‹ Nouveau système de physiologie végétale et de botanique fondé sur les mèthodes d'observation qui ont été développées dans le nouveau système de chimie organiqueChapitre 102 sur 310 · Mais, plus tard, on ne chercha pas · texte numérisé non relu

Mais, plus tard, on ne chercha pas

même à vérifier cette manière de voir, par des expériences nouvelles. L'on écrivit [1] U que le liber est une herbe vivace (nous transcrivons), qui produit, par son développement, les nouvelles racines, les nouvelles branches, les feuilles, les fleurs et les fruits, qui s'endurcit en vieillissant, et qui, au lieu de se détruire, se change en bois, et augmente la masse du corps ligneux Tant que dure 1a végétation , le

cambium suinte entre l'écorce et le corps ligneux, forme de nouvelles lames de liber, lesquelles remplacent celles qui se sont transformées en bois.... Âu temps du repos de la végétation, la partie du liber, la

[i] Élémêntidê phÿtiol. végét. et de bot. i8i5. 1. 1, p. io4 et suiv.

dernière organisée, demeure inactive entre le corps ligneux et les couches corticales...•• I.a force vitale des plantes réside essentiellement dans le liber. Une bouture dépouillée de son liber ne s'enracine point, parce que c'est le liber qui produit- des racines...*. Le liber endurci, de' verdâtre qu'il était, devient blanchâtre, et prend le nom d'aubier.... Lorsque le liber est converti en bois , il cesse de croître et de se développer, n Nous cessons de transcrire; cet extrait donnera une idée suffisante Je ces malheureuses innovations qui ont retardé de vingt ans l'introduction d'une méthode philosophique, en éloignant les bons esprits d'une étude qui, libre de tout contrôle, paraissait se prêter, avec une si désespérante facilité, aux rêveries du premier venu.

928. La seule expérience sur laquelle s'appuyait celle théorie est due à Duhamel , qui , ayant fait passer un Cl de métal à travers le liber et l'aubier, et en ayant renoué les deux bouts par-dessus le liber, s'aperçut, après quelque temps, que Je cercle formé par le fil était logé tout entier dans l'aubier. Mais comment cette expérience prouvait-elle que le liber ne s'était pas oblitéré, alors qu'on le croyait transformé en aubier? On ne s'arrêtait pas à une difficulté semblable, à cette époque.

Or, l'explication de cette expérience rentre dans celle que nous avons donnée, au sujet des corps étrangers que l'on trouve au sein des couches ligneuses (909); et si elle prouvait quelque chose, comme expérience , ce serait contre la théorie de Duhamel ; car , si le liber est générateur de l'aubier, on devra nécessairement remarquer une différence notable entre la portion du nouveau cercle ligneux qui correspond à la ligature, et le reste du cercle qui a pu s élaborer librement. C'est ce qu'on ne s'est nullement donné la peine d'observer.

929. Mais les observations suivantes serviront de réponse péremptoire à toutes les idées de ce genre.

Admettons que ce que Malpigbi et Dubainel ont désigné sous le nom de cambiunif corresponde au liber observe à l'é-

DE LA TIGE BT DD TRONC

poque de son eiistence printanière, il est érident , dès-lors, que le liber est un orgale dégénéré et non un organe générateur ; car le cambium est un tissu organisé , ou plutôt désorganisé , qui suinte par tous les pores , qui se résout sur toutes ses surfaces en mucilage. Or, les organes qui reproduisent leurs tissus , cens qui commencent à se développer, n’ofTrent rien d’analogue ; comme toutes leurs cellules élaborent, que nulle d'entre elles n'est éventrée, elles gardent leurs sucs dans leur sein, et leur surface n'est jamais baveuse j ce dernier caractère est celui de la vieillesse , de la décomposition ou de la désorganisation.

Voit-on l’oraire, l'ovule, l'étamine, suer le mucilage à leur début ? Comme tout est lisse sur leur surface ! comme tout est symétrique dans la configuration de leurs éléments ! La flaccidité et l'aspect mucilagineux du liber annoncent donc'une substance qui se désorganise et qui a fait son temps.

930. L’anatomie achève de le démontrer ; en effet , les Cellules de tout tissu de nouvelle création offrebt , sur la tranche longitudinale et transversale de l'organe, une configuration régulière ; elles se pressent toutes également , et résistent toutes également à la pression , d’où résulte leur forme polyèdre régulière; car toutes jouissent de la même puissance d’élaboration , et sont remplies de la même substance organisatrice. Le cambium , au contraire , dès qu’il se laisse détacher sous la forme de liber, n'offre que des cellules qui tendent à s’aplatir de plus en plus , à s’affaisser en s’épuisant , et à prendre les configuratious des cellules corticales et épidermiques. Le liber est donc , comme l’épiderme , un cylindre qui a fait son temps , et qui est refoulé par les organes plus internet , au développement desquels il a sacrifié sa substance. Pour un esprit observateur , cette réfutation est irréfragable.

Cest ainsi que le périsperme des légumineuses est refoulé par l’embryon , sous la forme d'une pellicule imperceptible , sous la forme d'un liber. C’est ainsi que le test

si épais de la noix, dans le Jeune Jge, est refoulé en une pellicule jaunâtre et veineuse, et que le périsperme , d'abord ai épais , du même fruit, après avoir fait son temps au profit de l’embryon, se' réduit en une pellicule blanche comme la neige, qui va SC joindre à la paroi du test , et semble faire partie de sa substance ; à un âge intermédiaire, ces deux organes sont de vrai ca/nbium.

Partout, en effet, la graine nous démontre le tronc.

931.IIOSLIS. Nous n’en finirions pas, si nous prenions l’engagement de rapporter en détail toutes les opinions qui ont été émises sur la présence ou l’absence , sur la structure et sur le développement de la moelle. Comme les rappoyts des divers organes du tronc ne se liaient point , dans l’esprit des physiologistes , par le fil de l’analogie, les discordances et les difficultés se multipliaient selon qu’on observait cet organe sur telle ou telle plante. Ces difficultés sont toutes susceptibles de recevoir la solution la moins arbitraire, une fois qu’on a obtenu la formule du développement du tronc (540).

933. En effet, de même que tous les fruits n’ont pas une columelle centrale; que la forme de l’organe peut varier en raison du nombre des loges , de l’accroissement et du nombre des ovnies; que cette columelle , chez certaines plantes , perd chaque jour de ses dimensions , à mesure que les ovules qui la refoulent grossissent ; de même que son tissu central est susceptible d'engendrer des vaisseaux longitudinaux , ou d’épuiser d’une manière précoce les sucs de ses cellules; de même la moelle, ce centre d’un organe formé d’emboîtemepts concentriques, ou rangés circulairemênt sur la paroi d’un ettaboitement central qui les engendre, la moelle, disons-nous, peut être centrale ou excentrique, selon que ce centre générateur tubulaire aura produit des loges par tonte sa circonférence, ou par une seule portion plus ou moins étendue de sa surface; elle jouira d’un diamètre plus ou moins grand, selon la nature des végétaux ; elle pourra diminuer chez les uns avec l'âge , et rester

STRÜCTDRE Et DÉVKLOPEEMENT

statiotinaiMchei d'aatret; a'eilt-ichlr d’or*' ganei vaicniaim, ou conacrver >on tisaU cellulaire aant mélange ; coniinupr k vé> géter, ou t'oblilérer et se dessécher sur plaçât selon l’espèce t l'^get l'etposition du végétal. Enfin les caractères de la moelle, simples modiflcatioos du même organe, sont dans le cas de varier, dans les mêmes limites que les caractères de tous les organes des végétaux.

033. Chei certaines graminées, la moelle s'arrête dans son développement, dès le premier âge; et l’entrenoeud est fistüleux (pl. 10, fig. 5) ; chea d'autres , elle continue i végéter , è s’enrichir de rangées circulairesde vaisseaux longitudinaux (pl. 10, fig. i), et la tige de ceux-ci est pleine à tous les êgov lies tiges herbacées ont une moelle plus large que les mémos tiges devenues ligneuses ; les arbrissesux en ont une plus grande que les arbres. Le sureau en possède une très-forte. Le flguier, le noyer en ont une qui se dessèche comme celle du sureau. La moelle du chêne, du poirier, du pommier, du ooisetier, de l'orme , se réduit successivement , refoulée en dedans par les accroissements ligneux, tellementqu’elle disparaît en apparence à la première vue. Uans le bois d’ébène, le gai'ac, le bois de fer, ce cilne central ne se distingue du reste du ligneux que par sa place , et non par sa structure.

Les discussions deviendraient interminables si, à la manière de nos devanciers, on continuait à baser la théorie sur l’une ou l’autre des modifications de cet organe , pour en faire la règle générale , et pour réduire toutes les autres formes au rang des exceptions. C’est par cette méthode que la physiologie végétale s’apprêtait à recevoir autant de lois qu’on rencontrait de formes; car, bien loin de èommencer par voir beaucoup de détails avant de les grouper en une généralité , on se hâtait de généraliser le premier détail que le hasard ofl'rail, de préférence à l’observation.

934. Quels moelle soit spongieuse chel les uns, et pleine chez les autres, ce fait n’a rien de plus étonnant que celui do l'existeuce des grandes loges vides de suc

et remplies d’air , qn« l'un reiiemiliè itnr tant de tiges , tandis que d'autres ont Un tissu si serré. Que la moelle se dessèche dans In coeur même d’iih végétal vivant , cela n’a rien de plus étonnant que eu qui arrive à certains troncs, que le temps range. Jusqu’à ne leur laisser presque que l’écorce, et qui ne s’en couronnent pas moins tous les ans d’une belle végétation.

035. La moelle , dans Ica trobes organisés sur le type d’un ovaire plurilociilaire, est tout dans lo principe : c’est l’orgsnè générateur ; elle finit par n’êlre plus rien dans la suite , quand sa génération ae sufEt à elle-même; quand ses ovules, rangés M développés circulairement autour de son cylindre, te sont changés en graine s douées d’une incessante germination ; quand enfin chacun de ces organes de seconds formation a acquis une vie indépendante, qu’il est devenu un lotit à son tour.

OoB. avDisa. Les principes que nous venons d’établir à l’égard de la moelle, s’appliquent avec la même juatease à la présence et à l'absence , aoi dimensions , à la coloration , et aux autres caractères dilférentiels que peut présenter l’anbicr, selon les espèces chez lesquelles on l’examine. Le péricarpe de la pêche est-il celui de la pomme , le péricarpe de la pomme celui de l’œillet , etc. ? Dé même l'aubier varie par rapport ad ligneux, selon les dinérentes espèces de troncs ligneux. Il est très-distinct dans l’Ébène , le Cbênè , le Pin, etc.; tout est aubier, au contraire, dans le Boulesu, l'Auhe, le Tilleul. Distinguez un bois et un aubier dans l'Ortie, etc. , à une époque plus ou moins avancée.

D-ana le jeune âge , an contraire , et à l’époque où la tige est encore herbacée , on y distingue , comme chez Ica fruits , l’analogue d’un ectocarpe qui doit Jouer le rôle d'aubier , et d’un endocarpe qui doit Jouer celui de ligneux , toutes les fois que la tif;eesl destinée à de plus amples développements. Ainsi, sur la lige herbacée de l'Epilobium roseum (pl. 34, fig. 0), on distinguetrès-bien.au-deSsous de i’écoroe (cV), une couche concentrique blanche («A), etpuis une coiiclic verte plus interne (/g), qui représeoteut , aussi bien qu’on est

OE LA TIGE feT DU TRONC.

en rfrsii de le ddtirer, l’eubier et le boi> , antour de la iar];e monlle oertlrale (mi/). VEpMiim leOrmfialare renferme let mémea organes et dans lea mêmes rappor(t,aTecU aenle modifiealion de la configuration eitérteure.

837. roanATion iHaDBLia des covgbss csEciETEnteaa no bois. Lea premiers obserratcora arsient déjà remarqué qUe le nombtv des codches ligueuses d’un tronc augmente arec l’ige dn régélal ; en sorte que, en disiiant le chilTre de l’ége du végétal par celui dn nombre des couches.ou réciproquement, on devait obtenir le nombre des concbes qui se forment chaque année. Quoique ces observations n'aient pu être faites avec toute la précision désirable , car de simples particuliers nesont pas eppelés à suivre avec précision des observations séculaires , cependant on est resté d’accord sur ce point , que tous les ans il sa forme au moins une nouvelle coutils concentrique ; de manière que le nombre de couches que l’on compte surla loogueordu rayon de la tranche transversale d’un tronc, donnerait eiactement l'âge dn végétal , s’il était facile de les distinguer nettement les Unes des antres. Mais on remarque que l’épaisseur des couches diminue à mesure qu'on se rapproche dn centre, et qu'elle augmente à mesure qu’on s'en éloigne | aussi les distingue-t-on k peine les unes des autres autour de la moelle, ce qui doit nécessairement ne laisser, à ce moyen d’évaluer l’àge d’une plante que la valeur d’une approximation, à partir d'nne certaine distance de la circonférence. Quelques physiologistes ont prétendu, en outre, que, sur certaines plantes, il était possible qu’il se formât deux couches par an, c’est-à-dire autant que de aëves ; et je ne aaehe pas que cette opinion ail jamais été ni établie, ni réfutée par des faila. Le sont de ces expériences auxquelles la vie et la bourse d'un simple parliculier ne sauraient suffire; l’État, ou au moins un corps savant, possesseur d'une fortune considérable, seraient seuls dans le cas de les poursuivre avec nn espoir fondé d'arriver à un résultat ; mais il parait que Ica corps aavauls n’unl pas requ des

fonds pour les consacrer aux progrès des sciences. Quelles découvertes a jamais provoquées la fortune de M. deMonlhyon ?

En sltendant que l'expérience directe nous vienne en aide à cet égard, cherchons à demander â la théorie la valeur de cette indication.

838. On a prétendu que ces conches s’qjoutaient chaque année du dehors au dedans; qu’elles se furmaiciit par juxtapusitioii ; que les ancienues servaient de noyau aux plus modernes , absolument de la même manière que se forment les couches inorganiques des caculs urinaires , ou celles des uodiiles minéralogiques. La nature, qui, de l’avis de tout le monde, ne procède au développement des végétaux et des animaux que par intussusceptiou , aurait ici dévié tout à coup de ce type, pour reprendre celui sur lequel elle moule les minéraux ; elle aurait cessé ii'orga/tiscr le végétal, sursa portion essentielle, dèsqu’il serait arrivé aune certaine dimension; elle se seraitcontenléede \ebudigeonner, qu’on me passe cette expression. Quand on procède â l’étude de la nature par sauts et par bonds, on nst eipusé à lui priHcr une mar« chc aussi peu suivie. Mais il est évident que cette tliéorie, qui, du reste, ne s'appuyait suraucun fait dûment observé, ne saurait désormais être suiitenablcj car on sait que les couches les plus voisines de la circonférence du tronc sont toujours, et sans exception, plus épaisses que les couches plus internes, elquePépaisseur decbacuue d'elles est en raison inverse de la dislanceà laquelle elle se trouve du tube cortical. Or, dans le système que nous réfutons , chacune de ces couches serait formée par la concrétion, si je puis m'exprimer ainsi, d'un mucilage séveux, qu'on a nommé le cambium ; il faudrait donc admettre que ce mucilage aurait d'autant plus de puissance et d'autant plus d'épaisseur, que le trofic serait plus avancé eu âge \ il faudrait admettre , contrairement à ce que nous voyons partout dans le régne organique ^ que les produits de la génération sont en raison directe de la vieillesse, que les organes usés sont les plus vigoureux \ ce qui

implique cootradiclioa d<ui» les termes ,

STRÜCTüaE ET DÉVELOPPEMENT

et ce qui faearte de front tontee no< idées snr Is marche habituelle de Torganisation.

959. Quoiqu'on ait peu approfondi la question , qu'on se soit fort peu appliqué à la retourner sous tout es les faces , il est certain pourtant qu'on n'ira pas jusqu'à nier la régularité qui préside à l'organisation de chacune de ces couches; on admettra que leur tissu est soumis aux mêmes lois qui président à la formation et au développement de tout autre tissu ; on admettra alors que chacune de ces couches a dû commencer par être moindre qu'elle n'est au moment de l'observation , qu'elle a du s'étendre et s'élargir par des acquisitions nouvelles , mais des acquisitions obtenues avec son propre fonds. Or , tout cela exclut l'idée d'une formation pour ainsi dire plastique, d'une application du dehors au dedans; tout cela nous ramène à la formation normale des autres organes ▼égétaiix, qui décrivent tous leur développement dans un sens contraire, qui ont tous commencé parn'êlre presquericn et qui ne sont devenus quelque chose que lentement et progressivement.

940. Si les couches se formaient par la concrétion de ce cambium , qui , d'après les physiologistes, est supposé découler de la cime du tronc vers la base, il arriverait quechaquecouche serait plus épaisse vers le haut du tronc que verslabase , puisqu'à toutes les époques de la végétation les parties supérieures recevraient et s'assimileraient les nouveaux produits, et que les portions inférieures ne recevraient que le superflu de la substance. De cette manière, la forme du tronc devrait être un êône renversé, ^t c'est tout le contraire; car les couches concentriques ont toutes beaucoup plus d'épaisseur vers la base que vers le sommet du tronc.

941. On ne pourrait supposer que ces couches, une fois formées, restent stationnaires; dans le règne organique, le mot stationnaire est synonyme de mort. Une fois formées, chacune d'elles doit continuer à croître, ou bien chacune d'elles doit se dessécher et mourir, ce qu'on n'admettrait pas. Or, alors il faut que

les plus anciennes en formation aoient beaucoup plus épaisses que les plus modernes; ce qui est évident, au moins pour les termes extrêmes, dans leurs rapports entre eux. Mais le contraire arriverait d'après les physiologistes qui admettent le système que nous réfutons, puisque les couches externes qui sont les plus épaisses seraient, d'après eux, les plus modernes.

94s. Au reste, l'observation directe dément formellement toutes ces suppositions. Il suflit d'examiner la formation de ces couches sur une tige ligneuse, pour éloigner, à la fois, et la formation du dehors au dedans, et la formation par couches emboîtées. La flg. 3, pl. 1 1 , qui représente, comme nous l'avons déjà dit ( 878 ) , une tranche transversale d'une tige de pécher, montre asses clairement que, dans le principe , ^e ne sont pas les couches internes qui sont le moins épaisses , et qu'ensuite le tronc ne se forme pas par des couches concentriques, mais par des rangées circulaires d'organes indépendants les uns des autres, comme les loges d'un fruit ; et, dès ce moment, l'accroissement du tronc est susceptible, dans toutes ses circonstances, de l'explication la plus intelligible. Tous les ans, la rangée circulaire des portions externes d'une tige ligneuse se sacrifie au profit du développement d'une nouvelle rangée d'organes, qui sont nés dans la portion la plus interne de chaque loge, et à celui du développement progressi f et proportionnel de toutes les au très rangées intermédiaires ; et le tronc grossit par l'addition d'une nouvelle rangée, et par le grossissement de chaque rangée ea particulier; le tronc ne cesse pas, de celte manière, d'élre un tout, une unité, un organe , qui croît sur le type de tous les autres organes, qui perd au dehors , et répare au centuple ses pertes au dedans.

Qu'il se forme ensuite une ou deux cou* ches par an, selon le nombre de sèves de l'année, ou à l'époque de l'uue seulement des deux sèves, c'est une question secondaire, dont la solution est dans le cas de varier selon l'espèce de végétal, et peut-être même en raison du concours de certaines circonstances. Mais on conçoit, par toute»

DE LA TIGE ET DU TRONC

cet consicléfations , (Jtie le nombre üe< coucbesquel'on peutcompler,sur le rayon d'une tranche li|}neuae, ne saurait donner, dans IVtat actuel de la science, qu'une appréciation approximative de l'âge du végétal, en supposant même qu'on pro* cède à l'observation avec plus de rigueur qu'on n'en apporte en général en pbysiolo* gie végétale ] car dans celte étudeen plein vent, on se contente décomptera l'œil nu, et l'on néglige de toute nécessité, on l'on confond dans une même unité , les couches trop peu épaisses pour être dis^ tinguées à la vue simple.

915. ACCROtSSBMR]IT DD TBOKC B!V DIÀMB* TKX, d'après dkb ADTBt ÈcoLB. Le paragraphe précédent a déjà préparé la voie à la réfutation de ce système. En nous occupant , en effel , d'évaluer les indications tirées du nombre de couches, nous n'avons pu nous dispenser de traiter de leur formation et de leur accroissement.

94L Ce qui a contribué le plus à égarer les physiologistes, sur la question de l'accroissement du tronc en diamètre, c'est qu'ils l'ont toujours envisagé dans l'état de son entier développement, sans remonter plus avant dans l'histoire de sa vie , et sans chercher à expliquer ce qu'il est par ce qu'il fut; aussi , faute de pouvoir embrasser sonoi^anisation d'un seul coup d'œil, ils l'ont morelée pour l'étudier ; l'unité du tronc a disparu à des yeux qui ne s'habituaient qu'à en fixer des fractions ; et quand la théorie a voulu lier après coup ces membres ainsi épars sans ordre, elle est restée impuissante, faute d'analogie; elle est tombée dans l'absurde, faute d'induction.

Peu satisfait delà théorie fondée sur le râle qu'on prêtait au cambium ^ La Hire avait entrepris d'expliquer l'accroissement du tronc en diamètre par une succession de fibres, qui seraient descendues de la base de chaque bourgeon entre l'écorce et le cône ligneux. Chacune de ces fibres aurait fait l'oflice , comme on le voit , d'un coin qui dilate en déplaçant. Ce système n'étail pas fort ingénieux ; car c'était par trop grossièrement mécanique ; aassi ne jouit-il pas d'une grande vogue

du vivant de l'autedr. ün demi-siècle plus tard, Dupetit-Thouars reprit ce système à sa manière , cherchant dans tous les livres , fouillant dans toutes les pépinières, des témoignages et des échantillons, qu'il amenait plus ou moins forcément à l'appui de ce rêve, qui ne l'a quitté qu'au tombeau. D'après lui, de la base de chaque bourgeon , part une radicule qui descend à travers le cambium , comme la racine de la plante entière à travers la terre , et qui, venant à rencontrer les fibres descendues des autres bourgeons inférieurs, s'anastomose avec eux.

Tant que l'auteur ne fut pas de l'Académie , on se contenta de le rendre ridicule; une fois qu'il eut été reçu, on se contenta de se boucher les oreilles , ou de déserter la salle au premier mot qu'il disait de son système ; mais les étrangers s'en étant occupés , eux qui , placés à distance, jugeaient l'opinion de l'auteur indépendamment des habitudes du lecteur, les Français se trouvèrent dans l'impossibilité de garder plus longtemps le silence ; ils commencèrent à le combattre, et ce fut par de fort mauvaises raisons. Après la mort de Dupetit-Thouars , ils paraissent vouloir adopter ce système, parce qu'ils en voient arriver un autre dont l'auteur n'est pas encore mort ; mais l'opinion de La Dire et de Dupetit-Thouars n'a pae plus gagné à être adoptée par l'Académie, qu'elle n'avait perdu à ses attaques; et nous pouvons la réfuter sans lenircompte de ce double élémenlde succès.

945. En admettant que le tronc grossissait par l'arrivée successive des fibres verticales , les deux auteurs s'étaient fort peu occupés de se faire une idée exacte de la structure etdu développement d'une fibre ; autrement ils auraient vu que les fibres se ramifient par des bifurcations, et non par des soudures.

946. Lorsqu'on suit la direction des fibres sur la surface complète d'une coupe longitudinale du tronc , de 1a racine au sommet, on voit que les fibres d'un côté viennent rejoindre les fibres de l'autre côté, et former un cul-de-sac; enfin, qu'elles s'emboilent. Or, si les fibres des-

993 STHÜCTOBE KT DÊVlLOPPEMim'

cfndftient de haut en bas , des bouroeont qui se forment, vers la racine, elles con* tinueraient leur route parallèlement jus> qu'à Pexlrémitè des racines , et elles ne s'écarteraient pas de la rerticale.

047. D'un autre côté, le tronc serait toujours plus épais au sommet qu'à la base, vu que le sommet renfermerait toujours des hbres qui ne seraient pas encore arrt* vées à la base j le trono serait donc tou< jours un cône renversé , ce qui n'arrive jamais.

048. On trouverait sur certaines régions du tronc la terminaison brusque des fibres descendantes, tandis qu'au contraire , toute fibre continue à se' montrer, Qe l'endroit où on l'observe , jusqu'à la naissance de la racine ou du rameau.

040. L'empâtement du bourf’êon sur le tfono maternel démontre jusqu'à l'évîdenoe qu'auoune fibre ne s'en échappe pourdescendre dans le cylindre inférieur. La radiculode du bourgeon caulinaire (pl. 10, fig. 1 r</) reste toujours distincte du tissu auquel elle lient, sur toutes les tranches longitudinales qni intéressent l'iine et Pantre.

050. La greffe , par quelque prooé<lé que ce soit, confirme cette dernière preuve, surtout quant le sujet est d'une autre cou> leur que le rameau grelTé. A la longue , en eflet, le sujet devrait prendre la couleur de la greffe, si les fibres venaient des bourgeons. On a cité fort sérieuse»

meut, en faveur de l'opiniou de Dupetit- Thouars, le résultat de la grelTe suivante, qu'il montrait , dil-on, de son vivant, à ses incrédules visiteurs. C'est use branche de Rohinia pseud<MKacia ^ sur laquelle avait été grelTé un jeune scion dn Robimiahispidu, Le jwyW était mert,ajoutet'Onj mais la greffe ayant continué à végéter, on voyait partir de sa base une sorte d'empâtement formé de fibres trèsdislineles, qui embrassaiest l'extrémité de la branche dans une assea grande étendue, et lui formaient une sorte d'étui.

Celte observation , qui manque de tous les détails desoriplifs capables de nous faire connaître la nature de ces fibres, est un fait oounii depuis des siècles, el que

Thoiitn [1] avait déjà réduit à sa juste tuteur, sons le nom do grtffe~vir^le t e'est une greffe, pour ainsi dire, sur bots mort ; c'est une greffe dans iin vase de terreau naturel , au moyen de laquelle les anciens croyaient pouvoir greffer la vigne sur noyer. Cette greffe ne s'unit jamais an sujet y mais elle y prend racine comme dans un vase , et ce sont ces racines, que Poq désigne sous le nom de fibres , qui s'avancent indéfiniment à travers les tissas morts qu'elles déplacent, mais de haut en bas , sauf tes ohsticles qu'elles rencontrent dans leur tendancespéciale. Les véritables greffes, celles qui rèussisseut, B'offrent jamais rien de semblable.

951. Si l'en voulait demander à Panatomie des preuves en faveur de l'opinion de Dupelit'Thouars , on Ircuverait, en ne se fiant qu'aux apparences , beaucoup plus quM ne voulait établir. On veeraii , à la vérité , une fibre perpendioulaire parlant de la base du bourgeon , et souvent accompagnée de deux ou trois autres partant du môme point ; mais eu même temps, OR découvrirait des fibres asomidantes parlant également de sa base, en sorte que raccroissement en diamètre aurait lieu aillant par des fibres qui monleul que par des fibres qui descendent, et qti'ainsi le trône devrait avoir le même dtamètre audessus comme au-dessous du bourgeon, ce qui n'est pas vrai.

959. Comment concevoir sotte théorie sur les tiges arliciilées fistuleoses , telles que celles des Graminées, de la Vigne, etc.? Chaque entrenœnd est un tronc à pari , qui ne oemmuniqus avec l'eutrenoeud suivant que par un simple contaet des deux diaphragmes. Chacun d'eux ne porte quHin seul bourgeon ; et ccpen«lanl ils ne cessent de se développer en diamètre.

953. Au reste, ou bien chaque bonrgeon ne donnerait naissance qu'à nue seule fibre descendante, ou il en produirait continuellement de mémo nature. Dans le premier cas, toutes les tiges devraient avoir U siruetors des tiges moAocotylé-

DE IA TIGE ET DD TRONC

donn; car le* fibre* parl.int île* bourgeon» etpacé* cuire eux coii»rrveraient enlreelle» île* e»paccaieiits plus uu muin* couiiirrable», mai* toiyonr* facile* à être dùlingué*. pan* le *000011 ca* , on ileTrait aroir un plu* grand nombre de fibre* sou* chaque bourgeon, à mesure que le rameau ta développerait davantage; or l'expérience démontre le contraire. Enfin, une tranche du trône devrait offrir autant de faisceaux de points , autant de tige* partielle* incruatée* dans la tige principale, qu'il y aurait plus haut de bourgeon* développés, ce qui est loin de *e montrer à l'observation directe.

9S1. Cqnme , d'après l'auteur , toute* ce* fibrea radiculaire* viendraient s'anastomoser avec le* fibre* inférieures, il s'ensuit que plu* on descendrait ha* ver* la racine, et moins on trouverait en nombre de* troncs fibreux dans le trono principal ; or, sur toute tige développée de monocotylédoncs, il est facile de s’assurer que les fibres sont en bien plusgrand nombre ver* b base qu'au suinmet.

SéSi. Mou* pourrions énumérer plus de ■pille Uit* qui sont en contradiction avec ce système, établi sur de* dissection* «|ui ne se distinguaient, certes, ni p*r la finesse des procédés, ni par l'esprit d'observation qui le* dirigeait. Nous nous arrèlerofu à culte dernière qui nous parait irréfragable. S| l'accroissement en diamètre n’a lieu que par le* fibre* qui descendent des bourgeons , entre le ligneux et l’écorco, il s'ensuit que, lorsque la lige en est à son premier bourgeon , elle ne doit avoir qu'une fibre , et ni écorce , ni rien qui simule un cône ligneux ; toute tige alors devrait commeitcer par être réduite à un fil enchâssé dans, lutc enveloppe épidermique, Au second bourgeoo, elle devrait offrir deux fibre* dan* son in. térieur ; au troisième , trois ; et elle ne compléterait une apparence de cène interne qu'à l'époque vers laquelle elle se aérait couronnée, à son faite, d'un certain nombre de bourgeons, L'anatomie démontre, jour par jour, l'absurdité de cette supposition.

Ce o'eat pas tout : admettons la forma-

tion d'un corps lignent , préalable h la formation de* bourgeon* ; admettons que son développement ultérieur en diamètre ail lieu par la descente de* fibres geramairea, qui partent de la base des gemme* nouvelles. Ces fibres, d'après l'hypothèse, glissent entre le cône ligneux et l’écorce. Mais alors il devrait s'epsuivre que le cène ligneux ne grossirait jamais ; car la fibre émanée du bourgeon , qui seule , dans ce système, serait capable d'en accroître la substance , en s’ajoutant comme une fraclion de couche à sa surface, en serait écartée bienlèt par l’interposition d'une fibre postérieure en formation , qui refoulerait l’ancienne au-debors, laquelle, de la même manière , ne tarderait pas ensuite à être refoulée elle-même. Eu vérité, ceb «ua l'absurde , par quelque bout qu'on le touche.

US6. Un autre auteur avait renchéri sur celte idée, et avait (ait monter et descendre le système à U fois. D'après lui, raccroissemeot du tronc sa formait par des fibre* parlant de la racine , tout aussi bien que par des fibre* partant de la bas* du bourgeou. On ne s'attendra pat à nous voir réfuter de semblable* idée* , que l’auteur a, du reste, abandonnées depuis.

Ub7. On a modifié l’opinion de Duhamel (9èü) , comme on avait cherché à modifier celle de Uupetit-Tbuuar* ; mais une modification , oo général , est semblable à CCS sortes de rapiécelages, qui ne servent qu'à faire ressortir le* vices et l’insuffisance d'un vieil liabâi, Ou a admis, pour me servir des tenues employés , quelque impropres qu'ils soient à rendre la chose, un accroissement du tronc eu épaisfcur, et un second accroissemeitt eu largeur, deux mots surprix de ne plu* se trouver synonymes.

L’accroissement eu épaisseur lieu par la formation de nouvelles couches entre l’écorce cl l’aubier, ce qui est l’opinion de Duhamel; et l'accroissomcnt en largeur par le développement latéral de ces nouvelles couches, et par la formation de nouveaux faisceaux de fibres qui paraissent là, comme par enchantement, san*

sai . STRÜCTtmE ET DEmOPPElfERT

qu'on voie d'oû ils sortent et où ils aboa> tissent. Mats cet accroissement en lar(*eur doit Mre indéfini ; il ne doit pas s'arrêter d'après les caprices de l'auteur. II suivrait de là que les couches les plus internes étant les plus anciennes , devraient avoir beaucoup plus dVpaisseur que les plus externes , qui sont les plus modernes; et, malheureusement pour d'aussi ingénieuses conceptions, c'est le contraire qu'on observe.

4^ Différences dans la structure du tronc.

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