‹ Nouveau système de physiologie végétale et de botanique fondé sur les mèthodes d'observation qui ont été développées dans le nouveau système de chimie organiqueChapitre 128 sur 310 · INFLUENCES SUR LA VÉGÉTATION · texte numérisé non relu

INFLUENCES SUR LA VÉGÉTATION

Le BoleUis cryptarum vit jusqn'à «trois ans dans les caves : je Pai rencontré dans le creux d'un orme du boulevard Mont> Parnasse, en 1839 \ à la blanebetir laiteuse de son tissu , il était facile de juger de sa jeunesse ; et cependant il se résolvait déjà en grosses larmes limpides, dont chacune laissait une empreinte profonde sur la place d'où elle se détachait.

1263. Les fongosités qui ne se développent que dans l'obscurité profonde viennent mûrir leurs germes au jour; léurs germes élaborent la lumière; iis s'y colorent en mûrissant. Par leur floraison, les vcgclaux nocturnes participent donc des propriétés des végétaux diurnes; retenons bien cette circonstance : elle lie les deux règnes de la végétation par un point dC":cOfitact commun.

Caries végétaux diurnes, à leur tour, ont des organes qui s'arrêtent au tfknd jour, et qui ne se développent que dansj'obscurité , et en raison directe de celte bbscurilé ; je veux parler de leurs ^aoines, et de toutee qui n'est qu'une mortification de la racine, du tronc (801), et fies raiAcatix , qui sont des troncs secondaires. Au grand jour, les racines encore trop Jeunes se dessèchent ; les plus anciennil se recouvrent d'une écorce protectrice et deviennent troncs ; elles poussent alors, non plus des organes nocturnes ^ et radiculaires, mais des organes diurnes et reproducteurs, des fleurs qui recèlent des graines , des bourgeops qui sont la fleur dont les rameaux sont les pistils.

« 1264. Si l'on intervertit le rôle, et qu'on

plonge dans l'obscurité la portion diurne du végétal, tout ce qui est herbacé se fane et tombe ; si l'organisation de la tige est arrivée à la période ligneuse , le ligneux étant raualoguc, ou plutôt la cootinuatien de la racine , 'laquelle est un organe nqc* lurne, dans ce cas, la tig% se conserve, continue, ses fonclipns, produit de nouveaux jets hors de sa surface ; mais ces jets arfeclcnl les caractères qui distinguent tout ce qui naît et végète dans la région des ténèbres : ils sont incolores et étiolés, s'élançant haut, grossissant peu , cberchaut toutes les fissures des portes

ou l'ouverture des soupiraux, et se colorant d'un jaune à peine lavé de vert, é cette pâle et indécise lumière. Leur tissu est rarement prononcé; il est cassant sans être dur, plus vasculaire que cellulaire, quoiqu'il parût plutôt celluUirc que vasculaire, si, pour déterminer ce caractère, on suivait la méthode d'observation , ou plutôt d'imagination, qu'on avait suivie dans l'anatomie des cryptogames. Ce sont des feuilles qui s'allongent comme des hampes, et ne produisent jamais dans leur aisselle aucuu bourgeon ; car nul rayon de lumière n'est venu les revêtir du rôle d'organes fécondants ; enfin, par leur coloration , par leur odeur, par leur goût, ces productions nocturnes rappellent toutes les qualités ordiuaires aux fongosités comestibles. L'économie domestique en tire un grand parti pour les salades d'biver, en laissant végéter à ia cave les racines pivotantes des salsifis , ou les trognons des endives et des laitues,

1265. Ce phénomène, on le reproduit en plein air, au milieu des torrents de le plus vive lumière; ilsulTit d'en intercepter les rayons directs; et il ne faut pas pour cela des parois fort opaques. Les feuilles radicales, liées entre elles au soaimel, forment un caveau pour les feuilles internes , qui s'y étiolent , s'y recouvrent les unes les autres en continuant à se développer, y pomment enfin eo se recouvrant, malgré le développement indéfini des organes les plus internes ; mais ne donnent lieu à aucun raineab. La culture a enrichi, de temps immémorial , nos potagers,.de végétaux pivotants qui pomment naturellement, sans qu'on ait recours à la ligature; telle est la variété potagère du Brassica (chou). On obtient ainsi une /végétation nocturne én plein jour ; le tronc, cette racine aérienne, celte portion nocturne qui s'élève au-dessus du sol, n'est pas défendu contre les rayons ^de la lumière par un abri plus opaque ; il ii'a que son écorce.

1366. Rien n'est brusquement tranché dans ia nature; elle procède en tout par des nuancés et non par des lignes de déujarcaliüii , par des trausilioas liarmO-

E5 GÉNÉRAL. 317

nienset et non par <les inccades et des interrupliom. Dans le rùgne véyétal, rien o’eat absolument nocturne et absolument diurne. La fuiigoaité est diurne par sa fructification , quoiqu'elle soit nocturne par la plus grande partie de ses organes et de sa durée [1]; le végétal herbacé est nocturne par sa racine et par son tronc , quand sa tige y parvient; mais il est dinrne par tout oe qui fructifie et reproduit, par ses feuilles et ses bourgeons, par sa fleur et son ovaire ; il est plus longtemps et plot visiblement diurne à nos yeux ; la snpprestion complète des rayons lumineas ramène les organes diurnes au rôle et à la végétation des organes nocturnes. Ma» entre ces deux extrêmes , il est des intermédiaires en progression descendante i rinfini, depuis la Inmiëre la plut iotense connue , josqu’.i la lumière crépuacalaire. Les végétaux herbacés qui croissent A l’ombre, dépouillent leur yert intense, te* lavent d’une teinte de jaune de plus en plus clair; leurs Jets s'allongent maigres et grêles , leurs bourgeons axillaires se fanent en naissant , leurs bourgeons floraux avortent , ou dans leurs enveloppes ou dans leur pistil; leurs feuilles n’ajoutent rien, en se développant, à la simplicité pTÎmiliye de leur réseau vasculaire etde leurs contours; et l’individu , que le hasaiil,a (ait naître dans le fonrré épais d’un bois, Reperd tellement le cachet de son orignte, qu’en présence d’un autre individu de la même espèce venu dans les champs, il aurait l’air de constituer une espèce nouvelle : il lui manque son soleil qui féconde et qui colore.

1367, Le végétal des climats inondés de lumière , que nous transportons tout i coup au foyer de notre pâle soleil, y subit tous les effets de l'expatriation, que nous venons d'observer sur les individus de nos espèces indigènes , une Cois transportés de nos champs à l’ombre des bois. Il a perdu sa lumière ; tout le feu de nos

serres no lui donne que de la chaleur, et lie lui rend pas sou soleil qui le fécondait; il végète et ne sc reproduit pas ; s’il fleurit, il ne mûrit pas;, il faut qu’il s’acclimate, c’est-i-dire qu’il devienne ua,nouvel être, pour reprendre toutes ses fonctions diurnes , et pour se reproduire a'utrement que par des bourgeons axillaires qui, du reste, le reproduisent si imparfaitement.

1368. Malgré ces rappoirts des deux grands règnes de la végétation , qui réduisent leurs différehees à des inégalités, h de simples prépondérances d\m système sur un autre, la claasillcation ne laisse pas que de trouver, entre eux, une grande Ifgne de démarcation, qu'elle peut tracer par uue formule :

Les végétaux nocturnes sont étiolés et privés de substance verte ; il ne se complètent que dans l'ombre, quoiqu'un rayon de lumière au moins soit nécessaire à la fécondation de leurs organes propagateurs [2]; à la lumière, ils se dessèchent ou se décomposent.

Les végétaux diurnes sont herbacés sur toutes leurs nouvelles pousses i quoique munis d'organes nocturnes , ils ne se complètent qu'aux rayons du soleil ; leurs organes reproducteurs ne se fécondent et ne mûrissent qu'à la plus vive lumière, et leurs fruits souterrains (833) mêmes ne s'organisent qu'à Heur d'un sol meuble vt imprégné de rayons lumineux.

1269. Les feuilles qui décorent les seconds manquent totalement aux premiers.

1270. Quand elles se montrent chex ceux-ci, elles restent à l'état de follicules d'uDO structure et d'un aspect fongueux.

1271. Car il ne faut pas s'attendre à nous voir ne classer dans les premiers que les végétaux dont l'organisation floralo échappe à l'analyse , ceux seulement que l'ancien système avait désignés sous le nom de Cryptogames ^ la fleur, chez les PhttnérvgameSf nous l'avons vue se réduire à itD appareil si peu compliqué, que

[i] Les spores des ndisissures, ceux des champi0ooAs commcDceot tous leurcoloralion par le vert, qtti pff.«sc emuito par toutes les ntiaoocs du prime ,

jusqu'au biéu , au purpurin , et à un violet si lutcoso et si opaque qu'il en parait noir.

[s] La truffe ellc-mèae , qui végète et mûrit sous

S18 INPLOTIÎCES 6UK

la différence entre ces deini classes, sous le rapport floral, ne doit plus offrir une importance e»seiilieile , quand on la considère du point de vue philosophique.

Puisque ce nVst ni le calice , ni la corolle, ni le filapient, ni même ranlhèrc, qui constitue qnc fleqr des Phancro^raines , et^ue leurs or({ancs reproducteurs peuvent, parleur ténuité , se refuser à tout procédé anatomique, pourquoi continuer à faire consister le caractère différentiel dus Cryplo[;aniea dans rimpossibililé de dési{;ner la place de la substance fécondante, et dans resignïté microscopique de leurs orjjanes reproducteurs? Ne connaissons-nous pas suflisamment leurs fleurs^ en connaissant la place de leurs graines? Et Porganc qui engendre leurs graines est-il si bélérogène par sa forme, que, do passage en passage, de nuances en nuances, on iParrivc, comme par un cerc||B continu , jiisqii'atit formes qui caractérisent les végétaux les plus complets à nos yeux ?

1973! Ainsi, nous ne classerons pas les ▼égéUux, par ce que nous ignorons de leur structure, mais par ce que nous en connaissons. Nous rangerons parmi les plantes noctOrnes, toutes celles qui ne végétentque la nuit, qui s'arrêtent au moindre rayon du soleil, et se liaient d'engendrer pour cesser plus VI te de vivre, quelque forme qu'affectent leurs organes reproducteurs. Or, il nous est démontré que les plantes parasites des racines ne vivent pas autrement ; les Orobanches, le ï^thræof le 3/o/io/ro/m,> le Ç^tinas , etc., sont des plantes éminemment nocturnes, qni prennent naissance à de grandes profondeurs sur la surface des racines ; se couvrent d'écaiiles fongueuses et Jamais de feuilles herbacçes, ne se raniibent presque jamais, ou tout au plus une ou deux fois, et qui, blanches et étiolées lorsqu'elles surgissent au-dessus du .sol, Ce qui a lieu la unit , ne lardent pas, dèa les premiers rayons de la Inmière diffuse, de

le »ol, ilUparatt des lerruos trop tassçs pour 6lre pennéabtes à U lumière.

LA VÉGÉTATION

te colorer en te fanant, et na èuruivatil point à leur fécondation; ellet te couvrent alors comme d'un vernit épidermique qui rappelle, jusqu'à s'y méprendre, la superficie du Jtoletus vernicosus, après quelques instants de ton exposition au grand jour; leurs ovaires continuent à m&rir, quand toutes leurs enveloppes , quand toute leur substance s'est calcinée aux rayons importuns de la plus faible lumière. Il faut herboriser de bien grand matin , pour surprendre ces parasites radiculaires, dans la fraîcheur de la végétation qui leur est propre; et si vous les obtenea alors avec leur bulbe attachée à la surface génératrice , et que vous fea enfermiex aussitôt dans l'obscurité de la boîte, vous les verrex continuer leur développement de la même manière que les Jungus^ obtenus dans le même état et conservés avec les mêmes précautions; et tel de ces végétaux, ou Cryptogames, ou Phanérogames, que vous rapporlerex ainsi encore enfermé dans ses enveloppes, se développera complètement, si vous avex soir de ie tenir pfongé dans l'obscurité d'un lieu imprégoé d'humidité et de chaleur; au grand jour, vous suspendrei, vous étoulTerex tous ces développements dans leur germe* 1975. Mais toutes les fongosités naissent à leur tour sur des racines ou des substances provenant des organes qui végètent la nuit; aucune ne paraît jamais sur la surface vivante des organes herbacés; on ne les^voit sc développer que sur des surfaces nocturnes, qui ont fait leur lempi et qui se décomposent : sur les écorces vieillies des racines, du tronc et de ses rameaux , dans l'intérieur de ses crevasses, sur ie ligneux mort et humecté d'eau, sur la fécule en décomposition de la moelle <m des graines (et les graines ne germent que dans l'obscurité) , sur les feuilles mortes qqi jonchent le sol en automne ; mais jamais sur le tissu herbacé qui roait, jamais sur les feuilles vertes qui pourrissent: et voilà pourquoi l'apparition des fongosités est si rare sur le sol, au printemps et en été, et si fréquente à la cliuic des feuilles et des rameau^, eu automne.

GÉNÉRAL

1374. TÉtiKTict didbîtes : végétaux qui, •ur pne ioiDiense partie de leur surface, élaborent la Iqinière en caniél4pn vci^étal; TÉc^iAcx KOCTCRKRS : végéUux qui D*ufffent à la lumière que des tissus à paraly- ^épul^r, à décomposer, et que|((ues S|)irute9 à féconder; or, dans toutes leurs fonction? physiologiques, çes deux grands règnes conservent leur ligne de démarcation, ainsi qpe nous aurons soin de le faire remarquef dans jes divers paragrapl^es qui vont suivre.

2** tï^yLCtnCE P£ SVB LA T^GÉTATION.

1275. phumiditéj imprégnée d’une cçrt^lqc cltalenr [l]» favorise le développement d<is végétaux nocturnes; leur sul> mersiqp complète dans IVaii en amène aussitôt la décomposition ; U n'en existe pas un seul, dans nos catalogues, qu j habite au fond des eaux tranquilles ou courantes, l'arnij les végétaux diurnes, au contraire, il eq est qui vivent au fond des eaux, d'au* très à la sqrface, d'autres élèveut Icpra feuilles et leur inflorescence au-dessus des eaux; mais tous opl besoin d'un sol hu- Diidc pour leurs racines, car c'est par les raciqçs que s'opèrp l'aspiration de l'ean nécessaire à leur développement.

127(5. l^oint de végétation possible sans rinlermédiaire de Teau. La sécheresse ilésorgaiiise les tissus, ou au ipoins, chez certains végétaux, elle en suspend indé* finiinent les fonctions. De même, en effet, que le règne aniina! possède des êtres cqpabics de reprendre la vie, après une longue dessiccation à la température ordinaire (Rutifère, Vibrion du froment), ilès qu'oD les rend ^ IVléiucnl qui fournit un milieu favorable à leur ofganisation ; de même les Lichens et les Mousses, et autres végétations de nos herbiers^ seVavivent, reverdissent tout a coup, étalent leurs rameaux aplatis, redressent leurs feuiUes chiflbnuées, dès qu'ou les replace i

fl) Cependant pendant le^ forte-» getéci de l’aulomnc, od ne lautc pas de rencontrer dCs fongosités sur le# pelouse# dos bois, iMi# ce sont ca

dans l'eau ou sur une éponge humide ; noe goutte d'eau leur rend subitement la vie.-

1277. Ce phénomène de résurrection ne montre pas d'unp manière aiis^j prononcée sur les végétaux d’une plus bautp stature, parce que leurs dimensions ne nops peruiellent pas de les desséçhersqns les mutiler, sans opérer des solutiqns dç continuité sur jes enlrq-nœuds dontrintégrité est indispensable à leur vitalité (980); enfin, parce que, chez des organes d'qn Bussi gros calibre, la dessiccation entraîqe

tüigours, à sa suite, l'altération chimique des substances fcraiciitcscihies, cl PaltéraUon mécanique des tissus.

1278. Cependant on observe quelque chose d'analogue sur la partie herbacée des végétaux qu’on néglige d'arroser ; tous leurs organes deviennent flasques et languisnanls , leur cime se penche verslq terre, leurs feuilles pendent de tout leur poids; mais le moindre arrqtage rend 9A force et sa vigueur à celte végétaHon altéréç de soif; la lige se redresse de nouveau ; les feqilles sc développent, s'étalent et se soutiennent dans les airs, et la vie circule d'une extrémité de la plante à l'antre.

^279. Noqs avons eu d;\jà l'occasion de ramener ce phénomène à sa plus simple expression, en ramenant le végétal le plu^ compii<iué au type d'une simple vésicule organisée, c'esl-à-dire à l'appareil d'une vésicule externe, incolore, tapissée d'une membrane verte, dans oq contre laquelle serpentent une ou plusieurs paires de, spires de direction contraire (710) ; nous avons trouvé la réalisation de la lhéot*ie dans un entre-nœud {\^CJiara (600), vé»^ cule as.sez grande pour laisser surprendre à l'observation et sa structure et s<i vitalité. Or, nous avons observé, 1° qqe le liquide circule dans rinléricurdc cette cellule s'arrête tout à coupet sans retour, par 1a moindre solution de continuité qui s'opère daus le tissu de 1a membrane vqrle]

i!e« fongoiitét qui torient ds terre , qui le H>nt ééveloppèo* dans son seio, et à U ftwor tU U cUsicur du soi.

INFLUENCES SUR LA VÉGÉTATION

2® qne la cîrciilalion se ralentit à mesure que se tarit PeaU dans laquelle on tient plon(Térentre*noeud ; 5® mais qu'à riostant oü elle parait devoir s’arrêter, une poulie d'eau, déposée sur la paroi desséchée du tube , suffit pour ramener le mouvement dans l'intérieur; tant l'absorption est rapide et instantanée.

1280. Or , nous avons démontré que le végétal ne se composait que d'organes cellulaires analogues ; qucPélaboralion du développement était due, de la base au sommet, au même phénomène ; que la circulation a lieu , dans les mêmes termes et aux memes conditions, dans le vaisseau', cbmme dans la cellule; que la vie totale est la somme de cos diverses vitalités partielles; la flaccidité totale résulte donc de toutes ces flaccidités partielles. Faute d'eau qui vienne constamment humecter les parois, chaque vésicule languit, s'aplatit, et cède au moindre poids qui la courbe; elle se redresse en se distèndént de liquide ; elle se distend , en al>* sorbant les parties aqueuses qui sont mises en contact avec sa paroi ; et, par conséquent, le végétal, qui est le tout, ne peut manquer de se redresser avec tontes ses parties. Chez les végétaux assez petits pour que la dessiccation n'entraîne ni Pallération mécanique des tissus, ni Paltéra- | lion chimique des substances, on conçoit | que la vie puisse renaître sous Pinnuenoe de Peau, après une entière dessiccation. Mais chez les autres d'un plus fort cali-

^bre, et donl, par conséquent , les cellules ont une plus grande capacité, la dessiccation ne peut être rapide sans être violente ; elle ne sanr.tit être lente , sans provoquer la fermentation délétère ; leur puiS^sancc de résurrection cesse donc sans retour par la dessiccation complète; et leur mort commence précisément où Unit la flaccidité. •

1281. Mais il suit de ces expérienceé . qne Pinfluence de l'eau sur Porganisatroii en général , et en particulier sur la végétation, ne se borne pas à celle d'un simple véhicule; au contraire, qu'elle est im élément de vie, qu'elle fournil scs molécules à la combinaison de la substance

I organisée. En effet, l'ammoninqncliqwrde,

I qui serait peut-être un véhicule encore I plus puissant que Peau pour l'albumine et les sels que U circulation charrie , frappe de mort, avec la rapidité de Péclair, la vésicule végétale, tout aussi bien qu'une goutte d'alcool ou de l'acide végétal le moins étendu. Les tissus albumineux ou gluttneux ne sont tels que parce qu'ils sont intimement associés à une plus grande quantité d'eau que les tissus plus âgés; on les frappe de décomposition , en leur soustrayant violemment une portion de Peau qui les caractérise; or, un simple véhicule de sels pourrait être remplacé par tout autre véhicule; et sa présence dans 1a contexture d'un organe ne serait qu'un accident, et non une condition indispensable de vitalité. Un véhicule qne ne saurait remplacer un véhicule plus puissant, a^t, de toute nécessité, autrement que comme véhicule. 11 est aisé , du reste , de démontrer analytiquement que Peau de la circulation rentre | comme élément, et de toute pièce, dans la combiooison de la molécule organique.

1282. En effet , il est démontré [Ij que tout tissu peut être considéré comme étant formé d'une molécule de carbone cl d'une molécule d'eau , associées à un plus ou moins grand nombre de sels. Nous savons, par Pexpéricnce directe, que le carbone est pris aux dépens de l'acide carbonique, dont la décomposition des engrais naturels ou artifîciels' enveloppe coostamnient la plante. Mais où prendrait sa molécule aqueuse la végétation , si ce n'est dans Peau qui circule ntilonr de toutes ses mailles? L'eau , en effet , est composée de deux volumes d’Jiydrogène et d'un volume d'oxygène. L'oxygène, la plante le puiserait, il est vrai, dans Pair atmosphérique, qui renferme 21 d'oxygène et 79 d'azote; mais Pair ne renferme pas de traces appn'^ ciablcs d’hydrogène. Une plante végète dans une atmosphère artificielle uniquement composée d'azote, d’ox^ène et d'acide carboniqqe ; la décomposition des

[i] Aouuecu Sÿiième dê ChSmiê p. 5aS.

KN GÉNÉRAL.

en^p^ais fournît, à la vorilé, de Pacide carl>oi>ii|iie et liePhydro^j^ne, maisile»l telle plante qui pouase assez loin le développe^ roent de ses tissus , les racines plongées dans un terreau uniquement composé de substances minérales ; elle continue donc à combiner des tissus hydrogénés sans la présence de rhydrogène gazeux j il faut donc quVllc prenne son hydrogène dans Peau, et, par conséquent, qu'elle s'assimile Peau de toute pièce. Pourquoi, en effet, euPabaence de toute espèce d'expérience , admeltrait-on que la plante ne prend dans Peau que Phydrogène , et que sou élabo> ration en dégage Poxygène , pour aller reprendre ensuite Poxygène de Pair, afin d'en recomposer Ja molécule aqueuse ? un semblable tripotage chimique concorde peu arec Pidée que nous avons de la logique de la nature; elle ne s'amuse pas à défaire, pour refaire exactement la même chose. Dix reste si elle procédait de la sorte, si elle combinait la molécule aqueuse des tissus, en associant Phydro* gène provenant de la décomposition de l'eau, avec Poxygène provenant de l'aspiration de Poxygène de Pair, comme cette combinaison n'aurait lieu que successivement, l'analyse surprendrait les tissus ligneux ou albumineux à des âges tels , que la combinaison ne serait pas encore complète, et qu'on y rencontrerait Poxygène ou Phydrogène dans des proportions qui contrarieraient le calcul ; tantôt on trouverait un excédant d'hydrogène, et tantôt un excédant d'oxygène. Or, à quelque époque qu'on étudie les tissus ligneux, par exemple, c'est-à-dire ceux chez qui la molécule organique n'est associée qu'à des hases terreuses, on trouve toujours les proportions d'oxygène et d'hydrogène, telles qu'elles sont nécessaires à la combinaison de Peau. Donc les tissus combinent le carbone de Pair atmosphérique immédiatement avec i'eaudela circulation.

Remarquez bien que nous ne parlons ici que des parois des tissus et non des substances organisantes ou organiques, qui, avec excès d'hydrogène, sont le produit de leur élaboration , le résultat des diverses décompositions; substances résineuses, POTSIOUH*» VÉGÉTALE.

Sâ1

huileuses, qu'une addition d'oxygène peut élever , après coup, au rang desubstances organisées , mais sans lesquelles l’organisation a commencé à se développer, et qui n'apparaissent même qu'alors que les organes ont fait leur temps , et qu'ils cessent d'étre des organes de développement, pour devenir organes de protection et d'approvisionnement. Nous nous occuperons, du reste , des produits directs des combinaisons gazeuses dans des paragraphes spéciaux : ici , nous devons nous borner à la part pour laquelle l'eau rentre dans la formation des^issus.

1283. ciRCuiATio.x TKGfiTALB. L'cau n'est cependant pas seulement un élément de l’organisation des tissus, elle sert de véhicule aux sels et aux substances organiques que doivent élaborer les tissus ; elle est l'agent immédiat de toute circulation. On a émis d'étranges idées, relativement an mécanisme de la circulation chez les végétaux ; quelques auteurs, qui se sont le plus spécialement occupés de cette question, ont opéré trop en grand, et d'autres, ayant voulu aborder les expériences ea petit, ont manqué des notions nécessaires à l'interprétation des phénomènes dont ils ont cherché à être témoins. Établissons la démonstration du fait, avant de passer à la réfulalion des divers systèmes; la réfutation, en effet, découlera souvent de Ténoncé de la démonslratioiT elle-même.

1384. 11 existe deux modes de circulation chex les végétaux et chez les animaux : Xacirculation cellulaire on interne, et la circulation vasculaire ou externe* La première (600) a lieu dans l'intérieur de la cellule douée de l'organisation indispensable à son élaboration ; elle se manifeste paruncourant continu, qui, à l'œil qui l'observe, présente deux courants inverses l'un de l'autre. La cause de ce mouvement réside dans la faculté que possèdent les parois de la cellule , d’aspirer le liquide et les gaz, et d'expirer le rebut de l'élaboration interne. On conçoit, en effet, que rien ne peut rentrer dans une capacité close, ni en sortir , sans imprimer un mouvement au liquide qui la remplit; on

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saa INFLUENCES SUR

conçoit âUSM qtic la dtiroc de ce mouve* ment sera indéfinie , si rintroduclion et Pexpulsion du liquide est continue à son four. I)c Viispiration et de Vexpiration résulte immédiatement la circulation. Mais la cellule ne saurait aspirer que les liquides ou les 0OZ qui sont en contact avec sa surface , qui en forment pour ainsi dire falmosphère et le milieu. Or, nous avons démontré (507) que les cellules, même lorsqu’elles tendent à s’accoler et h se dérelopper de front, laissent entre elles, ou plutôt conservent entre elles un certain espace qui les dédouble, espace que le liquide attiré par I’.ispiration envahit et finit par arrondir, par suite de l'effet de la tension hydraulique 3 nous avons nommé ces espaces tnlcrslices. On conçoit qu’ils communiquent tous entre eux, dans la capacité de la vésicule, des parois delaquelle les premières émancntépalcmcnt les unes et les autres ; car mil obstacle mécanique ne saurait arrêter le dédoublement des cellules contiguës et ce dédoublement doit résulter de la présence d’un liquide que toutes CCS surfaces ont la propriété d’aspirer cl d’expirer dans Finlérét de leur élaboration} les interstices végétaux forment donc de celte manière ranalogiie du réseau vasculaire des animaux } c'est par eux que s’opère la circulation vasculaire ou externe, la circulation en réseau,

1385. La circulation s’explique naturellement, on le voit, à l’égard du tissu cellulaire provenu des parois d’une cellule commune ; et le développement de celle-ci étant indéfini, ce tissu cellulaire peut se trouver occupant une capacité considérable. Mais comment ensuite la circulation pénèlro-l-cne dans la capacité de la cellule commune, puisque nous la supposons impcrforéc cl lenant par son hile à la cellule d’où elle émane à son tour (196)? Le liquide peut y pénétrer de deux manières, 1® par l’aspiration des parois de la cellule, car ses parois n’oiit pas perdu leur propriété d’aspirer, en engendrant des cellules internes, et en distendant leur capacité par un tissu cellulaire de nouvelle formation j 3® par le bile lui-mème, car les parois de ha cellule génératrice sont

LA VÉGÉTATION

formées de cellules clles-mèmes, autour desquelles la circulation doit s’établir, comme autour de celles qu’elles enveloppent; or le bile doit devenir à la longue le point de communication entre le réseau vasculaire de la paroi génératrice et le réseau de la paroi engendrée. Ce dernier mécanisme devicnlévident sur les organes des animaux ; on voit, en effet, les vaisseaux qui rampent dans la paroi de la cellule enveloppante, rentrer par le hile dans la paroi enveloppée ; mais ce dernier mécanisme n’exclut pas l’autre, et c’est une hypothèse admissible, qu’ils fonctionnent tous les deux simultanément. Ainsi, aspiration de l’eau chargée de plus ou moins de sels par la paroi enveloppante, puis circulation soit dans la capacité, soit autour des cellules nées de sa surface interne , et envahissant la capacité ; ensuite aspiration du liquide circulant , par les parois des cellules de seconde formation, et circulation de ce liquide, suit dans la capacité cio ces cellules, soit dans les interstices périphériquesdes cellules de troisième formation ; et ainsi de suite tant de fois que so reproduit la succession de ces géncraüoiis cellulaires; telle est la circulation végétale.

1386. Il est facile de concevoir c^ue les interstices d’un tissu cellulaire formé dans le sein d’une cellule enlrc-najud, cylindre imperforé par les deux bouts (990), deviendront parallèles entre eux et parallèles aux axes du cylindre, de la même manière que les cellules c)ui s’y développent, s’y empilent en colonnes à six pans, en iuj'aux (Torguc, Or, comme cel entrenœud peut être un tronc, les interstices SC dirigeant d’un seul jet, et sans la moindre interruption, de la racine jusqu’à la naissance de la ramescence, on conçoit combien leurs rapports doivent échapper à l’obsorvation directe, et dans quel dédale peut s'égarer l’esprit do l’observateur, s’il est privé du Onmbeau de l'analogie.

1387. L’ascension des liquides dans le végétal n’est donc pas uniquement duc à la capillarilc des interstices tubulaires, ou à la vaporisation, mais à une véritable attraction. Chaque cellule , en aspirant le liquide, pour fournira l’élaboration de

EN GENERAL. 505

«on déTcIopprmcnt «ppcial , Ini imprime un mouvement, que l'aspiration de toutes les antres cellules supérieures continue à son tour; et ce mouvement devient d’autant plus rapide , que l’élaboration cellulaire se fait avec plus d’activité : tout ce qui ajoute ü l’éncr(>ie et à la vitalité de la cellule ajoute aussi .à la rapidité et à la force de la circulation. Aussi l’abaissenicnl de température la ralentit et fiiiit par la suspendre ; son élévation l’ébranle de nouveau et l’accéléré proportionnollcment; car le froid suspend les fonctiuiis vitales , la chaleur les réveille ; car la vie c’est l'organisation ; l’or(;ani5ation c’est la combinaison vésiculaire des éléments or- (;anlqties; ét ce phénomène cbimiqiic , d’une espèce particulière, ne saurait avoir lien que dans la limite d’une certaine température, le mnximum de son intensité correspondant k la limite supérieure.

1S88. Ce liquide , attiré de la sorte par les parois, et circulant dans le réseau des interstices qui séparent les cellules île mémo date entre elles, est incolore, inor- 0aniqne, c’est-i-dire chargé de sels, mais privé de substances organiques solubles.

Il ne faudrait donc pas le confondre avec les sbes colores ou laiteux , avec les sèves résineuses , gommo-résineuscs, albumineuses ou sucrées que l’on obtient des plantes par Incision. Ceux-ci circulent à leur tour, mais dans l’intérieur de la cellule qui les élabore, eellulequi, en s’allongeant, finit par revêtir les caractères illusoires d’un organe vasculaire, etâ qui, sous cette forme, nous avons conservé le nom de vaisseau (6S5). Ces vaisseaux tubnlés ne communiquent point entre eux; ils adhèrent les uns aux autres par le /liU, par no simple contact , ce qui n’empècbe pas que l’incision , pratiquée sur un seul point de l’écorce , ne puisse fournir par écoulement une assez grande quantité de ces sortes de sèves; car le tronc n’étant qu’un grand entre-noeud (993), et ces cellules-vaisstaux s'allongeant en général de toute la longueur de Tentre-nœud , l’incision , qui intéresse un seul de leurs faisceaux , est dans le cas de vider d’un seul trait des capacités assez grandes. Ces

longues cellules élaborantes ne sont pas les analogues des canaux vasculaires des animaux ; elles n’ont d’autre rapport avec cet inextricable réseau vasculaire , que la coloration et quelquefois le mode de saturation de leur liquide ; elles sont en réalité les placentas de la reproduction ligneuse et gemmaire, et de toute autre reproduction florale (675).

1S80. Il est donc incontestable .que la cireulation s’opère chez les végétaux, comme chez les animaux , par les interstices des cellules qui s’abouchent les unes avec les autres, et finissent par former les mailles d’un immense réseau. Mais il peut SC faire que la circulation la plus active devienne invisible à nos moyens d’observation. Rien, en effet, ne saurait indiquer le mouvement , cher le liquide homogène renfermé dans le sein d’un tube ou d’un organe, s’il ne charrie des corps d’un pouvoir réfringent différent du sien. Le mouvement, en effet , ne se manifeste que par des déplacements; or, rien ne parait se déplacer là où rien ne reflète ou ne réfracte les rayons lumineux d'une manière différente de tout le reste. Le mouvement de l’air, comment s’indiquel-il à nos yeux , si ce n’est par la direction de la poussière , des nuages , ou par l’agitation des feuilles et des rameaux ? L’eau qui circule dans des tubes de verre ne parait-elle pas en repos? Ainsi la circulation du sang chez les animaux , et do la sève, soit cellulaire, soit inlerstitialé , chez les végétaux, pourra avoir lieu delà manière la plus rapide , tout en échappant à l’observation directe la plus attentive , si elle est limpide, homogène, et qu’elle ne charrie aucun dépôt albumineux ; or l’on trouve fréquemment , chez les diverses espèces d’animaux et de végétaux , des circulations de ce caractère. Mais dès que la plus minime quantité de substances concrètes ou coagulées se forme dans ces sortes de liquides, la circulation se jalonne aux regards de l’observateur. C’est par ce moyeu que la circulation du sang chez les animaux supérieurs, et du liquide du Chara et autres plantes aquatiques se manifeste au microscope ;o’est à la faveur îl*

des (jlobules .'ilbuniineux que Pu» et Pau-* Ire charrie [IJ. La circulation s’opère donc dans tous les tissus organisés de quelque nature et à quelque rè^nc qu’ils appartiennent ; mais la circulation n’est pas toujours visible , parce que le liquide est alors trop homogène ; dans ce cas , les observateurs par un seul sens avaient prononcé qu’elle n’existe pas.

1390. Par suite de la même méthode, il leur est arrivé de voir une circulation, dans le mouvement artificiel et accidentel du liquide qu’ils observaient au microscope.

1 1 est encore aujourd'hui utile de prémunir Je locleiir contre ces sortes d’illusions.

En effet, on peut chercher à observer la circulation dans un tissu, soit en le plaçant sous l’objectif du microscope, sans l’altérer, sans Fisolcr, sans le détacher de l’organe dont il est U partie intégrante^ soit en le divisant, pour en augmenter sa transparence, et en l’observant par lambeaux j or, dans ces deux cas, on est exposé à prendre pour des indices de circulation des accidents inséparables des moyens de manipulation et d’observation.

Les exemples suivants mettront ces faits dans toute leur évidence.

1391. Soit, en effet, une feuille épaisse tenant à sa tige , dans les vaisseaux de laquelle on désire surprendre la circulation par la transmission des rayons lumineux j la lumière diffuse ne suffira pas pour éclairer une aussi grande épaisseur; on aura recours alors à la réflexion de U lumière solaire j or, cette lumière n’arrive pas sans chaleur, et la chaleur appliquée à des tissus imprégnés de liquide, doit, en activant la vaporisation , en dilatant les parois, en desséchant les membranes, faire varier à l’inOni et de la manière la plus rapide les surfaces éclairées; elle doit y produire des inégalités incessantes qui, en déviant les rayous lumineux, occosionnent des mouvements de scintillation et d’oscillation, qu’avec un peu de complaisance, l’esprit prendra pour des indices d’un mouvement de circulation ,

LA VÉGÉTATION

s’il ne SG tient pas en garde contre les illusions de ce phénomène. Mais toute cette fantasmagorie cessera brusquement , dès l’instant qu'on substituera la lumière diffuse à la lumière solaire. Les plaques de substances inorganiques produisent , du reste, les mêmes illusions , quand on les soumet aux mêmes procédés opératoires; que l’on trace, en effet, sur du talc ou sur une couche aussi mince d'ardoise, des compartiments hexagonaux noircis à l’iiiiile, et séparés entre eux par des intervalles qui imitent le réseau des nervures : si l’on observe, au microscope, par la lumière solaire , une semblable plaque recouverte ou simplement humectée d’eau, le réseau présentera toutes les scintillations que l’on aura remarquées sur le réseau de la feuille végétale; et ces scintillations cesseront, si l’on remplace la lumière solaire par la lumière diffuse.

1393. Soit une feuille assez mince pour être observée à la lumière diffuse, ce qui, en général , n’a lieu que chez les feuilles aquatiques; il sera nécessaire de l’observer recouverte d’une couche d’eau , pour conserver autour d’elle les circonstances favorables à sa végétation ; mais le réseau de ses nervures , ou les inégalités de scs surfaces , en s’appliquant contre le porteobjet , produiront des interstices factices, dans lesquels l’eau du porte-objet paraîtra circuler, en obéissant aux diverses impulsions qui lui seront imprimées, indépendamment de la capillarité , par les diverses circonstances de l’observation. Or, comme l’eau du porte-objet, quelque précaution que l’on prenne, n’est jamais pure de corps étrangers, elle ne manquera pas, en les charriant le long des nervures, de simuler une circulation normale; et quand cette reptation aura lieu sous une moitié de la nervure transparente, l’esprit de l’observateur ne manquera pas de transporter le phénomène dans la capacité de la nervure même; de semblables distances, en effet, sont incommensurables au microscope ; et ces mouvements artificiels durent assez longtemps, par les simples effets de l’inclinaison des surfaces, pour compléter rüiusioo. Mais en combinant, d’après les

[i] Nouveau SytUme de Chimie organ.t p. 3i8.

EN CÉNÉnAL.

règles de Pindoction, les èpreUTes et les contre^épreuves , on ne manquera pas de déterminer, avec une précision matbéma* tique, la nature et la cause de ces mouvements illusoires.

1995. Enfin toutes ces causes d'illusion deviendront encore plus puissantes, si, dans le but de diminuer les obstacles que rencontre la vision, on divise le tissu de Porgane foliacé en lamelles membraneuses. Âua mouvements dont nous avons parlé ci-dessus , s'en joindront nécessairement d'autres, qui paraîtront plus intimes, quoique étant encore plus artificiels que les premiers; car le liquide qui s'écoule des cellules évcntrées , celui qui s'écoule des orifices des interstices, l'eau du porte-objet qui rentre dans les interstices et dans les cellules béantes , pour y remplacer Pair qui s'en échappe ou la sève qui s'en écoule, présenteront les signes les moins contestables d'un mouvement circulatoire , qui pourtant ne sera rien moins que l'effet organique de la circulation; et quand tout rentrera dans le repos, et que toutes les surfaces se seront mises au niveau , il sufBra de la plus légère inclinaison du porte-objet, et du plus léger ébranlement du plan sur lequel repose le microscope, pour que ce genre de circulation reprenne son cours.

1991. Ces notions paraîtront tellement élémentaires , tellement conformes aux règles les plus ordinaires du sens commun, qu'on aura de la peine à croire que jamais personne ait pu être dupe d'illusions semblables ; et pourtant la physiologie académique est encore exposée tous les ans â couronner des méprises dece genre.

Nous avons longuement répété les observations que depuis près de dix ans on a publiées pour ou contre les théories relatives à la circulation de ce qu'on a désigné sous le nom de latex; nous n'en avons peut-être pas trouvé une seule qui ne soit entachée de l'une ou de l'autre des illusions que nous venons de signaler plus haut; et nous sommes moins étonné de l'emflireisement qu'a montré une section incompétente à couronner ces idées, que (Jü la persévérance que les auleui’s ont

mise à les soutenir et à les démontrer.

Quelle fatalité porte donc les hommes à entasser les unes sur les autres des erreurs d'observation et de manipulation, pour démontrer une vérité déjà évidente par la théorie et l'analogie?

1995. Rrvob cniTiQuR nss KXPÉaiBficBS

QPB LES PIlYSIClRltS ONT PCBLIKES, 8ÜB IBS CAD8BS CT LB üÉCANISMB DE l'aSCKNSION DB LA

8KVE. Les auteurs qui se sont livrés à ces sortes de recherches appartiennent à l'époque où l'on ne jugeait des phénomènes organiques que par des expériences en grand ; mais du moins ils observaient avec précision , et n'imaginaient pas au lieu d'observer. Aussi les faits qu'ils énoncent ne sauraient être suspects d'inexactitude, alors même que les inductions qu'ils en tirent devront être considérées comme erronées. Opérant presque toujours en physiologie sur des masses, comme ils opéraient en physique, ils étaient enclins â ne voir l'explication des phénomènes que dans la mécanique, sans trop tenir compte de la vitalité qui réside tout entière dans une molécule organisée; et ils ont été ainsi amenés à prendre l'effet pour la cause, le mouvement imprimé pour le mobile.

1996. Dès qu'il fut démontré qu'un liquide , qu'on a désigné sous le nom de sève, monte et descend à travers le tissu interne d*un végétal , comme le sang circule dans l'intérieur de l'animal , on dut être porté à rechercher la route que sirit cette circulation ascendante et descendante. Les uns pensèrent que la sève monte parla moelle, les autres par l'ccorce ; et le procès restait pendant faute de preuves directes. Pour décider celle question de vascularité, la première pensée qui se présenta à l'esprit des observateurs, fut de recourir au procédé des injections colorées, qui, chez les animaux, tracent si bien la route et les circuits des vaisseaux. Magnol, Sarrabat, Duhamel , Bonnet, Bill, Muslel enfin [I], se^sont li-

ft] Voyci nos observalloos rctslives k ce sujet, dan» le Bulletin unioerset tlet Sciencet et tlel'Jtf itutlrie, Sur le» LtniicêlUs, x' sccl- , mai iSsü.

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INFLUENCES SUR LA VÉGÉTATION

vrit k ce* sortes île recherches et sont arrivés à îles résultats analogues, que nous allons apprécier.

1297. La matière colorante à laquelle ils se sont arrêtés, est la cochenille, de préférence il l’encre , qui désorganise les tissus, et à toute autre substance végétale susceptible de s’altérer. Le procédé consiste à tenir l’organe du végétal plongé dans une solution aqueuse de cette substance, et à eiaminer ensuite , par l’anatomie en grand , jusqu’à quel point et par quelle direction la liqueur colorée s'est insinuée dans le tissu. Les auteurs ne pouvaient, a cette époque, avoir l'idée de faire entrer dans leurs espérimentations des considérations d'un ordre plut élevé.

1208. Us ont reconnu, de cette manière, 1° que la matière colorante ne pénètre ni par l’écorce , ni par la moelle , mais toujours par le corps ligneux, soit que l’on plonge dans l'injection les végétaux munis do leurs racines , ou seulement la base d’une branche détachée de la tige ; 2° que la liqueur colorante ne passe jamais ni à travers les feuilles, ni à travers l’écorce ; 3° qu’elle monte dans le ligneux par l’amputation, quelque bout de la branche que l’on plonge dans le liquide coloré ; 4° que l’eau colorante ne pénètre pas même par la cicatrice du bourgeon fraîchement enlevé.

< 1299. Or, ces résultats, avec quelque précision qu’ils aient été obtenus, et en les admettant comme rigoureusement vrais, ne représentent aucunement tes phénomènes de la nature, et tiennent à des causes tout à fait artificielles, à des causes entièrement mécaniques.

1300. Les liqueurs colorées ne s’insinuent dans le végétal que par l’orilice béantdes tubes capillaires ; il fautunc amputation pour leur pratiquer un passage.

Voilà pourquoi elles ne pénètrent ni par Ica feuilles adhérant à la tige , et recouvertes de leur épiderme protecteur et imperforé ; voilà pourquoi elles ne sauraient pénétrer, ni par l'écorce jeune, que protège également un épiderme, ni par l’écorce vieillie qui est le résultat de l’ag-

glutination de toutes les écorces succèsaivemeot épuisées, lesquelles viennent s’appliquer , se coller les unes contre les autres, comme des feuilles d’un métal primitivement poreux, qui aurait passé ait laminoir, et qui aurait ainsi effacé tous ses interstices. L’écorce, de quelque date qu’elle soit, ne laisse donc rien passer, parce qu’elle n’offre jamais le moindre orifice qui communique avec les milieux ambiants; à quelque âge qu’on l’observe, elle ne laisse rien monter par ses amputations; car, vieille, elle est désorganisée et par conséquent privée de cellules, de vaisseaux et d’interstices capables de livrer passage à une circulation soit naturelle, soit artificielle; jeune, elle ne laisse rien monter, car elle ne possède que des cellules inscrites dans une sphère, et jamais la moindre cellule plus allongée que les autres, et élaborant un sue séveux ; c’est une couche de cellules homogènes recouvertes d’une couche épidermique qui adhère sur tous les points aux cellules.

1501. Par les raciues intègres, aucune liqueur colorante ne saurait entrer. Ceux qui ont remarqué le contraire n’ont pas fait attention que lorsqu’on arrache dit sol une plante, les racines cassent presque toutes par leurs extrémités plot ou moins ramifiées ; que si on les plonge en cet état dans les liqueurs colorantes, l'ascension de celles-ci dans l’intérieur du tissu te fait, par L’amputation, et non par la surface externe de la racine , et non par leur écorce. Ce eas rentre donc danp celui des tiges , dont nous venons de nous occuper. Que si, au contraire, on cherche à étudier ce phénomène par la germination, le seul procédé qui permette d'observer le phénomènes l’abri de toutes les sources de méprises , on reconnaît qu’auenue liqueur colorautc ne pénètre dans l’intérieur de la racine, soit par sa surface corticale, toit par sou extrémité, tant qu’elle continue à te développer, et que, par conséquent, nul genre d’altération n’en a endommagé les tissus. Hais la coloration pénètre sur-le-champ par la moindre solution de continuité qu’on pratique sur sa périphérie; aussi la coiflc qui termine

EN GÉNÉRAL

toute jeune racine, surtout les racines qui SC développent dans l'eau (810), se colore-t-elle seule sur celles dont rien n'aUére l'organisation. Que si l'on tient la racine plongée dansunmilieudéiétére, tel que l'encre, il survient une désorganisation des tissus, qui ouvre diverses issues a Tintroductionduliquide colorant} maison observe alors une circonstance qui achève de démontrer que les liqueurs colorantes ne péiièlreut pas dans l'intérieur de la racine par sa surface corticale } car la (léser ganisalion commence juste où nous avous dit que s'opérait l'organisation, juste au foyer du développement, c'est-à-dire dans l'eatrémité gommaîre de la racine (809). Cette eitrémilé noircit, se désagrégé, se délite en matière pultacée} et en se détachant, soit spontanément, soit par suite d'un accident, elle met l’organisation iulcrne des tissus non encore attaqués, en contact avec le liquide ambiant, qui y pénètre par tous les orilices béants Jes cellules vasculaires et des interstices.

I30i. £ii conséquence, riulroduclioii ilcs liquides colorants dans l'intérieur des tissus ne représente nullement le mode dont les surfaces radiculaires introduisent le liquide de lasévc.La naturen'opèrepas avec ces procédés grossiers ; elle ne prend pas tout ce qui se présente dans un milieu ambiant} elle fait, en s'imbibant d'eau, une espèce de triage, et ce qu'elle admet Je moins et ce qu'ello n'admet jamais dans cette opération éclectique, ce sont Jes molécules colorantes dont nous nous plaisons à envelopper la végétation } tandis qu'à la faveur d'une amputation, il estpeu de matières coiorantesou autres qui ne puissent s'introduire assez avant dans l'intérieur des tissus. Nous avons vu , cii parlant du Chara (COÛ) , que l’eau qui est aspirée par le tube n'y rentre qu'en dépotant, sur sa surface extérieure, le carbonate de cbaux qu'elle tenait en dissolution àTaide de sou acide carbonique } or, h l'aido d'une injection arliOciellc , le carbonate de cbaux et les sels de toute autre nature s'introduisent, même alors qu'ils DCSoDtquc tenus en suspension dans l'eau.

1303. C'est faute d'avoir conçu l'orga-

nisation intime des tissus végétaux, qu'oti a trouvé l'analogue d'un phénomène dans les suites d'un accident, et qu'on a cherché à expliquer tout ce que les *k^cliuiis ont de plus délicat par ce que le mécanisme do la manipulation peut offrir de plus grossier. Si nous reportons notre esprit sur les démonstrations anatomiques que nous avons doiméesdes tissus, dans la deuxième partie (-109), nous n'aurons pas de peine à réduire à leur juste valeur les expériences par les liqueurs colorantes.

1301. Nous avons établi que tout organe était une vésicule close et imperforée, dans le sein de laquelle se développent , et par |a continuation indéfinie du ce même mécanisme , des vésicules , dont les unes s'élancent , comme d'un seul jet , de toute 1a longueur ou la largeur de l'organe, et dont les autres, engendrant plus vile qu'elles ne ac développent, linissent par former une somme de cellules si nombreuses , <}ue chacune d'elles occupe moins d'espace que les cellules qui se sont plus allongées. Lorsque nous examiuoiii l'organisation de cc tissu par nos procédés de mutilation, les cellules dont toute Ja périphérie se trouve dans le champ visuel conservent le nom de cellules } les autres prennent le nom do vaisseaux , surtout quand Ja section transversale de leur tube nous permet d'en voir couler le liquide séveux. Mais, avons-nous ajouté, entre ccf cellules de deux sortes sc pratiquent des interstices, que laisse à la circulatiou , l'agglutination des parois de deux cellules congénères ou contiguës. Ces interstices forment un réseau dont les mailles affectent les mêmes configuralions <}ue le plan de chaque cellule. Eu conséquence, les interstices des cellules vasculaii'cs offriront des tubes parallèles à ces cellules, et aussi longs qu'elles; et jugez de leur longueur dans un entrc-nceud qui a pris le développement du tronc (873); carie développement en longueur des organes vasculaires n'est limité que par le cul-de-sac de l'entre-nœud, et, par conséquent , que par l'articulation qui résulte de l'agglutination bout à bout do deux eiilrc-nmuds.

528 INFLUENCES SFR

1805. Qae r^stiUora-t-il donc lorsqu'on plongera dans un liquide coloré un organe quelconque (rameau^ racine, tronc, tigelle) après qVon l'aura coupé transrersalcmcnt sur un point quelconque de sa longueur? La tranche amputée ofTHra autant d'orifî* CCS béants qu'elle intéressera d'intersliccs longitudinaux etde cellules, soit allongées, soU polyèdres ; l'eau ambiante , avec les molécules les plfis grossières qu'elle est susceptible de tenir en suspension, tendra à envahir toutes les cavités , si elles sont ▼ides , ou & se mêler ii la substance qui les occupe déjà; or, ces cavités peuvent se trouver pleines ou d'airoud'un liquide, l'atr envahissant les cellules , de quelque forme et de quelque longueur qu'elles soient, une fois épuisées et qu'elles ces> sent d'élaborer , et l'air étant dans le cas de circuler , soit simultanément , soit successivement avec l'eau chargée de sels qui circule dans les interstices. Si ^air a envahi une cellule vasculaire, l'eau ambiante l'y refoulera, comme dans un tube barométrique, jusqu'à ce qu'elle l'ait dissous ou combiné avec les substances qu'elle charrie, ou que la végétation l'ait absorbé; dans ce cas, la cellule laissera pénétrer dans toute sa longueur le liquide coloré. Si la cellule vasculaire est remplie d'un liquide sévenx, ladilTiculté qu'éprouvera le liquide colorant, pour pénétrer dans la cavité, dépendra de la concentration de la substance séveuse, de sa viscosité et de sa-plus ou moins grande miscibilité à l'eau : c'est ce qui fai t qu'à l'observation microscopique on trouve rarement la liqueur colorante dans un vaisseau séveux; qu'elle ne pénètre pas, par exemple, dans les organes qui renferment la liqueur jaune du Chclidonium. Les interstices opposeront moins d'obstacles à son invasion, parce que l'air qui aura pu les envahir, refoulé par l'ascension du liquide coloré, s'échappera plus facilement par le réseau avec lequel communique l'interstice; et que s'il est rempli d'eau, celle-ci ne tardera pas à se colorer de proche en proche par son contact avec le liquide coloré, dans le cas où la végétation n'aurait pat assez d'activité pour l’absor-

LA VÉGÉTATION

ber, par l'aspiration des membranes. Que si, au contraire , cette absorption est rapide, la matière colorante qui sc trouvera arrêtée au passage, tapissera de plus en plus la surface de l'interstice, dans lequel le liquide coloré est si énergiquement attiré : or , la moindre parcelle de matière colorante a stifliquelquefois pour obstruer une ramification accessoire des interstices, et il se rencontrera telle de ces ramifîcations si ténues, qu'une molécule colorée , à peine mesurable au microscope, sufGra; tels sont les inlerstiecs des cellules polyèdres, surtout de dernière formation. Dès que ce petitobstacle aura pris position, il fera dès ce moment l'office de filtre , à travers lequel l'eau incolore passera seule; et l'introduction et l'asCensioo du liquide continuera indéfiniment peut-être, sans laisser aucune trace nouvelle de son passage.

150G. Or donc, si l'on fait des expériences sur des tiges jeunes et herbacées , la liqueur colorante ne pénétrera en apparence , ni dans la portion corticale, ni dans la portion centrale, parce que l'organisation de l'une ou de l'autre ne se composeqtic decellules polyèdres, de tranches hexagonales, dont les interstices sont trop exigus pour donner longtemps passage aux molécules colorées ; cependant, au microscope, on découvrira que la coloration s'est glissée jusqu'à la hauteur au moins d'un millimètre. Elle montera, au contraire, bien plus haut, dans toutes les portions renfermant des cellules vasculaires . et des interstices longitudinaux d'un seul jet. Si l'on fait l'expérience sur une tige ligneuse, la matièrecolorantene pénétrera pas dans l'écorce, parce que les couches ligneuses, en se pressant contre l'écorce, ont perdu tonte leur vascularité interstitiale, et ne forment plus qu'une feuille composée de membranes aplaties agglutinées entre elles , sans la moindre solution de continuité. La moelle intérieure ne laissera pas pénétrer bien haut la matière colorante, parce que ses interstices ne montent pas assez haut, et que leurs ramifications sont trop ténues. Mais, dans l'un comme dans l'autre cas, cela ne siguiiicranuilemcDlquc le liquide, que l'eau

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EN GÉNÉRAL

ne p^9$e ni dan§ Pécorce jeune on desséchée « ni dans la moelle. L'eau avec laquelle on met en contact un orjvanc pénètre dans tous les tissus : dans les tissus morts, par capillarité et par imbibition; dans les tissus vivants, par aspiration ; et pour s'eo convaincre , on n'a que faire de substances colorantes; il suffit d'observer Timbibition placez dans l'eau la base seule d'une tige amputée , soit herbacée, soit ligneuse, tous les organes foliacés qui ne sont pas frappés de mort, mais qui commencent a languir, reprendront leur végétation et leur port ordinaire , les bourgeons s'ouvriront, les fleurs s'épanouiront* Donc l'eau de la base pénétre jusqu'au sommet de la lige, et cela que la tige soit articulée ou d'un seul jet.

1307. Les articulations qui forment un obstacle insurmontable aux injections colorées , n'en opposent aucun à l'eau nécessaire à U végétation. L'entre-nœud supérieur la soutire par aspiration à l'entre-nmad inférieur; mais, en la soutirant, il choisit, dans les substances qu'elle dissout, celles qui conviennent à sa végétation, et abandonne les autres, qui, par suite de ce triage , se cristallisent souvent sur la paroi externe [1], comme les substances colorantes s'y arrêtent. Aussi, jamais vont ne verrez passer la liqueur colorée, delà tige amputée dans le rameau, si près du rameau que vous coupiez la tige ; car le rameau est empâté sur la tige par une articulation (991).

1508. Les physiciens sc sont livrés à un autre genre de recherches sur la force et la vitesse de la sève. Haies est celui qui a varié les expériences avec le plus de méthode et de persévérance; mais, poursuivies sous l'influence des idées physiologiques qui dominaient alors, elles ontdonné des nombres , comme les précédentes donnaient des faits, et pas une seule loi.

Haies luta la tranche transversale de la racine d'an Poirier dans l'extrémité d'un tube de verre rempli d'eau , dont l'extrémité inférieure plongeait dans une cuvette

de mercure , soumise à la pression athiosphérique. En six minutes le mercure de la cuvette s'éleva à huit pouces dans le tube do verre ; la racine avait donc absorbé un volume d'eau égal au volume du mercure introduit dans le tube.

Mais cette expérience ne fait que substituer tin nombre à un fait connu ; et le nombre est tellement inconstant qu'on4io le rencontrera pas une seule fois peutêtre sur cent expériences de ce genre.

En effet , l'expérience doit varier en raison de la saison et de l'élévation de température , en raison de l'âge du végétal , de l'énergie de sa végétation , de ses caractères génériques eide son essence spécifique ; en raison du sol qu'il habite, et enfin en raison du volume et de la longueur de la racine que l'on soumet à ce genre d'observation ; toutes circonstances qui sont capables de rendre l'absorption de l'eau plus considérable, et par conséquent son ascension plus rapide. Or; nul observateur, ni Haies , ui ceux qui en ont répété les expériences, n'ont cherché â tenir compte de ces données ; ils se sont contentés d'enregistrer les résultats, qui ont tous fourni des nombres différents.

On a trouvé que les branches d'arbre, détachées de leur tronc, élèvent l'eau à l'instar des racines , ce qui est conforme à la théorie , quelle que soit l'extrémité de la branche que l'on tienne renversé» et lutée avec le tube de verre ; une branche, en effet, est devenue racine (é77) , et elle est susceptible de végéter par tous les bouts. Mais on a trouvé qne tantôt lo Pommier élevait le mercure â cinq pouces et un quart , en une demi-heure ; que tautêt il l'élevait a douze pouces en sept minutes; que les branches de la Vigne l'élevaient â quatre pouces le premier jour, et à deux pouces seulement le second.

1309. Les expériences de Haies sur la force de la sève offrent plus d'intérêt que les précédentes. Ayant adapté un tube barométrique à un chicot de Vigne d»

sept pouces de longueur, l'eau qui sortait du chicot s'éleva dans le tube à vingt et un pieJs. Une autre fois, l'eau éleva le mercure dans le tube à (rente-huit pouces,

( i] y^uwan Sytlimt dt Ckimlt eryan., p. 5iC.

ce qui équivaut i environ quarante-troi»

picJf troi> pouces d'eau.

1510. Uaigré la variation des nombres, cette expérience achève de démontrer que l'ascension de la sève ne doit point s’expliquer d'une manière mécanique ; que nous ne saurions la représenter par des procédés artificiels, et que la capillarité ne joue dans ce phénomène qu'un rôle secondaire. Ces grands effets sont la somme de l’action de bien petites causes; mais la puissance de la vapeur est-elle la somme d'effets plus considérables? La cellule organisée n’est-elle pas supérieure en action et en dimension à l.a vésicule vaporisée? Quoi d'étonnant donc que l'action réunie de vésicules mesurables au microscope puisse élever l’eau à deux atmosphères , quand la molécule incommensurable de la vapeur égale la pression de plusieurs atmosphères? Or, les cellules organisées agissent ici par une espèce de vaporisation. Eu effet, nous avons démontré (üOO) que chacune d’elles , si petite qu'elle soit, a la propriété 1° d'aspirer les li(|uides nécessaires à son élaboration, de les condenser dans son sein, en les organisant en tissus, et d’aspirer les gax, en les condensant dans son sein en liquides, S° d’expirer au dehors de sa substance les gaz et les liquides dont elle s’est assimilé les éléments nécessaires à son organisation. Or, cette double fonction ne saurait s’exercer sans produire des effets analogues h celui de la vapeur et à celui du vide. Quand une cellule aspire, elle produit le vide, et le liquide monte; la cellule suivante aspire à son tour, et le li(|uide monte jusqu’à elle; de petite cellule eu petite cellule, il n'est pas do hauteur possible à laquelle la sève ne puisse monter par ce mécanisme ; et cette ascension , en apparence contraire aux lois hydrauliques, rentre ainsi dans leurs phénomènes les plus simples. Quand on pense que l'aspiration d’un seul piston est capable d’élever une colonne d’eau à trentedeox pieda, il ne doit pas paraître extraordinaire qn-’nne petite cellule soit capable, par son aspiration, d'élever une culoMne capillaire d’eau à la hauteur d’une

LA VÉGÉTATION

fraction quelconque de la ligne ; or, eda suffit pour que l’eau aspirée par la racine puisse parvenir jusqu’à 1a cime du plus haut cèdre du Liban ; chacune de ces petites crllulcs, en effet, peut être considérée et comme une pompe aspirante , et comme un réservoir, dans lequel la cellule suivante vient aspirer à son tour le liquide , dont elle va devenir, à son tour, comme une espèce de réservoir, en le retenant soit dans sou sein, par le seul obstacle de scs parois , soit autour de sea parois , et dans la capacité des interstices, par la constance de son aspiration.

A la force d'aspiration , se joint la force d'expiration; car l’cxpnlsion soulève ce que l'aspiration avait attiré ; et l'expulsion ne saurait avoir lieu^sans un équivalent d'évaporation et d’expansion; ici chaque vésicule peut être assimilée à une chaudière génératrice de vapeurs. Un seul riemple dépouillera cette similitude de l’étraugeté que lui prête la différence des dimensions. 11 est certain que chaque petite vésicule absorbe l'acide carbonique de l'atmosphère, dout elle s’assimile le carbone; or, l’acide carbonique étant composé de 1 volume de vapeur de carbone et do 1 volume d’oxygène condensés en un seul, il s’ensuit que lorsque la vésicule se sera assimilé le volume de carbone, elle possédera de trop le même volume, maison oxygène seulement, que l’introdiiclion d’un nouveau volume d’acide carbonique tendra à expulser au-dehors ; ce volume d’oxygène s’échappera, sous forme de gaz, et viendra ezercer d’autant, dans les interstices , sa pression barométrique. Sous le rapport de l’ascension et de la circulation des liquides, le végétal peut être considéré comme une série indéEnie de pompes foulantes et aspirantes à la fois , et comme une série d’organes générateurs de gaz et de vapeurs.

liais quel est le mécanisme qui communique à des infiniment petits cette double propriété ? C’est leur structure, o’esl leur mode de cristallisation vésiculaire , c’est leur organisation , que nous avons traduite par le mot de vitalité. Il est, en elTet, dans la nature, une combinaison spon-

r>Hj ■ '«d b‘.-

EN GÉNÉRAL

Uoée du carbone, qui engendre un ordre i part de puiaa.-inlj pbénunu'ne» : c'ett celle du carbone et de l’eau , d’où réiultc la molécule organique; de même qu’il eit dana la nature un tiuiple contact capable de déterminer lea plua rapidca couranta, de brûler le diamant comme une paille, et d’engendrer la foudre ; c’eat le simple contact de deux métaux de nom contraire, la somme des effeta étant toujours eu raison de la somme des aiirfacea.

1311. Les cellules végétales perdent de leur puissance d’aspiration , en perdaut de leur puissance de végétation; toutes les influences qui augmentent l’énergie de l’une augmentent l’énergie de l’autre ; toutes celles qui affaiblissent l’énergie de l’une aflaibliaseut l’énergie de l’autre; la sève circulera et s’élèvera plus vite en été qu’en hiver , le jour que la nuit, au soleil qu’ù l’ombre; ajoutez à cet effet celui de la condensation et de la dilatation des liquides. Aussi une entaille pratiquée dans l’intérieur d’un tronc fournira plus de liquide à l’ombre qu’au soleil, la nuit que lu jour, non-seulement parce qu’à la lumière les cellules élaborent avec plus d’énergie, mais encore parce que pendant la nuit le liquide est plus condensé.

1313. Puisque chaque cellule, après avoir aspiré le liquide, a la propriété de l’expirer , le végétal qui n’est , en définitive, qu’un grand organe cellulaire, doit exhaler l’eau par toute sa surface externe, car le tout doit jouir des propriétés de la partie. Cette exhalation invisible est grandement appréciable : tout le monde sait qu’un rameau détaché do la plante, cl dont l’extrémité amputée ne plonge pas dans l’eau, ne tarde pas à se faner et Cnit par se dessécher, alors même qu’on aurait eu la précaution de mastiquer la surface amputée; et cet effet est, d’autant plus rapide que le rameau est exposé à une lumière plus intense, et que l’air ambiant est plus sec. Les végétaux transpirent comme les animaux, car la substance organique qui forme les tissus est aussi perméable chez les uns que chez les autres ; et les organes des uns et des autres ne sauraient s’assimiler les molécules d’un

liquide nourricier sans être doués de la faculté d’éliminer les liquides superflus ; l’une des deux fonctions étant I4 conséquence nécessaire , le contre-coup de l’autre.

1313. Oe ce que la transpiration est une élimination, il s’ensuit que l’eau exbaléo doit être plus pure que l’eau aspirée ; mais surtout de ce que cette eihalalion a lieu par la vaporisation du liquide , il s’ensuit que l'eau exhalée, si elle est enoore chargée de quelques principes , ne peut l’être que de principes volatils ou gazeux, parmi lesquels les substances odorantes et ammoniacales jouent le plus grand rùle. Cette eau est une sueur.

1314. Quant à la quantité exhalée pendant un espace de temps donné, elle doit varier selon l’espèce de végétal , selon l’àge de la plante, la saison , l’époque do la journée à laquelle a lieu l’observation, et une fouie de circonstances étrangères ou inhérentes au mode d’eipérimenlation.

Aussi voyons-nous que les nombres obtenus par lus physiciens qui se sont occupés de ce sujet, varient dans les limites les plus grandes. D’après Haies, un Hélianthe de trois pieds de haut perdit une quantité moyenne do vingt onces par jour ; on Chou ne perdit que dix-neqf onces. D’après Plenk , une tige de Maïs exhale sept onces d’eau par jour; un Chou, vingt-trois onces ; le Cornouiller, une once trois gros.

1315. On a avancé que cette exhalation se fait par les stomates ; cette assertion n’a pas le moindre fondement : il est des feuilles qui n’ofl'rent des stomates que sur une surface; qu'on revête celte surfaco d’une couche de vernis, et l’exhalation su fera tout aussi bien par l’autre. Sans doute, il est des surfaces qui exhalent plus que d’autres; mais cela tient à leur position et à la structure spécialo du leurs tissus, et non à la préseuce ou à l’abience des stomates, organes accessoires et imperforés comme le reste du tissu,

131C. Les plantes aquatiques exhalent plus vite, et se dessèchent plus rapidement que les autres. On a prétendu que les organes de ces plantes manquent de l’épidorme , ou, pour me servir de l’ex-

Div-

INFLUENCES SUE LA VÉGÉTATION

pression employée, de U cuticule, dont sontrcTélnes les feuilles qui Tégètent dans les airs. C’est encore une induction hasardée sur une erreur d'obserTalion. Les feuilles aquatiques ne sont pas , sons ce rapport , autrement organisées que les feuilles terrestres ; elles offrent seulement à la dissection une plus grande adhérence, leur épiderme s'enlève moins facilement.

Elles se dessèchent plus vite que les autres, parce que leur tissu renferme plus d’eau que les autres , à égalité de volume et de poids, et que, par conséquent, leur charpente, consistant en moins de pièces, a’alfaisse plus facilement quand elle n’élabore plus; du reste , deux tissus de même volume étant donnés, mais l’on offrant des cavités plus grandes que l’autre ; ai ces cavités sont remplies d’eau, le tissu du premier exhalera plus que celui du second, en ne tenant compte que de la capillarité, qui retiendra plus longtemps le liquide dans le second que dans le premier. Or, les interstices et les lacunes sont immenses dans les pétioles, les articulations et même les nervures des feuilles des plantes aquatiques.

3<> lariDxacE ns l’sir sua ls véalÎTSTioN.

1317. De même que les animaux, les végétaux ne sauraient vivre privés d’air atmosphérique. Dans le vide , toute végétation cesse pour les végétaux aériens ; comme, dans l’eau, toute végétation cesse pour les plantes aquatiques, dès que l’air que l’eau renferme se trouve épuisé. Les plantes ont donc une respiration , puisqu’elles périssent par asphyxie. Ce fait est incontestable; mais le phénomène, malgré les nombreuses expériences dont il a été l’objet, est encore inexpliqué i l’égard de l’un et de l’autre règne; l’étude doit en être reprise snr d’autres bases, et eu suivant des méthodes plus rationnelles, surtout (idée à laquelle on n’a jamais pensé) en tenant compte de toutes les causes de perturbation qui peuvent émaner de la manipulation et du mode d’expérimentation même.

lâlS. Priestley est le premier qni ait

appelé l’attention des savants snr les résultats du phénomène de la respiration des plantes; il observa, en effet, que les feuilles exposées sous l’eau à la lumière solaire , avaient la propriété de dégager des bulles de gaz oxygène, et d’améliorer l’air vicié (c’est l'expression du temps) par la combustion des bougies et la respiration des animaux, ce que nous traduirions aujourd'hui par les roots : aspirer l'air acide carbonique provenant de la combustion des bougies et de la respiration des animaux. C’est là le résultat auquel arriva Sennebier, en exposant des feuilles fraîches à l’ombre et au soleil , dans de l’eau légèrement imprégnée d’acide carbonique; an soleil, elles dégagèrent du gaz oxygène, et le dégagement dura tant qu'il resta de l’acide carbonique dans l’eau ; à l'ombre, elles ne dégagèrent rien. Ingenhoua répéta et confirma ces expériences; Théodore de Saussure les varia de diverses manières, mais sans ajouter réellement une loi de plus à celle que l’on venait de découvrir, savoir, que les tissus herbacés 4>sorbent l’acide carbonique de l’air atmosphérique au soleil , qu’ils s’en assimilent le carbone, etrejettent l’oxygène qu'ils ont éliminé; enfin qu’au soleil aucun autre tissn privé de la substance verte ne jouit de cette propriété; que le tronc, les racines, les Lichens , les Champignons , par exemple , sont sans action au soleil sur l’acide carbonique.

1319. Avant de discuter les antres résultats obtenus par les expérimentateurs, nous allons établir quelques principes dont on n’a jamais tenu compte dans ces sortes de recherches ; ils peuvent seuls nous donner la clef de certaines anomalies, et nous tracer une route nouvelle, en éliminant les causes d’erreur qui s’opposent à la solution du problème.

1 330. 1° L’air atmosphérique pénètre les végétaux et les animaux , jusqu’à ce que la portion absorbée soit mise en équilibre avec la portion ambiante ; tontes leurs cavités en sont remplies ; dans leurs cellules et lenrs interstices, dans leurs fruits vésiciileux, tout ce qui n’est pas liquide est de l’air, que l’on peut recueillir par la pres-

EN GÉNÉRAL

sion on en faisant le. vide. Que Too déchire sous Peau ordiuaire un végétal d'un tissu spongieux, k longs interstices (p). 4, |3g. 5), et que Ton en observe au microscope un fragment à interstices remplis d'air, en ayant soin de ne point le sortir de la couche d'eau qui le recouvre, de manière que Pair extérieur n'ait aucun moyen de s'introduire dans la capacité de ces tubes naturels ; si ensuite on place des petits morceaux de phosphore à cba* que extrémité des tubes, on ne manquera pas de voir diminuer , sous ses yeux, la longueur de la colonne noire, qui indique la présence de Pair j et lorsqu'elle restera stationnaire, on s'assurera qu'elle a diminué enviroD d'un cinquième : Peau de chaux ne fera subir aucune diminution aux quatre autres cinquièmes, qui, par conséquent, pourront être considérés comme de Paxote, que le phosphore a dépouillé de son oxygène; le gaz renfermé dans la capacité de ce petit cylindre était donc de Pair atmosphérique.

132Î. 8" Or, qu’arrivera-l-il si vous tenez ce végétal plongé dans une atmosphère artificielle, dont les éléments et les proportions ne soient plus analogues à ceux de Pair qui pénètre les tissus ; par exemple , si vous placez un végétal sortant de Pair atmosphérique , dans une atmosphère uniquement formée d'azote ? En vertu de la loi de Péquilibre qui a fait pénétrer Pair extérieur dans le végétal, Pair renfermé dans le végétal viendra modifier l'air nouveau qui l'entoure, et lui rendre ce qui lui manque , c'est-à-dire de l'ozygène; bientôt l'atmosphère artificielle se trouvera combinée à une quantité d'oxygène proportionnelle à celle que possède Pair renfermé dans le tissu même, et Péquilihre se trouvera rétabli. Ce serait donc mal interpréter le phénomène que de voir, dans ce phénomène d'équilibre, un phénomène spécial de respiration végétale.

1S83. Placez maintenant un végétal enlevé à Pair atmosphérique, dans du gaz oxygène par; le végétal , par suite des mêmes lois de l'équilibre des fluides , exhalera de l'azote qu'iLremplaccra par une quantité égale d'oxygène ambiant. Si c'est

dans Pacide carbonique , le végétal exhalera une portion plus ou moins considérable de son air atmosphérique, et ainsi de suite à l'égard de tous les gaz.

1583. 4*^ Dans une atmosphère artificielle , la végétation ne tardera pas à donner des signes de désorganisation ; or , la désorganisation , qui commence juste où Porganisatiou finit, a ses produits spéciaux qui ne manqueront pas de se joindre , à leur tour , à l'atmosphère artificielle , k s'équilibrer avec le fluide ambiant.

1384. Hais l'atmosphère peut devenir spontanément artificielle , quelques instants après que l'on a soumis le végétal à l'expérience sens les récipients ; car les gaz qu'exhalera le végétal , quoique d'une manière normale, finiront par réagir sur lui, faute de pouvoir se répandre , s'utiliser et se neutraliser dans la nature.

1385. 5° Toute plante , en changeant de milieu, cesse d’élaborer d'une manière normale ; elle languit jusqu'à ce qu'elle soit acclimatée ; elle dépérit dès qu'elle n'est point destinée à s’acclimater, c'est-àdire que dès le commencement elle donne des produits qui ne sont pas les produits naturels de sa végétation. Toutes les fois , par exemple , que vous chercherez à recueillir les produits gazeux d'une plante terrestre sous une cloche de verre exposée au soleil , et parle moyen d'une couche la moins épaisse d'eau , non-seulement voua modifierez, vous tourmenterez sa végétation par l'atmosphère humide qui la comprimera de toutes parts , mais encore toutes les parties du végétal qui seront en contact immédiat avec le liquide,siirtout les portions corticales qui ont fait leur temps, tourneront à la décomposition putride, qui ne saurait avoir lieu sans un dégagement considérable de gaz de toute aorte. Ainsi, toutes les expériences qui ont été faites avec de semblables procédés sontà reprendre, et leurs résultats ne sauraient représenter ce qui se passe dans la nature.

1386. 6° D'un autre côté, il est incontestable que l'écorce, letronc, les parties desséchées ou décomposées de la plante réagissent sur l'air , surtout lorsqu'il est chargé d’un peu de gaz oxygène, d'une tout autre

mantèroqtie Wsarfaces herbacées. Or, si TOUS cherchez à étudier les produits de celies-ci, sous la cloche, où tous aurez dé' posé simultanément celleS'U, il est évident que TOUS recueillerez les produits des unes et des autres; et comment alors faire la part de chacune en particulier?

1397. 7® Pour éviter toutes causes de perturbation et dé confusion , il faudrait ne se servir que des plantes aquatiques de la, structure la plus simple et la plus ré> duite ; et nulle ne me parait plus propre h CO genre de recherches que les lentilles dVau {ï.,emna, pl. 15 , fig. 7 , 10) , qui ne se composent que d'une feuille et d'une racine suspendue dans Peau et ne tou> chant jamais à la vase. Ces plantes en miniature se reproduisent par leurncr* Ture médiane, sc propagent indéfiniment à la surface des eanv, à laquelle leur page inférieure reste constamment appliquée.

Les résultats qu'on obtiendra, en plaçant ces plantes lenticulaires sous le récipient , pourront être considérés comme apparie* nant eu propre à la végétation de la portion herbacée.

1528. Les conferves pourraient être employées aut mémos fins; mais, en général, il est difBcile de les obtenir A Petat de propreté qui est naturel à nos petites lentilles aquatiques ; la vase et les débris en décomposition sont trop souvent arrêtés par le feutre de leurs longs filaments , pour qu'il ne leur en reste pas toujours des traces appréciables.

1329. 8® Après avoir obtenu les produits delà végétation herbacée, on procédera à Pétude de la végétation radiculaire, en prenant toutes les précautions indiquées par la logique , c'est-à-dire en reproduisant autour d'elles les diverses circonstances sans lesquelles elles ne sauraient fonctionner d'une manière normale ; la première de ces conditions, c'est Pabsencc de la lumière; et Pépoque la plus favorable de la journée, c’est la nuit.

11 serait ridicule, en effet, de vouloir ju- ] grr de l'action d'un organe souterrain, par les effets que produirait sur lui Pinfluence de la lumière.

1350. 9* Il est impossible de prévoir

LA VÉGÉTATION

d'avance de combien de manières on devra varier les cipérieuces pour parvenir à évaluer les résultats obtenus ; maisla règle qui me semble capable à elle seule de servir de guide à Pexpérimeutatenr , c’est d'observer le végétal lorsqu'il végète , et chacun de ses organes lorsqu’ils foactionuent réellement. Qu’on se propose , en effet, d'étudier Pinlloence de Pairsornne fongosité ; les résultats seront faut, siPon prend poursujet de l'observation un Champignon entièrement développé, car la décomposition suit de près le développement complet; ils le seront également, si on les observe exposés à la lumière et plongés dans Peau, car dans ces detix milieux, le développement de ces végétations s’arrête. On devra se servir d’un iudividu encore emprisonné dans son volva (pi. 59, fig. 2), pourvu qu'on ail soin de l’obtenir avec tes débris suricsquels il végète. Mais ici de nouvelles précautions deviendront indispensables; car ces débrisen décomposition ne manqueraient pas de mêler leurs produits à ceux que l'on a princrpafeoient en vue d’obtenir ou d'évaluer.

1331. 10® Mais à la suite de toutes ces précautions, un esprit observateur se verra forcé de pousser encore plus loin la précision de l'analyse ; il ne manquera pas de s'apercevoir, guidé par la nouvelle méthode, que la surface la plus circonscrite à l'œil nu est composée en réalité d’une mullitade d'organes hétérogènes, quoique placés côte à cète les uns des autres ; et il restera convaincu que les phénomènes de la vie doivent être étudiés dans le sein de chacun d'eux en particulier, si Pou désire obtenir des résultats à Pabri de toute perturbation, et dans leur expression U plus simple. De telles expériences, da reste, sont de nature à être multipliées sans exiger ni trop de frais, ni trop de temps. Nous avons déjà vu ( î 320) que le même interstice peut cumuler, sur le porte-objet, les rèles d'organe et de récipient, qu'il peut fournir et les produits et les moyens d'en mesnrer le volume. C'est une nouvelle branche de physique microscopique , qui n'exige que la pile la plus légère et la* plus petite quantité de réactifs ; et la pré-

EN GÉNÉRAL

cision de< nombrct ne taiirait manquer à de» obserralion» qii'oii embrasse d’un seul coup d’œil, dont la durée est un instant, le champ un millimétré , et où rien d’étranger n’alli're la pureté des produits.

1839. Le» nombreuses expériences que renferment nos livres de chimie et de physiologie, ayant été poursuivies .à l’aide d'une tout autre méthode, ou pliitdt sans aucune espèce de méthode, n’ont amené aucun résultat que l’on puisse traduire par une formule. On en jugera par la critique à laquelle nous allons les soumettre.

1383. 11* En général, les auteurs qui proeèdent & ces expériences font usage d’un bain de mercure , qu’ils recouvrent iriin récipient renfermant l’air soit artificiel , soit atmosphérique, sur lequel ils se proposent d’étudier l’effet de la végétation. Ils introduisent les rameaux sous le récipient, en leur faisant traverser le bain de mercure parrinflexion de leur tige; mais comme ils ont observé que le contact immédiat dn mercure avec l’air est nuisible ù la végétation, ils croient avoir paré à cet inconvénient, en recouvrant le mercure d'une couche d’eau, suffisante pour intercepter le contact , mais pas assez épaisse pour absorber des quantités notables de gaz. Or on n’a pas observé que la plante est elle-même imprégnée de gaz atmospberiqnes, qui tendent à se mettre sans cesse en équilibre avec les gaz extérieurs , et à s’échapper dans le vide , pour former autour de la plante l’atmosphère qu'on lui enlève. Le» portions herbacées, qui plongent dans le mercure , laisseront donc échapper , non-seulement l'air qu’elles renferment à l’instant de l'expérience, mais encore celui qui ne cesse de leur arriver par la portion de la tige exposée à r.iir atmosphérique, et par les racines qui IransmcUcnt leurs produits à la tige. Or, cet air se mêlant continuellement avec le merenre qu’il traverse , ne manquera pas de réagir sur le végétal liii-mème , et d’eii troubler les fonctions.

1334. 19“ Th; de Saussure plaça de cette manière deux Pervenches , l’une dans une atmosphère d’air pur , et l’autre avec une égale quantité d’une atmosphère

composée d’nn mélange de gaz azote, d’oxygène et d’acide carbonique ; il laissa les deux appareils exposés pendant six jours de suite, depuis cinq heures du matin jusqu’à onze heures , aux rayons directs du soleil , affaiblis lorsqu’ils avaient trop d’intensité. Le septième jour, les plantes furent retirées ; elles n’avaient subi, ni l’une ni l’autre, la moindre altération ; leur atmosphère n’avait pas changé de volume ; l’air atmosphérique n’avait rien perdu de sa pureté ; l’air artificiel avait perdu tout son acide carbonique, et avait augmenté de la même quantité son azote et son oxygène. Sa composition avant l’expérience était ;

4199 centimètres cubes de gaz azote ;

1116 de gaz oxygènej

4SI de gaz acide

carbonique ;

Après l’expérience , an contraire , cet air, dont le volume n’av.ait pas varié, ne contenait plus que :

4338 centimètres cnbes de gaz azote;

1408 de gaz oxygène;

1335. Celte expérimentation n’ajoute rien de positif à ce que l’on savait déjà sur le rôle que joue l'acide carbonique; elle nous prouve seulement qu’il a été absorbé en totalité , et que sa place, dans le milieu ambiant , a été reprise par du gaz azote et du gaz oxygène ; mais il est évident que pendant l’espace de six jours il s’est passe des phénomènes, il s’est fait dés échanges et des transformations, dont la trace n’est nullement restée dans les produits observés le septième. Les phénomènes de la vie sont trop fugitifs , pour qu'on cherche à les accumuler ainsi, pendant un espace de temps aussi considérable. Les influences doivent être observées à l'instant où elles s’exercent; et l’influence du rayon solaire agit avec la rapidité de l’éclair ; c’est beaucoup trop encore que le retard d’une heure.

1336. De l’expérience de Saussure, on serait tenté de conclure que le dégagement d’une nouvelle quantité d’azote est

INFLUENCES SUR LA VÉGÉTATION

sse

tin «(Tel normal de la vé{jétation; car apr<>s les six jours de rexpêrimcalation , ”oD trouve que la quantité de Pazole qui «Rtrait dans la composition de Pair atmo> sphérique employé, a augmente de 1 39 cen> timèlres cubes. Or , si Ton observe qu'il s'est dégagé S92 centimètres cubes de gaz oxygène, et qu'on se rappelle ce que nous avons dit sur réqiiilibre des fluides aériformes, on comprendra qu'une partie de l'azote de l'air renfermé dans la plante a dû en sortir, pour rétablir l'équilibre de l'air atmosphérique, que celle addition considérable d'oxygène venait de rompre.

Il est vrai que cette quantité nouvelle d'a> zotc ne complète pas les proportions voulues pour former tout à fait l'air atmosphérique, et que laquantilé d'oxygène est trop forte ; mais si l'on avait cherché à obtenir, par la machine pneumatique, l'air contenu dans laplantc aprèsl'observation, on n'aurait pas miinqué de lui trouver exactement la même composition; l'oxygène devait y offrir le même excédant.

Mais l'équilibre atomistique n'aurait pas manqué de se rétablir, au -dedans en même temps qu'au'dchors , si , pendant l'expérimentation, on avait eu soin d'introduire le complément d'azote, qui manque, pour représenter Icsproportions d'air atmosphérique. On aurait dit alors improprement que la plante avait aspiré de l'azote , par un effet exceptionnel de sa végétation.

1357. Quoi qu'il en soit, il est certain quccct excédant d'oxygène a dû produire, pendant la durée de l'expérience , sur la Tégétalioo,des perturbations dn plusd'un genre , et qu'en conséquence celle expérience ne représente aucun phénomène en réalité.

1338. Quant à l'expérience par l'air atmosphérique pur, elle est tout aussi incomplète ; car, ou bien la plante a continué à végéter sous le récipient ; et alors clic tendrait à démontrer que le gaz acide carbonique n'est pas nécessaire à la végétation; ou bien elle est restée stationnaire; mais alors elle aurait dû se faner et viser à la décomposition. Mais l'uoo et l'autre considérations ont clé également négligées par l'auteur»

1339. 13° A l'aide d'an autre ordre d'expériences, on a établi que, la nuit, les plantes rendent autant d'acide carbonique qu'elles en ont décomposé dans le jour. Il s'ensuivrait alors que le développement de U plante devrait s'en tenir à ses premières enveloppes, puisqu'il y aurait, entre les combinaisons et les décompositions du tissu , une ôsciltalion qui détruirait, la nuit, l'œuvre du jour. Mais ici encore on n'a pris nullement soin de rechercher si l'expiration du gaz acide carbonique, que l'on attribue à la végétation, ne provient pas , au contraire, de la décomposition des tissus qui ont fait leur temps , des écorces et des diverses substances périspermatiques que possèdent les couches externes. Or , la plante U moins élevée peut être riche en ces sortes de tissus, et la mousse la plus petite a, sous ce rapport, son tronc et ses tissus qui se décomposent. Soit donc une plante vivace, ou même annuelle, assez courte pour SC prêter à l'expérimentation , et supposons-la composée d'une tige effeuillée, durcissant déjàcn ligneux, desséchant son écorce, et plus haut d'une sommité herbacée et jeune qui continue son développement. La partie herbacée absorbera et décomposera le gaz acide carbonique; maisladuréede son action expirera à l'approche de la nuit, tandis que les produits de la décomposition des écorces, des résidus , tandis que les produits de la fermentation des substances, qui se sacriGent au développement des tissus , produits toujours riches en acide carbonique, se dégageront jour et nuit, cl beaucoup plus la nuit que le jour. Si l'on négligede faire la part de l'action spéciale de ces deux ordres d'organes, on verra une oscillation là où l'on ne devrait voir qu'une double action ; et l'on sera porté à admettre une théorie qui rendrait la végétation inexplicable ; car comment faire développer un être organique, si du gaz acide carbonique il ne lui reste jamais une parcelle de carbone,.élément indispensable à son organisation ?

1()40. 14° Senncbicrayant rempli deux récipients, l'un do gaz azote, et l'autre de

EN GÉNÉRAL

hytlro{»dnG, introduisit, d.ins chacun d'eux, un rameau vert, dont la base trempait dans de l'eau saturée d'acide carbonique; il eut soin de chanjjcr tous les jours les rameaux , afin de prévenir la décomposition. Au bout de quarante-trois jours , il trouva, dans l'un et l'autre réci> pients, vingt-liuità trente centièmes de (jaz oxygène; d'où il conclut i|tie l'acide carbonique de l'eau dans laquelle plongeait la base du rameau avait rouroi cet osygène. Or,l* cette expérience no représente nullement les elTels naturels, puisque le végétal ne vivait plus dans une atmosphèreordinaire ; on areproché à Seonebicr le vice des procédés d'analyse dont il s'est servi pour reconnaître les produits gazeux ; et il parait probable que la quantité d'oxygène se trouvait moins forte; 3" mais enfin , en l'admettant telle que l'auteur l'indique, rien ne démontre que Foxygène provienne de l'acide carbonique, qui aurait passé par la tranche amputée du rameau, et serait venu se décomposer dans la sommité herbacée. On aurait trouvé de l'oxy{>ène dans l'un et l'autre récipient, alors même que l'extrémité du rameau n'aurait pas été tenue plongée dans l'eau chargée d'acide carbonique ; car l'oxygène de l'air emprisonné dans les mailles de la plante, en vertu de l'équilibre des fluides, n'aurait pas manqué de te mêler à l'azote et à l'hydrogène ambiants.

1341. 15^ On a observé que l'azote, à J'etat de gaz , n'est jamais absorbé par les plantes, soit pur, soit mêlé eu gaz oxygène on au gaz acide carbonique. Cela n'est vrai que comme cas particulier. Si vous placez un végétal dans l'azote pur ou mélangé , le végétal ne dégagera ni n'absorbera la moindre parcelle d'azote, puisqu'il cnrenrermcmèlé à l'oxygèoe dans les proportions voulues pour la combinaison de i'air; il y aura équilibre entre l'azote du dehors et celui du dedans : mais on aurait tort d'en conclure que l'azote atmosphérique est inutile à la combinaison des substances organisées, et que l'azote que l'analyse élémentaire en obtient provient de l'ammoniaque des engrais. Ce n'est pas PHYSIOLOGIE VÊCtTALE.

en observant l'innucncc de l'azote exclusivement sur les tissus herbacés qu'on arrivera à une solution exacte, mais en examinant son influence sur tous les tissus de la même plante, à tous les âges et dans toutes les conditions de la vie végétale. Lorsque nous voyons l'azote de l'air atmosphérique combiné avec l'hydrogène, d'un côté, en ammoniaque , et avec l'oxygène, de l'autre, en acide nitrique, par l'action seule des corps poreux , il serait absurde de penserque dans les pores bien plus actifs de la végétation , et s'y trouvant sans cesse condensé et en contact avec l'eau et l'oxygène, il opposât une résistance opiniâtre à toute combinaison.

1342. Que l'on fasse végéter des plantes dans une terre de sable de rivière, dépouillée*, par les lavages, de tout ce qui pourrait être considéré comme engrais ; et, à l'analyse, on leur trouvera presque tout autant d'azote qu'aux piaules de la même espèceetdu même âge, qui auraient végété dans du terreau. Donc, l'azote de la végétation ne provient pas des engrais exclusivement, mais de l'azote atmosphérique en grande partie.

1343. 1o» Th. de Saussure a placé des racines de jeunes marronniers en contact avec divers gaz ; et il a vu que les individus dont les racines plongeaient dans des gaz privés d'oxygène libre, mouraient au bout de peu de jours, tandis que les racines enveloppées d'air atmosphérique s'y conservaient, en diminuant la quantité du gaz oxygène qu'elles transformaient en acide carbonique. On peut objecter à ces expériences, qu'on ne doit pas juger de l'action des racines sur les gaz, par la manière dont elles se comportent , dans un milieu éclairé et qui ne convient point à leur nature ; détachées de la plante â laquelle elles appartiennent et de la terre à laquelle elles ont fixé leurs suçoirs, elles ne sont plus aptes qu'à se décomposer; il est probable qu’observées plongées dans leur milieu , et tenant au tout dont elles font partie intégrante , elles absorbent tout aussi bien l'acide carbonique que les tissus herbacés , mais qu'elles ne l'absorbent que la nuit et dans l'obscurité.

INPLDÏNCES SUR Li VÉGÉTATION

SSS

L’obicurilé , en effet , eit le milieu hors (liiqiiel leur action vcgétalivc cesse, comme la lumiilre est le milieu hors duquel cpsse la v#(jétatian herbacée. Une racine que l’on expose à l'air, fermente au lieu de vc> géter, et toute fermentation dégage de l’acidç carbonique. Le fruit vert absorbe le gaz acidp carbonique, car il continue sa végétation; It; fruit mûr dégage de l'acide carbonique , car immédiatement après la maturi|p, il s’é|ablit, entre les parties sucfécs e| les parties glptineuses , une feripentation alcoolique, si le fruit pst placé dans des ç|rPpns|aoces favorables.

1541. 17“ Lorsqu’on cherche i faire l'application des résultats obtenus sous le récipient, aux pliénoménos qu’on observe dans la nature, pu trouve infailliblement qno la dernière donnée est en contradiction avec l’une des précédentes; on trouvp, par exemple, que, la nuit, le végétal absorbe; de l’oxfgène et non de l’azote. En conséquence, los végétaux doivent vicier l’air, |a nuit, ep raison de |eurs surfaces herbapées ; ils doivent se dépouiller du gaz néepssairp à la respiration, le rendre, enfin, asphyxiant, far une autre série d’expérippccs, on a cru dépiontrer que le gax azo|e d* l’air eaf un gaz inerte dans la naturç organisée, qu’|l n’f joue qu’un rôle de remplissage, qu’il ne sert, enfin, qu’à diminuer riptensité de l’action de l'oxygène en disséminant ses molécules daps un volume quatre fois plus grand d’un gaz sans action; d'où il devrait arriver que l’air d’une forêt pç devrai; plus, pendant les belles nuits de l’été, se composer que d’oxPt® > et .asphyxier par conséquent l'homme et les animaux. Or, qui n’a paspprouvé exactement le contraire, et quel poète n’a pqs rendu hommage à la pureté de l’air de la nuit et de l’qtmospbèrcdu feuillage? On pourrait répondre à celte objection, qu’en vertu de la loi de l’équibbrc des Guides dont nous avons signalé i'iisportapce dans les expériences de statique végétale et animale, l’azote, dépouillé <lc ses proportions d’oxygène atmotpbéri<tuç , reptecçait dans le sol, oq s’élèverait dans les régions supérieures de l’atmflspbèrs. Hfais, dans le prciqier

cas, il s'ensuivrait que , la nnit, Hair des souterrains serait plus vicié que le jour, et que l’air de l’atmosphère serait plus raréfié la ouït que le jour, ce qui est contraire à toutes les observations ; dans le second cas, il n’en resterait pas moins démontré qu’à une certaine époque de U nuit, et avant que ce mélange ait pu *’cffectucr complètement, l’air atmosphériqnp d'une vaste forêt devrait présenter des proportions plus ou moins éloignées de celles que coDslale l’expérience, à quelque heure du jour oq de la quit qu’on y procède ; en certains instants , ou trouverait plus de 79 centièmes d’axote, et inoias de Sf centièmes d'oxygène; en certains instants de 1a nuit, on se sentirait suffoqué daps une forêt, ef encore davantage , plus tard, sur le haut d'nqe montagne pelée dont les forêts occuperaient le pied ; cq qui est contraire à l'expériepcp générale.

lâfS. f8“ Encore une anomalie : les feuilles mioces, la nuiti absorberaient de l’oxygène cl dégageraient de l’apide carbonique, tandis que tes feuilles grasses ne feraient qu’absorber de l’oxygène. Or, en quoi diffèrent les feqil|es qu’on désigne sous le Dopi dp minces, d’avec les Ceuillea grasses 7 Les qnes et les autres possèdent de la matière verte. Scrait-çe que les premières ont un réseaq vasculaire plus on moins ligneux qui manque çhez les autres ? Nouvelle raison d’expérimenter sur des organes homogènes, et non sur des tqasses d’organes de divers®' sfxuefefe*. Car si l’on çoDsidère les feuilles comme urG^eeX de même nafiire , et comme exerçant 1rs mêmes fonctions dans la végétation, il n’est pas possible que les unes possèdent, sous ce rapport, des propriétés si différentes des autres.

154G. 19“ L’aspiration et l'expiration d'un gaz sont des iodicatiops si pçu précises de leur combinaison organique dans le végétal , qu’il rs( aisé de concevoir qu’on gaz soit dégagé, par cela seul qu'il s’cit opéré une combinaison dç gaz semblable avec Iç végétal. Donpons un exemple qui dépouillera cette proposition de ses formes paradoxales. Le tissu végétal, avonx-pou; dit, est péqétré, dans toutes

EN GÉNÉRAL

se» lacnnes et tous >c> interstices , d'air atmosphérique , d'air composé de 79 d'azote et de SI d'oxyQéne. Ur, supposons que l'une de ses surfaces s'assimile l'oxygpne de l’air ambiant, qu'elle en i-nlèTC 10 parties et demie; en vertu de l’équilibre des fluides, l'air atmnspluTiqtic renfermé dans les lacunes et dans les interstices de son tissu, rendra à l'air extérieur cinq et un quart d<> oxygène. Mais comme ces deux opérations ne seront pas instantanées, que l’une succédera à l’autre, ou fera la simple remarque que l’oxygène est aspiré d’abord , et expiré eusuilc ; et, d'un autre côté, comme l’air expiré sera en moindre volume que l’air aspiré en premier lieu, on traduira ces résultats par ces mots : Le végétal absorbe de l' oxygène, dont il s'approprie une partie, et dont U rçnd l'autre par expiration ; et cette formule pourra ainsi , avec toutes les apparences d’un fait démontré, se trouver tout i) fait fausse,

1347. Rÿseiioas ces considérations; clierchons à préciser ce que nous connaissons de positif en physiologie pneunutique , ce qu’il nous reste à découvrir, et traçons la marche à suivre dans des in- Testigatious i;ussi importantes :

l» A la lumière solaire, le» tissus herbacés [1^ absorbent l'acide carbonique mélangé k l'air atmosphérique, et qui rentre dans ce mélange pour environ quatre centièmes j ils s'en assimilent le carbone, * 3° A la lumière solaire, les tissus d'une

' antre nature, les tissus nocturnes, n’opè-

rent pat de même ; car ils sont expatriés ; suait comme i|s jouissent de la propriété ' de végéter pour leur propre compte, et

par consét|ucnt de s'assimiler le carbone, I sans lequel la molécule organique ne sau-

rait se former, et qu'i|s sont capables de ' végéter sans le secourt d'aucun engrais ,

■ il laut qu'ils possèdent la propriété d'ab-

’ sorber l’acide carbonique atmosphérique,

' une fois qu’ils sont repdacés dans leurs

[ 1 1 Nom entenèom par tisous herbacés , Ict tiuus ’ qui étaboreut le eamSléon végétât , ta subitancc

I verte d'aberd, et qui poMC par toulea lu nuauoei

conditions ordin,vires ; car aucun organe ne doit être observé, sous ce rapport, que dans les conditions où il fonctionne.

3» Les organes végétaux, fonctionnant dans de telles eonditions, doivent aspirer dans l'air tous les gaz qui rentrent dans la structure de leurs tissus, à l'exception de l'hydrogène qu’ils retrouvent dans l'eau qui circule h travers leurs cellules. Ils aspirent l’azote comme l'oxygène, puisque leurs lacunes sont remplies d’air atmosphérique, qui n’a pu leur parvenir que de l’atmosphère ambiante ; et comme ils consument beaucoup plus d’oxygène, de carbone et d'eau dans leur développement, que d'azote, qui n'entre que dans la composition du gluten et des sels ammoniacaux organiques, il s'ensuit qu'ils expirent rarement de l’azote, vu qu’ils n'en possèdent jamais eu proportions plus fortes que l’oxygène, et que le» pertes de l’oxygène organisé se réparent avec l’oxygène éliminé de l’acide carbonique que la plante absorbe.

4” Nos expériences de laboratoire ne sauraient représenter cc qui sc passe dans la nature , à l'intérieur et à l’extérieur du végétal : à l'intérieur , car aucune étude n’a été encore dirigée souscc rapport; à l’extérieur, car à quelque heure du jour ou de la nuit que vous preniez l’air, qui forme l’atmosphère de la végétation de nos bois, vous lui trouverez, par l’analyse, dans tous les cas, la même composition ; tandis que sous nos récipients, nous rencontrons des excédants considérables de l’un ou de l’autre de» éléments, excédant» qui, par leur présence, ne peuvent manquer de réagir sur le végétal Ini-mèiue , et en altérer le» fonctions. L’équilibre s’établit dans Iq nature .à l’instant même où il se dérange ; la terre que pénètre l'air, rend à l’atmosphère celui des gaz que la végétation lui soustrait ; les débris en décomposition, et peut-être même les carbonates terreux, toujours en vertu de l’é-

du prisme, juaqu'su jaune. Les feuille» colorée» produisent , à ta UimiÇro solaire , le» même» phiinonèue» aue le» feuille» verte».

INFLDF.N’CES SÜR LA VÉGÉTATION

:îio

qitilibr«f produisent d'autant pins d'acide cart»oiiiquc que la plante en absorbe davantaf^e.

5® Eu {général , dans les expériences chimiques , on ne tient aucun compte de l'air atmosphérique renfermé dans les interstices d'une plante ; et pourtant on comprendra facilement dans quelles erreurs la néQli^rpnce d'une donnée aussi importante est capable de jeter l'observateur. Par exemple, il est des vé(vétaui, tels que le Boietus cyanescens ^ et les racines et ti{*es de plantes phanérogames, dont le tissu interne prend une coloration violette, ou purpurine, ou indigo, quand on le déchire au contact de l'air atmosphérique. Mais on conçoit que cet effet aurait lieu également , au contact de tout autre mélange de gaz , dans lequel l'oxygène n'entrerait nullement ; et dans ce cas, l'observateur prononcerait à tort que ce phénomène de coloration n'est rien moins (|u'un phénomène d'oxygénation ; car la plante renfermant, à côté des organes remplis de matière colorable , des inter> sticcs pleins d'air atmosphérique, l'incision qui viendrait tout à coup intéresser à la fois et les organes, et les interstices, placerait chaque molécule de matière coiorable,en contact avec une suffisante quantité de gaz oxygène, pour engendrer la coloration , sans le secours de l'air ambiant.

Ainsi , pour procéder à l'expérience avec précision , et mettre le résultat à l'abri de toute fausse interprétation, il faudrait avoir soin d'observer le végétal , après l'avoir épuisé d'air par la machine pneumatique j on serait sùr, de celte manière,que l'air que les tissus sont dans le cas de renfermer n'entre pour rien dans les réactions des différents gaz dont on cherche à reconnaître l'influence.

6® <^)u'un seul des éléments atmosphériques vienne tout à coup à manquer, et la végétation de la plante en éprouveraitdes effets délétères. Le végétal ne saurait vivre ni dans l'un ni dans l'autre de ces cléments \ l'oxygène, ce principe de la vie, le tue, s'il est seul ; non pas parce qu'il le hriMe et active trop sa végétation, comme on l'avance dans les écoles , mais parce

que le végétal ne vit pas d’oiyg^ne seul , et qu'il a besoin de vivre à toute heure. On a dit que le rôle de l'azote, dans l'atmosphère, était réduit exclusivement à diminuer, par son innocuité , l'intensité de l'action de l'oxygène ; mais qu'on essaie de faire vivre un être organisé dans une atmosphère d'oxygène et d'hydrogène , gaz tout aussi innocent que l'azote! L'azote est aussi utile à la vie que l'oxygène et que l'acide carbonique, il est aussi utile que l'eau ; car il entre , comme l’oxygène , l'acide carbonique et l'eau , quoique peutêtre en plus faibles proportions, dans la composition de la molécule organisée.

1518. Cest à faire concorder les expériences avec toutes les idées fondées sur une analogie irrécusable, que doit viser désormais la physiologie pneumatique ; et la route qu'elle a suivie jusqu'à ce jour n'était certes rien moins que propre à U diriger vers ce but.

1549. 7® L'air, après avoir agi snr la végétation comme élément , exerce d'autres influences, et par le mouvement qn'il reçoit et qu'il imprime , et par le véhicule qu'il fournit aux émanations du sol et des eaux ; et sous ces deux rapports, il est dans le cas d'ètre aussi nuisible que favorable à la végétation ; il est également dépositaire de la rosée et de la grêle, de la pluie et des orages ; il ramène tour à tour la sérénité et les nuages, et son souffle humide ou brûlant , selon les surfaces qu'il a parcourues , apporte à nos champs la fraîcheur ou la sécheresse. Duhamel, et Knight plus tard, ont remarqué que l'agitation de l'air profite an développement de nos arbres , et que, toutes choses égales d'ailleurs , un individu élevé dans le calme de nos serres serait énormément plus tardif que l'individu de la même espèce élevé en plein vent. Le développement en longueur et en diamètre n'étant que le résultat d'une génération indéfinie d'organes internes (535) , et la génération provenant des accouplements des spires tournant en sens contraire les unes des autres , dans le sein de la même cellule (716) , l'agitation ne favoriserait-elle ce développemeot qu'en fournissant aux spi-

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EN GÉNÉRAL

res, par Textension et Tinflexion de la cellule , les moyens de se rencontrer et de s'accoupler une nouvelle fois? Car enfin , le végétal n'est redevable de son accroissement qu'à l'accroissement des vésicules qui le composent; et il seraitab* surde et contradictoire dans les termes, d'aller chercher la cause de l'accroisse* ment du tout , dans le tout lui*mème , indépendamment de ses parties.

4* INPLUENCl no TK&RAi:< SCR LA VECKTATlOrf.

1350. Le terrain exerce sur la végéta* lion deux sortes d'influences bien distinctes; l'une comme véhicule, et l'autre comme élément propre.

1» Comme véhicule de l'humidité qu'aspirent les racines, de l'air qu'elles décomposent et s'assimilent, et de l'obscurité qui protège leur double élaboration , le terrain le plus favorable à la végétation est celui qui, par ses propriétés physiques et la disposition de ses molécules, est le plus propre à conserver l'humidité, et donne un plus libre passage à l'air que la plante aspire et au gaz qu'elle dégage.

Comme élément, le terrain joue un rdle tout aussi grand que l'air atmosphérique; il fournit à son tour des éléments k l'organisation; la molécule organique résulte de la combinaison des gaz ; la vésicule organisée résulte de la combinaison de la molécule organique avec les bases terreuses [1].

1351. L'économie rurale ne juge de la qualité du terrain que par la valeur des produits qui y viennent de préférence ; et comme le froment est pour l'bomme le produit le plus précieux et le plus indispensable, on a admis que le terrain à blé était le meilleur des terrains. En physiologie, l'estimation doit se faire sur d'autres bases; et comme chaque plante affecte un terrain différent, il s'ensuit que le meilleur terrain est celui qu'une plante préfère.

1353. Un tiers d'argile, un tiers de calcaire et un tiers de sable constituent le terrain le plus favorable à la culture du

[i] Ifouveau Sÿ*t<mc ééOiimie or^an., p.

S'il

froment ; mais dans un terrain semblable, ne prospéreraient ni le Festuca lUtoraliSf ni V Eljrmtis arenariusj ni V ira canesce/iSy qui ne viennent que dans le sable.

1353. Et ce n'est pas par sa porosité que ce dernier terrain convient le mieux à ces sortes de plantes ; c'est par la nature chimique de scs molécules, c'est par la nature des bases terreuses qui doivent s'associer aux tissus qu'elles élaborent. U est, en physiologie , des vérités dont la démonstration est moins directe que cellelà. Telle base abonde plus dans tel végétal que dans tel autre; la silice recouvre comme un vernis tous les tissus eitérieurs des chaumes des Graminées; les sels calcaires forment la majeure partie du poids de la gomme arabique ou du pays; le phosphate de chaux tapisse de scs aiguilles cristallisées tous les interstices vasculaires du Phjrtolacca ; l'oxalatc de chaux se trouve coustamoient crislatlisc dans les racines traçantes des Iris et dans les feuilles de la Rhubarbe; le sulfate de chaux, que l'on jette en poudre sur les feuilles des Légumineuses fourragères, en décuple la végétation, en pénétrant dans les tissus et en s'associant avec eux. Les Eponges et les Spongilles, dont les cellules sont soutenues par une charpente , par un feutre de cristaux de silice, s'empâtent sur les pierres siliceuses, ou sur les pierres calcaires qui renferment des silicates.

1354. De là vient que telle plante préfère tel terrain à tel autre ; que telle piaule ne se trouve que dans tel terrain donné; que nous avons les plantes des terrains sablonneux, les plantes des terrains argileux, celles des terrains calcaires, celles des murs, celles des berges, celtes des rues, celles des routes, celles des décombres, etc. Car chaque plante ne végète que là où elle trouve les matériaux nécessaires à son organisation; de même qu'elle meurt dans Je vide, de même elle meurt dans le terrain privé des bases qui conviennent à scs formes et à sa constituliou organique; elle s'asphyxie faute de terre, comme elle s'asphyxie faute d'air; car vivre, c'est combiner; et sans éléments, iln'ost pas du combinaison possible,

1355. Que Ton dépose une foraine dans un sol <]ui, tout en réunissant les autres couditions nécessaires h la Té|tétation , manr|uc de la base terreuse avec lar|ucll6 Je végétal donné se combine \ la graine y germera, parce que son périsperme renferme les éléments terreiu et orjjaniqiies qui peuvent suffire à ta germination; mais ces provisions épuisées, la plante aura fait son temps; elle ne poussera pas plus loin une végétation lactescente etalTamée; elle ne se reproduira pas.

135G. Que si le scl qu'elle alTectionne se trouve dans le sol, mais en quantité insiilRsante, elle végétera jusqu'à ce qu'elle l'ait épuisé; mais la faculté reproductrice de sa graine se ressentira de la disette, et la germination donnera lieu à un produit dégénéré; et à la seconde ou troisième génération , la race s'éteindra sur les lieux qui l'ont vue naître. C'est par la même raison que les graines de plantes terrestres que nous élevons dans des soih coupes pleines d'eau, poussent si peu loin leur végétation herbacée , alors même que nous avons soin de les arroser avec de l'eau chargée des sels qui leur conviennent.

1557. La loi est donc incontestable; mais on rencontre moins de précision dans les applications, non-seulement parce que la question est complexe, et qu'on cherche & la décider, comme si clic était réduite à un seul terme; non -seulement parce que l'on confond souvent, sur ce point, Vhnbilat avec le terrain : mais encore parce qu'on a eu moins en vue la détermination de la nature chimique du sol, que celle de sa contexture physique ou géologique.

1358. 11 ne faudrait pas décider qu'une plante vient tout aussi bien dans un terrain que dans un autre, parce qu'en lier- Lorisaut on l'aura trouvée dans celui-là comme dans celui-ci ; on serait exposé à prendre l'expatriation pour la naturalisation, un fait accidentel pour une sympathie normale. 11 est, en effet, plus d'une espèce de hasard qui peut faire qu'une plante végète, fleorisse même dans un lieu qui ne lui convient pas par lui-même, ou qui ne lui convient qu'à demi. Soient, par

LA VÉGÉTATION

exemple, deux terrains idéologiques TOi* sins et superposés Pun à l'âutt-e, dont l’un, par la nature et la structure de Ses éléments, convienne à line plante doUnée, et dont l'autre ne lui convienne ilullement i il pourra arriver qtie la planté Soit rencontrée dans l’un bomme dans l’OutrO , à cause que les vents ou les eaux pluviales ont enrichi le terrain appauvri des éléments du terrain favorable; mais dsriS ce cas, on remarquera que la vé|;étatioQ de la plante sera plus riche dans l'un que dans l'autre. Soient deux terrains dont l’un possédera abondamment les bases coUvOnSbles, qbi chex l’autre Seront répandues avec |ilus de parcimonie ; les gralneS de la plante confiées aU sein de l’un et de l’antfe de ces milieux y reproduiront leur espèce ; mais dans le terrain le moitta riche, oit ne tardera pas à voir l’espèce dégénérer et disparaître, si on ne prend soin de l’y ressemer; tandis que dans le terrain privilégié, le type Se conservera sans altération sensible. Car tout ce qui diminue a une fin ; et lea générations diminneront d’énergie et de puissance, à ttiesnre qne les éléments nécessaires à l’organisation de leurs tissus s’épuiseront ; la secondetransmettra moins à la troisième gli’elle n’aura reçu de la première; la troisième moins à la i|uatrième qu’elle u’aura reçu de la seconde, et il en arrivera tôt ou tard une qui ne transmettra plus rien.

1359. Aussi, observe-t-on, en ébondmie rurale, que le froment s« conserve , dans certains terrains, sans qu’oO soit forcé de changer de semence ; tandis que dans d’autres, il dégénère, faUtede croisement, dès la troisième année.

1360. De là vient encore la nécessité de la rotation des récoltes ou des jachères, qui équivalent à une rotation improductive, car la nature sème U où vous ne semex rien. Le froment vient mal sur le terrain qui, l’année précédente, a produit du froment; car le terrain épuisé de ses sels est, par rapport au même terrain avant son épuisement, bequ’un terrain est à un terrain d’une autre localité et d’une autre espèce. On pourrait objecter qu’une culture d'un autre num ne rendra pas à la terre

EN GÉNÉAAL.

les baies que la culture précédente a épuisées, car les cultures prennent et ne rendent rien; qu’ainsi, en admettant que le froment ait ehlevé au sol les sels qui lui conTieiinent, ce liWt ni ta troisième, ni la quatrième, ni toiiteautre année, qii’il les y troUrera, si le marnage ne vient pas les lui rendre ; en effet, lesengraisne rendent pës ces sortes de sels à la terre, puisque les engrais ordinaires ne sauraient arrêter ces sortes de dégénérescences. Il faut donc chercher la solution du problème dans une autre circonstance de la végétation.

1361. Les racines, on ne saurait le ré- TOqner en doute, soht les organes destinés i transmettre i l’élaboration de la plante les bases terreuses du Sol. Cette fonction ne saurait avoir lien par un antre mécanisme que celui de la succion ; car la plupart des bases terreuses ne sont nullement solubles dans l'eau, le seul véhicule qu’on serait en droit de leur supposer; puisque lesacides, même affaiblis, soht funestes aux racines. Mais Ui succion entraîne un empltement, une adhérence de deux surfaces ; c’est, du reste, ce que l’on remarque chex les végétaux aquatiques qui naissent sur des rochers impénétrables , auxquels leur base radiculaire adhère par un empétement organique. Tout concourt donc i nous faire admettre que les extrémités des dernières ràmincatiorts radiculaires tiennent 1 la molécule terreuse qui convient à leur végétation.

or, les racines , organes souterrains, et protégés contre l’ilinuencc dévorante de l’atmosphère, conservent leur vitalité et quelquefois IcUr végétation souterraine pins d'une année j c’est un fait démontré par l’expérience des défrichements et des aménagements des iVtréts. En conséquence , après la récolte, leS terminaisons des racines resteront encore empâtées aux molécules terreuses qu'elles ont été destinées i élaborer; elles les soustrairont, de cette manière, comUie une conche isolante, à l’élaboration de tout système radiculaire animé des mêmes tendances et des mêmes sympathies ; et le végétal de même nom périra d’inanition, au milieu de l’abondauce des matériaux nécessaires i

son développement que d’autres individus ont envahi et dominent encore. Force sera donc d’attendre que la décomposition des tissus radiculaires ait misa mi les molécules terreuses, pour qu’uue récolte do même nom réussisse dans ce même terrain ; et force sera aussi, si l’un désire utiliser l’espace , au lieu de l’abandonner à des végétations spoiitanées, de n’y semer que des plantes do goûts contraires, et dont les tissus réclament des bases d’une autre nature que lés premières. Cette théorie des rotations des récoltes nous parait la plus ralionnelle ; et l’on arrivera & des formules précises d’application , ai l’on constate un jour, avec exactitude, d’un cûlé le genre de bases que réclame l’orgaillsation spéciale des végétaux, et de l’autre le temps que leur système radiculaire emploie k se décomposer au profit des végétations nouvelles.

1363. Nous expliquons de cette manière, et avec un égal succès, la manière d'agir des écobimges. Cèr brûler, avant les semailles , tes mottes de terre d’uii champ, ce h’est pas l’enrichir de potasse et de soude, que les ciigéais lui apporteraient k moins de frais ; c’est rendre, par la désorganisation dd système radiculairo enfoui les bases terreuses à une végétation qui ne saurait les atteindre sans ce procédé.

1363. C’est ci qui etpllquc encore comment deux plantes, de famille et de puissance végétatricè différentes, He sauraient croître mêlées ensemble dans le même terrain. L’une , d’uUé plus énergique vitalité, soustrait à l’autre les bases pour lesquelles elles ont toutes dellx la même préférence J sans compter que , s’élevant ainsi plus vile, et se trouvant toujours plusbaittcque l’aulrè ,elle achève d’étouffer, par son ombrage, l'œuvre d'épuisemeut qu’elle avait commencée par sa radication , ravissant k la plante VOisirte là lumière qui féconde, après lui aVoir râvl les bases qui nourrissent.

5° iKTLüMca DSS xuoEAis ses ik vÉCBTaTIOni

1364. De temps immémorial, l’expérience humaine a reconnu la nécessité do

INFLUENCES SUR LA VÉGÉTATION

rendre i U terre la pniMance de repro> duction que la Te^jéUtion lui soustrait chaque année ; et elle a eu recours à deux moyens é(;alement , mais non isolément q/licaces ; le marnage et le fumage.

1 365. Le marnage apporte à la terre les bases terreuses qui lui manquent, dans l'intérét de telle ou telle culture j ou bien il SC réduit à en diviser les molécules de manière à les rendre perméables à l'humidité, à l'air. Les terrains argileux, et partant trop compactes, on les divise avec du sable ou du petit gravier; les terrains sablonneux , et parlant stériles, faute de bases organisantes, on les enrichit avec du calcaire et autres carbonates que la plante s'assimile , et avec de l'argile , qui absorbe et retient l'humidité favorable à l'élabora* lion des racines.

1366. Le fumage forme, autour de chaque plante, un foyer constant de chaleur, et une atmosphère sans cesse renouvelée de gaz acide carbonique, en confiant au sol des détritus capables de fermenter d'une manière toute spéciale.

1367. La nature a tracé celte route aux cultivateurs; chaque année, le feuillage des forêts et la dépouille des insectes forme, autour de chaque plante, une couche, dont la décomposition doit servir à la végétation suivante. Chaque année, les torrents du printemps et de l'automne apportent, sur le sol épuisé de sels, les détritus des roches que l'action de l'hutni* dite et du froid a pulvérisées; c'est là le marnage, c'est là le fumage; l'expérience ne fait que reproduire, par imitation, les phénomènes de la nature, et la science que chercher la théorie de l'expérience.

1368. Si le marnage n'avait d'autre but que de diviser un sol trop compacte, ou de fixer un sol trop mouvant, on pourrait le remplacer par un système de fumage qui remplit cette double condition. Or il est démontré que toute plante fond dans le fumier seul, qu'elle se décompose après avoir épuisé les produits du péri> sperme de sa graine. D'un autre côté, si le marnage suDisait seul à la végétation , le yûmagc serait une superfluité mineuse pour ragriculturc; or, le contraire est

démontré par l'expérience. Chacune de ces deux opérations apporte donc à la plante un élément de végétation sut generis; mais le marnage ne saurait apporter que du calcaire, de la silice, de la potasse, que l'on retrouve combinés avec les tissus végétaux ou incrustés entre leurs mailles. Quelle est la nature du tribut du fumage? Consiste-t-il dans un certain nombre de sels alcalins que la marne ne posséderait pas,ou posséderait en quantité insuffisante? Mais ces sels se réduiraient à des combi* naisons dont l'analyse peut reconnaître la nature et déterminer les proportions; ce sont des sels à base d'ammoniaque, de soude, dépotasse, du sel marin, etc. Or, tous ces sels, déposés en quelque proportion que ce soit dans le sein de la terre, ne sauraient jamais remplacer eflicacement les engrais. Le fumage fournit donc à la plante des moyens de végétation, qui découlent des conditions de sa nature spéciale; et ces conditions ne sauraient être autres que celles de la fermentation qui lui est propre; or, les deux principales sont le dégagement de calorique, et le dégagement de gaz acide carbonique et d'h«'drogène pur ou carboné. La chaleur dégagée est, comme en toutes choses, proportiohnelle à la masse qui l'élabore; mais la plus petite masse ne laisse pas que d'en dégager tant qu'elle possède des éléments de désorganisation; en sorte que, renfermée sous le sol avec la graine, la plus petite parcelle peut envelopper l'organe d'nne chaleur propice, que la végétation trouverait difncilement dans l'atmosphère, aux premiers jours de la saison des germinations. Les jardiniers ont tiré de tout temps un grand parti de celte propriété du fumier, pour obtenir des primeurs, dans nos climats froids et paresseux ; ils ont obtenu , sans combustible, de la chaleur pour leurs semis, eu couvrant, d'une couche épaisse de terre, une couche bien plus épaisse de fumier de litière; U chaleur que ce procédé donne s'élève à un si haut degré, qu'on est obligé d'attendre, avantdc confier la graine à ce terreau l>rûianl.

lôCO. Mais la principale propriété du

£N GÉNÉRAL

fumier, celle que rien ne saurait remplacer dans la nature, cVsl le déjjagement des gaa nécessaires à la végétation, et surtout de l'acide carbonique; et c'est par U que le fumage est indispensable; ni la fumée de nos usines, ni l'extraction artificielle du gaz des calcaires ne sauraient rendre à la plante le gaz acide carbonique d'une ma* niére aussi propice. Dans le premier procédé, il serait mélangé à trop de substances empyreumaliques ou délétères; dans le second, il serait trop sec et trop pur, trop condensé. La femientation le dégage peu à peu, pour ainsi dire molécule à molécule, jamais trop sec, jamais trop mélangé, mais dans des proportions qui favorisentson absorption, et u'allèrent jamais les orgaues qui i'^bsorbent.

1370. Aussi, quand même l'action du fumage se réduirait à ce rùle, elle serait encore suffisante et profitable à la végétation. Qui n'a pas eu l'occasion de remarquer le développement de ces belles loiilfes herbacées, sur le sol le plus ingrat possible, dès qu'à lenr pied on a creusé une mare de fumier, même alors que les sels du fumier no sauraient parvenir jusqu'aux racines de ces plantes?

1371. Nous sommes pourtant bien éloigné de vouloir nier que le fumage n'apporte aucun sel à la végétation; car il est te) fumier qui couvient plus que tel autre à une culture donnée; tel genre de fumier altère les produits qu'un autre améliore; telle racine devient fétide dans un sol fumé avec des engrais animaux. Mais celle condition du fumage n'est que secondaire, et pourrait être remplacée arlinciellement; nous trouverions dans la cendre, la suie et la tourbe, tous les avantages que le fumier enfouit, sous ce rapport, dans la terre.

1379. 11 est une phase même où cette condition de l'engrais devient nuisible et souvent délétère : c'est l'époque de la fermentation à laquelle les produits ammoniacaux abondent ; car l'ammoniaque libre est un poison pour la végétation, c'est un agent désorganisateur. C'est pour cette raison qu'on abandonne pendant tant de mois le fumier, à sa IVrmentatioD en plein

air, avant de le confier à la terre; c'est pour cela qu'on n'a garde d'arroser les semis avec l'urine fraîche des animaux; c'est pour celte raison que les excréments des oiseaux sont si nuisibles; leurs fèces, étant imprégnées d'urine, faute d'organes spéciaux pour tenir ces deux produits isolés après leur sécrétion, brûleraient à l'état frais les végétaux; c'est pour cela que la Gente humaine est la plus délétère, et après elle celle des animaux carnivores, parce qu'elle est le résidu d'une nourriture fort azotée. L'expérience a démontré que la fîente des animaux herbivores réunit le moins de ces conditions nuisibles, ou s'eii dépouille plus vite; et, dans cette classe encore, le fumiér qui parait préférable aux autres provient des animaux qui élaborent moins longtemps la nourriture, qui la font passer par le moins d'organes intestinaux; le cheval, qui digère simplement, donne des produits plus favorables à la végétation que la vache qui rumine.

6" INfLOBRCXS MàTBOBOLOCIQCSS SüE LA VB- 6BTATION.

J373. On entend, par influences météorologiques , les influences que l'atmosphère exerce sur la végétation , comme véhicule de la lumière, de la chaleur et de l'humidité, etc., ou comme mobile, et non plus comme élément d'organisation ; étude ingrate et mouvante, dont un souffle semble effacer les résultats qu'un souffle avait apportés; pareille à cet aérostat qui , faute de point d'appui , ne saurait obéir à une direction ni suivre le tracé d*une roule.

1374. Les influences atmosphériques peuvent être tourà tour , et avec les mêmes éléments , bienfaisantes ou nuisibles : la goutte d'eau , qui monte en vapeur dans l'atmosphère, peut retomber sur le sol, sous la forme de la rosée qui féconde , ou de la grêle qui écrase , selon qu'elle so condense plus bas ou plus haut dans l'atmosphère, et par un refroidissement plus lent ou plus subit ; le souffle da vent ap- ' porte aux moissons la fraîcheur ou la sé- I cheresse , selon qu'il a traversé l'Océan ou

le désert; tine impalsion de plus donne A la brise la force de la tempête ; nn ntis;;e de plut donne A l’éleétricité la toIx et la puissance de la fondre. Et rien ici-bas ne saurait nous préM|>er l'apparllion de cet phénomènes ; nos instmmenlt ne sont presque bons qii'A les conitateraprèsconp. Ce sont des chances, des caprices; mais les caprices d'bne paissance qui h’sQit jamais à demi, qu'elle IFappe on qU’elle protège; aussi ^ an bout de son dernier sillon , le laboureur 1ère les yeux au ciel , d’od dépend désormais le tort de ses labeurs et de tes avanceti

13f5. Les agronomes seuls sont dans le cas de te livrer, avec espoir de succès, à l’étude des influences atmosplicriqnes sur la végétation ; et c’est h eux peut-être que nous tommes redevables des expériences les moins concluantes. Jusqu’i présent, ils te sont contentés de décrire les efTets, saut chercher A remonter A la cause, d’évaluer les résultats par approximation , et sans avoir recours à la précision des instruments que la physique a depuis longtemps mis A leur disposition ; et la routine des simples laboureurs a décidé ou au moins posé. plut de questions que l’expérimentation de l’agronome ; de même qu’en chimie nos manipnlatenrs inventent plus qde le savant de cabinet.

1S70. Aussi ne connaissons-nous de la météorologie que les efl'ett mécaniques ^ dont nouscherchonsAdétournerles coups par des recherches physiques , même alors qn’A la faveur de moyens mécaniques il serait peut-être possible d’arriver à ce résultat. Pendantia sécheresse, noiisaltendons,les bras croisés, qu’il plaise an ciel d’arroser ; pendant les grands froids, qui menacent nos plantations aventurées en plein vent, nous tenons notre esprit fixé sur le thermomètre ; nous abritons nos fleurs; les bras manquent pour abriternos fruits et nos récoltes ; heureux encore , lorsque nonsen avons assuré la valeur! ce qui ne détruit pas la perte, mais la répartit seulement sur une pins grande masse d’individus; enfin, danstoUt ce qui est prévision de l’avenir, nous nous en tenons au rdle de vrais enlants de la Providence, au même

LA VÉGÉTATION

degré que les oiseaux des ehamps. tiais j’allais empiéter ici sUr Ic dontAine de la partie technologique de cet ouvrage ; jb ne dois consigner dans célle-ci que le petit nombfé de lois météorologiques que l’expérleUcé vulgaire nous a fait connaitre.

1377. 1° L’humidité dd Sol bc paSstS pas tout entière par les raCiileS ; tiiic partie s’évapore en raison de l’élévation de température, de l’état hygroniélHqüt!

de l’atmosphèl'e ; du voisinage dés gt-ands réservoirs d’eau , et de la qualité plus ou moins argileuse du tehrain. Prés d'Un llciivè , d’un étang considérable, lé lééréiii perdra moins de Son humidité , parce que, dans le même espace de temps la surface des eaux fournira Une évaporation plus abondante, et qne lA capacité de saturation de i’alUiosphêre h’est pas indéfinie; par la même raiion, tes champs seront moins exposés A la sécheresse, pendant la durée des vents qui soufflent du cété de la mer ; un sol Argileux restera plus longtemps humide qU’un sol sablonneux , vu que le silicate d’ainmine a une plus grande aiflnité pour l’eau que là silice pure ; une surface inclinée perdra plus vite son humidité , tontes choses égales d’ailleurs, qUe la SUrfAce horixontale , la première recevant les rayons düsolèil d'dnë manière moins oblique qoé IA sécoUde ; le voisinage des bois serA plus favorable à là végétation que éëlui des Vastes t>iaines pelées , parce que l’ombre des Arbres fetenant plus longtemps les produits de l’évaporation, le moindre coup de vetlt peut répandre ces bronillards bienfaisants sur la surfaces des plaines voisines ; et lorsque ces VsStes plantations oecilpent des hauteurs, leur préscuce est doublement propice ; les nues , que le vent ne rabat pas sur la plaine , lui arrivent avec moins de dangers inévitables et imprévus, mais toujours avec autant d’avantages, en filtrant goutte A goutte A travers le sable , et s’échappant, selon lacapseité durésérvoir, en ruisseanx ou en fleuves.

1378. Les vapeurs d’èau qui Occupent les conebes les plus basses de l’atmo-sphére se condensent pendant la nuit en rosée ;

EN GÉNÉRAL

cellet qui te «ont élevées plnsli.-int, «econ- I detisrnt ert ^lüic dont les gouttes ont ! d'autant plus de volume qu’elles arrivent de moins haut, qu'elles sont moins divisées par la fOreé dü vent ou par la condensation de l'air ; ü travers un air trop raréQe, on dirait qü'elles tombent dans lu vide. Si le refroidissement de ia région atmosphérique qu'elles occupent les surpreud trop subitement, chaque goutte se condense, cristallise, sOUs forme de flocon déneigé ou de grêlon, selon que, sous celte forme, elle se soutient pius oit moins iongtemps dans l'atmosphère, etqué le froid est plus pu moins continu , ou parvient pius ou moins rapidement aiit coiiciics inférieures. On conçoit une choie tellement rapide et dans de telles circonstances, que le grêlon do volume d’une tête d’épingle puisse arriver avec le Volume d’un œuf, en condensant sans cesse autour de ses couches externes l’humidité de l’espace qu’il parcourt. Quelques physiciens admettent encore que l’électricité est la cause de la grêle, ce qui avait déterminé les sociétés d’agrictilture à adopter des paragrêles , comme nous avons des paratonnerres; mais les paragrêles Sont restés tout aussi impuissants à détourner le fléau que nos théories à l’expliquer. Que penser d’une théorie qui est forcée d’établir une difl'erence d’origine entre la grêle et le grêlon , entre uu volume et un autre volume de glace ?

1379. Le docteur AVells a étudié avec pins de bonheur le phénomène de la formation de la rosée et de la gelée blanche; et le résultat qu’il a obtenu s’est trouvé être un des plus féconds de la météorologie. Tons tes corps placés à la surface de la terre rayonnent vers les espaces planétaires, non pas proportionnellement A leurs surfaces , mais seulcmeut en raison de certaines propriétés de leur structure spéciale ; de ce rayonnement naît le refroidissement des corps. Ainsi on peut considérer l’espace planétaire comme un vaste corps froid que l’on mettrait en contact avec chacun des objets piacés à la surface de la terre. Or, un corps ne saurait se refroidir sans condenser l’humidité de l’atmosphère qui l’enveloppe ; transportez

SU

une bouteille pleine de glace dans Un ebdroit chaud, vous la verrez se couvrir de goUllcleltes d’eau qui ne tarderont pas à se glacer à sa surface. Si donc Une plante devient tout à coup pliis froide que i’atmosphêré qui i’envcloppe , eilé doit SU couvrir, sur toute sa surface , de gouttelettes d’eau , qu’un refroidissement progressif ne manquera pas de chatigeC eu glaçons. Dans le premier cas , ce sera la rorde; dans le secOnd, la ge/de blanche. Que cette théorie soit l’expression des phénomènes, ies faits suivants le démontrent. La rosée n’a pas lieu par un temps couvert, car les nUages interceptent alors le rayonnement vers les espaces planétaires, et ils rendent à la terre les rayons de chaleur qu’ils en reçoivent. Deux corps de même poids et de même volume placés, l’un sous un abri , et l’autre à découvert , ne se couvriront pas également de rosée, le dernier seul en ofirira souvent des gouttes; le corps qui est en rapport avec une plus grande étendue du ciel a plus de rosée que tout antre ; celui qui n’effectUcraitson rayonnement que par bntrou vertical, se refroidirait plus que ceini qui serait mis en rapport avec le ciel par un trou horizontal ; car le rayonnement du premier aurait moins de couches atmosphériques à tr.ivcrscr que le rayonnement du second. Une simple gaze étendue sur une plante la préserve des accidents funestes aux plantes voisines. Un thermomètre placé sous l’herbe indique toujours une température plus basse de 4, 5, 0, et même 8° , que celle indiquée par Un thermomètre placé au-dessus du sol. Mais si un nuage vient à passer au zénith, les thermomètres inférieurs montent rapidement, presque jusqu’au degré de la température de l’atmosphère.

1380. Tous les corps ne rayonnent pas de même ; les feuilles, le bois , le papier , le verre, rayonnent pins que les substances métalliques ; parmi les substances métalliques , le fer, l’acier, le zinc, le plomb, rayonnent plus que l’or , l’argent , le cuivre, l’étain ; et les métaux polis rayonnent moins que les dépolis ; anssi l’argent restet-il tout à fait sec , à la même exposition

INFLUENCES SUR LA VÉGÉTATION

à laquelle le fer est humide et où lesplaotes sont couTertes Je rosée.

1581. .Ces faits rendent raison decertains procédés suivis de tout temps dans le jardinage. On sait , en effet, que la moindre couche de paille est capable de protéger, contre les gelées, les plantes dont les feuilles sont étalées surle sol. Le même effet est produit par la fumée dont on enveloppe les arbres. Les arbres euxmémes s'abritent mutuellement; et dans les plantatioiisd'oliviersetde vignes, je ne sais pas pourquoi on n'a pas fait un plus grand usage de ces données, pourquoi on n'a pas cherché à placer les végétaux les plus délicats sous la tutelle de végétaux plus robustes. En 1794, toutes les vignes de la Bourgogne furent entièrement gelées, h l'exception de celles qui étaient plantées d'arbres fruitiers.

1383. On connaît , dans les campagnes, la lune de la fin d'avril et du commence* ment de mai, sous le nom de lune rousse j les paysans sont persuadés que si la lune parait à cette époque, les bourgeons sont exposés à roussir et à se désorganiser; tandis que la végétation ne court aucun de ces dangers, si le ciel reste, pendant tout ce temps, couvert de nuages; d'oû l'on avait conclu que la lune de ce mois exerçait une funeste influence sur la vé* gélation. Dans ce phénomène, il n'y a d'erroné que la théorie de nos agricuU leurs. Us ont attribué à une influence de la lune, une influence qui vient d'un ciel pur, et sans nuages qui interceptent le rayonnement des corps terrestres.

1 583. 2^ La pluie et la rosée exercent, sur les végétaux, d'autres influences que celles qui émanent de raffinité qu'a le végétal pour l'eau. Sans parler des ravages des torrents, qui enlèvent au sol Vhumus et la fertilité, quilecouvrcnt d'un gravier stérile ou d'un limon brûlant; et en nous renfer* mant dans les limites des phénomènes ordinaires, nous signalerons un des effets les plus désastreux d'une pluie intempestive, d'une pluie d'orage. S'il arrive un orage qui passe au milieu d'une belle jour* née, le tissu de la plante , se trouvant sec sur toute sa sufiace, retiendra dans les dif-

férents enfoncements de ses organes , les gouttelettesde pluie, qui se formeront en sphères, en lentilles, faute de pouvoir s'étendre sur ces tissus trop desséchés. Or, toutes ces petites lentilles, concentrant la lumière solaire , sur la surface qu'elles recouvrent, en désorganiseront le tissu, à l'instar de nos verres grossissants ; chaque gouttelette de pluie peut étouffer ainsi un grain dans son germe.

1384. L'électricité des orages reproduit quelquefois en grand une réaction que nous obtenons avec une seule étincelle, dans les laboratoires ; elle peut combiner l'azote et t'oxygène de l’air en acide nitrique , dont la quantité est dans le cas d'empoisonner l'averse par elle-même 1a plus bienfaisante.

1385. La durée des temps pluvieux devient funeste, à certaines époques, à la végétation , non-seulement parce qu'elle entraîne le pollen des anthères, et le soustrait au pistil par le lavage, mais encore parce qu'elle contribue à rendre les tissus mous, aqueux et étiolés, faute de rayons directs du soleil qui favorisent leur consolidation par l'absorption du carbone, et leur coloration par l'absorption de Poxygène (1318). Les pluies sont utiles pendant toute la durée du développement herbacé; elles deviennent nuisibles pendant celle de la maturation; elles sont pernicieuses à l'instant de la fécondation, (^nand le grain est fécondé , peu importe presque la sécheresse; il est des fruiis qui continuent leur développementsur des tiges amputées; ne voit-on pas des moissons pauvres de paille et riches de grains, parce que la sécheresse les a surprises lorsque l'épi commençait à peine à poindre? Les graines ne végètent presque qu'avec les éléments de l'air; aussi sontetles plus azotées que le reste de la plante, c'est-à-dire que leurs tissus s'associent à des bases ammoniacales, et non à ces bases terreuses, que l'élaboratiou seule des racines peut transmellre aux tissus.

1386. 3^ Si l'élévation de la température est favorable à la végétation, il est incontestable que ses variations brusques lui 8ool, daus les deux sens, égalemcut

EN GÉNÉRAL. Sid

prrnîciemes. S! elle s\*l^ve lmp mpidement, elle dessùclic, elle brùlo les tissus, en imprimant aux organes une activité dévorante, à laquelle la circiilalton éla* Llie ne saurait suffire; si elle s'abaisse trop rapidement, elle condense ou elle dilate les liquides do manière à produire des tiraillements en sens divers, et des déplacements qui, dans un tissu aussi compacte, ne sauraient s'opérer sans être accompagnés de solution de continuité.

Pendant certains hivers de nos climats, cet effet est tel , que les troncs d'arbre crèvent avec explosion, comme des vases remplis dVati qu'on expose tout à coup à un froid considérable.

1387. ÏjCS racines qui s'enfoncent profondément dans le sol , sont protégées , et par la chaleur constante de la terre, et par la couche épaisse qui les recouvre, contre les effets des changements subits de température ; aussi , dans nos climats , le froid qui frappe de mort les branches et le tronc, respccte-l-il le système radiculaire. Il n'en est pas de même des radicelles superficielles : la moindre sécheresse, un abaissement de quelques degrés au-dessous de xéro , suffisent pour les désorganiser. Les jardiniers ont reconnu de tout temps cct effet dans les arrosages. Après les grandes chaleurs d'une journée d'été , ils se gardent bien d'arroser leurs plantes altérées, avec l'eau fraîchement tirée des puits profonds. Us ont soin de la laisser exposée toute la journée dans des bassins à la température atmosphérique. Que l'on se rappelle, en effet, que la température constante des souterrains et des puits est d'environ 10®, et qu'au soleil la température peut s'élever jusqu'à dO®; et l'on n'aura pas de peine à conce- Toir les effets de l'arrosage , capable de faire descendre la température d'une plante au moins de 20®, eu tenant compte de la chaleur que le sol peut communiquer au liquide. Ajoutes à cet effet immédiat les effets que la rapidité de Vaspirn/ionetde Veipiration des cellules végétales altérées imprime à la circulation, celui de la vaporisation des liquides , que l'aspiration n'absorbe et <{U0 l'expiration

n'expulse peut-être que sons cette forme; et vous aurez une idée de la rapidité avec laquelle l'abaissement de la température des organes est dans le cas de s'effectuer.

1388. L'exposition de l'eau de puits on de citerne à l'air atmosphérique a encore, dans ce cas, l'avantage de favoriser l'évaporation de la quantité d'acide carbonique dont la présence favorise U dissolution du carbonate calcaire ou du sulfate, sels qui ne manqueraient pas, en s'incrustant sur les tissus, de nuire à leur aspiration; l'incrustation , en effet, aurait lieu par la même cause que le dépôt de ces sels dans les bassins, c'est-à-dire par l'élimination de facide carbonique que la chaleur dégage en plein air , et que l'absorption des tissus s'approprierait par une espèce de triage organique.

1389. En général, les organes herbacés résistent peu aux basses températures.

Plus ils sont jeunes, plus ils sont susceptibles de se désorganiser par l'icnuence du froid ; il n'est pas rare de voir les pre~ mières gelées du printemps frapper de mort les bourgeons à peine épanouis, et détruire en un instant l'espoir de la récolte ; car les premiers bourgeons qui s'épanouissent sur les arbres sont, en général, les bourgeons à fleurs. Les feuilles parvenues à leur complet développement sont moins sensibles aux effets du froid ; sans parler des feuilles résineuses , consistantes et presque ligneuses des arbres toujours verts, qui supportent impunément l'influence des hivers les plus rigoureux, nous voyons les rosaces de feuilles tendres et succulentes couvertes de givre et reprendre vie au soleil. Les plantes d'automne, surprises par les neiges sur les régions élevées des montagnes, se réveillent de la longue léthargie de l'hiver, dès que les premiers rayons du printemps de ces parages viennent fondre leur couverture de glaçons.

1 590. 4® Les feuilles se fanent par l'abaissement , comme par l'élévation de température ; et le mécanisme de leur flaccidité est exactement le même par l'une comme par l'autre cause; le liquide qui distend leurs cellules et redresse ainsi les

tiuut, dinioae de volnme par déperdition, par éraporation, par abtorplion, aous l'influence de la clialeur, et par condenaatioR aoua l’influence du froid ; car on aait que l’eau ae condenae jusqu’à 4° au-deaaua de aéro, et qu’à partir de ce point, en descendant , elle augmente progressivement de volume.

1391. Le froid brûle les lisant, comme la sécheresse des fartes chaleurs ; car le froid est aussi bien propre que l’eicesaive chaleur à faire le départ des gaz et des liquides d’où résulte la molécule organique ; or, brûler, c'est séparer le carbone des liquides et des gaz qui lui étaient associés; et celte séparation peut s’opérer également et par évaporation et par condensation ; toute température qui s’oppose à l’organisation des tissus ne peut que désorganiser les tissus, car nulle cause n’apparaît sans son effet.

1393. La rapidité avec laquelle s’opère le dégel ajoute encore à l’intensité de la première influence; cette circonstance suppose une élévation considérable de la température, uno évaporation abondante, capable de reproduire, autour des organes, un froid plus intense encore que le premier.

1593. Aussi voit-on, après les gelées intempestives <Iu printemps, les organes foliacés, même les plus âgés, roussir, se faner et se dessécher, comme à la fin de l’automne.

1394. S° Nous avons déjà parlé de l’influence de l’air agité en nous occupant de l’air comme élément. Son influence météorologique varie en raison de sa vitesse, des milieux qu’il a parcourus, et de l’époque de l’année. Le vent des montagnes couvertes de neige produira un abaissement de température en progression de sa vitesse et de sa durée; le vent chaud et sec devient nuisible, non-seulement eu se saturant de l'humidité que réclame l’organisation , mais encore en déterminant une évaporation rapide, et par conséquent , un abaissement de température d’autant plus à craindre que le changement sera plus brusque.

1383. 6° L’air agité agit encore sur la végétation, comme véhicule d’émanations

LA VÉGÉTATION

et de matières salines quSI est dans le cae de tenir plus ou moins longtemps en suspension , et de porter plus ou moins loin par la force de ses courants. Les venta qui traversent' la mer arrivent sur le rivage tellement imprégnés de sel marin, que la végétation en éprouve bientôt les effets délétères , Don-seqlemen| par l’action corrodante du se|, et peut-être de l'acide hydrocblorique libre qni l’accompagne, mais encore parce qu’en cristallisant sur la surface des orgaqes herbacév, le sel marin y forme une couche capable d'intercepter l’air atmosphérique , ce qui fait périr la plante par asphyxie. Ces influences ne sont pat également pernicieuses pour toutes les plantes ni sur tontes les côtes ; et U fréquence des pluies et des rosées, ainsi que l’humidité habituelle de l'atmosphère , sont dans le caa d'en afténuer les effets.

139G. 7° Les indications que penf fournir en météorologie la rose des vents, sont donc, en général, des indications locales, que le revers d’une montagne, que la direction du conrant d'un fleuve, que le voisinage de la mer ou des hautes montagnes sont capables de changer d’une manière toute contraire. Le vent du midi, qui apporte la chaleur et l'humidité sur telle plage, peut tout à coup devenir glacial pour la plage voisine; i| snlGt qu'il ait eu à traverser uno chaîne de montagnes convertesde neige. Aussi les généralités en météorologie seraient sonvent autant ahfqi^ des qu’eu agriculture ; chaque localité doit chercher à furmulcr les résultats d’observations qui lui soient propres ; elle doit avoir sa météorologie à part , comme e|U a sa topographie, son cadastre, son industrie, son mode de cqllure, et son exposition particulière au soleil ; et c’est seulement après que , dans chaque basaip géographique, on sera parvenu à phleuir, par des observations habilement dirigées , des résultats précis et des évaluations positives, que l’on pourra espérer d’élever la météorologie générale an rang d’une science. Malheureusement, en France, nulle direction semblable n'a été donnée juaqu’içi à l’activité des loMUtéa ; U M( pen

BN GÉNÉBAL.

de (ociélét af^ricolei qui loient en état de produire un tableau d'observalioni météorologique!, pouriuiviei avec régularité pendant un certain nombre d’années ; et quand an simple particulier a eu la patience de se livrer à ce travail long et minutieux, les nombres qu’il a pu obtenir, dans son isolement, ne se rattachent, par aucune observation simultanément rédigée, à aucun des phénomènes atmosphériques qui en donneraient la signification. Nous ne saurions trop recommander aux sociétés départementales de diriger, mais aussi de concerter tous leurs efforts vers cette élnde, et de la rendre féconde , en multipliant les enquêtes, en recueillant tous les détails , en discutant tontes les données ; on ne doit jatpais perdre de vue que les nombres ne sent que des signes , dont il s’agitde constater la valeur. On aurait beau noter, ^tontes les époques de la journée, l’élévatiOn de la colonne barométrique outhermométrique, la marche de l’aiguille aimantée ou hjrgroacopique , et même la quantité d'eau qui toiqbe sur la localité ; après nn demirÂécle d’observations ainsi isolées , la météorologie n’aurait pas fait un seul pas de plus. Nous reviendrons sur ce sqjcifdaos la cinquième partie.

ISM. 8° Cberpber à constater l’influence de l’éleetricité atmosphérique sur l’organisqtiop, soit végétale , soit animale, c’est )>ent-êlne chercher à constater l’intensité d’nne action incessante, qui ne se révèle h nous que par le redoublement de son énergie ; car la vie est-elle autre chose que l'électricité ?

* 1388. Quelqnes auteurs ont vu, dans les épines et les piquants qui hérissent la surface de certaines tiges de plantes , des organes destinés , à l’instar des pointes métalliques , à soutirer l’électricité de l’atmosphère. A cette époque, on ne jugeait de l'importance d'un organç que par son volume, et on laissait de côté l’appréciation des fonctions physiques d’autres organes , qui peuvent couvrir une surface végétale sans être aperçus à l’mil nu. Qr, si c’est par des pointes analogues que le végétal soutire à l'air l’électrjcité nécessaire à son élahuralion , il p’est pas une suriace qui

SSt

ne toit riche en semblables appareils s les dentelures imperceptibles des feuilles, les poils les plus exigus, les sommités les plus rudimentaires des tiges , sont de nature à produire, sous ce rapport, les mêmes résultats que les piquants les plus acérés et les plus durs.

1 S88. Dès les premières années qui suivirent l’invention de la machine électrique , les physiciens se livrèrent à de nombreuses expériences , pour constater l’influence dei courants et dea commoUoni électriquea aur la végétation et lur l'orgeniaation animale. De toutea cea nomhreuaea applicationa la pbyaiologie végétale n’a paa retiré plut de réaultata que la pbyaiologie animale; et, aujourd’hui encore , noua ne connaiaaona de l’influence de l’électricité que aa puistauce de deatructiou; noua savons comment elle frappe, nous iguorons comment elle organise; elle ne se révèle presque à nous qu’aveo les carreaux de la foudre.

1400. fii l’on voulait aqjourd’hni, et avec les nouveaux appareils dont les recherches électro- dynamiques ont enrichi la science, reprendre les expériences relatives i l’influence de l’électricité sur la végétation , on devrait ne jamais perdre de rue que l’an opère en ceUsurua olqet complexe et constamment plongé dausdei milieux capables de détourner à leur profit les influences qui agisaeut tnr l'ensemble , et d'opérer ensuite , sur l'économie organique, en vertu de leurs nouvelles modilicatioiia , des effets dont l’observateur est exposé à voir la cause dans l’action immédiate de l’appareil. Nous savons, en elfet , avec quelle puissance et quelle variété une seule hluette électrique combine entre eux les gax , dont elle traverse le mélange , et décompose et recompose les sels dissous dans l’eau; l’azote et l'oxygène de l’air atmosphérique sc combinent alors en acide nitrique , l’hydrogène et l'osygèiie en eau , l’Iiydrogèoe et l'azote en ammoniaque ; les sels terreux , en échangeant leurs bases et leurs acides, changent de nature et de propriétés. Que l’on juge donc de la valeur de ces sortes d’qhserveUoqs , lorsqu’on se contente de

INFLUENCES SUR LA VÉGÉTATION

décrire le» efTct» qne l’or» remarque , à la tuile de l’application du courant électrique; n'ett-onpat eiposé à prendre, pour le rétultat immédiat de l’influence électrique sur ]> végétation , let rétultaU det nombreutei combinaitont inorganiques que l’électricité aura déterminées, et qui réagissent ensuite chimiquement sur l'organisation?

1401. Jusqu’i ce jour cependant, on n’a jamais procédé avec plus de précision; aussi toute cette branche de la physiologie est à reprendre sur let errements de la nouvelle méthode. Après avoir constaté un résultat immédiat , on devra chercher A démêler les causes directes ou secondaires; il faudra préalablement connaître, par l’analyse , la nature et le nombre des substances files, volatiles , gazeuses , qui foraient le milieu de la plante , et let effets i|ue l’électricité détermine dans ce milieu isolé de la plante; et pour arriver A cet déterminations, la méthode exige qu’on soumette ces substances A cet sortes d’essais, une A une, deux A deux, puis trois ensemble , etc. ; qu’on étudie ensuite la réaction que chacune des combinaisons, auxquelles ce mélange est dans le cas de donner lieu, peut exercer sur la végétation ; enfin , après avoir épuisé l’étude det milieux ambiants , il restera encore la longue élude do milieu circulant, des tels et des liquides qui circulent dans les interstices, ou qui s’élaborent dans les vaisseaux ; c’est sur le porte-objet du microscope que la physiologie transportera alors ses appareils ; et tout fait présager que les phénomènes , dont vainement noos cherchions l'explication dans la puissance des appareils et dans le volume des organes , se révéleront aux yeux d'un observateur infatigable., dans un champ visuel d’un millimètre de diamètre ; car la question deviendra d'autant moins compliquée qu’on agira sur des organes mieux isolés.

7* IHTLCXNCaS PlaTDasSTBICES (1S56).

1409. L’action organisatrice des divers milieuxdontl'inflnence régulière concourt au développement de 1a végétation , est

exposée A être troublée par la présence (le diverses causes étrangères que nous désignerons sous le nom d’influences perturbatrices. Nous les diviserons en substances asphyxiantes , désorganisatrices et narcotiques. Les premières sont un obstacle aux combinaisons organiqnes ; elles arrêtent au passage ou absorbent A leur profit les gax ou les liquides destinés à l'élaboration des tissus; les secondes désorganisent, par leur action mécanique ou leurs réactions chimiques, les tissus déjà formés de toutes pièces. Mais la même cause est dans le cas d’agir alternativement, et comme cause asphyxiante et comme cause délétère, ainsi la chaux vive, si elle ne se trouve pas en contact immédiat avec le tissu végétal , mais à une certaine distance, absorber» l’acide carbonique et l’humidité nécessaire à la formation des tissus , et sera ainsi une cause d’asphyxie; en contactsmmédiat, au contraire , avec les tissus, elle absorbera l’eau d'organisation , l’oxygène et le carbone des tissus mêmes; elle sc changera eu carbonate par la désorganisation des tissus ; elle agira ainsi comme cause délétère. On peut en dire autant dn phosphore , qui, à distance, absorbera l'oxygène, et, A proximité , s’associera aux bases terreuses des tissus, autant de l’acide sulfurique, qui absorbera l’humidité jusqu’à sa complète saturation , ou qui sa combinera avec les bases du sol ou avec celles du tissu même.

1403. Tout porte A croire que certain nés substances agissent sur les végétaux , en produisant une espèce de paralysie , en frappant d’inaction leurs organes, sans désorganiser les tissus et sans les priver des gax et des liquides nécessaires à leur élaboration ; ce sont précisément les narcotiques .- ce qui porte à admettre, chez les végétaux, un système nerveux, analogue è celui des animaux; analogie sur laquelle nous reviendrons plus loin , mais que nous avons dû signaler dès A présent.

1404. Les agriculteurs ont eu de fréquentes occasions de remarquer l’action de certaines substances délétères sur la végétalioD ; ils savaient que l’arine brûle

EN GÉNÉRAL. SSS

les racines, <]iie le fumier encore frais produit le oièoie eifet, qu'il en est du même des acides. De norobreux observateurs ont cbercbc à expérimenter sur un plus|)raTid nombre de substances : Goeppert s'est livré, de nos jours, à cette branche de recherches, et il a constaté les propriétés délétères de plusieurs corps, sans cependant s'appliquer à reconnaître le mode par lequel ils exercent des influences aussi délétères ; ces expériences étaient faites trop en {;rand , et le procédé trop uniforme. Ce procédé se réduit à tenir la plante plon(;ée, dans la solution de la substance d'essai , par ses racines ou par rextrémité du rameau amputé; on Jiijre du degré de la puissance toxicologique de la substance, selon que la plante y persiste pIcA ou moins longtemps, sans donner des signes d’altération. Mais jamais ce genw d'expérimentation ne sera capable de lOurnir des données précises sur le mode d'action de chaque substance en paHiculicr; on y est trop exposé à conibndre les obstacles avec les réactions, et les substances îA^olubtcs avec les poisons absorbés. Un seul exemple suffira pour faire comprendre l'importance de cette (dée : soit une substance soluble dans l'eau, mais qui,^D absorbant l'oxygène de l'air, perde de plus en plus de sa solubilité, du sulfate de fer, par exemple, qui, par soD^position à l'air libre , a une tendance si prononcée et si rapide à se changer en tritosulfatc de fer; la racine, plongée dans une semblable dissolution , se couvrira peu à peu d'une incrustation ferrugineuse, qtit finira par fornicr, autour de la sQlAtanco végétale, un fourreau imperméable au liquide ambiant; de cette manière , la plante périra par asphyxie; et l'on prononcerai^u'ellc a péri par l'cITct corrosif du sel, dont pourtant pas une parcelle peut-être n'aura pénétré, sous cette forme, dans l'intérieur des vaisseaux.

1405. Cen'cst point sur des masses que robservation doit désormais opérer, si l'on désira arriver à une appréciation exacte des propriétés toxicologiques des substances; éviter de confondre, tous une même catégorie, les choses les plus

POTStOLOUK VtetTALE.

dissemblables, do prendre une réactlou pour une autre, un effet tout mécanique pour un efTet corrosif, enfin da décider de tout en aveugle , de tout d'après le sophisme : post hoc j ergo propter hoc, sophisme dont il ne doit plus être permis à une science d'observation de se rendre désormais Coupable.

1400. Le végétal n'étant qu'une répétition indéfinie de la cellule, il est évident que les effets que je pourrai observer sur la cellule me donneront la solution du problème que je cherche à l'égard da végétal ; mais comme mon regard peut embrasser à la fois tout ce qui se passe au-debors et^u-dedans de la cellule, il est évident encore qu'en n'observant qu’elle seule, non-seulement j'arriverai plus vite .à une solution , mais encore que le résultat obtenu se trouvera à l'abri de plus de causes d'erreurs, p^r cela seul que ia.démonslratioii aura moins d'inconnues à éliminer. Or, nous avons trouvé une cellule qui réunissait toutes les conditions que réclame le problème , car on peut l'obtenir isolément sans altérer sa vitalité; elle peut vivre longtemps ainsi isolée; l'évidence de la circulation du liquide qu'elle renferme fournit le moyen de reconnaître à l'instant même les signes de sa mort ; le repos succède brusquement à l'application du poison sur la surface de la paroi cellulaire ; la désorganisation pénètre dans l'intérieur avec la rapidité de l'éclair. Un tel organe est donc dans le cas de devenir par la soite Je toxicomètre le plus précis et le plus simple ; et c'est à ses indications, obtenues d'après un certain nombre d'essais , plutôt qu'aux e>périences publiées par nos devanciers i l'aide des procédés en grand , qae nous sommes redevables de l'essai de classification suivante des causes perturbatrices. Nos lecteurs auront deviné sans doute que nous voulons parler de l'eatre-nceud du Chara hispida , préparé de la manière que nous avons indiquée dans la deuxième partie [1] (COO). Ici l'expécimeotatîoo coû-

[i] Le Ctarû hitpida comnence à deveoir rare

INFLUENCES SUE LA* VÉGÉTATION

tcra à peine dix minntes, on comptant lu temp» nécessaire pour dépouiller le tube de l'ccorce et de rincruslalion calcaire qui forment un obstacle h la vision. Il ne sera pas nécessaire de pousser bien loin celte décortication: on pourra sc contenter de mettre à nu un anneau de deux à trois millimétrés, pour que la lumière réfractée puisse éclairer la circulation intérieure ; et la loupe la moius forte servira à Pobservalion , car il ne faut pas des ^ossissements supérieure , pour sc rendre témoin delà continuation ou de la suppression de la circulation de ce liquide. Oa détachera un entre-nœud de la plante; on le dépouillera des rameaux de scs deux Terliciltos; on le dénudera ^r un anneau de sa eirconférciicc, en ayant soin de ne pas le courber, de crainte d’opérer ainsi une solution de continuité dans la substance herbacée qui tapisse la paroi du tube , et qui est l'âme de sa vitalité ; afin d’éviter cet accidcMit , on aura soin de placer aôiis le tube une pile de lames de verre moins lon{jucs que lui, de manière^ que les deux arliculalion» le <!épassenl , sans reposer sur aucun plan ; et l’on plon- {«cra le tout dans une petite aiij^e remplie d’eau. Dès qu’on sera siir que la décortication est poussée assez loin pour laisser lire, par réfraction , le phénomène , dans l’intérieur du tube , on placera le tube dans une auge microscopique, au foyer d’une simple loupe , et après avoir bien constaté rczislence de la circulation , on déposera, sur la surface corticale dénudée, une [;oulle de la substance d’essai ; si la circulation cesse tout h coup , la •ubstance sera considérée comme un poison. On cherchera ensuite à déterminer son mode d’opération, eu examinant l’effet qp’ctle aura produit sur les tissus ou sur le liquide; si elle a désorganisé le tissu en te corrodant et l’amincissaul ; si elle l'a laissé intact ; si son action s’est portée tout entière sur le liquide; ou si

aux environs de P«ri*. Oa en trouve encore à PélAQf de I^ndon , aiiioar d'une petite tic Aitiice près du bord du tciilier parallèic à la {jrande avenue.

enfin elle a frappé de mort la circulation, sans donner le moindre signe d’action sur le liquide ou les tissus.

1407. On prévoit sans doute que, de celte manière , ou pourrait oblcoir plus de résultats en un jour que, par les procédés anciens, les expérimentateurs n’auraient pu faire d’expérïences pendant le cours de toute une année.

1 ÎOS. Que si la substance d’essai reste impuissante à produire instantanément un efTet décisif, on procédera alors à étudier rinfltieiicc que sa présence est dans le cas d’exercer avec le temps. Mais il faudra , h ce sujet, se servir d’un tube décortiqué et privé arlincicllcmcnt de scs deux articulations, aCn de ne conserver autour de lui rien d’étranger qui soit capable de paralyser, de décomposer ou d’absorber la substance dont on veut essaye» rinfîucnce sur la vie j on le réduira à la simplicité d’une cellule, surtout lorsque les deux ligatures se seront détachées aux deux bouts. On noiera alors combien de temps le tube aura vécu de moins que les autres tubes placés dans les mêmes circonstances ; et après »a mort, 011 étudiera, par l’analyse, la nature des incrustations qui en recouvriront la surface; s’il n’a péri que par l'efret maté-’ rie] de riiicrustation , on pourra s’en assurer, en ayant soin de ratisser chaque jour un nouveau tube placé dans le même liquide; le lait sera démontré, si, parce procédé, ou parvient plusieurs fois à prolonger sa vie bien au-delà du terme fatal a un même nombre de tubes abandonnés dans un liquide de même uature.

M09. On ne perdra pas de vue les effets des décompoHitloiis du milieu sur la vie végétale^ et l’on cherchera encore à éliminer celle cause d'erreur, en s’a.ssurant, par des exjvéritiiccs comparatives, de l’effet de la substance d’essai sur le liquide ambiant.

iflO. Eafin, il n’est aucune circonstance, dans une question aussi délicate, qu’on ne doive à chaque instant soumettre à l’épreuve d'une évaluation spéciale ; on s’occupera de démêler sans cesse l’action directe ile celles qui sont ducs à d’in-

EN GENÊRÂL.

TUiblet renâclions. Les expérîmcntaleiirs CD grand n'ont pas eu recours, il faut l'a- Touer, à tant de précautions; ils ne se sont pas même souciés delà terre qui en* Tfloppail les racines, ni des sels que pou* Tait renfermer Peau dans laquelle ils te* naient le végétal plongé; aussi, dans le e nombre des observations qu'ils ont pu*

bliées à ce sujef , nous n'en trouvons pas une seule qui ait introduit dans la science ( une généralité nouvelle, ni même un fait

( à Pabri de toute discussion.

\ 1*111. nirLUBiXCES DKSOBGA.MSATRICBS SDK

^ Lts Tisses, OD IPlFLCS.NCBS DBS SDBSTANCSS

; CAPABLIS DS ’dKSOBGAMISRR LES TISSUS. LcS

, tissus étant le résultat d'une combinaison

, de la molécule organique et de bases soit

^ terreuses, soit ammoniacales, peuvent

. être désorganisés par deux ordres de sub*

^ stances : 1<* par celles qui ont une grande

^ affinité pour l'oxygéne et Pbydrogêne

^ réunis, ou pour Poxygène et le carbone

^ combinés en acide carbonique, c'esl-â-

I dire par les substances qui tendent sans

I cesse à s'bydratcr, et par celles qui ten*

dent à se éarbonater; par celles qui ont une affinité tout aussi prononcée pour ^ les bases. En un mot, les substaiioes

désorgaiiisatrices sont ou des substances simples, ou des oxydes, ou des acides, oU même des sels.

Substances simples tlésoi^ani^ satrices des tissus, ou substances <|iii, lors* qu'on les met en contact avec la vésicule organisée, s'oxydent promptement, aux dépens de Poxygène de ses parois, et qui, ensuite, élevées à Pelât d'oxyde, tendent à se carbonater, aux dépens de l'oiygêne restant et du carbone qui en forme la charpente :

1*113. Potassium, sodimm, calcium, barium, silicium, etc» Ces métaux iiVxis* lent point isolés dans la nature, ils ont une trop grande aliioité pour l'oxygène, et décomposent Peau à 1a température originaire. La moindre parcelle placée ^ sur on tissu végétal ou animal le désorga*

^ niserait de la manière la plus prompte.

^ 141-1. Mercure. Les tissus organisés fa-

r vorisent l'oxygénation de ce métal , tout

autant que l'élévation de la température.

Aussi, dans les expériences pneumatiques, ne tardc-t-oii pas à voir paraître des taches sur les surfaces herbacées des plantes, surtout si le bain de mercure n'est pas recouvert d'une couche d'eau qui s'oppose à son évaporation. CependantTh.de Saussure a retrouvé, dans le trou d'un arbre sain, le mercure coulant qu'il y avait déposé trente ans auparavant; Marcet a abandonne impunément pendant un an du mercure métallique dans un trou pratiqué au tronc d'un Cerisier. Mais ces expériences, faites trop en grand et sans autres détails, ne militent aucunement contre les expériences précédentes , qui sont positives. Les auteurs n'ont pas pris soin de constater l'état des parois dd trou dans lequel ils avaient déposé du mercure, ce qui était pourtant uéeessaire pour établir le mode d'action ou d'inactiou du mercure. En effet, une fois que le mercure aura désorganisé les parois du trou par toutes les portions de sa masse qui se trouvaient en contact avec elles, ce métal pourra se conserver, sans produire d'autres effets, <ians la cavité végétale, comme dans une boîtedonl les parois ne sauraient plus rien fournir à ses combinaisons ultérieures. C'est là toujours, et dans toutes les questions, l'inconvénient des expériences faites en grand et sur des masses, quand il s'agit d'expliquer la vie, dont ou semble prendre à tâche de tenir le foyer à la plus graiule distance possible de la vue.

1415. Arsenic. Celte subtance, très-répandue dans la nature, est un des poisons* les plus énergiques dans la classe des métaux qu'on trouve n l'état libre. Son affinité pour l'oxygêoe, déjà tant favorisée par l'humidité, devient plus active, en contact avec les tissus organisés; transformé en oxyde et en acide, il acquiert uue puissance délétère plus grande encore.

141Ü. Phosphore. Agit de la même manière par sa grauJe affinité pour l'oxygène, et par la hicililé qu'il a de passera l'état d'acide pltospboriquc,qui s'empare ensüHe des bases du tissu.

1417. \iiode et le chlore stytransfortnm t, aux dépens de l'bydrogèoc dà tissu, en

' f Il “'Je

536 INFLUENCES SUR LA VEGETATION

acides hydriodiquc et hydrochlorique ; et sans doute, aux dépens de l’oiygène, en acides iodique et cldorique, qui tous ont une grande afBnilé pour les bases des tis> sus.

1418. Le fer y le man^anhsCy le cuivre , le plomb, n IVlat métallique, ne sauraient .ngir sur les tissus autrement que par la masse de leurs molécules, et comme de simples obstacles mécaniques à la végétation, ou bien par leur grande affinité pour Touygène.

1419. 2* Bases désorganisalrices. Ce sont principalement les oxydes, qui ont ime grande affinité pour l’acide carbonique et pour Peau , dont ils retrouvent en abondance les éléments dans les tissus ;

1420. Potasse, soude, ammoniaque, chaux, magnésie, baryte, strontiane, alumine. A la température ordinaire , IVfTet de ces substances est d’amincir, de corroder les parois, de les rendre plus transparentes, en se transformant cii carbonates; si on élève la température, Pénergic de leur action sc reporte plutôt sur les molécules .aqueuses du tissu que sur les molécules de carbone; aussi le tissu végétal ne tarde pas à noircir comme par la c.irbonisation. Or, la température s’élève par la seule action de ces bases sur les tissus ; et ce dég.ngement spontané de calori<)uc amène toujours, en raison de la masse avec laquelle on opère , la seconde période de leur influence. La potasse et la soude, par suite de leur solubilité et de la solubilité de leurs sels, agissent plus «uergi(|ucii)ent que la chaux, la magnésie, la baryte et Paluminc ; l^ammoni.iqiie, combinaison d’iiydrogéne et d’azote, agit plus r.aiblcment que toutes les autres bases, qu’on l’emploie en vapeur ou à l’état liquide. Les molécules désorganisées du tissu s’associent à ces bases, surtout avec la potasse et la soude sous différeoles formes ; car, après l’opération, ou trouve dans le mélange, de Poxalatc, de l’acétate, du tartrate de potasse, presqite en aussi grande quantité que du carbonate. Mais tous ces sels à base de chaux, de magnésie, de baryte, d’alumine, élantinaolubles, forineDt à la longue, sur la surface des

organes, des inemstations qui protègent les tissus enveloppés contre Paction du reste de 1a masse caustique. On prévoit ainsi comment, lorsqu'on opère en grand, les expériences peuvent être trouvées contradictoires dans le fond , quand toutes leurs différences sont dans le cas de résider dans la forme.

1421. 11 est des tissus que la potasse, la soude et l’ammoniaque dissolvent, et que les autres bases caustiques insolubles, telles que la chaux, la baryte, etc., coa* gulent; ce sont les tissus albumineux et glulineux, les tissus qui commencent, et qui sont encore animés de la tendance au développement. Ces bases, en se combinant avec eux, leur communiquent le caractère de leur solubilité ou de leur insolubilité, mais ne les désorganisent pas; car ils ne sont pas encore organisés. La baryte précipite l’albumine dissoute dans l’acide acétique, en superbes globes, dont la structure est tout à fait analogue à celle des globules du sang des Batraciens.

1422. Le premier effet qu’on observe sur les tissus organisés qu’on soumet à l’action de tous les caustiques , et principalement à Paction de la potasse , de la soude et de l’ammoniaque, c’est U granulation de leurs surfaces, ce qui les rend analogues aux surfaces des organes qui continuent leur développement; tant la molécule organique affecte la forme vésiculaire, jusque sous l’influence des agents destructeurs.

1423. L’ammoniaque liquide, et sans doute la potasse et la soude dissoutes dans l'eau, passent à travers le tube de Chara, avant de l'avoir altéré, et désorganisent aussitôt la substance verte qui le tapisse, et qui était Hàme de la circulation. En môme temps, on voit les globules albumineux que charriait le liquide, disparaître et se redissoudre dans Peau.

1424. Oxydes d'arsenic. L'oxyde noir existe à la surface de quelques fragments d’arsenic; ledeutoxyde est, au contraire, très-répandu dans la nature; on le trouve en cristaux blancs et transparents ou en poudre blanche dans les mines qu’ou exploite en Bohème et daus la liesse. Lp

Digitizcfîby Gt)ü^C

ES GÉSÉÜAL.

deuloiyde, à cause de sa solobilité dans J eau, est beaucoup p]us énerfrirpie fjnç |g protoxyde, et surtout aussi à cause du rôle d’acide qu’il joue avec les bases; il ulcère la paroi du canal iiileslinal , et’ la perfore de part en part. J«.;,er, Séguin, F. Marcet et Macaire, ont vu les plantes plongées dans l’eau contenant de très-faibles doses d’oxyde d’arsenic périr en fort peu de temps; une tige tie Haricot, qui trempait dans deux onces d’eau contenant deux grains d’oxyde blanc, a périen trentesix heures ; une brandie de llosier a péri en trois jours dans une once d’eau contenant six grains d’oxyde. Macaire a vu . au bout de trois beiires, sur les fleurs d’un rameau d’une Épine-vinette, dont il avait plongé l’extrémité dans une solution étendue d’oxyde blanc d’arsenic , les étamines perdre irrévocablement la faculté qu’elles ont de se rapprocher du pistil dès qu'on les louche. Jwger avait vu les liges de la Sensitive, placées dans les mêmes circonslaiices, abaisser et redresser leurs feuilles d’une manière singulière, se lurliller, et perdre ensuite jusqu'aux dernières traces d’irritabilité.

1-1H8. Oxyde de mercure. Depuis longtemps , les chimistes ont observé les funestes effets de cet oxyde sur la végétation , comme on l’ava'it déjà observé sur I organisation animale. Cet oxyde n existe pas dans la nature; il cède trop facilement son oxygène à la plupart des corps; et c’est peut-être à cause de cette propriété qu’il est si fatal à l’organisation, en transformant, en substances oxygénées, la plupart de celles dont l’insolubilité garanlifttail auparavant l'innocuité.

1426. Le cuivre et VoxyHe de cuivre sont funestes aux végétaux comme aux animaux , par la facilité qu'.i le premier de s’oxyder, et le second de sc carhonater ou <le se combiner avec les aiilrcs acides libres ou saturés, dont la présence est nécesssire à la végétation,

14S7. Les acides defer, de manganise, de plomb, de zinc, etc., ne sauraient nuire autrement que par la place qu’ils enlèvent aux éléments terreux, indispensables .à la Végétation. Il existe des espèces, uiéiiic,

oil

à qui certains d’entre cnx et eerlains do leurs sels sont dans le cas d'ètre favorables. Il n’est pas de tissu végétal dans lequel on ne retrouve des traces de fer et de manganèse.

1438. 3® Acides désorganisateurs des tissus, ou acides ayant plus d’aIGnité que les molécules organiques, pour les bases terreuses ou ammoniacales des tissus:

1429. Acides sut^furique , bydrochlorique , nitrique , phosphorique , arsùdque, prussique ,Jluorique, etc. Dès qu’on met en contact un Glament, un poil vide de sucs, un poil de coton, un vaisseau, etc., avec une goutte concentrée d’acide sulfurique, l’organisation y disparaît, y fond pour ainsi dire ; et si alors on étend d’eau peu à peu le mélange, et qu’on sature l’acide par la chaux , on obtient nn précipite abondant de sulfate de chaux, et un liquide qui est de la gomme. L’acide a donc désorganisé la vésicule organisée, mais non la molécule organique; il a désorganisé un tissu , en s’emparant de sa base et en éliminant la gomme qui était associée à cettedernière. Lorsqu’un opère en grand sur du chilTon , sur du papier, il SC dégage nue telle chaleur, qu’on ne saurait tenir le vase dans la main ; que si on abandonne le mélange à lui-mème et sans l'étendre et l’affaiblir d’eau , l’acide sulfurique, très-avide d’eau , ne manque pas de réagir, pour s’en saturer, sur la molécule organique même; delà vient la carbonisation de la substance végétale, à mesure que l’acide la dépouille des molécules aqueuses qui auparavant, associées avec le carbone, composaient la molécule orpnique. Le carbone , limpide par sa

cristallisation vésiculaire, devient noirâtre par son isolement; et au microscope, il se présente par myriades de petits globules noirs et incommensurables, de la même forme et des mêmes dimensions que la poudre qu’on obtient en frottant rapidement un diamant contre un autre.

L’action générale de l’acide sulfurique concentré est le type de l’action de tous les autres acides de même nature sur les tissus végétaux et animaux.

1430. Les acides hydrocbloricpie cl iii-

,Di ; -,

triqae, tont aussi avides dVau que l'acide êulHiriqtie, produisent, comme ce dcruier, la carbonisation proçrcssivede la molécule or{vanique| mais, sous l'influence du calorique dégagé spontanément, l'acide nitrique se transforme en partie en gaz nitreux et rutilant. On peut recueillir la portion carbonisée des tissus en poudre impalpable par la filtration, et c'est peiil-^lre, après des lavages suflisants, le carbone le plus pur (après celui qui provient do frottement de deux diamants l'an contre l'autre) qu'on puisse obtenir par des procédés mécaniqaes.

1431 . L'acide nrsénique est, comme l'indique la théorie, encore plus actif que le deiitoxyde d'arsenic ; et comme on peut le prendre en pondre blanche, et que, par conséqoent, son action n'est pas aussi rapide que celle des autres acides toujours solubles, il ne donne des signes évidents de sa présence fatale que dans l'esiomac, tandis que les autres, agissant déjà par l’orgnne dugmU et celui de la déglutition, pourraient être rejetés avant d’élre arrivés en trop grande dose dans les voies digestives. Voilà pourquoi seulement les substances arsénicales ont la réputation d'ètre les poisons les plus actifs.

1432. L'acide sulfuriipie produit, sur un mélange do sucre et d'albumine, les mêmes effets que l'acide arsénieux ou deutoxyde d'arsenic sur le sucre de canne; il en résulte, dans les deux cas, une belle couleur purpurine.

1433. L'acide fluorique désorganise promptement les tissus, àlais de tous ces agents de destruction, c'est l'acide priissique qui, à plus pelitcclose, opère des réactions plus subites et plus irréparables. Cela tient-il à sa grande volatilité, ou aiixcITels seuls d'une désorganisation qui réagissent à leur tour Gomme causes délétères? ]. es i combinaisons de l'acide prnssique avec | l'ammoniaque oui été trop peu étudiées, pour quê nous nous dispensions d'émettre la pensée, que c'est à de semblables combinaisons qu'est due peut-être l'action insaiêissable de cet acide et de la plupart des poisons inconnus.

1454. Lés vapeurs de gaz nitreux, de

L,V VÉGÉTATION

chlore, d'hydrogène sulfuré, degat snlfiireiyi, ne peuvent manquer d’agir sur les végétaux d'une manière nuisible, en se transformant en acides plus actifs, aux dépens de IWganisation des tissus mêmes.

1435. Acides végétaux. Ces acides désorganisent moins les tissus qu'ils n'altèrent les liquides, de manière à les rendre impropres à la fermentation spéciale d'où émane l'organisation. Les uns, comme les acides oxalique, gatlique et tartrique, précipitent les bases dont la solubilité, à l'aide de tont antre oienstnic, devait favoriser l'association avec la molécule organique; les autres, telsqne l'acide acétique, rendent trop solubles ces bases, pour que l'association puisse avoir lieu. Les uns çt les autres passent à travers les parois des cellules ; ils vont réagir, à l'intérieur, sur le liquide qui circule, et sur la membrane verte qui préside à la circulation et qu'ils désorganisent. Aussi, lorsque ces acides commencent à se former spontanément dans un organe, ils alTectcnldes cellules spéciales qui cessent d'élaborer et de grandir; ils sont là en dépôt pour des élaborations ultérieures. Les cellules élaborantes seraient désorganisées parles acides des cellules élaborées , dans le cas où un accident viendrait perforer leurs parois communes, et mettre en contact les deux tissus hétérogènes. On voit fréquemment le sucre remplacer ces acides par le progrès de la maturation ; le sucre, en effet, résulte de l'action plus ou moins lente d'un acide sur la substance du mucilage , de la gomme ou des tissus ligneux. Les expériences en grand auraieul dlOjcilciiient expliqué l'aDomalie que semble offrir, sans plus ample examen, le phénomène de substances élaborées par le végétal , et pourtant nuisibles au vé- Cétal.

1 456. 4” Ac/.5 dcsorganisaleurs îles I issus. Co sont les sels (jiii , par le pliéiiomè n« ilc la double clécoQiposition , rcproduiseiil, autour de la cellule vé06tale ou dans sa capacité, des réaction, propres à détruire on à paralyser l'organisation. Lesarséniates et les prussiate. sont dans ce cas ; ils 1 sont en général des poison, pour le. vé-

EN GÉXÉnAL.

gétaui comme pour les animaux, quoique | moins violents que leurs acides. Lesclilo* | rurcs réa{ji88ent d'une manii're délétère ' sur les tissus par le cidore qu'ils laissent dégager; les sulfures, les pltosphures, etc., | par l'oxygène qu'ils absorbent pour passer j àl'état de'sulfjtesctdc pbospbaics,elc.Les j alcalis végétaux obtenus arliGciellemciit (morpbiiie, narcoline , quinine , etc.) réagissent pcul-ctre de la même manière, par | la quantité d'anmiünia({ue non saturée qui les rend alcalins.

1157. Outre leur action sur tes tissus, • la plupart de cessubstauces exercent une action délétère sur les liipiides en les coagulant. L'alcool, IVllier n'agissent pas d'une autre manière : Us précipitent l'albumine, en absorbant à leur' profit les Dioléciiiesaquciises, qui auparavant étaient associées à l'albumlnc et servaient à la rendre liquide.

1138. SlIlRTANCf-8 ASPUYXUSTF.S. NoUS avons désigné sous ce titVe les substances qui tuent la véîgétatîon et l'organisation en général , par leur présence plutôt que par leur réaction directe; qui sont pliiiot un obstacle qu'un poison, un einpècliement qu'une cause délétère. Les unes agissent en absorbant à leur unique profit les gaz ou les lupiides (jue réclame la végétation ; les autres en formant sur la surface des tissus une couclic qui la rend imperméable aux gaz et aux liquides que les tissus devraient élaborer.

1139. La chaux l'iVc, Vadde suïfuri~ que^ etc., lorsqu'ils ne sont pas en eoiilacl immédiat avec les tissus, peuvent devenir fuuesles à la végétation en absorbant riiumidilé dont l'air cl la terre sont imprégnés.

1 140. Le sel marin ^ et tous les sels déliquescents, agiraient à distance par le même mécanisme que l'acide sulfuriipic.

1 îll , Les métaux oxydables à la Icnqiérature ordinaire, le fer, le cuivre, par exemp!e,agi>isenl en absorbant l'oxygène; et celleaclion, proportionnelle à la masse, peut devenir délétère dans les sols fortement ferrugineux. ,

1142. Le phosphore f qui ne se trouve point à l'état libre dans la nature, agit

sur les plantes, dans nos expériences de' cabinet, avec plus de rapidité que le fer, et se tpansforinc promplemenl , en absorbant l'oxygène, en acide pbospliorique.

1113. Les oxydes mélalliqucs , <|ui se transforment facilement en carbonates à la température ordinaire, la chaux, la rouille , le vert-de-gris, etc. , sont encore pins nuisibles que le fer et le cuivre métallique, en absorbant l'acide carbonique qui, sans leur présence, se dégagerait au profit des plantes; cl les cbauqis sur lesquels on en verserait une certaine quantité deviendraient stériles Jusqu'à complète saturation de ces bases.

1111. Le carbiMi.ite dechntix, que errtaides eaux tiiuinent en dissolution a l'aide de l'acide carbonique, se dépose autour des tissus eu une incrustation qui ne saurait maixpier d'iiilerceplcr les gaz et les liqunics organisateurs. Il existe <les sources en France dans lescjuelles torts Icscprps et les tissus herbacés s'incrusltmt eu peu de temps d’une couche si épaisse , (pi'ou retire en ornements, en fruitscl en figures de pierre, tous les objets qu'on y a déposés. D'autres sources laissent déposer la silice qu'à l'aide des alcalis leurs eaux tenaient en dissot iitioii; le tissu végétal, jouissant de la propriété de s'assimiler les alcalis, on dégage la silice qui l'eiiveloppc d'une espèce de gelée, laquelle finit par se prendre en belles couches do cristal, cl se colorer de larouleur réfractée des organes végétaux ou animaux qui s'y trouvent emprisonnés; il se produit ainsi d'aussi belles agates que ccllesquiapparlienneiiLà l'épo- (}uc antédiluvienne; une source ascembaule de rislandcjouit plus spécialemenlde cette propriété. Les végétaux le* plus ténus et les pins faciles a se découi poser à l'air libre se conservent cternclicuicul, avec leur teinte native et les détails les plus délicats de leur organisation, dans le sein de ces .silos de silice; et on peut les y étudier an microscope, sur les lames d'agate assez minces, toutnnssi bien que si ces lames servaient simplement de porte-objet*

1 115. C'est par suite de la même propriété que le phosphate, le lartrale et l'oxalaie du chaux vieuueut cristalliser dans

4*8 ioteriticêS des cellules, et en tapissent les parois de leurs cristallisations les plus régulières. Cest ainsi que la silice vient former le vernis delà paille et le feutre des . Éponges et des Spongilles*

1446. Les huiles fixes revêtent les tissus ' dVne couche isolante, d'une espèce de vernis capable de les soustraire à jamais aux influences de Tair et de l'eau. Les bases terreuses et le résultat de la fermentation des engrais préservent le végétal de l'action asphyxiante de l'huile, en la transformant en savon; aussi le marc d'huile d'olive ou de colza, donton se sert pourfumerlesterres , perd-il, par la fermentation , les qualités <|ui sont dans le cas de le rendre dangereux à la végétation. Il est possible que les huiles volatiles et siccatives, les huiles empyreuroatiques, telles que celle de la fumée du bois, n'aient une action délétère mieux ca« ractérisée qu'en absorbant, de pi us que les précédentes , l'oxygène de l'air ambiant.

1447. SCBSTARCRS NARCOTIQCES. Eulin , il est des substances presque toutes résineuses ou résinoïdes, qui produisent sur l'organisation des effets qu'on ne saurait rapporter, dans l'état actuel de la science, qu'à cet inconnu que nous nommons le fiuide nerveux ; autispasmodiques qui font succéder le repos complet à l'activité des organes , qui tuent sans désorganiser, et donnent une mort qui commence par tous les caractères du sommeil. L'huile essentielle de Solanées , du Laurier-rose et du Laurier-cerise, de Térébenthine, d'Amandes amères, l'Opium, etc., paralysent le Jeu des organes sans altérer autrement leurs tissus; et, pour produire ce résultat , on n'a pas besoin d'en recouvrir toutes les surfaces externes.

1448. APPLICATIONS DB CKS PRINCIPES AÜX axPKRiRiTcxs GRAND. Lorsqu'on se propose d'étudier les effcls des diverses substances dont nous venons de parler sur la végétation d'après l'ancienne méthode, on y procède de deux manières : ou bien en arrosant de la substance d'essai la terre, dans laquelle a poussé la plante; ou bien en tenant la plante plongée par ses racines préalablement lavées, ou par la base du rameau amputé, dans la substance d'essai

LA VÉGÉTATION

cllc-mème. Or, dans le premier cas, avant d'arriver au végétal, la substance sera exposée à modifier et à perdre même tout à fait ses propriétés, parses combinaisons avec le milieu ambiant; l'eau, en rétendant , en affaiblira l'intensité; les bases terreuses la neutraliseront. Si l'on procède à l'expérimentation en tenant le végétal plongé dans la substance d'essai, on expose tant d'organes à ces effets , qu'il serait impossible d'en déterminer de la sorte ta nature ; et les nombres que l'on s'appliquerait à recueillir ne pourraient jamais servir à établir des formules , tant la forme, les dimensions, les sels des tissus , l'nge de la plante, sont dans le cas de rendre variables les indications.

1449. Que l'on tienne le végétal plongé dans l'acide sulfurique concentré ; si la racine en est aqueuse, le dégagement du calorique pourra être si violent, que la sommité du rameau se flétrira, par l'élévation de température, avant d'avoir subi les premières atteintes de l'acide sulfurique; et l'observateur confondra nécessairement les deux cfTets.

1450. Que l'on tienne la surface amputée d'une branche plongée dans une solution d'acide oxalique ou d'oxalale ; à la faveur des doubles décompositions, il pourra se former, sur la surface amputée, une incrustation d'oxalatc de chaux qui jouera le rôle d'une espèce de mastic , et interceptera le passage de l'eau , laquelle ne traverse jamais l'écorce (1S98 ) ; etdans ce cas, le végétal mourra d'inanition, alors que l'observateur décidera qu'il est mort par empoisonnement. On peut en dire autant des sels de fer et autres qui, par l'action des doubles décompositions, sontdaus le cas de venir former des incrustations sur les surfaces aspirantes; car la végétation a une propriété toute particulière de déterminer, dans les sels , des réductions et des doubles décompositions, que nos moyens de chimie inorganique ne sauraient à eux seuls reproduire.

1451. De toutes les observations qui précèdent, il s'ensuit que les expériences nombreuses auxquelles les auteurs se sont livrés par les procédés en grand, n'ajoutent

DigitizecLtiÿ Googic

EN GENERAL

rien , dans rappllcation , à ce que la pratique agricole avait appris sur l'action des mélanges destinés à marner et à fumer les champs. Ce n'est point avec une telle uniformité de procédés , et par de simples essais obtenus une seule fois qu'on doit se flatter de décider une question aussi conipleso ; ce n'est point , en soumettant à U fois au même réactif tant de substances hétérogènes, qu'on cal autorise à prononcer ensuite de son influence sur une seule d'entre elles; ce n'est point en observant leseffets d'avance bien connusd'tine substance qui n'exisle point dans la nature, et qtii est Foeuvre exclusive de nos laboratoires, que nous devons chercher des règles pratiques pour nous diriger dans Fart d'améliorer ou de réparer le sol; enfin , ce n'est point en opérant à de telles distances sur des masses d'organes, placés cote à côte et doués de fonctions différentes, qu'on peut se flatter d'arriver à une solution physiologique sur lanatiire cl la destination de chacun d'eux : depuis la révolution toute récente qui s'est opérée dans l'art d'observer l'organisation , il serait absurde de reprendre ces essais d'après l'ancienne méthode.

1453. soBSTsacRs destrcctricrs. Nous comprenons sous ce nom toutes les causes mécaniques qui sont dans te cas de produire des solutions de continuité dans la substance des tissus, d'épuiser les sucs, ou d'ouvrir à leur élaboration une roule anormale.

1453. Causes qui détruisent la végétation par des solutions de continuité. La foudre, les coups de vent, font voler en éclats les branches les plus robustes des arbres séculaires que cent tempètesavaient épargnés jusqu'alors , et qui semblaient être désormais à l'abri de tons les autres fléaux destructeurs dont sont menacées tons les ans les jeunes tiges. La dénudés animaux, ou d'autres accidents , produisent , sur les arbres, diverses sortes de solutions de continuité dont le résultat principal, si ces causes ne frappenlpas immédiatement de mort la végétation , est d'occasionner une cicatrice qui pCnl devenir le foyer d'une Tente mais inlailliblcdécomposilion,

que l'on connaît sons le mon de carie. Celte • maladie s'annonce par un écoulement de sanie, qui semble carboniser tous les tissus qui lui donnent un passage, et qui finit par produire une longue cavité sous l'écorce intacte. On remarque , en général , que toute la portion du tronc qui est pla- / cée perpendiculairement en dessus et en dessous de la plaie , est envahie successivement parla décomposition, pendantque les autres portions de la circonférence restent saines et intègres. C'est que le tronc est une agrégation de cellules qui s'étendent dans toute sa longueur , et qui finissent par devenir indépendantes les unes des autres, en sorte que la mort dç l'untn'entraine pal nécessairement la mort de l'autre. C'est par une conséquence de cette organisation qua toute la portion du tronb qui correspond à l'amputation d'une grosse racine , perd peu à peu sa force de végétation; car chaque grande cellule circulaire du tronc finit par devenir un tronc à part, ayant sa radication et sa ramescence en propre, dont la perte ne saurait être tout à coup cooipeuséc par les systèmes voisins.

1454. Au printemps, la dent des animaux herbivores , de la chèvre surtout, est funeste aux jeunes bourgeons et aux jeunes écorces; en été, la chenille dépouille la plante de sa foliation. Le premier accident tue 1a végétation dans son germe, le second dans toute la vigueur de son action ; et il est des végétaux qui ne résistent pas mieux au second fléau qu'au premier.

1455. Farmi les insectes ravageurs, nous n'avons coutume de mentionner que ceux qui s'attachent aux plantes cultivées; mais il n'est pas une seule plante qui n'ait le sien à un âge ou à un autre, sur l'un ou l'autre de ses organes. Les uns sc nourrissent de racines, les autres de tissus herbacés fort jeunes, les autres de tissus ligneux; les uns sucent le nectar des corolles, les autres les sucs albuminososucrés des fruits; enfin il est des insectes qiii passent toute leur vie de larves au sein des tissus dont ils sc nourrissent ; leur mère prévoyante avait eu soin d'^

INFLUENCES SUR LA VÉGÉTATION

dt'poRcr leur a*iif, apr^s avoir perce I<*s couches superficielles de !’orf|nnc véjcial, avec la tarière qui termine chez elle Pappnreîl delà parlurilion*

H56. Les insecles produisent sur U Tc^jélatioQ des influeuces Lion difVérentes , selon qiPils sont munis de maudîLu- Ics ou do suçoirs.

1157. Les premiers n’op('reot que des solutions de continuit<^f les seconds donnent lieu à des phénomènes physiolorpques du plus haut intérêt , ctdont IV’lude, jusqiP.i ce jour trop néjjli^jèo , est peutêtre appelée à nous donner la sotulion de Lien des problèmes reIntifs ’à révolution vé(*élah;et à Por(;:yiisalion des tissus en général. •

1458. Un auteur [1] a loul récemment Las.irdé Popinîon (^ue les Court iliéres, les verjf des Hannetons, et autres larves de coléoptères, nuisent a»ix arbres, nori-seuîemenl en coupant leurs racines, mais encore en les empoisonnant. II se fonde sur ce que, d'après lui, les arbres dont les racines sont rongées par ces insectes périssent plus vite « que ceux à qui un tout nuire accident aurait fait subir ces sortes d'amputations. Il présume alors que ces larves ont les m.lcboires trop faibles pour couper les racines, sans chercher h les ramollir: mais qu'elles arrivent à ce résultat à l'aide des sucs abondants que la plupart transsudent de leur liouche, sucs, ajoute l'auteur , sou\«cnl âcres et acides. "Noiis ne sachions pasque Pauleiir ait eberebé à conslolcr, par l'evpérimentalion, l'existence de ces sucs âcres et acides que baveraient , d'après lui, les insectes J l'élude la plus superficielle de l'appareil de ta mnsllcalion de ces animaux lui aurait démontré l’inox.icliliub* de cette assertion ; car leurs mandibules sont trop cornées pour donner Heu à celle salivation; elles sont Irop extérieures, cl clics opèrent trop à distance, si je puis m'exprimer ainsi, pour que les sucs de l'appareil de la déglutition puissent se

[i] PJiyiiolû^ie végèiale tie DecandoUe , t. 111, p. i3;o.

mêlera la mastication. La Coiirlilière est une des plus grosses sanlcrcîles de nos climats; elle est aruiéc des pièces les pins solides que l'on puisse remarquer sur les plus gros insectes ; ses mandibules briseraient la terre; comment penser que les racines leur opposeraient plus de résistance? Il faut n'avoir vu qu'une seule fuis ronger une Chenille, le ver du llanuetoii ou la Coiirlilière,* pour rester convaincu que leurs emporte-pièce sulfiseut aux plus robustes tissus , et qu'aucun suc corrosif ne vieht jamais à leur aide. Ainsi cette explication est fondée sur tiuc suppositiou gratuite, ce qui est pire qu'une erreur d'observation, (gluant au ))liéiioniène eu lui-mèine, il n’existe pas d’une autre manière que l'explication; cl l'amputation des racines ii'esl ni plus ni moins funeste aux végétaux, qu'elle soit le fait des mandibules des insecles ou de nos instruments tranchants. La serpette ou la bêche seraient tout aussi' nuisibles que les mandibules du Ver blanc et de la Courtilière , si ces deux instruments s'atlacliaiciU, av(*c autant de constance, à altérer le système radiculaire à mesure qu'il se. forme. Eu efl'el, la suppression des racines exerce une double iniluence : la première, qui consistedans la privation d'un organe souterrain, contemporain et antagoniste de la végétation aérienne; la seconde, qui provient d'une prompte dessiccation , et:

souvent d'uii empoisonnement terreux; car les grosses racines, dont l'extrémité a atteint les portions biimides du terrain , traversent îles portions desséchées, et souvent des milieux en décomposition. Or, si vous opérez une solution de continuité qui mette les tissus internes de la racine en contact .avec la terre desséchée ou les débris putréfiés, vous nuirez a la plante, dans le premier cas , en aspirant aii-dehors .scs sucs par l'.iclion de la capillarité, et dans le second cas, en Ic.s empoisonnant par le dégagement des combinaisons nmoiuniacalcs ; et c'est là la raison pour laquelle les insectes souterrains , à égalité de nombre, opèrent plus Je ravages dans tel champ que dans tel antre , .sur tel arbre que sur tel autre de la nièaie es-

E\ GÉNÉRAL

pèc(^, dans telle snison qiie dans telle autre ; simples instruments mécaniques de tous ces ravages, ils délruisenl, mais nVmpoisonnent pas.

1459. Les larves des mouches , en général, naissent et vivent dans Pintéricnr des organes sains ou morts des végétaux. Les unes dévorent le bois le plus dur, et tracent , dans les troncs d'arbre , ces vermoulures qu’on dirait être l’œuvre du ciseau *, la mère elle-même, frêle mouche, avec ses deax seules mandibules, avait su creuser assez proCondément dans la subelaocc du ligneux, pour y déposer scs oeufs à l’abri de toute atteinte.

14C0. D'autres larves n’apparaissent que sur les fongosités en décomposition j d’autres sillonnent la substance des feuilles entre le parenchyme qu’elles rongent, et l’épiderme qu’elles ménagent, et produisent, sur les feuilles encore vertes, ces sinuosités, ces paraphes, qu’on serait tenté de prendre pour des figures tracées au pinceau.

1461. Certains pucerons se tiennent auprès des jeunessommités ; ils s’attaclieiit à toutes les pousses nouvelles que leur apporlele développement des bourgeons, et Us les épuisent de leurs liquides sucrés.

1469. D’autres sonttellcmentenfarinés par les débrisdes tissus qu’ils desséchent, que ragriculleur a vu , dans celte œuvre de destruction , le caractère d’uuc maladie : il l’a désignée sous les noms de blanc, de meunier, de îepre. Ces sortes d’insectes ne rongent pas, ils sucent les sucs à travers la paroi épidermique, ils aspirent k leur profit les liquides élaborés par les cellules, et épuisent les organes en respectant leur charpente; ils reproduisent le phénomène de l’aspiration cellulaire , par le vide que produit la succion.

1463. J’ai vu des nymphes, attachées àVune des facesdti fruit Poljrgonwn ,

opérer, par leur seule présence, un effet que la larve aurait produit par la succion. Le côté Je la graine contre lequel elles éuieot appliquées était enfonce , et Ja graine était vide de périsperme.

1464. Enfin il est des larves qui, au lieu de désorgnuiser les tissus, en font naître de nouveaux par leur présence ; ccdles-là enrichissent l’organisation en vivant à ses dépens; ils rendent au eentuple au végétal ce que leur faible nutrition leur enlève| le point du tissu dans liM^uel la mouche a introduit un de ses œufs ne tarde pas à se développer , suit en filaments , soit eu petits rameaux herbacés,soit en une sphère épaisse, soit en boulons de dilTérentcs formes et de diverses couleurs; et tons ces organes olTrent, dans leur slnicltiro et dans les diverses phases de leur développement, tous le.s caractères des produits ordinaires de la fécondation; leur tissu devient ligneux, de glutiiieux qu’il était d’abord ; de vert , il passe par toutes les nuances du prisme, jusqu'au purpurin, et puis an jaune; enfin, telle est leur régnl.irilé et la symétrie de leurs formes , que bien des observateurs les ont pris , dans le principe , pour des organes ou des parasites sui ^eneris- La présence et le mo<lc de nutrition d’un insecte déterminent donc la formation de nouveaux tissus^ l’insecte crée*des organes sur la surface de l’organe qu’il envahit ; il féconde donc comme le pollen étranger que l’on applique sur le pistil ; et le produit de sa fécondation spéciale afièclc toujours les mêmes formes et les mêmes dimensions , comme le produit de la fécondation pollinique. Or , ce rapprochement perdra beaucoup de son merveilleux, si nous nous reportons sur celte partie de la démonstration qui n eu pour objet le mécanisme delà fécoodalioii. Puisque, en dernière analyse, la fécondation se réduit à la rencontre de deux spires de nom contraire, et que la variété infinie des formes végétales n’est que le résultat du nombre , do la direction et de la vitesse de ces couples de spires , il devient concevable qu’une simple action mécanique, qu’une simple piqûre d’insecte , puisse concourir k la fécondation , et déterminer la création d’organes, en mettant en contact ces spires entre elles , de telle manière que l’évolution du végétal, abandohuée à elle-même, u’aurait jamais pu reproduire. Le petit

INFLUENCES SUR LA VÉGÉTATION

anioial , en tournant dans la cellule que lui a ouverte ea mère, peut ainsi façonner un organe, comme la main du potier façonne Pargile qui tourne autour dVIIe.

1465* I/influence du parasitisme des insectes se transmet souvent aux organes les plus éloignés j et on ne saurait prévoir d'avance à combien de monstruosités végétales, et même de variétés, elle a donné naissance, k l'insu de l'observateur* Nous citerons l'exemple suivant , afin d'avertir les descripteurs. Bosc trouva un jour, prés de Vincennes, un Centaurea calcitrapa, dont les fleurs lui parurent tellement s'éloigner du type de l'espèce, que, selon l'habitude de ce temps-là , il en 6t une espèce nouvelle , et il en distribua des petits bouts d'échantillon à ses correspondants J dans la Flore française j de Decandollc, onia trouve décrite sons le nom de C. myacaniha» Les botanistes eurent beau chercher cette espèce extraordinaire aux environs de Paris ; force fut de s'en référer aux petits bouts d'échantillons distribués par Bosc. Comme plante rare , cette espèce méritait, sans pontredit, les honneurs de la description et d'une figure^ aussi Decandolle, qui l'avait décrite dans la Flore française f lui consacra une des belles planches de Vïconesplantarum Gal~ liœ rariorum; mais l'échantillon étant malheureusement incomplet, le descripteur et le dessinateur s'appliquèrent , chacun de leur côté, à la restituer j comme on le fait à l'égard des ruines antiques; le descripteur en décrivit la graine sans aigrettes ; non pas qu'il eût aperçu rien quiressemblât à une graine , mais seulement parce qu il n'avait rien aperçu qui ressemblât à une aigrette; le dessinateur, qui, dans ces sortes de restitutions , est doué d'un tact particulier, pensa que les graines du C. calcitrapa lui serviraient toutaussi bien pour figurer celles du Ceniaureamjracantha^ dont l'échantillon ne lui paraissait pas engraine; aussi la planche flguréc n'a pas manqué de donner un démenti à la description écrite ; et le C. myacanthn sc trouve, de celle façon . posséderde belles graines mûres claigreUécs. Eh bien ! celle

description et cette belle figure sont le résultat d'une mystification des insectes ; nous avons retrouvé fréquemment, depuis 1839, cette formedu Centaurea calcitrapa dans les terrains incultes près du pont d'Iéna, et sur les bords de la Seine , de Saint-Denis, à Épinay, et nous avons pu, delà sorte, évaluer, elle mérite des descriptions de ce temps-là , et la nature de la transformation qu'on avait pris soin de décorer d'un nom spécifique.

Les follicules calicinaux qui , chez le C. calcilrapaf se terminent par une longue épine médiane, accompagnée de deux plus courtes, portent, chez le C, myacantha , trois épines égales, ou souvent une seule, à cause de la petitesse des deux latérales* Le réceptacle ne renferme ni graines aigreltées , ni graines privées d'aigrettes, par la raison qu'il ne renferme aucun organe de la fécondation, ni étamine, ni pis-* til, mais seulement des fleurs à corolles multiples, emboîtées comme chez les fleurs doubles, les unes dans les autres, c'est-àdire àt%pélorieSj que nous avons désignées sous le nom de fleurs corollipares (106) ; du reste, la tige, les feuilles, et la disposition des rameaux, ne présentent pas les moindres dilTérences avec la plante normale. Mats il n'en était pas de même de la racine pivotante, qui, chez le C. myacantha, offrait, sur toute sa longueur, la couleur noirâtre, et tous les autres caractères des altérations que la nutrition des insectes imprime aux organes souterrains; et les suites de cette altération s'étendaient bien avant dans la substance de la racine. Le C. myacantha n'est donc qu'un accident de végétation, et non un type spécifique; ses caractères apparents ne sont dus qu'à une déviation, et leur déviation est l'œuvre de la suppression des sucs radiculaires, car la fécondation ne saurait avoir lieu sans nutrition* Lorsque nous publiâmes ces réflexions , peu flatteuses, nous en convenons, pour les méthodes académiques d'observation [1],ons'em-

(i] Jnnate» fit Seitnett d'oàtervatian , t, III, w i.JaiivKT

EN GÉNÉRAL. 3fttj

pressa de nous faire parvenir des (^raines qu'oD dtMÎt avoir es traites du C, myacarX' lha ; mais on se dispensa de nous envoyer en même temps récbantillon de la plante. C'éfait une mystincation volontaire que la complaisance des disciples ajoutait aux premiôres méprises des maîtres.

Au reste, nous avons choisi cet exemple, parce quNl est à la portée de tout le monde; mais nos livres fourmillent, surtout en fait de plantes exotiques, de créations de cette valeur.

1 466 . l.e nombre des déformations orga* niques que peut enfanter, chex les végé* taux, la présence d'un insecte, est capable de fournirà Tétude de toute une existence d'observateur; et ce sujet, tant négligé, est dans Je cas de devenir fécond en découvertes physiologiques du plus haut intérêt, si ou cherche à l'exploiter d'après les principes de la nouvelle méthode d'ob-^ servation. Tout me porte à croire qu'on arrivera de la sorte à supprimer des catalogues de cryptogamie, et à rendre à l'entomologie cette foule de pilosités ou de gîandiilalions épidermiques qu'on a décrites sur les deux pages de la feuille et sur la surface des tiges herbacées. Quand on est forcé d'admettre que le hédé^uarà^ 1a lige des rosiers est Toeuvre d'un insecte , on ne trouve plus extraordinaire qu'il puisse en être de même des Erysiphe , et autres groupes filamenteux, que l'on voit «e développer sur la surface des feuilles rivantes.

t467. Les insectes deviennent souvent les agents des fécondations artificielles, en transportant sur le pistil les grains de pollen dont ils se sont enfarinés sur d'autres plantes ; en cela ils ne servent que de moyens de transport, elle souIRe des vents contribue autant qu'eux à ces hyménées, à CCS croisements de races , qui donnent ensuite lieu à tant d'hyhridités végétales. I.a eaprificatîou du figuier ne rentre nullement dans cet ordre de phénomènes; celle opération influe; non sur la fécondation des pistils de la figue, mais sur la maturation du péricarpe. Au mois de mai et de jaillet, les paysans de l'Archipel, et de i'j/e de Malte même, cueillent les fgues

des caprifiguiers , ou figuiers sauvages, qu'ils désignent sous le nom d'or^u'^ et ils les suspendent aux rameaux du figuier domestique. Â cette époque, les figues sauvages sont remplies de vers sur le point de passer à l'état de moucherons , qui viennent piquer le péricarpe de la figue domestique pour y déposer leurs œufs ; celte piqûre contribue à la maturation du péricarpe des figues, dont sans cela le plus grand nombre aurait avorté sous ce rapport. On a constaté que la caprification est causequ'un figuier, qui n'aurait donne que vingt-cinq livres de bonnes figues, en produit jusqu'à deux cent quatre-vingts livres. Bernard, de Marseille, à qui nous sommes redevables de celte explication, a reproduit artificiellement le phénomène de la caprification , en ayant soin de piquer des figues saines avec une pointe, et en introduisant unegoutteletted'builedans la blessure. 11 a vu les figues piquées mûrir bien plus vite que les autres du même arbre.

1468. Au reste, le même phénomène s'observe également sur nos autres fruits comestibles : tout le monde sait combien la piqûre des mouches contribne à la prompte maturation des pommes cl des poires, que Ton appelle alors véreuses»

1469. Nous avons vu plus haut la piqûre d'un insecte transformer des tissus en organes ; nous la voyons ici transformer des sucs réslno-glutineux en sucre ; ces deux résultats découlent du même mécanisme. Dans le premier cas, la piqûre met en contact des spires que leur séparation rendait infécondes; dans le second, la piqûre met en contact les sucs acides d'une cellule avec les sucs glutinenx de la cellule voisine, par la perforation de leur double paroi; et de ce mélange naît le principe sucré , comme nous l'obtenons dans nos laboratoires par la combinaison de ces deux éléments. La nature n'arrive à ce résultat que par l'oblitération des membranes qui forment les parois cellulaires; or, la perforation est un procédé plus expédilifquc l'oblitération; c'estpourquoi U piqûre des insectes accélère la maturation.

HISTOIRE DES INFLUENCES

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