‹ Nouveau système de physiologie végétale et de botanique fondé sur les mèthodes d'observation qui ont été développées dans le nouveau système de chimie organiqueChapitre 116 sur 310 · STRUCTURE ET · texte numérisé non relu

STRUCTURE ET

peut mcllre au jour une radicelle (342). Unis dans révaluation de ces rapports , il faut ne tenir compte que de Porganisation vasculaire de rovaire, et non pas seu> lement du nombre des lo^es, qui varie , sur le même individu, par le défaut de développement d'un plus ou moins grand nombre. Ainsi l'ovaire du Slatice armeria (pl. 50 , 6g. 2) n'a qu'une seule loge , et il est surmonté de cinq styles égaux entre eux, terminés par un long cylindre stigmatique : mais aussi on remarque, sur la circonférence de l’ovaire fig, 9)

cinq côtes saillantes, parce qu'elles sont vasculaires ; or, tout vaisseau peut deve* Xi\T placenta , et transformer une des ce]. Iules contiguës en une loge ; et ce sont les cinq vaisseaux qui donnent naissance aux cinqslyles.Cbez les Bégonia (pl. 54, fig. 1 5 16 et 17), la fleur qui est siipôre est en spirale ; mais les stigmates bilobés sessiles (fig. 16) sont au nombre de trois, comme les côtes et les loges de l'ovaire. Sur les plantes à ovaire multiloculaire , et à stigmate en apptirencG unique , avec un peu plus d'attention, on reconnaîtra cette concordance d'organisation, en examinant l'organe de champ, ou en étudiant l'organisation vasculaire du style sur des tranches transversales j et les exceptions, de celte manière , seront bien moins nombreuses qu'elles ne le paraissent, quand on s'arrête aux développements extérieurs.

1095. La concordance entre la structure de l'ovaire et celle du stigmate de rOraoger se montre sous des traits piquants : Tovairc est une boule obscurément pentagone, surmontée d'un style cylindrique qui se termine par une boule d'un diamètre un peu moindre, mais également à cinq côtes peu prononcées ; la tranche transversale de l'ovaire, prise à la base de l'organe, présente l'empreinte de cinq loges espacées et rayonnantes autour de la columelle J une tranche prise plus haut présente l'empreinte d'un nouveau verlicillc de loges alternant avec le verlicille inférieur. Or, les tranches transversales du stigmate pourraitmt être prises pour des tranches de l'ovaire jeune j elles offrent les mcities empreintes locn- ,

DÉVELOPPEMENT

< laires , et avec une telle ressemblance dans

I la forme et dans la disposition , que , si on

; ne les observait pas séparément , on les confondrait avec les tranches de l'ovaire; l'ovaire et le stigmate, par leur organisation intérieure et extérieure, jouent le rôle de deux jeunes fruits qui communiqueraient entre eux par une tige, ce sont deux articulations séparées par un entrenœud.

1096. En combinant par la pensée le nombre des styles et des stigmates avec les côtes, les angles, les vaisseaux du péricarpe , ou la forme de la columelle, on arrive à reconnaître le type primitif de l'ovaire, en dépit des avortements variables de ses loges. Mais aucun de ces caractères , isolément pris , ne saurait donner une indication sûre, puisqu'ils sont tous dans le cas de faillir et de s'arrêter dès les premiers pas de leur développement.

1097. On a encore un moyen assez positif de reconnaître à quel type de la théorie doit être rapportée la structure des pièces d'un verlicille , et surtout celle <ie l'ovaire ; c’est de tenir compte de l'égalité et de l'inégalité des pièces , de la symétrie ou de la non-symétrie de leur disposition. Supposons, en efTet , un ovaire organisé sur le type binaire (741), et qui ait une tendance à produire deux paires de loges au lieu d'un seule paire; la paire supérieure, si elle atteint son développement complet , ajoutera un caractère de plus à la disposition typique des pièces. Que si elle est animée d'une tendance moins puissante que la paire taférieure, que la marche de son développement vienne à se ralentir et à s'arrêter tout â coup à la formation de l'une des deux pièces, l'ovaire, au lieu de quatre loges, n'en offrira que trois, et semblera se ranger ainsi dans le type ternaire (746) ; mais il sera facile de reconnaître le caractère primitif, à travers les formes de ce caractère accidentel, à la disposition de la pièce impaire et à sa position. En erfet , lorsque l'ovaire est organisé d'après la formule de trois paires de spires (746) , iion-soulement chacune des loges ou capsules (103) alTccle les mèoics diuiousîons,

Dii;i : ^

maU encore sa lj(pie dorsale est à une anssî grande distance de ses deux voisines que celles-ci entre elles; Povaire forme un trigone régulier ; Pariîte dorsale, soit visible soit imaginaire, des trois capsules, forme les trois angles également distants les uns des autres ; tel est le fruit des Rhamnées, des Euphorbes, etc. Lorsqu'au contraire l'oraire est organisé sur le type binaire (74t), mais que la pièce supérieure manque, par suite d'un accident, on remarque deux loges égales placées en face l'une de l'autre sur la ligne diamétrale, et puis une troisième plus grêle placée entre les deux, perpendiculairement à la ligne qui les traverse, en sorte qu'en continuant le rayon sur lequel s'étend cette troisième jusqu'à la portion opposée du cercle dans lequel s'inscrit l'ovaire, on trace un nouveau diamètre qui coupe à angle droit le diamètre qui passe par les deux plus grandes loges ; il est évident alors que la petite est une pièce d'une paire incomplète, et que l'ovaire, quoiqu'à trois loges réelles, est pourtant organisé sur le type binaire (741 ). Tel est l'ovaire très-jeune de VÆsculus hippocastanum , dont la tranche transversale forme un triangle inscrit dans la moitié d'un cercle.

1098. Le nombre des stigmates et des styles ne s'établit pas seulement en les comptant, mais surtout en les disséquant. Dans le principe de leur formaliou , les atyles les plus compliqués sont simples; les stigmates JoS plus nombreux sont réduits à une tête papillaire ; on les voit plus tard faire autant de saillies qu'ils formeront d'organes, et chaque saillie se couvrir ensuite de papilles à leur tour [1] ; alors ou les compte distinctement. Mais il arrive aussi que ces organes, au lieu de faire saillie au-debors, coDlinueut leur développement sous U même enveloppe épidermi-

FLORAÜX^ ETC. 269

que, ou s'arrêtent à leur premier développement , pendant que le style continue le sien ; dans ce cas, rien au-debors n'indique leur nombre, mais souvent tout l'indique au-dedans par le nombre des empreintes vasculaires, et même par les cannelures du style. Ainsi dans le Tabernœmontanaf dont le fruit jouit de la même structure que celui de V Asclépios frutescens (pl. 43, fjg. 4), le stigmate affecte la forme d'une rondelle, entourée d'une cannelure à sa base, et aplatie par sa portion supérieure, mais, sur celle portion, on remarque deux croissants opposés [2] par leur ouverture, qui eorreapondeotaux deux vaisseaux du style bicannelé, et aux deux loges d'où émanent cesdeux moitiés du style. Les tranches transversales du stigmate volumineux et quinquangulaire de la Pervenche offrent la même ligure, c'est-à-dire deux croissants séparés par un point, en sorte qu'ici, en dépilde la forme extérieure, l'anatomie révèle la concordance de la structure du stigmate et la formule de la structure du fruit.

1009. De même que l'ovaire, d'abord glande vésiculeuse, peut diviser sa capacité en plusieurs compartiments loculaires, par le développement des cellules de scs parois, de même chaque loge , glande vésiculaire à son tour, peut subdiviser sa capacité par des compartiments secondaires, ceux-ci même par des compartiments tertiaires , et ainsi de suite jusqu'à celui qui ne transformera ses cellules qu'en ovules. Dans ce cas , ce n'est pas au nombre des loges qu'il faut s'attacher , j)our reconnaître le type de la stroclure de l'ovaire; mais il faut remonter, à travers ces multiplications d'orgaues, jusqu'à la division générale et primitive, cl ramener ’ l'ovaire multiple à la forme d'un ovaire simple, c'est-à-dire ne possédant que des loges secondaires. On parvient à ce ré-

(i] Le pistil du ChêtidoniMM majuê (pl. 33), avant d'arriver à la forme (6(;. 3, 4) *ur laquelle lee sli^males se dislingueal si bien, a passe d'abord par celle de la fig. i. qui est la forme rudimeotatre , puis par celle de la fig. y, sur laquelle le aigma Ce est k poioe indiqué , puis par celle de la fig. 3. ftur laquçlle les stigmates se dessineot à peine.

comme le mutêau de tanehê de la matrice humaine.

[i] Lorsqu'on pratique une tranche transversale au-dessous du fruit de X Apoeynum ( pt 4^* ^(7 *0 dont toutes les enveloppes sont quinaires, on retrouve les deux mêmes croissants, qui indiquent d'avance la structure binaire du fruit de ce genre d'Asclépiadées. *

STRUCTURE Et DÉVELOPPEMENT

suUat , en combinant le nombre des style* ou des sti(*mates avec les images des tranches transversales du fruit, et avec celles de sa périphérie. Par exemple, la structure du fruit des Malvacées est d'après le type quinaire (751); primitiveUient il est à cinq loges, ainsi que l'indique la disposition des enveloppes florales, et surtout le nombre des styles qui, en général, est de cinq ou multiple de cinq = 15,S0, etc. (pl. 45, flg. 8). Cependant on trouve des genres chez lesquels les loges uniovulées sont en nombre indéflni, rangées sur dix rangs , lorsqu'on les compte sur une tranche transversale (pl. 44, fig. 13); mais èn examinant la surface de ces sortes de fruits, on s'assure qu'ils sont formés par cinq lobes principaux, qui ont donné naissance chacun h deux rangs longitudinaux de loges tertiaires. Chez d'autres qui ont dix loges , on reconnaît que celles-ci sont rangées deux par deux ; chez d'autres, enfin , dont la columélle est entourée d'un tifrban de loges uniovulées, en nombre variable , mais supérieur à dix, on reconnaît encore , à la forme pentagone de la tranche du fruit , que le nombre des loges est multiple de cinq, même alors que l'ovaire déborde à Son sommet les loges , et les recouvre d'un écusson placentiforme, tel que chez le Lavatera Iri^ mestris (pl. 44, fig, 13).

1100. £n continuant à combiner entre elles les diverses données de la théorie spiro-vésiculaire (793) , on arrivera à déterminer la formule des ovaires, dont 1a structure parak contredire la disposition des styles ou des stigmates. Ainsi il est des ovaires uniloculaires, tiniovulés et indéhiscents, et pourtant dont les stigmates sont au nombre de trois; mais ces ovaires sont trigones, et chacun de leurs angles est un organe vasculaire; primitivement de tels ovaires ont été formés d'après la formule de trois paires despires (746); tel est Tovaire des Poljrgonunif observé à un certain âge. Il en est d'autres unilocotaires, pliirioviilés et déhiscents ; chez ceuxlà, la déhiscence indique le type de la siructare , et fanatomie élémentaire confirme celte indication. Soit, par exemple,

le fruit du Claytonia eubensis, espèce dé Parcnjrchiée (pl. 34, fig. 1-10) , à trois graines noires, chagrinées, et insérées par un funicule très-court à II base de la loge ; cet ovaire est surmonté , avant sa déhiscence , de trois jolis stigmates à papilles cylindriqnes éparses (114, 9^), qui semblent désigner trois loges ; et pourtant, à la maturité, on n'en observe qu'une seiile dans le fruit; mais, avant sa déhiscence, ce fruit est trigone, et a trois angles vasculaires ; mais sa déhiscence, qui est apiculaire, se fait en trois valves, et chacune des trois graines est appliquée , par le cèté , contre Tune des valves ; mais longtemps avant la fécondation, l'ovatre, observé à une assez forte loupe, ofTre trois capsules, et, par conséqnent, trois loges; car si, alors, l'ovaire était uniloculaire, les trois ovules se presseraient entre eux , et ne soulèveraient pas la portion correspondante du péricarpe; l'ovaire seraitarrondi.

1101. £es Dtantbées possèdent no placenta coltimellaire (110), et sont cependant regardées comme uniloculaires, organisation contradictoire avec tout ce que la théorie et l'observation directe nous montrent dans les végétaux. Mais l'ovaire est surmonté de styles au nombre de cinq ou de dix ; mais la déhiscence du péricarpe a lieu par le sommet en cinq ou dix valves; mais les valves ne se séparent que par la fissilité de leurs sutures vasculaires; mais le vaisseau de la suture, dans tous les autres fruits , se réunit tonjonrs à celai de la columelle qui passe dans le style; mais, par une tranche transversale , on reconnaît que la columelle des diaotbées est à cinq ou dix angles, c'està-dire que la columelle se compose de cinq on dix placentas, et supporte omq oo dix rangées longitudinales d'ovnies ; or, toutes ces circonstances, combinées pur la théorie, établissent avec certitude que primitivement l'ovaire des Dianthées est pluriloculaire, à cinq ou dix loges , dtMit les cloisons ont disparu par le progrès de la végétation, soit en se déchirant, soit en se dissolvant. Supprimez les cloisons de l'ovaire de VHibiscus (pl. 45, fig. 7), e| vous aurez le fruit des Diantbées»

1109- L’rlnde de l’ovaire ne doit jamaia être séparée de celle du fruit (08) , ai l’on veut obtenir une Idée exacte de la alrnctnre de cet organe et en découvrir la for- Diule; lea dimenaiona du fruit rendent qnelquefoia lea rapporta plua aenaiblea; mais anaai ta nialurilé lea confond ou lea détruit quelquefoia. La baie du raisin et celle de la groseille, dont le tissu cellulaire, abondamment inflltré, occupe plus d’espace que lea pépins , rappellent à peine la •Iructure de l’ovaire avant la maturité. A quel type oaerait-oii rapporter le melon, le concombre, la courge, et autres fruits des Cueurbitacéet, ai on ne lea étudiait qu’i l'époqne od ilasont comeatibles? Et pourtant l'ovairs de cea plantes ne laisse pas que d’étre organisé sur un type normal , dont la théorie est dans le cas de donner la formule. Soit, en effet, l’ovaire du Concombre (pl. 48, fig. 5, 18), pris longtemps avant sa maturité , et longtemps même avant l’époque k laquelle l’économie domestique le confit au vinaigre sons le nom lie cornichon; une tranche transversale de ce jeune fruit {ibid., pl. 17) montre déjà ses ovules (ov), rangés d'après un ordre regnlier dans ce tissu compacte ; ou y distingue clairement trois placentas (pc) triangulaires, donnant naissance, à droite et b ^uebe , aux jeunet ovules.

Par lemoindrsBtiniilleniünt dans deux sent uppoaét, il a« révéle une autre analogie plut remarquable encore avec les fruits les plus régulièrement conformés ; on obtient alors l’image que représente la Rg. 19. Les trois ligne s opaques qui, dans la Rg. 1 7, partent du sommet de chaque placenta, cl vieanent se réunir au centre de la tranche, se décollent, pour ainsi dire, dans la figure 19, pour laisser passer le jour dans leurs interstices (■), et démontrent que l’ovaire de cette Cacorbilacée te compose de trois loges qUilquangulairet, chacune k deu x placentas pariétaux , placés dans les deux angles opposés lut plus voisins du centre ; mais les ovules sont tous séparés entre eux par le tissu cellnlaire continu, dont ils ne semblent que des cellules privilégiées. Si les parois des trois logea restaient agglutinées entre elles,

FLORADX, ETC. ' ôyi

comme elles paraissaient l’étre an premier coup d'œil sur la tranche (fig. 17), et qu'enstiite toutes les Cellules de la loge, tu lieu de quelques-unes, se fussent transformées en ovules , l’ovaire du concombre eût, par ces dent senlet modification, pris la configuration de la figs. 18, qui est évidemment celle d’nu fruit triloculaire à placentas valvaires. Or, l’une de ces circonstances se réalise sur ce fruit même , à mesure qu’il s’accroît ; car à peine a-t-il acquis quatre millimètres de longueur, qne les logea se trouvent déjà accolées ensemble , et qne leurs interstices (« fig. 19) refusent, par la traction , de devenir béants. Mais supposes eneore , ce que la théorie démontre admissible (535), que chacune de ces logea gardant son unité organique, au lieu d’engendrer des ovules dans les mailles de son tissu , n’eût engendré qu’un embryon, et fût devenue elle-même un ovule , il est évident que le fruit des Cucurbitacéea eût été uniloculaire , triovnié , à trois placentas valvaires; ta structure typique eût été alors celle du passijlora (pl. 37, fig. 7 et 8), on de la Violette, ou du Datisca (pl, 53, fig. 7.8,9), ou des Orchidées (pl.34,fig, 13 et 15), etc. Le Momordica balsamina, à sa maturité , réaliteen partie celte hypothèse. La structure que noua venons de décrire sur ces deux espèces de Cucorbitacées est la structure typique de cette famille ) l’ovaire, en général , y est organisé d’après la formule ternaire (746); si quelquefois on trouve un plut grand nombre de logea, il est facile de s’assurer que les loges de siaxtorolt sont des espèces de subdivisions des loges primaires, car leur augle interne n’aboutit pas an même centre que les trois principales; c’est ce qno l’on voit sur le Potiron (Cucurbita pepo) qui est divisé en cinq loges, et qni , par conséquent, possède dix placentas. ' 1 103. On a tenté de classer les fruits d’après leurs caractères lea plut saillants, et de leur donner des noms systématiques, analogues à ceux que la langue vulgaire a consacrés pour les fruits comestibles; cette innovation n’a pas été heiirenta, car elle u'était pat utile. La langue scientifique n’a besoin que do combiner deux ou trois

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