’une manière parallèle au développesaent du rameau aérien. Par la raison de* contraires , le coup qui frappe l’un se porte sar l'autre] si l’on tranche la racine, on énerve lo rameau eorrespendanl, et vice versa, pourvu que la eommonicalioa de la racine et du rameau ne toit pas sculsmsnt apparente, mai* directe et réelle.
91(1. 9e Les rameaux aérions ne tirent pas leur origine de* eouclics cxlemes du bois, mais leur point de départ sa trouve aux environ* de l'étui médullaire , et leur passage à travers toute* les couches concentriques à la moelle est grandement indiqué par la dilférenoe de structure et d’aspect. Dans tout leur Irqiet, en effet, la concenirioité de* couchea oifre une solution de continuité ; nous en avons déjà donné un exemple (559) par l’anatomie de 1a jeune tige du pécher, prise à U hauteur du bourgeon (pi. 11, fig. 1); le bourgeon (g) y part évidemment de l’étui médullaire (mai).
D’aprèa la théorie, cela devait être ; «ar U formation du bourgeon axillaire «*t oontenaporaiae de la formation de la lige qui le supporte ; que d>t-je? de la créatiua de la glande (540) dont la tigo u'eat eileméute que le développement. Le bourgeon axillaire eat donc une dea création* interne* de la glande devenue t|go ; js’eat un dea premier* ovule* eiterue* de l'une de «e* loge* ) il doit tirer «on origine de la paroi géoéra^rice dea ovule* , de U eo|uroellequi résulte de l’agrégation de* l'q|ne* placcniairc*. Or, le développement ultérieur du tronc en diamètre ne saurait changer après coup ; le point d’ùuorUoo, 14*
5S13 STRUCTURE ET DÉVELOPPEMENT
les pârliei d'ntl m^me tout ne $e déplacent pas en avançant enseoible. Les loges, avec leurs ovules externes, croîtront donc de front avec la portion radiculaire du bourgeon, qui semblera, non pas en être émanée , mais s'y être enfoncée après coup, lorsque, par la dissection, on suivra la marche contraire à celle de la théorie , c'est-à-dire qu'oD procédera, non plus du dedans au dehors , par la pensée, mais du dehors au dedans , par la scie et le scalpel.
917. Quant aux bourgeons adventifs, à ceux qui sont postérieurs et non contemporains à la feuille, ceux qui ne naissent pas dans l'aisselle de la feuille, mais qui percent l'écorce d'un tronc ligneux , sans affecter une place fixe, leur point d'insertion intérieur variera selon la région qu'occupe l'orgaue générateur , selon qu'ils seront une création d'un ovule de troisième , deuxième ou première formation ; mais ils ne présenteront pas d'antre différence, sous le rapport qui nous occupe , avec les bourgeons axillaires et primitifs ; c'est une dilTéreoce de date et de région. Ainsi , les bourgeons ad\>cntfs, qui partent des troncs de saule rongés intérieurement par l'àge , ne sont certainement pas une création de la columelle du tronc.
918. 9* Lorsqu'on enlève toute l'écorce d'un arbre , sans endommager la partie élaborante du tronc, la substance de l'aubier, une nouvelle écorce succède à l'ancienne, mais avec des caractères de verte jeunesse que n'offrait plus celle-ci. Ce fait ne s'explique bien que par la présente théorie, et non par celle qui ferait jouer à l'écorce le rôle d'un organe générateur d'organes de même ordre. En effet, rien ne vient de rien ; si l'écorce seule était capable d'engendrer l'écorce, une fois l'ancienne enlevée , il n'y aurait plus d'espoir d'en voir renaître une nouvelle. £o admettant, au contraire, l'écorce comme un organe qui a fait son temps, comme une enveloppe épuisée , comme la dcpoiiitle d'un tissu plus interne qui a vécu, elle se reformera tant qu'il y aura des tissus qui vivent encore.
En effet, si la décorticâtioTi est faite avec certaines précautions , qu'elle n'intéresse pas les couches qui conservent encore des rapports de communication avec les couches élaborantes, si surtout la portion externe qui continue à s'épuiser au profit des organes internes, si la liber est respecté; les couches les plus externes de l'aubier, se trouvant en contact immédiat avec la lumière et l'atmosphère , élaboreront la matière verte, delà même manière que le faisait, dans le jeune âge , l'écorce enchâssée entre son épiderme et son liber^ Sous cette couche verte , viendront s'appliquer successivement les libers de chaque année, tels que les feuillets d'un livre qui ont été lus ; et lorsque la nouvelle enveloppe corticale aura fait son temps, aura épuisé sa matière verte , qu'elle subira à son tour les effets de l'air qui dévore ce que la lumière avait vivifié ; lorsque sa surface crevassée et desséchée ne sera plus qu'une croûte inerte , au-dessous d'elle se reformera une nouvelle couche verdâtre, par la même succession de procédés ; et , tant que l'arbre n'aura pas été frappé au cœur, il aura toujours par devers lui de quoi refaire sa dépouille au soleil.
919. 10" Âplus forte raison, si, an lieu de la totalité de l'écorce , on se contente d'en enlever un lambeau. Hais , dans ce cas, on observera toujours une différence en tre l'écorce de l'ancienne formation et l'écorce de la nouvelle, entre la cicatrice et l'ancienne peau. Or, si l'écorce se réparait par l'écorce , si le tissu de la nouvelle n'était que la contin uation réparatrice du tissu de l’ancienne, il s'ensuivrait que les traces de la cicatrice s'effaceraient avec la cicatrisation , que la plaie se recouvrirait par le rapprochementprogressifdes lèvres, et non par la formation d'un nouveau tissu. C'est le contraire qui arrive ; on distingue toujours, à quelque époque que ce soit, la substance de nouvelle formation de la substance de formation ancienne ; on peut toujours assigner la place oû l'une finit et celle où l'autre commence, car i'une appartient à des tissus plus anciens que l'autre.
Digitizf
DE LA TIGE BT DU TRONC
920. 1 1 “ Oo a observé qu*en pratiquant une Jigature serrée autour d'une tige li> goeuse à écorce encore herbacée , ii se forme peu à pen, en dessus et en dessous, nn bourrelet circulaire j mais le bourre^ let supérieur est toujours le plus considérable. Ce faitne prouve qu'une seulechosc, c'est que l'accroissement des végétaux ne saurait se passer des produits de l'élaboration des organes supérieurs, des organes herbacés ; or, la ligature rompant en partie la communication immédiate des couches qui lui sont inrérieurcs avec celles qui lui sont supérieures, celles-là ne reçoivent plus qu'indirectement les produits élaborés que celles-ci reçoivent dans toute leur richesse et dans toute leur primeur; l'accroissement de celles-ci doit donc être plus rapide que l'accroissement de celleslà. Cependant les couches inférieures ne laissent pas que de continuer à vivre et à croître, quoique dans de moindres proportions, ce qui n'aurait pas lieu si elles ne recevaient la vie que des couches qui leur sont supérieures. Du reste, le contraire est démontré par la décortication annulaire ; car l'écorce se reforme à la fois sur toute la surface de la plaie, et non pas seulement en avançant de haut en bas.
921. 12« Les écorces n'offrent pastoutes la même structure, de même qu'elles n'élaborent pastoutes les mêmes produits; leur métamorphose ne s'opère pas d'après un plan identique, de même que de leurs cendres ne résultent pas les mêmes sels, de leurs débris ne renaissent pas des végétations de même nature ; les parasites de l'écorce changent avec la nature du végétal, et toutes les écorces ne se réorganisent pasen productionscryptogamiques de même structure. L'écorce du chêne produit \etajij chez le plus grand nombre des espèces; celle du Qoerrursu^er produit le liège,
Qu'esl-ce que le liège t Avant d'en déterminer l'analogie , voyons comment on l'oblientdansles bois des régions roéridionalesde la France.
A l'àgedelOàlSans, on fait la première tire de celle écorce. Celle-ci n'est bonne
qu’à brûler pour faire du noird^Espagne, Sept à huit ans après, on obtient la seconde tire, qui ne sert qu'à faire des bouèesile vaisseaux, ou à toutaulre usage d'une nature aussi grossière. Âu bout do huit autres années, on fait la troisième tire; le produit de celle-ci commence à être de bonne qualité: plus l'arbre vieillit, plus les produits périodiques s'améliorent; un arbre exploité avec cette régularité et avec les précautions convenables, dure jusqu'à cent cinquante ans, et plus. La saison favorable pour enlever celte écorce est celle de la seconde sève, en juillet etaoùt; àcctcffet,on fend l'écorce avec une petite cognée dont le manche se termine en spatule ; on pratique sur la surface du tronc , selon que l'arbre a plus ou moins de circonfcrence, jusqu'à quatre incisions longitudinales, également distantes ; ensuite , avec le dos de la douille, on frappe doucement sur l'écorce , pour l'aiderà se détacher spontanément; et on achève de l'enlever, en introduisant le bout spatule du mauche de la coignée entre l'écorce et le bois. Ou prend garde, dans cette opération , de ne point toucher à la pellicule intérieure, au libers que les habitants du pays ont qualifié du nom *lelard; ce lard est à leurs yeux la couche génératrice du/iVgc, et son altération retarderait la formation d'une nouvelle production.
Le liège est, ou blanc, d'uoe structure molle, etpouraiosi dire cotonneuse (c'est la plus mauvaise qualité), ou jaune, élastique , d'un tissu continu , sans gerçures et sans crevasses (c'est celui de la meilleure qualité). L'arbre qui le produit redoute le froid et la neige; il se plaitdans une atmosphérechaude et humide.
En examinant de plus présetd'une manière comparative la structure de l'écorce de liège , on découvre qu'elle u'a plus aucun rapport d'analogie avec l'écorce normale des autres végétaux; elle u'estpiusun agrégat de feuillets superposés, comme l'écorce du Tilleul, du Mûrier, etc., mais une couche continue, offrant, sur ses tranches transversales, la continuation des rayons médullaires du tronc, ainsi que les traces veineuses des couebes cuncentri-
8t4 STIlOCTüRE Bî
qoM. OeliMMtlVitt r^llpmeht |»« Uhtlébrii.maii une tiouvelli' production; et celte Donvelle production n’est hi liqneuae ni corticale ; elle e«t distincte du bois , elle est distincte de l'écorce , dont les cenct6reseititrieurs se conserrent tout aussi bien chet le Çuercus snber, que chei le iQ/iep- «U ro4»r et autres espèces de ce ;^nre. C'est nue production , si je puis ni'esprimer ainsi ^ snbeorticale , une production née i l'ombre de l’^corce, aux dépens de l’une on de l’antre substanceoii du lignelti) ou de l’écorce qu’elle sépare entre elles ; c’est un enfant de l’ombre humide et de la décomposition , ou plutôt de la transforUMtion du bois; c’est une substance fon- QUense ; c’est un champignon subcortical.
0t9. Et ce genre de production n'est pat le pririlége exclusif d’une seule essence d’arbres ; elle peut naiire sur tous les troncs vieillis ^ sur les rameaux amputés et abandonnée il l’action de l'air et de l'humidité sombre; il n’est pasde morceau du boit qui n’en offre des traces plut on moins avancées, après avoir séjourné quelque temps dans la cave, pourvu qu’il n'ail pas éléécorcéd’avance; ou voit, en effVst, le/anf, Itlit'ge blanc, s’étendre, eu larges plaques, entre l’écorce et le bois, avec loua lea caractères d’une substance de nouvelle création , d'uue production parasite et Ibhgueuse; le ft'é^s est là à ton début ; les besoins domesih|uet ne lui laissent pas le temps de croître et d’achever le cercle de sea analogies ; peut-être aussi lui manque-t-il quelque chose qu’il ne retrouve que sous l’enveloppe d’une écorce rxposée att grand jour. En eifct, lorsque le germe de cette nouvelle production rencontre le concours de ces circonstances favorables ; qne son développement lent et progressif n'éprouve ni interruption ni obstacle , elle hnit par acquérir tous les caractères , sans en excepter un teul , du Mgt qui végète à l’ombre de l’écorce du Qaercus suber.
Or, le concours de ces circonstances favorables au développement fongueux du liège parait se trouver dans le tissu du bois de charpente, recouvert d’une couche de couleur à riiuile, qui forme comme
tôVBLOPEEHENT
une écorce arliflcielle à ce béit éqUerti ; aussi ai-je souvent rencontré ce produi t sur les crevasses accidentelles des barrières qui barrent les allées drs bois des environs de Paris ; le liège s’y étend en plaques de la plut grande pureté, eti coussineït élastiques, jaunes , vtinés des mêmes veines que le boit, mais d’une manière plut eSpa» eée , exhalant la même odeur que le liège, se laissant couper au canif on à l’emportepièce de la même manière que le liège, et ibUrnissaut enfin lea plui beaux bouchoaa que j’aie jamaia vua dans le commerce,
f^ue cea coussineta soient d’origine fongtieiise, l'observitien suivante achèvera de le démontrer,
Snr une berrière peinte en vért qui se trouvait datas l’allée canduiaaat de la grande route de la forêt de Bondy à la petite chapelle de Notre-Uame-dea-Augea, je rencontrai, en I8S3, un de cea larges coussinets, qui , ayant soulevé son écorce artificielle , ae développait horixontalemenl au contact de l’air. J’y retournai l’année suivante, ét je le retrouvai intact | mais sa surface, sur plusieurs points, s’organisait en tubea reproducteurs; elle prenait les caractères des Bolets; les portions borièota taies revêtaient les caractèrea du Boletus favus ; les portions perpendiculnires , celles qui s'attachaient au poteau, revêtaient Ceux de la forme què lea cryplogamiatea out Ci mal à propoa désigitée sous le nom d'jlgarieus labjrnnihiformis; cette forme n’est qu’une simple modification de la première, due à la différence de position qui a ouvert les tubea dans le sens du développement , dans le sens vertical, et en a fait del goutlièrea, d’alvéolca qu’ils étaient. Cea deux formes île Bolets étaient placées à une certaine distance l’une de l’ailtre sur le même coussinet ; mais sur leurs bords respectifs on remarquait de nouveaux plia qui préparaient de nouveaux tubes; en sorte qit'il était aisé de prévoir que, tôt ou tard, la surface entière du coussinet devait êtru envahie, et devait, en se plissant, se couvrir de cavités reproductrices de l'espèce; et, à cette époque, nul cryptogamiste n’aurait iiésilé à la classer dans les foogositéa
DE LA TIGË ET bU TbOEC.
I.’induitHë M UiUse psia ■U lipg* du Çaerdtis taber le leitopa de toule^'er l’ëcorce nalnrelte, peur venie ae Mvler an contact de ratr>
dis. Après tons ces résultats, demander comment il se ftit que le Qitercus suber ail la propriété de produire réfrolièrement la subslaAce cr]rpto)^ffliqne du liégre entre son aubier et Son éCorce ; comment il Se fait qne le germe de Ce parasité se trouve tonjbiirs dans la substance de cet arbre , cVst demander ta solution d'une difRcUlté qui se représente dans l'étude de toute autre production ctq'ptogamiqUe ; c’eSl vouloir remonter i des causes dont In source se soustrait k tons nos moyens d'obaervalion ; ici notre but n'a étéque de constater l'analogie des cfUîts, et cette analogie, nous croyons l'avoir rendue évidente.
9f4. 13* Mous venons de démontrer qu'à la rigueur le liber est dans le cas de produire quelque chose ; mais la faculté reprodnctrice que nous lui avons reconnue est une faculté à rebours de celle qu'oti lui prêtait auparavant; c'est la facnlté reproductrice de la décomposition.
— 14° On est maintenant en état de comprendre commetat les diflérchcrs les plot frappantes dans In structure du trouc des divers Végétaux ne sont que des modifications de développement d'un même type. On voit, an premier coup d'œil , ce qui manqttt è une forme pour devenir l'autre, depnis la hampe spongieuse des monocotylédones aquatiques et attires , telles qne {'ÂUeiM, le Njrmpfuea, le SpàrganiaHi) et'C., jusqu'au tronc si compacte et si serré Jd Chêne. Soit, par exemple, le pétiole de la fouille A'AUsma ptanlagn , dont la atriictore interne est celle îles hampes aquatiques dont nous venons de parler ; la pl. 4, tig, 1 , en oITre la coupe transversale ; oh y remarque une columelle, une moelle (nuf) , d'od partent en rayonnant des loges cellulaires (l, l, i, Ce), qui s'étendent de la base au sommet de l’orgsne, et qui sont vides et remplies d'sir atmoiphérique.ür, si ces ioges ceilnlaires n'avaient pas avorté , que leurs ovales se fussent développés librement et progresaiveaeat, sans rencontrer aucun obstacle,
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la même coupe transversale eût oITcrt un tissu serré, avec les mêmes rayonnements, qu'ici nous reconnaissons comme les parois qui séparent les loges, mais qu'alors on pi)l désignés sous le nnm de rayons médullaires. Maislesparnisdcces larges et longues cellules vides ne sont pas simples dans leur organisation ; elles n'en sont pas réduites k la pellicule membraneuse qui forme la paroi de toute vésicule organisée, pas même à la pellicule double qui résulte de l'agglutination des parois des cellules contiguës. En les examinant à une loupe d'un faible grossissement. On reconnaît qu'elles se composent elles-mêmes d'une conebe de tissu cellulaire de moindre dimension ; qu'elles sont tapissées de cellules secondaires qui se sont arrêtées à ce premier développeirent (pl. 4, lig. 7) : et on prévoit que , si leur développement eût été indéfini , la cavité de chaque loge eût été enfin envahie, et se serait remplie, de la base au sommet, par Un tissu cellulaire de même élaboration que celui de toute la plante, tissu cellulaire lâche et paresseux ; et, dans ce cas, les parois de nos grandes ioges, que nous distiuguuns si bien sur le pétiole spongieux de VAlisma pUntago, réduites à leur substance propre , auraient disparu , pressées sur tous lés points par dé plui visibles organisations; et si quelquea vaisseaux s'étaient formés, de distance en distance, dans leurs interstices, on aurait en sous les yeux la itructnre la plus ordinaire des tiges uonocotylédoneS , c'est-à-dire Une tranche médullaire marquée de points espacés.
— 1,0 pétiole de la fleur de Canna (pl. 4, flg. 3.4,8) oflVe une organisation un peu difl'érente. Les cellules (ce, fig. 3) ne rayonnent pas , mais divergent à droite et à gaoche; elles n'arrivent pas jusqu'au sommet du pétiole, ainsi que le montre leur section longllndiitale (flg. 4) , mais elles s'étendent du centre à la circonférence; chacune d'elles produit dans son sein un rudiment d'une autre •, qui ae détache du l'une des parois, en forme de diaphragme brisé, comme le montre une section longitudinale (lig- 5) plus oblique quo U section longitudinale (Gg. 4). Ces exen-
STRUCTURE ET DÉVELOPPEMENT
pies nonssnfRsent pour établir lê principe ; nous revieudroos plus bas sur les applica* liouis.
3° Revut rapidédes syslhmes aniériturs sur
la structure et le développement du tronc,
925. UBB&. Jusqu'à ÂüansoD, les anatomistes n'ont vu dans le liber que l'assemblage des couches plus intérieures de l'écorce. Celte opinion approchait le plus de la vérité; et si, pour eux, l'écorce nVùt pas été un organe végétant et chargé du soin de sc régénérer par une élaboration qui lui fût propre ; si leur théorie, au lieu de procéder du dehors au dedans, avait suivi la succession des développements du dedans au dehors, elle eut été, sous ce rapport, aussi complète que possible.
926. Malpigbi et Duhamel expliquèrent la formation des couches corticales et celle duligueua,en admellantque,tous les ans, il se forme, entre le bois et l'écorce, une substance organisatrice , analogue à celle des plaies, et que le premier nomma cambium; cette opinion était celle de tous les cultivateurs. Ces auteursavaienl observé ; mais ils n'avaient pas suivi; et ils liaient, par le raisonnement , des circonstances dont l'observation directe ne leur avait pas permis de surprendre la filiation.