CHAPITRE IV
mvttvis iT »ts aoüiccoKs , ses gemves , etc.
1044. Â l'aisselle formée par rinserllon du péliole ou de la nervure médiane de la feuille, aur la surface de la tige, se trouve un organe d'abord réduit â la l'urcne d'une protubérance vcrle^ ce point est le buur* geoii qui recèle dans son sein le germe d'une végétation nouvelle} c'est l'espoir précieux de la récolte de l'anuée } le labou* reur, dans certains cas, le couve, pour ainsi dire, de ses voeux, il le ménage, dans tous ses procédés, soit d'ébour> geonnage , soit de taille, comme une perle d'un grand prix , gemma j et le physiolo^ giste, désormais, le désignera sous le nom â^ouaireaxiilaire (576), pour le distinguer de Vovaire JloraL
1045. Toutes les feuilles n'en produis sent pas, ou il n'est pas toujours visible dans toutes lesfeuillesaprès saformation.
On l'a cru latent, dans l'aisselle des feuilles de certaines monocolylédones; dans ce cas il n'est pas formé , ou il avorte; car ces plantes ne sont pas destinées à devenir rameuses.
10-16. La tige, après avoir perdu l'appareil de ses feuilles , n'a pas , pour cela , perdu la faculté de reproduire son espèce. La feuille, qui féconde, ne féconde pas par sa masse , mais par les organes élémentaires qui rentrent dans la structure interne de son tissu. Or, ces organes élémentaires, ces organes fécondants, se reforment également dans le sein du tronc, parallèlement aux organes susceptibles d'ètre fécondés; poursulTire à ce double rôle, il n'est besoin que du même organe Tascuiaire dilTéremment aimanté ; or, les organes vasculaires ne manquent pas, dans le développement indéfini du tronc ; aussi la surface du tronc ne tarde pas h se couvrir de nouvelles gemmes , qui sommcil-
lenf, en attendant la saison favorable, pour donner de nouveaux rameaux. Ce •ont là les bourgeons que Scbabol avait nommés adventifs y à cause de leur positiou indéterminée, et de leur apparition eu apparence accidentelle ; ils ne différent pas autrement des bourgeons axillaires de la même plante.
1047. Dans le principe de leur formation, les gemmes sont des organes clos comme tout autre ovaire, et leur sommet offre une organisation analogue à celle des stigmates des vrais ovaires , organisation dont nous nous occuperons en parlant de ces derniers. C'est sous cette enveloppe, ainsi parfaitement close , qu'il se féconde, qu'il mûrit, et qu'il sommeille, jusqu'au retour de la saison nouvelle , ou de l'occasion favorable ; c'est alors que la déhiscence de sou enveloppe a lieu , que * ce péricarpe ou ce test ouvre ses valves, et que le rameau germe , comme la plumule des graines confiées au Sol ; et l’analogie des deux germinations est frappante cbex certaines plantes. Qu'on se rappelle, en effet, la germination de la graine des Érables (475 ) (pl. 39, fig. 3 ) : on sait que les deux cotylédons s'étalent en ruiliculet herbacés, trinerviés , qui coittiuuent à prendre un certain développement. Du sein de ces deux organes de première formation, s’élèvent deux premières feuilles opposées , qui croisent ( 754 ) les deux cotylédons; puis vienuentdeux nouvelle* feuilles , qui croisent les deux premières , et ainsi de suite, jusqu'à l'inflorescence. Eh bien ! le bourgeon axillaire de cet arbre rejette d’abord de chaque câté son enveloppe lestacée, sons forme de deux valves séclics et non susceptibles d’un développement ultérieur ; ces deux valve.
STRUCTURE ET DÉVELOPPEMENT
croisent la position de la feuille déchne ; et, dans Tordre croisé avec ces deux vaU ves, apparaissent deux follicules, qui, par leur forme et leur mode d’accroisse* ment, et même le nombre et ladisposilion de leurs nervures, représentent, aussi bien qu'on peut le concevoir, les deux cotylédons de la graine. Dans Vj^cer Pensy^U vanicunij immédiatement au-dessus de ces deux follicules, toujours dans le sens croisé, apparaissent les deux premières feuilles de la plumule;ct alors Fanalogie de cette germination est complète. Chez d'autres espèces, le nombre des paires de follicules est plus grand, mais ce sont alors des passages du follicule à la forme de feuille, dont nous avons expliqué le mécanisme plus haut (1035); ainsi, dans Vjiccr rtdfrunij\f: bourgeon à fleur, ramassé en une petite tète, se compose de cinq paires de follicules courts, la dernière paire ayant un rudiment de feuilles de trois à cinq lobes ; du sein de cette corolle, pour ainsi dire crucifère, surgit la petite plumule de deux feuilles parfaites , et, plus haut , un rameau de trois petites fleurs rouges à très-court pétiole.
Dans VÂcer neapolitanum j on trouve jusqu'à quatorze paires de follicules, dont les dix à onze inférieures sèches et stationnaires, et les autres devenant herbacées , longues , et se munissant d'un rudiment de limbe»
Dans VAcer platanoïdes , les paires de follicules opposés-croisés s'arrêtent à six, qui s'épanouissent en se réfléchissant , comme les pétales d'une corolle herbacée.
1048. La gemmation des Ilippocaslanes germe de la même manière que celle des Erables. VÆsculus oïotensis offre un croisement de neuf paires de follicules opposés; VÆsculus macrostachy a en a six paires, dont les deux dernières offrent, au sommet de leurs follicules biGdes, un
[t] Lcii folliculet avec ruüimcDt de limbe* repréîenUnt rorgaiii»alion de* feuilic» stipulées dcj autres (*enres; car le liatbc est inséré sur la nervure D.cdiane qui joue te r6!o de pélielc, et qui parait
rudiment de feuilles palmées, à sept folioles quelquefois.
1049. Les bourgeons des Frênes sont à quatre valves croisées, et ils germent sur le même type que ceux de l'Érable ou de l'ilippocastane. Chez le Fraxinus ex~ celsior verntcosa , les deux premiers follicules sont d'un vert noirâtre , valvaires et stationnaires; les deux seconds sont verts, moins foncés, et s'allongent à l'instar desfeuilles ; la troisième paire acquiert un rudiment de limbe. Chez le Fraxinus pendulaf ou Frêne pleureur, dont tous les rameaux à articulations distantes descendent presque verticalement vers 1a terre , le bourgeon s'épanouit par quatre valves opposées-croisées , d'un vert noirâtre, stationnaires, carénées, en sorte que, dans le principe , le bourgeon a l'air d’un fruit ou d'une graine télrangulaire ; de même, chez le Fraxinus ornas, mais d'une manière moins prononcée [1].
1050. On voit que, chez ces plantes , la gemmation , par ses premiers développements, indique déjà la disposition des feuilles , qui est exactement opposéccroisée, et cet accord se dément peu sur les autres espèces de plantes ; de telle manière qu'en étudiant la conformation extérieure de certains bourgeons à demi germes, on peut, sans crainte de trop se tromper, caractériser d'avance la disposition des feuilles autour de ta tige future. Ainsi, chex les Amentacées, où 1a foliation est en spirale , en général , par cinq, les bourgeons que l'on observe avant leur épanouissement présentent tous une imbrication en spirale de follicules desséchés, résineux, par leur sommet qui est exposé à l'air, et verts sur toute 1a portion recouverte par les follicules inférieurs; la portion supérieure ne se développe jamais , et elle reste comme un onglet inerte au sommet de l'autre , qui souvent continue k végéter. C'est ce que l'on observe
ainii , accempa^oé de» deux »üpulet , de la hase ae sommet, où elle* se séparent en deux oreillelle*. l.c* rcuilles supérieures sont dépourvue* de tlipuiet the* ce» {jenres.
tri(-bien snr le Betula natta ; >on bourgeon ofTre quatre rollicniet, dont 1a disposition en spiraleest faible; pois viennentles deux grandes slipiilesde la première feuille, qui en recouvrent le dos comme deux larges et longues ailes. Chex le Populos (pl. 13, fig. 1), les premiers follicules, qui s’élèrent au nombre de quatre (1, 3,3, 4), sontpresqne alternes ; mais, avec on peu plus d'attention , on s'aperçoit de leur direction vers la spirale,qoi est celle des follicules du chaton (6g. 4, 6), dans l'aisselle desquels se trouvent les cupules staminifères (fig. 3, 3, 7). Chex le Salix (pl. 14, 6g. 1), la spiralité de la gemmation (g) se dessine d'une manière plus distincte. Chex Vj4lnus com^ munis, le bourgeon s'épanouit par trois follicules rélléchis , jaunes sur tonte leur surface interne et supérieure; ce qui donne à la gemmation l'aspect d'une corolle tripétale ; et la foliation est rangée en spirale par trois. Chex les Chênes , le bourgeon est un prisme à cinq pans et à cinq angles; les follicules scarieux , qui semblent s'imbriquer , comme cinq rangées longitudinales de faîtières, sont rangés en spirale par cinq , et , dans le Quercus robur et Virgylops , leur nombre s'élève jusqu'à trente ; chex tons la foliation a lieu par rosaces de cinq. Chex certains Conifères, les premiers bourgeons qui paraissent au sommet des rameaux , seraient pris , au premier coup d'oeil, pour de jeunes cènes fructifères des mêmes plantes; ce sont les premières pousses recouvertes de leurs écailles scarienses , rangées en spirales. Dans l'aisselle de chacune de ces écailles se trouve un bourgeon de feuilles , ce qui n'a pas lien dans les follicules des bourgeons que noos venons de mentionner.
1051. La botanique descriptive n'a, jusqu'à ce jour, attaché aucune importance aux caractères de la cicatricule, et de l'organisation du bourgeon ; les auteurs n'ont presque jamais eu soin de les analyser, ni sur leurs planches, ni dans l'histoire de la plante. Linné avait cru devoir donner des noms à la condnpiication des feuilles dans le sein du bourgeon (pl. 0, 6g. 1-15); et ce caractère , à peine spéciûque, mais qui ne laisse pas que d'offrir nne certaine va-
OES GEMMES, ETC. âSÎ
leur, est à peine relaté dans nos catalogues ; c'est une étude à reprendre; c'est un nouveau signe qui peut servir à indiquer ou à compléter le type spiro-vésiculaire de la plante. Le bourgeon c'est la plante qui commence, comme l'ovaire est la plante qui 6oit ; deux extrêmes du grand cercle de la végétation qui se rapprochent et s'identifient ; car la gemmation et la floraison résument également le type de l'espèce, et s'expliquent l'une par l'autre.
1053. Il est des plantes chex lesquelles le bourgeon axillaire ne se réveille qu'au printemps de l'année suivante ; leur coque péricarpienne reste jusqu'alors indéhiscente. Il en est d'autres chex lesquelles le bourgeon exécute , dès la première année , un commencement de germination. En effet, tant que la feuille , dans l'aisselle de laquelle le bourgeon est placé , poursuit la série de ses fonctions , le bourgeon axillaire paraît à peine gagner en grosseur; c'est une protubérance verte, lisse, indéhiscente. Mais, vers le mois d'août et de septembre, tantôt plus tôt, tantôt plus tard , selon la température et l'état de l'atmosphère , la feuille , ayant achevé le cercle de ses fonctions, tombe ou perd ses communications avec la surface à laquelle elle tient, et alors le bourgeon acquiert une vie indépendante; il reçoit sa nutrition d'ailleurs; il se trouve en rapport direct avec des organes d'une élaboration nouvelle ; ainsi ne tarde-t-on pas à le voir rompre son enveloppe en deux valves , qu'il rejette sur les côtés , et la germination commence. L'arbre se couvrirait de nouvelles feuilles, si les circonstances météorologiques ramenaient sur l'horizon , ou sur la localité , les conditions d'un nouveau printemps ; mais comme l'automne suit de près cette révolution organique, le bourgeon est surpris dès son début par un nouveau sommeil ; et sous l'égide de ses premiers follicules , en général résineux et qui se durcissent sans se décomposer à l'air, il est en état de traverser, sans accident , la saison défavorable , pour se réveiller aux premiers rayonsdu printemps, et continuer un développement qui s'était montré trop précoce.