CHAPITRE II
■ISTOIBC DES llfrLDinCSS SUR CBAQVB OBOJUIE ER VABTICOXIER.
1470. Nous allons suivre, dans l'histoire des fonctions des or(janes, la m^me méthode qui nous a déjà servi à tracer l’histoire de leur développement. Nous prendrons le végéta! dans son germe , nous le suivrons jusqu'à l’époque de la floraison et de la fritctificaLion ; nous décrirons ainsi une coiirhe continue dont les deux extrémités se rejoindront par les rapports les plus intimes : ce cercle, cVst l«i vie qui vient finir oi\ elle avait commencé.
I I. I^FLÜEaCK SUR LA CRAIXE (117, 1144).
1471 .La graine, avons-nous déjà dit, est une espèce de 5/7o destiné à protéger loramcau teiTninal , c'csl-à-dire Vemhryon , contre toutes les circonstances autres que celles qui sont dans le cas de concourir à la germination. Elle est redevable de celle propriété à son enveloppe la plus externe : le péricarpe f chez les unes (Céréales, Polvgonéos, Cypéracées, Orabellîféres , Synanlliérées, elc.)j VeruIocarpCf chez les autres (Aniande, Noix, Pèche, etc.)j le testf chez le plus grand nombre (Légumineuses, Cniciféres, etc.). En effet, IVnvcloppe la plus externe acquiert, par la maturité, une consistance si forte et une structure si serrée, qu'elle en devientsouvenl également imperméable n Pair et aux liquides, qui dès-lors ne peuvent pénétrer dans fintérieiir des organes que par le hilCf ou par suite de la décomposition infiniment lente de ce tissu ligneux. ,
1 172, Les graines conservées daus un lieu à l'ahri des variations atmospiiériqiies, conservent leur facnllé germinative plus Jonglemps les unes que les autres. La pratique des marafehers a constaté que la facaUc de germer se conserve : pendaut
vx Ax aux graines des Panais, Pasiitiaca olcracea; Salsifis, Scorzonera ptirpurea^
— DRUX ANS, ches celles des Maïs, Zea / Rourrachc, Borago (^cinalis; Carotte, Dancus Carotta ; Corne de cerf, Planlago coronopus i\e marais, Plcia fabaf Haricot, Phaseolus vulgaris; Oignon,
/ÏM/u fc/jn ; Scorsonère, Scorzonera hispa^ nica; Poireau , /lorrum Ciboule,
yillium fissile ; Oseille, Jiumex acc/osa ; Roquette , Sisymbrium tenuifoUum ; — * TROIS AXS, chez celles des Buglose,./^ncA</.ya ojjù'malis; Capucine, Ti'opæolum majus ; Anis, Pimpinotla Basilic, Ocimum
basiîicum ; Cliervis, Sium sisarum ; Navet, Brassica napits ; Cerfeuil , Apium gmveo^ Icns y Épinard, Spinacia olcracea ; Estragon , Arlhcmîsia dracunculus ÿ Laitue , LacUtca satha ; Pomme d'amour, Solantt/rt lycopersicon ; Plmprenelle, Poterium san~ guisorbn; Raiponce, Campanula mpimcu^ lus ^ Moutarde ^ Sînapis nigra ; quatre ANS, chez celles du VersW, Apium petrose^ linum f — CINQ ans, chez celles de la Macho, yaîcrianella locusla; — srpt ans, chez celles des Citrouilles, Cucurbila pepo ^ Courge, Cucumis lagenariaf Melon, Citcu^ mis melo; Concombre, Cucumis sntiuus;
— BIX ANS, chczcelles des Artichaut, Çy-
nara scolymus ^ Cardon, Cardunculus ^ Bette, Jîc/a (^.hicorée, Cichorium
intybiis ; Chou, Brassica olcracea ; Pourpier, Porltdaca oleracca' Radis, Raphattus sativus. Il est d'autres semences qu'on ne ppifl laisser impunément à Pair Jibre après leur maturité : tels sont les glands, les châtaignes et marrons d'Inde, etc. On les sème immédiatement après la récolte, ou bien on les conserve en les stratifiant dans une caisse, c'est-à-dire en les couvrant d’une couche de terre, qui les préserve
Digi^ JbyCoogI
SÜU CHAQUE OnCAXE EIS VAnTICCLU-R, 307
également de la séchtTesse et de l'Iiumi- ' dite.
1175. Mais ce ne sont là que dos ap-< proximations pratiques, qui comportent de nombreuses exceptions. Voss, jardinier on chef de 5ans*Souci, a obtenu, eu 1827, de beaux Melons, avec des graines récoltées Ircufc-lrois ans auparavant , et des Concombres avec des graines âgées de Jix-sept ans. Kn 1809, on a semé avec succès au Jardin des Plantes des graines de Dolichos J qui avaient été prises dans rhcrbicr de Tournefort , et qui , par coasé()uent, avaient environ cent ans. La graine de Sensitive peut se conserver quarante ans, et même au-delà.
1 47l . 2S*oiis vouons de parler des {^raines abandonnées à la température ordinaire, et sans autre précaution que celle de les soustraire à l'intempérie de l'air; mais leur longévité peut être poussée plus loin encore, si, par des procédés artificiels, on prenil soin de Içs soustraire complètement à Tactiori de l'air, de rhuoiidité et , de la lumière. On construit, à cet effet, dans des terrains à l'abri des iiifülrations | souterraines , des èaveaux en maçonnerie que l'on recouvre déciment imperméable, et que l'on tapisse de paille; on les rcnipUl des graines que l’on se propose de conserver , et l'on eu boiicbc bermélicpie-' ment l'ouverture ; les graines les plus dé.* licntns se conserveraient pcuUêtre imléfjoiment dans de semblables greniers, si (les accidents imprévus ne venaient pas à la /ongue dépouiller l'appareil des conditions favorables à leur conservation. On a donné le nom de silos à cos greniers souterrains, et leur usage est très-répandu dans ta Russie, où Tuidustrie agricole ne trouvcd’autrerecours, conlrcles rigueurs du climat, que les eiilraillcs de la terre.
1175. Tüufe graiin» qui se trouverait enveloppée par tnic'&nbstanoe isolante capable de la soustraire à riurtuence des agents extérieurs, s'y conserverait Indéfi* liiment, aussi bien què dans nos silos arlificiels; l'argile pure ou mélangée est éminfmmpnt propre à placer la graine dans res conditions; on sait, en clfet, que, réduite à un certain état de dessiccation,
elle ne donne que lentement accès à l'hu« midité ambiante; or, si par suite du monvcment, soit spontané, soit artificiel du terrain, il arrive qu’une graine végétale soit emprisonnée compléloinent dans une motte argileuse, et déposée ainsi à une asse^ grande profondeur , elle se conservera à l’abri de l’eau et de l’air, qui ne pénètrent jamais t!R grande abondance à certaines prorondeurs ; et elle restera ensevelie dans cc long sommeil , jusqu'à co qu'un bouleversement nouveau, la ramenant à la surface, la remette en commu- é nication avec les agents extérieurs. Cest ce qui explique comment, sur les ruines de murs récemment abattus, on voit s'é; levcrdes plantes de jardin, dont la graine n^avait plus été semée dans ers lieux de» puis la fondation de cette maçonnerie; elles s’étalent coii|crvées dans Je morlief', comme dans uii silo. Onn vu, en Angleterre, après l’incendie de Londres, appa • raîtfc, sur les cendres, une plante qui n'apparlcnait pointa la flore locale* C'est ce qu'un observe encore après les défonccments un peu profonds des terrains en frif1)e, et après le curage des vieux fossés et des élangi; Il apparaît tout à coup des plantes que de temps immémorial on ne retrouvait plus dans la contrée.
1170. H ne faut pas confondre ce phénomène avec un fait analogue dont on est témoin après le JéfrichecmMil des forêts î desplaoles d'une essençe différente H’einparenl en effet du terrain, et s'y succèdent dans un certain ordre; mais co sont des plantes indigènes , qui croissaient anparavaut à des distances assez rapprochées , qimirqn'èn coup de vent put îesqmcuerà la surface du sol abandonné par les forcis, dont l'ombrage était cha(|iie année un obstacle à leur végétation. Le phénomène, dont uoiis nous Occuperons en son lieu, tient a la même cause qui préside aux assolements c’est une rotation spontanée de récoltes, ce n'est pas une résurrection de léiirs graines.
1Î77. De même que les graines d'une espèce conservent plus longtemps que celles d’ime autre è^pcce leur faculté germinative, de même, placées dans les mêmes
' niSTOÏRE DES INFLUENCES
circonstances, celles iPnnc espèce permenl plus vite que celles d’une autre ; et parmi Je* graioe* de Ja mémo espèce , le* unes germent plut vite que les autres. Ici , comme plu* haut, Teipèrience ne fournit que de* fait* particulier*, que desapproiU mations variable*. Le* agriculteur* el le* jardiniers, qui opèrent toujours dan* les mêmes circonstances, et qui, chaque année , répètent leurs observations, ont établi en pratique que : le Millet, le Froment, TAvoine elle Seigle, lèvent en un jourj — la Blette, l'Épinard, luFôve, lellaricot, leNavet,la Uave, la Moutarde, la Roquette, etc. , en trois jours; — La Laitue, l’Ânis ea quatre; ~ le Cresson , le Meloh , le Concombre, la Courge, en cinq ; — le Cran ou Raifort, la Belte-poiréc , en six; rOrge en sept; — l’Arroclie en huit; — le Pourpier en neuf; — fe Chou, Vllysope, en dix; — le Persil en quarante ou cin- * quante; — l’Amandier, le Pécher, ^le Châtaignier, la Pivoine, en un an ; — le Cornouiller, le Rosier, l’Aubépine, leNoiselier, en deuxans. Mais ces résultats varieraient avec les climats, les saisons, les localités, le terrain, selon que l’on cultiverait en plein vent, sur couche, ou dan* les serres, etc.; Qt nous ne possédons aucune série d'expériences qui soit propre à nous fixer au moine sur la limite de ces variations. Nos grands établissements, consacrés aux collections de plantes vivantes, auraient pu servir à ce but , stns beaucoup d’efl'orts de la part des directeurs. 3fais jusqu’à présent ils n’ont semblé être destinés qu’à voir naître et mourir les plantes, pour enrichir de leurs dépouilles desséchées de stériles herbiers. Le petit nombre des observations qu’on y a faites, sur l’époque de la levéedes graines, sont si incomplètes et si peu comparatives, qu’elles ne méritent pas la peine d’être placées à côté de celles que nous a léguées l’expérienee des jardiniers. ’
147$. On n’a pas même cherché, en expérimentant, à fixer la valeur temporaire, qui peut correspondre aux expressions par lesquelles on désigne qu'une plante a gemié ou a On constate , en effet , qu’une plante a levé , lorsque scs
* premières feuilles commencent à poindre au-dessus du sol : or, comme la profondeur à laquelle se trouve déposée la graine varie à l’infini, que la résistance qu’oppose le terrain à 1a marche ascendante de la plumule, varie dans les mêmes limites, en raison de la consistance de ses molécules , il s’ensuit que l’époque à laquelle se montre au-deliors la végétation de la graine, ne doit pas fournir des nombres plus constants. D’un autre côté, avant que la plumule n’apparaisse au-dessus du sol , il s’est fait un travail souterrain , dont la circonstance précédente n’est qu’une phase arbitraire; et l’expérimentateur n’en lient aucun compte. Or, si l’on admet, ce qui est irrécusable , que le travail de la germination commence à l’instant où l’embryon se réveille pour élaborer , qu'il se signale par la turgescence, et surtout par la rupture des enveloppes de la graine, on avouera sans peine que les observateur»
ont pris une époque déjà assèz avancée de la végétation, pour l’époque de la germination ; qu’ils ont enfin constaté Pacte de la germination, longtemps après qu’elle s’est opérée.
1479. Ce n’est plus avec des procédés aussi grossiers , et avec une méthode aussi naïve, que l’on doit reprendre ce sujet, jusqu’à ce jour si ingrat. 11 ne s’agit plus de constater la germination, mais d’en décrire l’histoire ; et son histoire commence, dès le moment que le mouvement de la vie se manifeste dans les organes élaborants. Mais la forme de ces organes, leur volume respectif, la nature des substances qu’ils recèlent dans l’intérêt de la végétation future de l’embryon, sont tout autant de circonstances qui, variables selon les divers genres de végétaux , ne peuvent manquer Je faire varier proportionnellement les résultats que l’on cherche. Au lieu Je multiplier les observations sur un grand nombre d’espèces, on doit chercher à approfondir >Phistoire d’une seule, à* s’assurer , par l’anatomie et la physique, dePinstanfrprécis où les agents favorables à la germination ont pénétré , dans les divers organes, de celui où l’élaboration commence en ehacon d’eux, de
SUR CHAQUE ORGANE EN PARTICI irBR.
celui ouïes cotylédons sc développent , où | la radicale s'allonge, où les enveloppes crèvent sous Terrort ; de raccroisseaient successif, heure par heure, de {a plutnule et de /a radicule, sous rinfluence de telle tem* pérature , et de telles ou telles circonstances météorologiques. Une pareille étude, poursuivie, d'après la nouvelle méthode de chimie microscopique , sur les graines « d'une seule espèce de plantes , fournirait à la science des résultats bien plus dignes d'ètre enregistrés, que deux ou trois mille constalalîonsNJe germination prises , dans les carrés «Im écoles botaniques, sur des plantes Je gnres et de familles diverses.
14S0.L# princ^cs suivants dont nous sommes ^redevables , non-seulement aux inductions de l'analogie, mais eheore aux données de Pcxpériencc , nous paraissent propres à imprimer une direction rationnelle à ces sortes d'études.
è1481. Nous nous gardtTuus bion,^ d.ins CCS divers p^agrs))hes , de restreindre la argnilicatioD du mot Graine à l^lrgane qui est le produit de la fécondation des étamines; nous avons sufüsammcnt établi, par nos démonstrations, que son acception étiû^lus large/ et que les bulbes, les arta^ppions sulRsamment infiltrées, | les tubercules souterrains , et même les | plua menues p^ics d'un tronc ligneux, rédnissaîeat, Ans leur strucUire , toutes les conditions Je la graine, dépouillée des cifxonsCances accidentelles, et non essen* lieltesà la reproduction. D'un autrocôté, nous avons démontré l'analogie complète qui existe entre l'organisation de l'ovaire et celle d'un tronc ou de tout autre entre-nœud. Ce simple rapprochement indic{ue U solulipq^’tiné foule de difticultés el d'anomalies , qu'offre, dans les livres, la qoestion de U germination, et réduit d'avance toute l'ÿistoire de la germination a une simple application des principes que BOUS avons éCÀlis , en nous occupant des înnuences sur la vég^iion en général.
1482. 1.%|LUBNCB UB l'sAD A l'ÉTaV Ll- <2dtSl DBNrAPBOR ses LAGRAINK.
La graine florale étant une sommité de raoieai^ampntée , un tronc ligneux en miniature détachj^é^ tronc maternel, ne
rorStOLOCIE VtctTAll.
doit donner immédiatement passage aux liquides que par la surl'ace amputée (1300); et cette surface, c'est le Ai/e pour la graine proprement dite , et le point d'adhérence basilaire pour le fruit mdéhiscent. Le test chez la première, et le péricarpe chez le second , remplissent le même cùle que l'écorce verte ou desséchée, chez lee rameaux ; ils s'opposent an passage immédiat des liquides* Ce résultat, cependant, est plus ou moins durable, plus ou moins prononcé, selon la stsucture des fruits et des graines que l'on soumet à la germliialioD. Et ici, comme nous l'avons déjà dit ailleurs, il faut bien se garder de confondre le passage des matières colorantes avec le plissage des liquides ; jamais les liquides colorés ne pénétreront à travers le test desgraiueset le péricarpe des fruits indéhiscents, pas plus qu'ils ne pénètrent à travers les écorces intactes ; ils ne péoé- « treroDt pas bien avant, par le Ai/e de l'une ou l'autre espèce d'organes ; car le AUe^h^ organiquement imperforé à quelques frac- 1 ions de millimètre de la surface amputée ; les liquides colorés s'arrêteront donc à cette dislatfce; et s'ils poursuivent leur route dans la substance corticale du test, ils ne pénétreront jamais dans l'intérieur de la graine. L'eau, au contraire, s'ioGltrera chez toutes les graines par Je hile } elle parviendra du test au périsperme par la chalazey du périsperme à l'enibryon par le cordon ombilical ; oomme , chez la plante , elle arrive de la racine au tronc qui la continue , du tronc au rameau par l'empâtement articulaire , et ainsi de suite ;
1 et, dès ce moment, la graine reprendra sa végétation , comme le tronc qu'envahit la première sève.
1483. Mais l'imperméabilité de l'écorce et des enveloppes du frnit n'est pas une qualité absolue ; elle ne nous parait telle que comparativement à la prompte perméabilité des surfaces amputées. Les idées que nous avons émises sur la structure des tissus, doivent même nous amener à reconnaître l'inexactitude des expressions, dont nous nous servons pour établir ces düTércnces : les faits seraient mieux rendus , en admettant que le lest^ â4
'histoire des influences
ainai qoe l’écoree, eat permiaUe, et qne le kiU, aioai que lea aurfacca amputéea, tout perviaUts ; car il n'eat pua «le tiaaa cortical qui, apr^a un contact plua ou moina prolongé, ne a’iiabibe «le liqui«le ambiant, et ne aoit «lana le caa «le lui ou- ▼rir un paaaage plua «lirect, par l’eflet «le le «lée«unpoaition «le aa anbatance.
1484. Si l’on recouvre le teat «leagrainea, tellea que cellea «lea Légumineuaea, arec un maatie ou «le la cire molle, et qu'on les «lépoae ainai daua l'eau, la ger* aination ne manquera paa «l'avoir lieu ; ear l'eau néceaaaire à celte fonction paa* aéra par la aubatanee du teat, et pénétrera jnaqn’à laatrncinre la plus intime de l’embryon. il en aérait de même, quoi qu’on en ait dit, dea rameaux dont on aurait maatiqué 1er drnx aurfacea ampntéea, et qn'on tiendrait pl«mgéa «lana l’eau : loua Icura bonrgeona déjà forméa périraient, aana ancon doute, «lana celte nouvelle poaition; maie il ne larderait paa à en aur* gir de nonvea«ix, à mcaare que l’eau ambiante arriverait à Iravera l’écorce, juaqu'anx germea qui lea recèlent dana le bgneux.
14%. Si l’on Ixnicbe, par le même procédé, le iiilê «le cerlainea antrea grainea, on remarque que leur germination aommeille, pendant qne celle dea mémea grainea «lébarrasaéea do cet obataclc marche avec ht plua grande activité ; c’eat ce qulon a obaervé aur le grain d’Avotne et de Blé« cl l’«>n a’eal bâté d’en conclure «pie, «lam eeéte poeilion, lea graioa ne germeraient paa du loBi ; on aurait dù ae contenter d’admettre qn’ila germeraient pina tard,* alora «fue l’enveUappe c«>rticale, «fui, chez ces graina, oppose plus de résistance aux Nquides «pse chez «l’autrea, aurait fini par se décomposer et se ramollir.
1486. La «UfTérenee «les résuhata que l*eai obtient, en soumettant lea graines dea diverses espèces de plantes à ces expérsenccs, s’expliipw trèa-bien par ta différenee dea organes que Teeu doit trav«>rser «tbea les unes et les autres. On ne a’est pas •visé «pie le gvain de Blé n’est point un organe du même ordre «pie la graine des légummaiiaea, par exemple; l’enveloppe
corticale du Blé «tat nn péricarpe, organe <)ui est resté constamment au contact de l’air , comme l’écorce qui a élaboré les éléments de l’air en résine; taudis que l’enveloppe corticale de la graine des Légumineuses est un test, organe «{ni n’a pas cessé d’être recouvert par le péricarpe, et qui n'eat parvenu an contact de l’air que lorsque la maturité a opéré la débisceace de son enveloppe externe. On anrait droit de comparer le premier à un tronc revêtu de son écorce encore verte et réaineiiae, et le ae«u>nd à un tronc «lécortiqné. Lea résultats que l’on obtient aeloa qu’on expériaaente avec l’une ou l’antre espèce de «;ea «>rganesrrpra«lueteurs, ne sont donc paa contradict«ûrps ; ils constituent deux onlrea séparés de fait. Il eat certains fruits qui sont capables «le noue oifrir ces deux résultats à la fois : ce sont les fruitsindéhisceuts d’une structure analogue à la noix, et lea fruits à noyaux; car ici, la graine proprement «Kte reste recouverte de son péricarpe monoapvrme, jusqu’à ce que le «léveloppement de i'embryon ait r«>mpn cet obstacle, pour se faire jour an deliora. Or, ai l’«» boncbe, d’nne cotiche isolante , le point par letpiel ces fruits tenaient à lear pédoncule, et qui , chez eux , est l’anakigne du bile, on retardera par là la phénomène de la germination, comme chez le grain de Blé ; mais si, après avoir cassé ce péricarpe «Mseux et si peu perméable à l'eau, on place l’amande, qui est la graine pr»prnnent dite , dans l’eau, après avoir recoevert son hile de cire molle, la germination marchera aussi vite «pie chez les antres grainea de la même espèce, et placées 'dans les mêmes circonstances, mais dont le hile est resté libre ; car, celte (ois, l’eau aura à traverser, non le ligneux du péricarpe, non une écorce résineuse et endurcie, mais le test seul, mais seulement nu tissu mncilaginenx ou albumineux. >
1487. Quant aux liqueurs colorées, ainsi qu« nous l’avons fait observer plus haut , elles ne pénétreront ni par le hile, ni par les parois du péricarpe ou .du test, «lana les tissus interoes, tant «pie l’enve-
SUR CHAQUE ORGANE EN PARTICULIER
Joppe oorticjle n'aura pas ^pronvi* une so- I hition (le eontinniti^ j mais JAs que l<i radicule et U plnmole auront brisé la por> tton des paroia qui s'oppose à leur sortie, les liqueurs colorantes se glisseront entre ces organes et les bords de l'ouverture, et pénétreront d'un cAté entre le péricarpe et le testcheales fruits indéhiscents, et entre le test et le pértspermc, jusqu'au point d'insertion de l'un de ces organes sur l'autre; et d'un autre côté, par la même onvertare, entre la paroi interne da périsperme et laf paroi citerne de Pembryon; puis enfin dans les interstices et lee lacooes du lest on dn périsperme, stir- Cont à aiesnre que la décomposition aura multiplie les solutions de continuité et tes jacones de ces organes de prolecliou cl d’approrisionnement . Mais, dans aucun cas, les traces que la matière colorante latasera sur tan passage ne seront des signes do la marche de la circnlation, ni de la ronte qne l'ean aura suivie, pour pénétrer soecessirement des organes citernes dans les organes internes. Les auteurs qui ont décrit les stries de matière colorante, que leur avait ofTertes la dissection des graines déposées dans des liquides colorés, ont pris ainsi, faut# d'avoir discuté la valeur de CO procédé, des accidents grossiers peur des phénomènes physiologiques.
1488. Il est des graines qui ne germent avec snecés que plongées dans l'eau : ce sont les graines des plantes aquatiques; il en est d'antres qui germent par l'influence aeole d'une humidité constante : ce sont celles des plantes terrestres. Ce que nous disons des graines s'applique également anx fruits radicniaires , tels que les tuberenles et les bulbes, ainsi qu'aux tronçons de ramcaox. Mais les graines terrestres germent tout aussi bien dans l'eau, qu'exposées à l'humidité ; seulement, dans ee milieu, la végétation qiti succède à la germination est de courte dorée; de même les graines aquatiques germeraient tout aussi bien dans une atmosphère humide, si toatefoîs elles n'avaient pas été préala> bJemeat frappées par la dessiccation , en séjonmanl dans un milieu trop sec; mais c/iea ne pousseraient pas loiir leur végé-
tation. dans nn milieu oi'i les molécules aqueuses lenr arriveraient avec tant de parcimonie.
1 189. INFLÜXaCK DR LA LONflflR BT DBS TR^èltNRS 80R LA SF.B Vil ATIOX. Le mOUVC-
nient intestin de la germination s'opère également à la lumière et à l'ombre, pourvu que la graine soit soumise aux influences favorables; et sur ce pointencore, il faut bien se garder do confondre , à l'exemple des expérimentateurs , la germination avec la végétation qui la continue. I.a graine qui germe est l'analogue du tronc qui végète : l'un et l'autre, organes radiculaires, sont assez protégés contre la lumière, par l'épaisseur et l'opacité de leurs cnveioppescorlicales. Mais toutes les données de leur végétation changent, dès qne leur gemme s'est fait jour au dehors : si la graine et le rameau sont tenus plongés dans l'obscurité, la plomiile s'étiolant restera iuféconde, et la végétation aérienne deviendra impossible ; si , au coni raire, la graine est tenue exposée aux rayons lumineux, la radicale s’étiolant en sens contraire s'allongera outre mesure, sans pousser bien loin scs ramiGcations, et la plumule sera privée de l'élaboration de l'organe qui lui sert d'antagoniste ; la végétation s'épuisera faute de séveradicuiairc. L'harmonie se rétablira, au contraire, dès que la graine, placée convenablement aux limites de l'obscnrité et de la lumière, anra la liberté de loger sa racine dans l'uno , et sa phimule dans l'autre.
1 190. Cependant les rhizomes et les tubercules germent mieux à l'obscurité qu'a la lumière; car ces organes sept essenliellcment souterrains ; ils ne sont recouverts d'aucune enveloppe assez opaque qui les protège contre le jour; ils se trouvent expatriés partout ailleurs que dans l’obscurité.
I 191. IVn.VBXCB DR l'aIB BT DB DIV8B- 6KS sresTAaCEs cazrcsrs scb la orbmina- Tiox. La graine recèle, dans le centre de ses enveloppes, un végétal en miniature, déjà tout herbacé, ou disposé, dès son premier réveil, à le devenir, en élaborant de la matière verte. Ainsi , de même que le tronc, lagraine possède des substances 2U
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HISTOIRE DES INFLUENCES
incolores cl partant nocturnes, et des sub* stances colorées et partant diurnes; elle réunit donc, comme le vr^rétal en grand , les deux modes de s'approprier les gaz at< mosphériques ; en évaluant l'inÛuencedes gaz sur la végétation en général , nous avons donc déjà décrit, sous ce rapport, l'iiisloirc de la germination de la graine, c'est-à-dire que nous avons sulBsamment démontré, que tontes les expériences doivent être reprises, sur ce sujet, d'après de nouveaux principes.
1499. Senebier et Th. de Saussure ont remarqué que la germination ne s'opère jamais sans la présence de l'oxygène ; qu'elle n'a nullement lieu dans l'eau distillée ou privée de sa quantité d'air atmosphérique par l'ébullition, ni dans l'eau azotée ou saturée seulement d'acide carbonique, et encore moins dans le vide; mais la présence d'une faible quantité de gaz oxygène , de 1 /39, dans l'eau ou dans une atmosphère humide composée d'un autre gaz non délétère, Bulfit pour déterminer le mouvemenlde la germination. Ils ont observé , de plus, que la germination remplace l'oxygène ambiant par de l'acîde carbonique ; en sorte que, d'après ces expériences , les graines se comporteniexactement, comme les racines et les troncs, avec les gaz atmosphériques.
Mais, rcmarquez-le , tout cela ii'esl vrai que tout le temps que la plumule n'a pas encore crevé scs enveloppes, et qu'elle élabore dans l'intérieur du perisperme ; car une fuis sortie et mise en contact avec la lumière, cite élaborerait, si petite qu'elle suit , le gaz acide carbonique , comme le font tous les organes herbacés des végétaux. Et qu'oii ne pense pas que la plumule de l'embryon , tout enfermée qu'elle est dans l'intérieur de la graine , D'élaborc pas de l'acide carbonique , et qu'elle se comporte ainsi, en dedans, d'une manière diamétralement opposée à son action du dehors; les réflexions suivantes démontreront combien encore , sur ce point, il est facile de se laisser tromper par les apparences , et de prendre ce que l'on voit pour l'expression de ce qu'on ne voit pas.
La graine est un organe d'approvision-
nement; non-seulement elle protège lo Jeune rameau , son embryon , comme le»
écailles des bourgeons protègent le rameau qui reste adhérent à la plante ; mai» encore elle recèle la substance qtii doit fournir à l'élaboration de son réveil, à sa. végétation commençante; cette substance, c'est l'albumen , pris dans son accepUoa la plus large, que cet albumen réside dan» le test , comme chez les Conifères ou le» Graminées; dans le perisperme, commé chez les Solanées , ou dans les cotylédons, comme chez les Légumineuses, les Crucifères, les Convolvulacées , etc., qni, ainsi que nous l'avons déjà fait observer, n'en possèdent pas moins un périsperme, tout épuisé qu'il soit.
Or , l'albumeu , quel que soit son siège et la nature de ses éléments immédists d'organisation, qu'il renferme dans les mailles gliitineuses de son tissu soit des sucs sucrés, soit des sucs gommeux ou mncilagineuz , qui , sous l'influence de certaines réactions, sont susceptibles de se convertir en sucre , soit de la fécule, qui n'est qu'une gomme organisée, ou bien de l'huile qu'une certaine quantité d'oxygène peut transformer en substance gommeuse ; l'albumen , dis-je , possède par devers lui tout ce qui est nécessaire à la formation de la fermentation saccharine, dont les produits gazeux sont de l'hydrogène et de l'acide carbonique , et dont les produits liquides , outre les divers sels qui restent à étudier, sont l'alcool , qui résulte de U réaction du gluten sur le sucre , puis l'acide acétique, qui résulte de la réaction de l'alcool sur le gluten ; aussi le papier tournesol, trempé dans le perisperme d'un grain de blé en germination, en ressort-il avec les signesde l'acidité la plus évidente. Et tous ces effets, on les obtient plus vite, si on expose a l'air le perisperme broyé en farine et pétri avec de l'eau , alors même qu'on aurait pris soin d'en détacher l'embryon , avant celte operation de mouture.
Or, dans nos laboratoires, la fermentation de la pâte albumineuse ne saurait avoir lieu sans le secours de l'oxygène , soit ambiant, soit renfermé, par le pétris-
Digiii^c-o by Goo^k
SUR CHAQUE ORGANE EN PARTICULIER. 375
dans les mailles (rlulineiises Ju tîssii artificiel. Le rôle que joue Ponyjjéne par rapport à la germination rentre doncdans la catégorie des faits chimiques déjà déterminés; la germination ne saurait sc produire sans oxygène , parce que la formenlatioD,qui est la première de ses opérations , est impossible sans ce gaz ; la germination remplace Poxygène par Pacide carbonique, de même que h* fait toute fermentation qui sVlablit entre des substances saccharoîdes et le gluten. Mais il est érident que les produits immédiats de la formentatioD du périsperme, r|iicl qiiVn soit le siège, sont destinés au développementdela petite plante qui s'y trouve logée, comme la nymphe de l'abeille dans son couTsio. II faut donc que celte plante en min/alare soit capable d'élaborer l'acide carbonique dont l'enveloppe la reriiieiitation du périsperme ambiant. Car si Posygènequi enveloppe la graine était nécessaire, sous cette forme, à son élaboration spéciale, il s'ensuivrait que l'embryoti ne saurailjamais ae développer, au moins dans certaines graines ; puisque l'ozygène aurait à traverser, pour arriver jusqu'à lui, une massequi entre en rermeiilalion, par la propriété qu'elle a de s'assimiler l'oxygène et de le Iransfuriuer en acide carbonique. D'un autre côté, l'embryon, s'il nVst point herbacé à sa maturité, le devient dès les premiers symptômes de la germination; or, nous avons vn que l'élaboraliondela matière verte n'a lieu qu'aux dépens de l'acide carboni(|ue. Donc l'embryon élabore, comme le végétal foliacé, Tacide carbonique qui lui provient de la fermentation de l'albumen ou de scs cotylédons.
Noua ne croyons pas nécessaire de réfuter la supposition que le développement de la plaotiile pourrait avoir lieu aux dépens,non des gaz, naisses liquides transmis à CCS tissus par la dissohiliun tou jours croiiaantede l'albumen; car alors il s’ensuivrait que l'évolution de l'embryon aurait aussi bien lieu dans l'eau distillée que dansl'eau oxygénée, puisque les sucs gommeux, sucrés oii albumineux sont tous formés dans Je péri>;>eraK*.
1495. Mais si la plantule élabore l'acide carbonique fourni par la fermentation du périsperme, soit ambiant, aoitcolylédooaire, elle doit dégager de l'oxygène, qui, se reportant à ton tour sur le périsperme, servira à activer la fermentation.
1494. Nous avons dit que l'bydrogène était l'un des produits gaxeux de la fermentation périspermatique ; et cependant, dans les expériences de Senebier et de Th. de Saussure, nous ne voyons pas que la germination en ait exhalé des quantités appréciables. La plantule se l'assimile donc? sans aucun doute ; car la plantule élabore des substances oléagineuses qui sont hydrogénées avec excès d'hydrogène ; elle élabore de l'ammoniaque , qui est un hydrate d'azote. Et remarquez que la germination ne s'opère avec succès que dans un mélange d'oxygène et d'azote, et que, d'après ce que nous avons déjà eu l'occasion de remarquer, l'azolc figure dans ce mélange, non pas pour modérer, comme
' on l'a dit , l'action de l'oxygène , mais bien pour fournir, ainsi que l'oxygène, un élément iudispensable à rorganisalioti des tissus.
1495. Lorsqtie nous avons dit que la germination n'avait pas lieu dans l'eau privée d'oxygène, cela ne doit pas s'entendre avec une rigueur absolue. L'ou observe, en effet, que l'embryon y prend un certain développement; et ce n'est point par une exception à la règle précédemment établie, c'est au contraire par suite de l'une de ses applications. La graine renferme, comme tous les organes, de Pair atmosphérique dans les interstices de ses tissus , soit périspermatiques , soit embryonnaires ; et c'est à la faveur de t'oxygène de cet air emprisonné que la fcroienlation s'établitau profit de la plantule. Mais tout est de nouveau suspendu , une fois cette quantité d'air atmosphérique épuisée.
1496. D'après quelques expérimentateurs, la présence du chlore et de Piode dans l'atmosphère ambiante ou dans Peau, jouirait de la propriété d'activer la germination ; serait-ce en ramollissant les tissus externes par la soustraction de leur hydrogène, cl les rendant ainsi plus perméa-
D : * ' OC by GoogI
HISTOIRE DES INFLUENCES
Lies aux ^xz et aux liquides? serait-ce en fouroissant à la fermeulation une plus grande quantité d'oxygéne, par la faculté qu'ils ont de s'emparer de Tliydrogène des combinaisons organiques , et de se transformer eu hydracides? Nous ne chercherons pus à démontrer l'une ou l'autre hypothèse, vu qu'aucune expérimentation précise ne démontre à nos yeux la réalité du résultat principal , c'est-à-dire de l'influeuce du chlore et de Tiode sur la ger> mioation ; nous pensons, au contraire , que la présence trop prolongée de ces gaz serait tout aussi nullible à la planlulo , qu'elle l'est à la végétation plus avancée.
1497* IKFLCeXCE DR LA CBALRüR SUB LA ciRMiRATiOR. Nous l'avoiis déterminée en parlant de la végétation en général ; nous ajouterons que la germiuatioo étant provoquée par la fermentation , elle ne peut avoir lieu à la température qui rendrait toute fermentation impossible ; car il est deux limites en deçà et su delà desquelles rien ne saurait fermenter; et entre ces deux limites mém^s, une seule variation trop brusque est dans le cas de paralyser, et même d'altérer les produits d'une fermentation commençante; c'est pourquoi la germination se poursuit avec tant de régularité dans le seiu de la terre , dont la température , si elle n'est pas constante à la profondeur du sillon, n'est pas du moins sujette à varier brusquement.
1498. IKFLCBNCE DES OXYDES CT DBS SELS aoB LA 6ERMINAT10N. L'influcnce de ces substances n'est pas autre que celle qu'elles exercent sur la végétation en général (1411). Les unes fournissent des bases terreuses ou ammoniacales à l'organisation des tissus naissants; les autres désorganisent les tissus , en paralysant leur déve> loppement ultérieur, en leur soutirant ces bases , ou en s'oxygénant aux dépens des lissns mêmes.
Cependantquelques-unesde ces dernières , cmployéesavec certaines précautions, agissent sur la graine comme des préservatifs ; elles préviennent et semblent conjurer, dès l'époque de la germination, les maladies qui menacent la plante plus âgée; elles purifient , pour ainsi dire , la graine
qu'on a tenue un seul instant immergé* dans leurs solutions aqueuses; cette iox-* niersiuo prend le nom de chaulagû ou de chaulagCf c'est-à-dire immersion dans le chaux.
De temps immémorial, les agriculteurs ont reconnu que l'on pouvait préserver les froments, de la carie et du ravage de oertaius insectes parasites des tissas, en immergeant les semences dans ceriainea préparatioos:seize livres de cbauxdélayéea dans deux cents litres d'eau suffisent pour chauUr soixante boisseaux de froment ou autres céréales; une forte saunmre peut remplacer la chaux ; quelques agriculteurs soumellent la graine aux deux procédé# successivement. D'autres chaulent avec des solutions, ou d'arsenic, ou d'alun, ou da salpêtre, ou de potasse, ou de sum, on de vitriol bleu (sulfate de cuivre). Trois oncea de sulfate de cuivre, dissoutes dans douze litres d'eau, peuvent servir à chauler im hectolitre de semences; on remue les graines, qui sont surmontées de cinq à six pouces d'eau ; on a soin d'enlever tout ce qui surnage; une demi-heure après, on jette les semences sur un panier, pour les laisser égoutter; on les lave ensuite dans l'eau pure, et on fait sécher la semence sans l'intermédiaire de la chaux ; elle peutainsi se conserver sans danger d'être attaquée par les insectes, jusqu'à l'époque des semailles. Enfin, on prétend avoir essayé avec succès la macération de la àemeooe, pendant douze heures, dans l'eau de fontaine, aiguisée, par chaque litre d'eau, de quatorze à quinze gouttes d'eau saturée de chlore; on expose le tout au soleil, sous une cloche de verre, ou sous un châssis de papier huilé ; on divise ensuite les graines avec du sable ou de la sciure de bois; on sème, et l'on jette le restant de la saumure sur la terre qui recouvre les grains.
1499. Il parait évident que l'action préservatrice de ces ingrédients s'arrête à la surface de la semence, car c'est là que doit s'arrêter leur oction désorganisalrice; puisque, si elle pénétrait plus avant dans les organes, la semence ne germerait pas, ou germerait sans succès. Cependant,
SUR CHAQUE ORGANE EN PARTICULIER
comment etpliqaer alors le r^nitat dê(i> nitif qoe la pratiqne desag^riculteurs attri* bue uoanimeinent à l’efficacité de ce pro* cédé.’CooimentarrtTe-t-il que l’erTet d’une liqueur, qui ne s’attache qu’à l’enreloppe corticale de la {^aine, se manifosle plus tard sur les Heurs de U ti(p> qui en émane, et qui met un si grand espace de temps à se dérelopper? On concevra facilement le nécanisme par lequel le chattlnge préserve les graines, en concevant le mode par lequel la carie est dans le cas de se propager sur les germes. Admettons que la surlacfî de certaines semences soit de iiatiin^ à s’attacher eertains germes, cl la surface 'relue des céréales se prête, plus que celle de tout autre grain, à ce résultat; dés que la piumule s’épanouira au dehors, par /es mourements du son é%’olntion, elle viendra balayer et s’attacher à son tour cet semences nuisibles, qui ne manqueront pas de s’insinuer jusque dans le cœur de la gemme naissante ; or, si l’on ne perd pas de vne que, dés cette époque, toute la charpente de la tige so trouve organisée en miniature dans le cœur de la pinntule, de manière que les articulations sont emboîtées, les supérieures dans la feuille des inférieures, on sc convaincra que chaque nouvelle pousse, en glissant contre \es parois internes de la feuille qui la recèle, s’enfarinera de tous les germes qui tapi8saientcelle-ci,qu’elle les transmettra, par le même mécanisme, à l’articulation qui sortira de sa gaine; et d’articulation en articulation, les germes destructeurs arriveront jusqu’aux organes terminaux, qui sont destinés À fournir un milieu favorable i leur développement ; le pistil de la fleur sera donc envahi de celle sorte par des germes qui datent de l’ensemencement, et qui q’ont pas cessé de rester adhérents à des surfaces externes, sans jamais être exposés à se dessécher au grand air [1].
[i] Le Vibrion da froment ( K'^lo TrUiei), que r4>A ICMire eo u grande abondance d«oa les grains caries de Céréales, et des autres Graminées, cotre autres Je XArundo phragmitu, ésluu iufusoire sus-
1500. On conçoit, dé cette naniére, comment des solutions, dont l’action s’arrête à la surface de la semence, sont capables de préserver les organes qui doivent en terminer 1a végétation. On pourrait obtenir sans doute le même résultat, en secouant les semences, de manière à détacher lont ce qui est étranger à leur enveloppe, et surtout les poils, les débris des stigmates, qui sont si propres à retenir les corps étrangers; mais on n’obtiendrait ce résultat chex les céréales qu’en brisant l’embryon, qui faittoujonrs saillie au dehors; voilà pourquoi on a recoors, non au mécanisme d'un mouvement violent, mais à la ressource d’une saumure qui lave et nettoie, mais ne corrode pas, ou , pour produire notre pensée sous des formes plus usuelles, qui lessive et ne brûle pas le tissu.
1501. Que ces germes puissent arriver aux organes qu’ils affeclionneot, par le véhicule de 1a circnlalion , c’est une opinion contraire à tout ce que l’analogie nous a révélé , et sur U structure des tiges articulées (491 ) , et sur la manière dont les germes des insectes peuvent être introduits dans l’intérieur des tissus (et la carte provient, en général « de la présence d’on ver microscopique), (^r nous savons que les oeufs ne pénètrent dans aucun organe par ens-mémes, qu'ils n’y arrivent que déposés par la mère , au moyen d’une perforation de la surface; or, rien de semblable ne saurait avoir lieu pendant que la graine germe ; car , dans le sein de la terre, aucun de ces vers ne saurait exieter , et tout indique que leurs œufs étaient déposés sur la surface de la graine avant l’ensemencement; ainsi aucun de ces êtres ne se trouverait là à point nommé , pour piquer la.radicule ou la piumule naissante, les seuls organes qui arrivent en communication avec l’air extérieur.
iSOS.Nous venons de raisonner dhprès
ceplible de supporter U deaaiccâlioo le plut proleogée, Mins te déimrganUer. Une gouUe d'eau lui rcn«l la vie et le mnuvemcot. Ileat probable que >ca uruf» participcol de la otéme propriété.
• -©rnitized
mSTOipE DES INFUJENCES
Popinion (^néfide , qui re(farde les {|ermes de la carie des épis, comme contemporains de la semence elle*méme. Mais il est à nos yeui une autre explication , qui rend compte des faits observes, d'une manière au moins aussi rationnelle. Nous savons, par l'expérience , que les individus d'une même espèce de plantes n'ofrreot pas aux insectes parasites le même attrait; le puceron n'attaque pas certains individus de Rosiers , il n'envahit que les moins robustes , ceux dont les rameaux paresseux et traînards offrent une vé0étation jaunissante ; et ici la présence de ces insectes est le signe , et non la cause de la maladie du végétal. En serait-il de même en ce qui concerne les rapports de la carie avec les êtres qu'on y observe ? Les germes de ces maladies s'atlacberaient-ils après coup aux organes tout formés , au lieu de les précéder dans leur développement? Une telle manière d'envisager la question la simplifierait et la dépouillerait de son anomalie. I/cmbryon serait , de cette manière , frappé dans son germe d'une prédisposition h élaborer des sucs favorables au développement de certaines affections morbides, ou de certains parasites, soit cryptogaraiques, soit infusoires ; mais cette prédisposition serait dans le cas de se neutraliser , au contact de certaines préparations qui atteindraient le germe à son passage , ou opéreraient même avant son réveil. Dés lors l'embryon aurait recouvre ses qualités normales, et la végétation, se continuant avec l'activité qui caractérise l'espèce , n'élaborerait des sucs qu'à son profit. .
1503. IfCrLDXNCl Dû SOL COMMK MILIIO , ET KOX COHMI ÉlkMRXT, SUR LA ClmniSATIOX.
La terre offre à la graine l'obscurité , la chaleur et l'Iiumidité propices au développement de la radicule ; mais la couche qui recouvre la semence est dans le cas de devenir un obstacle puissant à sa germination, soit en opposant un poids trop fort à la plumnle , qui cherche , en la.soii- Icvant, à se faire Jour au dehors, soit en interceptant le passage des gaz atmosphériques nécessaires à la végétation souter-
raine, soit enfin en inlarccptant les rayon# de la lumière solaire, dont une certaine quantité au moins est indispensable à l'élaboration de la plumulc naissante. Aussi observe-t-on qu'à certaines profondeurs nulle graine ne saurait naître, et que la profondeur convenable varie selon les espèces de graines , et ensuite , pour la même espèce , selon la nature du terrain ; les graines du plus gros volume pouvant être enterrées plus profondément que les menues graines. Ainsi on sème à environ deux pouces de profondeur les noix, les pêches et autres fruits à noyau , les haricots , les fèves de marais, dans le même terrain , où l'on sème le blé à un demipouce , et les graines de Fraisier , de Bouleau , de Saule, etc. , à la surface du sol ameubli , sur lequel on se contente de tamiser un peu de terreau fin ou de sable, que l'on recouvre d'un léger paillasson , ou d'une simple couche de mousse.
1504. larLCBffcss des orcarrs ds la cRAixR SUR LA csRMiRATiON. Dcs grains d'Avoine et d# Blé (437) que j'avais dépouillés de leur péricarpe, en tout ou en partie, ont germé dans l'eau avec tout autant de succès que les grains intègres.
Il en a été de même des grains de céréales semblables, dont j'avais enlevé toute la moitic supérieure à l'embryon, en sorte qu'ils ne possédaient que cette portion du périsperme qui recouvre la surface dorsale du scuteîluni ou cotylédon. Dans cet état même, ces grains m'ont paru germerpliis vite que les autres, et le cotylédon n'a pas manqué de prendre le même accroissement qu'il acquiert , lorsqu'il végète plongé dans le péricarpe intègre; seulement la plante s'est développée sous des formes grêles et faibles.
Mais la plantule meurt, si dès les premiers instants de la végétation on Idesse profondément le cotylédou.
Si l'on a soin d'enlever, à l'embryon des céréales, toute la substance du périsperme , sans endommager l'embryon dépouillé, celui-ci ne périt pas tout de suite; U se conserve même dans l'eau assez longtemps , sans donner le moindre signe d'altiTalioii ; omis il reste staliou-
SUn CHAQUE ORGANE EN PARTICULIER.
oaire , et finit par périr, même alors qu'on le tient plongé dans un milieu capable de produire une grande quantité d'acide carbooiqne.
Si l’on se contente de eouper la plumole et la radiculode , pourvu qu’on n’intéresse pas l’articulation qui les réunit, la plante ne manque pas de se munir de Tun et de l’autre organe, et continue à végéter par ses bourgeons [1],
Nous avons soRisammant analysé la graine des céréales dans la deuxième partie >pour faire comprendre que , par cette dernière expérience , on n’attaque que des organes accessoires, mais non la végétation dans son germe, dans son entrenœud, qui est sa vésicule génératrice , plutdt qu’une simple et indivisible articulation. On retranche des organes caducs, tels que la radiculode , que remplace tât ou tard le verticille radiculaire; on retranche les premières feuilles, dont la végétation, plutôt protectrice que nourricière, ne dépasse presquejamais les formes du follicule ; maison ne prive le jeune végétal d’aucun organe qui puisse être considéré comme la matrice d’un développement ultérieur.
1505. Lefébure et Vastel avaient vu que l’on pouvait retrancher la plumule et la radicule des graines de Rave et de Courge , à mesure que ces deux organes se montraient en dehors , sans arrêter la marche de la germination.
1506. Bonnet avait auparavant constaté que la germination du gland de Chêne s’opérait, même alors qu’on avait pris soin d’enlever les deux cotylédons ; mais le végétal qui en est provenu est resté faible et rabougri, et il n’a pas poussé son existence fort loin.
1507. Ces sortes d’expériences, ainsi que toutes celles dont nous nous sommes déjà occupé , relativement à l’étude physiologique des végétaux, opèrent toujours sur un objet complexe, et peuvent donner lieu, par conséquent, à des interpréla-
[t] Sur U ifévefopptment de t tmhryon. — Ân~ nale* des tàencei nalureUtt, mar», 5VI11,F.
tiens erronées. Les considérations suivantes prémuniront les observateurs contre ce danger.
1508. Ici, comme dans tout ce qni précède ce chapitre , il faut bien se garder de confondre la germination avec la végétation; et parce que la germination aura accompli son acte , malgré la suppression d’un organe , on ne doit pas en conclure que cet organe n’est d’aucune nécessité à la végétation et à la germin.ition ellemême; car la germination, qui n’est sensible à notre vue que par ses jets extérieurs , peut à notre insu varier ses résultats de mille manières différentes ; et c’est de la nature de ces résultats occultes , de ces élaborations qui échappent à nos appréciations, que dépend le succès de la végétationaillérieure : c’est donc par les circonstances de la végétation ultérieure qu’il nous sera permis d’évaluer l’influence de l’ablation , de la mutilation, ou de l’altération des organes qui rentrent dans la structure d’une graine.
1509. La nature organisée n’engendre aucun tissu qui n’ait, sur ses congénères, nue action que facilitent leurs moyens mutuels de communication, et dont aucun do nos procédés ne saurait être considéré comme l’équivalent ; ce principe est incontestable : tout ce que nous connaissons des rapports mutuels des organes , pendant la marche progressive de la végétation, tend à l’établir, et pas une seule circonstance ne vient le contredire. La semence (et nous prenons ce mot dans son acception la plus large ) ne renferme donc aucun organe qni n’ait une destination , qui n’exerce une influence , soit sur la germination , soit sur les modifleations ultérieures de la végétation; la semence est un tout; or, les fonctions d'uii tout sont, comme les formes, inséparables des fonctions des parties. Si vous relrancbei l’une de ces parties , les autres , sans aucun doute , fonctionneront d’une manière ou d'une autre , mais, dans aucun cas, de la manière qu’elles l’auraient fait, avec le conconrs de la portion qu’on a supprimée. Et comme les résultats des roiiclionscellul.iircsuusc montrent à nous
HISTOIRE DES INFLTTENCES
qu’à IVpoqnc oû leur somme devient appréciable, et que celte époque est plus ou moins tardive, il sVnsuit que ce n'est pas par des etpérietices de simple perminalion, par des observations de cabinet, que Ton doit se promettre d’arriver à traduire, par des formules précises, la nature de rinlluence que chaque orfjane de la semence est appelé à exercer sur les circonstances et sur les conséquences de la f'ermination ; il est permis de prévoir que, dans quelques cas, on n’obticndra la solution du problème qu’en poussant l’étude du phénomène jusqu’à un certain nombre de (pméralions.
Observez en outre qu’on ne devra jamais «e liiiter de [jénéraliser le résultat obtenu; car la slruclure des semences varie de mille manières , sous le rapport du nombre, de l'importance des orf;anes, et sous celui de la nature des substances d’approvisionnement que recèlent leurs mailles. Il est des semences qui s’échappent du péricarpe , et se suffisent à ellesmêmes avec leur test et leur albumen ; d’autres dont le péricarpe indéhiscent s’est inOIlré, et souvent dans des proportions exagérées , de substances périsperraatlques (Poire, Pomme, fruits à noyaux, Aaisin , Groseille) ; il est des (vraines dont l’embryon a usé le pérlsperme au profit de sa maturation, et a pris, dans l’intérieur du test, un développement herbacé, que les embryons des autres graines ne sont destinés h enecliier que par la fjermination (Érables, Crucifères, Léfjmnineiises); il est des {jraines dont le périsperme , après avoir sulTî au premier développement du jeune embryon , par l’élaboration des sucs albumiuoso-sucrés dont il s’était approvisionné à l’époque de la fécondation, élabore, dans ses mailles plus amplement développées, des sucspliis consistants et plus durables, qu’il tient en réserve pour l’époqucde la [jerminatioii (Euphorbes, Pulygonées, etc.). Or, il est évident que l’ablation d’un organe, chez une semence de l’une de ces trois catégbries , pourra donner lieu à des phénomènes, qui ne se reproduiraient pas par le même procédé, sur la semence de l'autre catégorie.
Pendant longtemps , on n’snra sans doute à enregistrer que des faits particuliers ; mais si ces faits sont observés dnnsun esprit philosophique, et que lear histoire ait été complétée par toutes les épreuves et les contre-épreuves qu’indiquera d’ellc-inème l’analogie, il est impossible que de leur ensemble et de leurs diverses combinaisons, on ne voie pas jaillir tèt ou tard la formule d’une généralité.
1510. Il est, en agrooomic , un phénomène, dont l’explication ne saurait manquer de ressortir de ce genre d’expérimentation. Il est reconnu que, par les semis, nous donnons naissance à une foule de variétés inconstantes , que nous ne retrouvons jamais dans les lieux oïl l’espèce naît spontanément. U est très-probable à mes yeux que cela tient à ce que nous ne semons pas avec les mêmes circonstances que la nature; et la différence qui exerce sur les produits une telle iiiflnence , réside moins dans la nature du sol et dans le mode de culture , que dans les circonstances inhérentes à la structure même dn fruit; Ia nature sème, sous ce rapport, autrement que nous. Ainsi U poire qui tombe de l’arbre sauvage, et s’enfouit tout entière dans le sol que le hasard lut a préparé, accompagne la graine qu’elle recèle d’un péricarpe périspermatique , qui ne cesse de se modifier, de se décomposer, do s’élaborer, au profit de la germination, dercproduireenfin, autour de l'embryon, toutes les circonstances dont l’individu d’où elle provient avait subi les tolluences conservatrices de Tespèce. Nous , au contraire, nous confions au sol les pépins seuls et sans leur immense péricarpe charnu; ou bien la poire tout entière, mais cueillie ou trop tôt ou tard , et dont la maturation est tout artificielle. Il n’est pas surprenant qu'en modifiant la cause dans des limites aussi variables et aussi étendues , on modifie à l’infini les effets de la végétation ; aussi , tantôt ces modifications se reportent sur la forme, tantôt sur la taille , tantôt sur les feuilles , tantôt sur les tiges, tantôt sur les fruits, que nous reudons ainsi plus savoureux, et en
SUR CHAQUE ORGANE EN PARTICULIER. 379
oésie taap* pins stériles , plut i^rot , et en méiM temps moins consUtants et moins juleui; résultats dent, un jour, sans ikuÈitf h mode d'ezpérimeolation que nous Teaoos d'indiquer donnera infaîlliblenient U kn, pourru qn'on n'oublic jamais d'évaluer sinuillanémenC rinnuence qu'est dans le cas d'exercer à son tour, et la nature du aol, eiPeiposition , et l'ijybridilé, et eniiQ toute autre circonstance vé(>élative.
1511« Car il Tant établir en principe que la cuUare n'opére pas comme un être de raison, comme une force occulte, mais seulement comme un procédé différent de celai de U nature. L'honiuie, en se civilisant , modifie ses or^^anes , et partant il faut qn'il modifie parallèlement les produits qu'il a besoin d'c-laborer. La nature a su/Rsainment pourvu aux besoins de i'boi&aae sauvage; la culture n'aura jamais termine sa tache, la civilisation Si^ayani point de terme pour la sienne. Nous appelons perfectionnements, celles des modifications imprimées par la culturejqui se trouvent plus en barnionie avec les modifications que font sabir à nos organes les progrès de la civilisation.
I51â. BÉSUllK HISTOaiQCB DS LA GESMIXA- TiOM. Dès l'instant qu'on met en contact la semence avec L'eau à fêlai liquide ou à celui de vapeur humide, on peut dire que la germination commence^ si, par le mot de germination, on entend l'ensemble des élaborations , qui concourent à réveiller la végétation , dans l'embryon qu'emprisonnent les enveloppes de la graine. L'eau pénètre par le UiU chez les semeoces dont le test, ou plntôt le péricarpe, est résineux, ou d'une épaisseur ligneuse considérable; elle es,t absorbée par toute 1a surlâca de l'enveloppe corticale chez les autres ; et dans l'un comme dans fautre cas, elle pénètre daos l'enveloppe suivante, non-seulement par son point d'attache, mais encore par toute sa périphérie. Mais cette imbibition est plus lente ou plus rapide , et par conséquent les signes extérieurs de 1a germination seront plus ou moins tardifs , selon que les tissus ctleroes ou iulernes sont plus ou
moins perméables, que le pénsperme, ou forg«*ioe qui en tient lieu, est plus ou moins desséché , que la graine a été cueillie plus ou moins mère, et qu'elle est d‘unc date plus on moins récente.
1513. La précocité de la geruiiuatioii n'indique niilleiBeiit la supériorité des qualités d'une graine; souveut même elle est le résultat d'une maturité iucomplèlc, et, par conséquent, le présage d'une ujoiua heureuse végétation.
1514. L'eau, l'air, les sels, ayaut pé' nétré dans fintérieur des organes , la germination peut encore s'effeeluer plus ou moins lentement, selon que les tissus et les sucs seront plus ou moins tardifs à 1erinenter, et selon que les produits de la fermentation seront plus ou moins abondants, enfin, selon que la chaleur sera plus ou mpius favorable à la végétation souterraine. Mais la germination n'en commencera pas moins chez toutes les graines, dès fiostaiit qu'on les aura déposées égalemeut dans le milieu qui leur convient ; et les expressions dont nous nous servons babituellemeut , pour notée les dates des germiualions , ne doivent être considérées que comme servant à indiquer l'époque plus ou moins arbitraire à laquelle la germination donne ail dehors des signes de son élaboration iulestine. Ainsi les graines que nous disons yermer au bout d'un an, sont des graines qui germaient depuis un an, qui végétaient sous leurs en veloppes, à finsu de l'observateur, mais d'une manière toute spéciale, toute préparatoire; au bout d'un an, la somme de ces préparations est devenue appréciable.
1515. 11 est à remarquer, et ce fait vient encore à l'appui de ce que nous venons d'expliquer relativement à la marche de la germination ; il est à remarqner que la décomposition du périsperme ne commence pas sur tous les points de son étendue , mais toujours dans les portions qui sont en contact immédiat avec l'embryon. Ainsi , chez la Poire et U Pomme , c'est la portion qui enveloppe les pépins qui devient bîete la première; à l'aide delà réaction de l'iode, ou peut s'assurer du même fait à l'égard de tous les périspernies fé-
UTSTOinE DES INFLUENCES
«alenU; chezIeagraÎDei dea céréalea (889), en eflet , on voit , par une coupe longitudinale , que toute la porljon farineuae et blanche qui recouvre l’embryon , ae colore en beau bien par l’iode, tandia que l’embryon ne contracte , par ce réactif, qu'une couleur jaune ; maia en anivant chaque jour , par le même procédé , la marche de la germination , on reconnaît que lea premièrea couchea , qui perdent la faculté de ac colorer par l’iode en ae délayant, aont cellea qui environnent le corpa cotylédonaire Je l’embryon; et chaque jour cet effet a’étend de proche en proche de ce point vera le péricarpe ; noua avuna eu occaaion de remarquer le même phénomène aur lea ovulea dea Convolvulacéea avant leur maturation (1155); noua avona vu l’embryon ae développer , dana l’intérieur de aon enveloppe corticale , en déplaçant et en décompoaant, de proche en proche, la aubatance féculente de aon périaperme de première date, qu’il finit par refouler vera le teat, comme un organe épuiaé.
1518. Ainai le contact de l’embryon eat néceaaaire, pour déterminer la fermentation germinative du périaperme , loraqu’il exiate ; non-aeulement il ae développe , en élaborant lea produita gazeux ou liquidea de cette fermentation inteatine; maia encore il fournit k aon tour quelquea élémenta d’action ou de oombinaiaon au travail du périaperme, qui, aana aa préaence , ae décompoaerait aoua d’autrea dénominationa. L’oxygène qu’exhalent lea cotylédona et la plumule , en a’asaimilant le carbone de l’acide carbonique , conati(ue-t-il la part pour laquelle l’embryon contribue à la détermination et à la marche progreaaivc du phénomène?
Cette idée a’accorde trèa-bien avec la théorie.
1519. Chez lea grainea dont lea embryona ont épuiaé , pour arriver à la maturation , lea auca périapermatiquea , qui, chez d’autrea, reatent en réaerve, dana lea maillea de l’organe , pour lea beaoins de la germination ; la véaicule qui conslitpe la charpente du périaperme n’eat paa pour cela ubliléréc ; avec plua ou moiua
de précaution , on la retrouve dana tonte aon intégrité, et conaervant encore une épaiaaenr appréciable , aoit qu’elle renferme l’embryon , aoit qu’elle l’enveloppe, en a’appliquant aur aa aurface et a’inainuantdanatoualea replia; et elle ne paraît paa tellement épuiaée de auca , qu’elle ne puiaae être conaidérée comme devant jouer encore no rôle favorable à l’élaboration dea cotylédona.
1590. Quant à la atructure dea cotylédona , elle varie de deux manièrea differentea. Chez certainea grainea, ils aont exactement organiaéa et infiltréa, comme l’eal en général le périaperme ; et par leur épaiaaenr et leur adhérence mutuelle , on lea prendrait, au premier coup d’oeil, pour le périaperme lui-même, qu’ila aoient infiltréa de fécule , de aubatancea oléagineuaea ou gommeuaea : tela aont Ica colylédona du gland de Chêne, de la noix.
D’autrea, au contraire , ont déjà pria dana la graine un développement tel , qu’ila n’ont plua qu’à paraître an jour, pour élaborer l'air et la lumière par leura proprea forcea ; on remarque quecea derniera aont toujoura berbacéa, d'un beau vert, repliéa et quelquefoia chiffonnéa aureuxmêmea; tel eat l’embryon dea Convolvulacéa, dea Acérinéea, dea Crucifèrea, etc.; leur germination eat , toutea eboaea égalez d’ailleura, plua active que chez lea première; leura cotylédona, en général, sortent de la graine , et accompagnent dans lea aira la plumule qui ae développe et qu’ila continuent à nourrir du produit de leur élaboration; ils a’épuiaenl peu à peu, a’oblitèrent, et tombent comme dea organea de rebut, une foia qu’ila en aont réduits à la conaiatance d’une simple pellicule.
De même que l’élaboration du périaperme des autres graines commence par aon point de contact avec l’embryon, de même i’élaboratiçn de ces cotylédons foliacés commence toujours , dans le voisinage de leur point d’insertion , sur l’articulation qui supporte la plumule.
Les cotylédona périapermatiqnes , au contraire, reatent en général emprisonnés dana la graine , comme un périaperme proprement dit, et ils ne suiveut pas dana
SUR CRAQUE ORGANE EN PARTICULIER. 381
)n airt la pliimnle qu’ils nourrissent ; mait,(le iminieque chez les prrcéüeiils.leiir élaboration commence dans le vuisina{;e de la ptumule.
1531. L’enveloppe corticale, pendant le cours de ces élaborations réciproques , mbit, dans sa consistance, des inoilificalions , qui ne lui permettent pas de résister longtemps à l’elTort de pression qa’eaerce contre ses parois l’embryon grossi des produits de la fermentation périspermatique ; elle eide enfin en se déchirant, pour lui donner passage ; et les cotylédons, encore repliés sur la plumule, en apportent souvent dans les airs une calotte , dont ils restent quelque temps coiffés; l’autre fragment s’arrête dans la terre, cl s’y décompose en qualité d’engrais. La déhiscence de cet organe cortical affecte souvent une régularité qui rappelle celle des péricarpes capsulaires ou des follicules gemmaires; mais le plus souvent aussi elle ne s’opère que par des déchirements variables; en thèse générale, la rnpliire a lieu par les points de la surface dont la structure est la moins compliquée , et dont la consistance estia moins épaisse; par eiemple, lorsque l’embryon est rejeté sur le c6lé d'un périsperme farineux , et que la surface qui le recouvre n’est point iniillrée de fécule, il est certain que c'est par ce point que se fera la sortie de l’embryon et la déhiscence du péricarpe ; ce phénomène n’est donc pas autre qu’un phénomène de résistance.
1533. Quelque mystérieux que soit encore, dans l’état actuel de la science, le rèle que joue la chimie dans la germination , cependant il est des circonstances qui , rapprochées les unes des autres , semblent indiquer d’avance, à l’analogie, la route qu’elle doit tracer h l’observation.
Les périspermes proprement dits, ceux qui sont formés aux dépens de la poche dans laquelle est immédiatement placé l’embryon, ne sont jamais acides ou alcalins à la maturation. Par suite de l’acte de la germination , ils deviennent acides , mais jamais alcalins ; et leur acidité est alors doeà la présence dcl’acideacélique.
Les péricarpes, au contraire, qui deviennent périspermatiques , qui se changent en baies , en pommes, etc., sont presque toujours plus ou moins acides, même à l’époque de leur maturité ; mais on observe que leur acidité est d’autant plus forte que cette époque est plus éloignée ; à mesure qu’elle approche , l’acide s’affaiblit en s’associant à la substance saccharine , qui Cnit par remplacer tous les autres sucs.
1533. Le périsperme proprement dit des autres semences devient sucré en de- ^ venant acide , par suite de la réaction de l’eau et de l’air sur les tissus et les substances solubles qu’il recèle , que celles-ci soient féculentes , oléagineuses ou mucilagineuses. La confection de la bière est fondée sur cette propriété : on soumet en effet les céréales k la germination , pour convertir la fécule en sucre, et l’abandonner ensuite à la réaction alcoolique du gluten.
I 1534. En confrontant cet résultats avec ' ceux que nous obtenons dans nos laboraj toires, 00 entrevoit leur valeur théorique. Les acides végétaux ont la propriété de convertir en sucre les tissus gommeux, mocilagineux , ou féculents; le sucre des péricarpes bacciformet provient sans au- I cun doute de l’action de l’acide végétal qui I leur est propre, sur leurs tissus et sur leurs liquides gommeux. Une fois cette ' transformation opérée dans tout ce qui en I est susceptible, le fruit est mûr; mais dès 1 ce moment une nouvelle réaction intestine ; s’opère dans son sein ; de plus en plus elle se décèle par une odeur caractérisée, par une odeur alcoolique; or, nous savons que l’alcool résulte de l’action mutuelle du gluten et du sucre ; ces deux substances se trouvent simultanément dans la charpente du péricarpe, mais non pas mêlées ensemble et confondues dans la capacité des mêmes organes ; le sucre occupe les cellules allongées du réseau vasculaire, ce que l’on constate avec le plus grand succès à l’aide de l’acide sulfurique albumineux ; et le gluten , soit I élevé à l’état de tissu , soit encore réduit I aux premiers linéamenU de l’albuiniiie r
mSTOlRE DES inflt:e!«ces
occupe les cellules proprement dites, ou plutôt il forme les parois des cellules aci< dulées. Il faut donc qu'une circonstance mécanique siienne mettre en contact ces deux ordres de substances, pour que la fermentatiou alcoolique se manifeste. Une piqûre d'iiisecte opère ce résultat; une secousse violente, une solution de conti* Duité, reproduit le résultat de la piqûre d'un insecte. L'inHuencc de l'eau et de Tair amène, par des réactions chimiques, le même rapprochement entre les deux éléments de la fermentation favorable à la {jermination de la graine qu'ils envclop> pent. Hésuoions la marche de ces phéno> mènes chimiques ; Pacide vépélal sc forme dans le sein des cellules herbacées, il réa[{it siDr les substances muciJagineuses des ceUoles conliguès, des cellules séveu< ses et allongées, des vaisseaux ; de ce contact il résulte la substance saccharine : ceUe-ct, suffisamment étendue d'eau et saturée d'air, réagit sur les parois gtiiiilieuses qui l'emprisonnent ou l'entourent ; de là résulte l'alcool, qui, réagissant en> soite snr les tissus gliitiueux, fournit les acides acétique, carbonique, etc.; et c'est alors qoe les produits sont assimilables par Pembrydn.
Dans les pérUpermes proprement dits, la marche de la germination est identique, sous le rapport cbimi<{iie ; avec cette différence que la présence de l'acide qui amène la réaction saccharine suit et ne précède pas la tendance germinative. L'oûibrvon serait-ii cliargé de le fournir aispérisperme? Ce que nous avons dit du point où commence la décomposition du péri»
sperme nous engagerait à le penser. Cet acide serait-il l'acide carbonique exhalé par l'un ou l'autre de ses organes ? Tout porte à croire que l'acide carbonique comprimé dans le sein de ces enveloppes et combine a*vcc l'eau, agiti tout aussi puissamment qu'im autre acide, en faveur de bi transformation dont nous parlons ici. Quoiqu'il en soit, les substances mucilaginciises et féculentes du périsperine proprement dit, ne tardent |>as à se transformer en sucre, qui, réagissant sur le gluten, amène U fermentation alcoolique, et par
la suite la fermentation acétk|Tie. Il en est de même à l'égard des périspermes oléagineux ; or, comme la formation du sucre ne résulte pas, dans nos laboratoires, de la réaction d'on acide sur l'huile, au moins en une certaine quantité, il nous parais probable que, dans la graine, t'huile subit une première transformation en substance gommeuse , par l'absorption de la quantité d'oxygène nécessaire pour combiaer en eau son excès d'hydrogène.
1520. La plus importante conséqnencc que l'analogie des deux règnes retire de ces observations, c'est que les fruits ne sont profitables à notre digestion, qu'à l'époipic à laquelle leur élaboration est profitable à retnbr^on qu'ils recèlent, c'cst-à-Jirc à l'époque où la fermentation est arrivée ou peut arriver , en se contiuoanl , à la période acétique. F«a xuitfilioa, quant à ses caractères essentiels, chez les végétaux comme chez les animaux, s'opère donc par le même mécanisme et en rertu des mêmes lois chimiques.
1527. Si l'on sc reporte à la théorie du développement des organes végétaux, et que l'on ne perde pas de vue l'analogie que nous avons établie, sous le rapport de La structure et de la végétation, entre la graine d'un côté, et de l'autre entre le tronc et tous les organes qui dérivent du type du tronc, nous concevrons que les phénomènes obimiques de la germination, se -reproduisent, autour de tous les organes qui naissent ou se développent, et que la nutritioo s'opère et se manifeste, avec les memes caractères, de la circonférence au centre de tout organe végétal.
I5â8. omsCTION SÉCIPAOQUX DS LA RSM- CULS (e/ ilu système radiculaire) bt dp. la r I. D M r L R {ainsi que de tou t le système aérien ),
A DATKn DB l'ÉpOQUE DR LA CBBMIXATION. lui
radicule est un organe nocturne, elle ne saurait élaborer que dans l'obscurité | la pluniulc est un organe diurne qui ne saurait élaborer qu'à la lumière du soleil. Le résultat immédiat de l'élaboration , c'est le développement et par conséquent rallongement des organes; nous l'avons exprimé par le mot de direction, métaphore tirée des mouvements volontairea dea ani-
SUR CHAQUE ORGANE EN PARTICULIER. 385
maaK, et dont il ne faut pas perdre Je vue lejcnj propre et non figtirc, Kt pour ))ien faire comprendre uotre pensée, qu'ou place la racine dans un milieu éclairé : elle présentera toujours deux surfaces distiuc* les, TuDe éclairée et l'autre ombrée; or, réJaboralion de cet organe, étanlparalysée par la lumière, n'aura lieu que sur la porüeo ombrée; c'est celle-ci qui absorbera cl s'assimilera l'eau, les sels et les gaz, qui, par coBséqueut, augmentera de plus en plus la somme de ses tissus et donnera de jour ea jour des signes d'accroissements susceptibles d'étre mesurés; mais comme cet. aUengemeel se fera dans le sens de rombre, noaa dirons que la radicule s'est dirigée de ee côté, ce qui équivaudra à ccUe périphrase : l'élaborattoD, et par conséquent l'allongement de cet organe , ne saurait s'effectuer que de ce coté. Que SS, au eUBtraire, l'oil plaçait le bout de la radicule tellemeat dirige vers le soleil ou la lumière dilfuse, que toute sa périphérie fût éclairée également, la radicule resterait stationnaire , et le végétal sc miinb raitd’un système radiculaire sur un autre point de sa surface, sur le point opposé qui , nécessairement , se trouverait dans l'ombre.
15âd. Or, ce n'est pas dans une autre acception que la radicule sc dirige vers la portion ombrée de la région où l'on met germer la graioc, et que son développement est proportionnel à riatcnsité de V^hêcurilé^ cooime celui de la plumule et des organes aériens est proportionnel à l'intensité delà lumière.
1530. En conséquence, la radicule se dirige oécessairemeut vers la terre; et c'est là, 80118 tous les rapports, son milieu le plus favorable. Si la graine germe contre un mur vertical, ou même sou.s le ceinlre d'nne voûte, la radicule ne sc dirigera pas vers la terre , qu'elle ne saurait atteindre sans traverser la lumière, ce qui, d'après la définition que nous avons donnée du moi de directiou, impliquerait conlradictioo dans les termes ; mais elle se dirigera üans les fentes de la voûte on de la muraille, ou s'appliquera contre les aspérités 4e lu pierre, si les fentes sont trop éloi-
gnées de son plan de position. Si la graine germe contre la snrlàcc iiilcrnc de la vitre d'une fciiotre , la radicule se dirigera vers l'intérieur do l'appartement ; si c'est, au contraire, contre la face externe de la vitre, elle s'appliquera contre elle, de manière à rçsLcr dans l'ombre de la lige qui monte et sc dirige vers la lumière. C'est par celte propriété que l'empâtement des plantes parasites des troncs s'opère avec tant de succès; car la radicule de ces plantes s'insinue dans l'obscurité des crevasses de l'écorce, comme celle des autres plantes dans l'obscurité des molécules terreuses; et elle arrive ainsi, par l'effet nécessaire de son élaboration germinative, à atteindre les org.ines ligneux, dont clic doit IransmcUrc les sucs à sa propre lige. Remarquez que ces graines germent très-bien dans tout autre milieu (|ue sur les troncs qu'elles allectionuent , mais qu'elles n'y végètent pas ; qu'ou aurait tort aiusi de croire que la radicule sc dirige vers ces troncs, par une espèce de préférence.
1531. De son côté, et en vertu des mômes lois d'organisation, que nous avons désignées sons le nom de direction f la plumule s'élève vers la lumière, qu'elle s'assimile , pour ainsi dire , à l'aide de l'air qu'elle respire, et de la sève que lui transmettent les racines. Le développement de la tige aérienne ne saurait avoir lien que dans le milieu favorable à son élaboration; de môme que la ramiHcation du sel qui cristallise ne saurait s'allonger plus vile, que du coté du liquide qui est plus saturé, ou plus éclairé que les autres.
De là vient que si vous placez en hiver rexlrémité d'un rameau ligneux , d'uii cep de Vigne, par exemple, contre une ouverture pratiquée dans l'épaisseur du châssis d'une serre chaude, le hoiirgcon corresponJaut à celte ouverture ne tardera pas a ressentir les hienfaits de cette chaleur artificielle , dont sa position lui assigne le privilège, et lise dirigera dans rmlerienr delà serre, et y poursuivra tontes les phases de sa végétation, pendant que tons ses congénères, exposés à la température du dehors, attcndruuty
Uv C- *oIc
ÏIISTOIRE DES INFLUENCES
sous Penv<>1oppc de leurs follicules , le réveil des beoux jours,
Nous* nous occuperons en son lieu de U direction des tiges vers le xénithpci nous n'avons à nous occuper que de la préférence que semble avoir la plumule pour la Itiinière; cette préférenec ou 'direction ft’étant pas antre, rclathrement k la cristallisation vésiculaire de la végétation , qu'à Pégard de la cristallisation angulaire des sels inorganiques.
155Î. RZVDB CaiTIQDB DES OPIBIORS KMISR8
raa tas Aorsuas, roua aaaDRB compte de CB DOUBLE rHÉKONSNB. Nous Dotis arrêterons aux principales, consacrant à chacune un développement proportionnel à son importance.
1533. On a commencé par établir comme loi, que les racines tendent à descendre et les plumules à monter} on a vu une loi dans le cas le plus fréquent qui s'olTre à notre observation. Mais la racine de la graine que vous placez dans la fente verticale d'une voûte monte dans ce milieu obscur, tandis que la plumule descend nécessairement vers la lumière. On s'était contenté d'étudier l’expérience dans la terre , dans laquelle la radicule doit descendre , de quelque manière que vous la retourniez, par la même raison qu'elle monte dans la fente verticale d'une voûte.
1534. Dodart avait cherché à expliquer le fait, en disant que les fibres des racines se contractent par l'humidité, tandis que celles de la plumule ne sc contractent que par la sécheresse. La différeucc signalée par cet auteur était une erreur d’observation. De Lahire admettait que la sève descendante, plus pesante que la sève ascendante , poussait la racine vers le bas. L'auteur n'avait certes eu garde de s'assurer, par Paéromètre, de la difTérencc supposée des pesanteurs spécifiques des deux liquides.
1535. 5^ En voyant les tiges s'éloigner des murs contre lesquels elles croissent, et se diriger du fond des caves vers les Soupiraux, les uns ont prétendu que tes tiges cherchaient l'air, et d'autres ont cherché à prouver qu'elles cherchaient la
lumière. Tessier, entre autres, a placé des plantes vivantes dans une cave qui avait, d'un côté, des soupiraux fermés par des vitrages éclairés , et de l'autre , des soupiraux ouverts à l'air libre, mais donnant dans un hangar obscur; il a vu les plantes se diriger vers les vitraux, et il en a conclu que les plantes ne cherchaient pas l'air, mais la lumière. Les auteurs qui ont regardé celte expérience comme ingénieuse, onbliaient sans doute que la cave était pleine d'air» La plante cherche à la fois , pour nous servir de la métaphore , l'air^ l'humidité, la chaleur et la lumière : ôtez-lui l'un de ces éléments, vous la tuez } placez-la entre trois d'un côté , et les quatre de l'autre , elle se dirigera toujours vers le côté des quatre.
1536. 4” Un auteur prétend que 1a radicule ne cherche pas l'obscurité, et il appuie cette assertion sur l'observation suivante : les graines germent dans nos vases, exposés à la lumière, et l'on voit pourtant la radicule s'allonger. Mais les radicules des graines qui germent dans nos soucoupes ne présentent jamais le caractère essentiel des vraies racines; elles offrent toujours une structure molle, indécise, une physionomie dépaysée ; elles s'allongent outre mesure sans sc ramifier. Ensuite cette expérience ne prouve nullement qu'elles ne s'allongent pas dans le sens de l'ombre, si faible qu'elle soit; car elles se font ombre à elles-mêmes , et elles se dirigent toujours vers leur côté ombré. Que si l'on avait soin de recouvrir de terre le fond de ces soucoupes , on verrait alors avec quelle supériorité d'énergie les organes radiculaires se developperaient.
1537» 5^ J. Iluoter fil germer des graines au centre d'un baril qui obéissait à un mouvement rotatoire continuel ; il vit les racines et les plumules se diriger dans le sens de l'axe de rotation.
Dans cette expérience, et dans celles qu'on a entreprises pour la varier, ou a perdu de vue une des données du problème, et ce n'est pas la moins essentielle à évaluer; c'est la production de la chaleur et du froid. La portion la pins froide
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SUR CHAQUE ORGANE EN ^ARTICÏÏLIER
du baril eat, sans conireclit, la circnnfé* rence , car elle est en contact cunliniiei «▼eederair violemnient agité. La portion qui cooserTera plus longtemps sa chaleur, cVst le centre, comme étant plus éloigné de la portion qui se refroidit continuelle* ment. Or nous avons vu que les organes végétaux, toutes choses égales d^ailleurs , semblent toujours se diriger de préférence vers les parties les moins froides,* car U chaleur est un élément d'élabora* lion , et par conséquent d'allongement.
L'effet signalé par Ilunter serait bien plus évident et pins prompt, si le baril touroaii autour dHin axe de fer immobile qui le travereerait de part eu part ; car le frot* temeDt élèverait à un degré •upérietir la chaleur des porliaos centrales de la terre du baril. «
1538. 6" Knight a publié, en 1806, deux expériences qui ont beaucoup occupé le monde savant. 11 prit une roue à auges qui tournait dans le sens vertical, et (]tii était mise en mouvement par une chute d'eau; i) remplit les auges de mousse fixée par des fils de fer, au sein de laquelle il dé* posa des graines. Il en prit une semblable, mais qui toomaitdans le sens horizontal. Les deux roues étaient animées de la même vitesse : elles décrivaient toutes les deux cent cinquante tours par minute. Le résultat lutque,dansla roue verticale, toutes les radicules se dirigèrent vers la circonférence, et les plumulea vers le centre delà roue, et que, dans la roue horizontale, tou les les radicu les se dirigèrent vers le bas et les plumulea vers le haut de la roue; mais avec une déclinaison de dix degrés vers le centre pour la plumule, et vers la circonférence pour la radicule , et de quarantecinq degrés , quand la vitesse de rotation jo'étaitplus que de quatre*vingt-quatrc ré* volutions par minute. D'où on a conclu , avec Rnight, que dans l'ordre naturel la direction des racines avait pour cause la gravitation ; car, a*t-on dit, dans la roue verticale, les graines étaient entièrement soustraites à l'action de la pesanteur, puisque , pendant cent cinquante fois par minute, elles changeaient de position par rapport à l'horizon ; elles n'étaient donc fffVSfOLOGlK VÊGÉTUE.
plus soumises qu'à l'action de la force centrifuge ; tandis que, dans la roue horizontale, elles étaient également soumises à la force centrifuge et à la force de la pesanteur : voilà pourquoi , d'après les auteurs, dans le premier cas, les radicules se sont dirigées vers la circonférence , et dans le second cas, vers la terre. Mais cette explication est en opposition avec les lois physiques ; car les corps obéissent également à la force centrifuge, qu'ils tournent horizontalement ou verticalement, tant que celte force est suffisante. Dans l'une et l'autre expérience , les ra^iculesauraient doncdùsedirigerégalement vers la circonférence. D'un autre côté, plus la vitesse de rotation est grande, plus la force centrifuge se communiqite, et par conséquent , plus les corps sur lesquels elle agit doivent se diriger vers la circonférence. Or, ce serait le contraire, dans l'expérience par la roue horizontale, puisque la déclinaison de la radicule et de la plumule n'a été que de dix degrés avec une rotation de cent cinquante tours par minute, et qu'elle a été de quarante-cinq degrés par une rotation de quatre-vingtquatre tours. On aurait dù au moins chercher la cause de ces différences , et s'assurer de la vitesse qll^ faudrait imprimer, pour que la direction des organes devint horizontale. Ensuite il resterait à prouver comment il se fait que la radicule obéisse, plus que la plumule, à l'impulsion centrifuge et à la force de gravitation; la plus simple expérience est capable do démontrer le contraire : les corps gravitent d'autant plus qu'ils sont plus pesants, toutes choses égales d'ailleurs; or, chez certaines graines , c'est la plumule qui pèse beaucoup plus que la radicule ; elle devrait donc se diriger à la place de la radicule, dans les denx expériences de Knight. Que l'on attache une graine en pleine germination , par son test, au bout d'une corde, et qu'on imprime à celle-ci le mouvement d'une fronde; dans le plus grand nombre des cas , on pourra s'assurer que c'est la plumule qui se dirige vers la circonférence , et la radicule vers la main qui sert de centre. Enfin, si U raâli
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HISTOIRE DES INÎLDENCBS
dicule était «nimée par ton euencs (l’oa mouTcmcDt <le graTitation vers la terre , elle ne s'enronccrsit jamais boriiontala* ment, ni de bas en bant , dans les fentes et les crevasses des murailles ; «r , l’ob> seevation de tons les lieux démuntre le contraire } ajoute! à cela que l’expérience de Hunter est en opposition formelle avec celle deKoigbt, et que, dans le baril en rotation , la radicule et la plumule se dirigent dans tout autre sens que celui qu’elles auraient dû enivre , en obéissant à l’impulsion centrifuge et à la loi de la gr^ilaliop. Cette contradiction seule aurait dit indiquer aux auteurs la nécessité de varier de bien d’autres manières l’expérimentation ; car tout amène à penser que les phénomènes observés tiennent à d’autres causes. Demandons aux théories physiques les moyens de pressentir cet causes.
1539. L'auge de la roue verticale présente deux faces ouvertes , l’externe et l'interne par rapport au centre ; mais la température et la clarté de ces deux faces u’est pas la même ; l’externe doit être plut froide que l'interne , non-seulement parce que l'air qu’elle traversa se renouvelle plus rapidement que l’air autour duquel glisse la surface interne ; non-seulement parce quel'ioterne reçoit directement la chaleur produite par la frottement de l’esaieu contre l'axe ; mais principalement parce que l'externe est mouillée coulinuellement par le fdct d’eau qui la meut , et plus directement que ne saurait l'ètre 1a face hiterne } les portions externes de l’auge doivent être moins éclairées que les portions internes , car elles sont tans cesse recouvertes d'une nappe d'eau , et l’eau est plus opaque que l'air ; enfin par l'effet réel de la force centrifuge, elles sont plus humides que les internes, et pendant certains instants, lorsqu’elles ta trouvent sous le filet d'eau , elles doivent être plongées dans la liquide. La radicule, pour te diriger vers la circonférence , a donc , si je puis m'exprimer ainsi , deux motUs dont nous connaissons déjà toute la valeur : l'obscurité plut grande et le milieu aqueux , deux causes qui contri-
buent à la tenir , dans nos expérienoas de cabinet , constamment appliquée au fond d’une soucoupe, ü’un autre càté , la plumule , pour se diriger vers le centre , a, trois motifs également spéciaux , la plus grande chaleur , la plus grande lumière , et l'air que nelui intercepte jamais la lame d'eau. La plumule, en te dirigeant vers le centre de la roue verticale, et la radicule , en se dirigeant vers sa circonférence , ne font donc qu’obéir anx mêmes lois, qui tiennent la radicule plongée dans le sein de la terre al la plumule dans les airs.
1540. Dans la roue horixontale au contraire rien de semblable n'a lieu; l'eau n’agit plus comme mobile, ni par conséquent comme corps refroidissant. La surface supérieure de l'auge et la surface inférieure sont également refroidies .par les couches d'air qu'elles traversent dans lenr rotation ; mais en même temps la surface inférieure est constamment plus obscurs que la surface supérieure, tontes choses égales d'ailleurs. La plumule en se dirigeant vers le ciel, et la radicule vers Is terre, ne changent donc rien à leurs premières lois. Quant à la déclinaison observée , elle s'explique très-bien par la température toqjours plus élevée de la lace interne, différence qui est, jusqu'au repos complet, en raison inversa de la vitesse de rotation ; d'où il s’ensuit que la plumule doit se diriger obliquement vers le centre, car c’est là qu’elle trouve plus de chaleur, et c’est de ce côté que sa cristallisation rat plus prompte et plus puissante.
1541. On peut d'avance prévoir que, si la circonférence de la roue borixonlale vient à raser, dans une grande étendue, la surface d'un mur circulaire, la radicule se dirigera plutèt vers le mur que vers la terre ; car la circonférence de la roue se trouvera, par cette circonstance, beaucoup plus dans l’ombre que la surface interne.
§11. larLcaaoxs sua lx svsràau lAmcoisiaa.
I 1549. Les principes que nous avons établis à l’égard des fonctions de la raili- I cuie de la graine proprement dite, s’ap-
SUR CDAOtlE ORGANE EN PARTICÜLÎER- 587
pliquent avec la m^me riguctir à la culc de tous ?e«organe< que, dans la partie aoalomique Je cet ouvrage, nous avons asà U graine : tubercules souterrains, pignons , bulbes , articulations reproductrices. En eiTet dés qu'on place un de ces organes dans les mêmes cooditions que la graine, on voit se former, sur la partie ombrée, de petites lubérusilês qui donnent naissance à tout autant de radicules, dont la direction varie, dans les limites du milieu ombré qu'elles trouvent à leur disposition.
15-i3. Cbes les piaules à rameaux traçants, telles que le Fraisier et la plupart des plantes aquatiques à feuilles on emur, dont la surface inférieure s'applique sur i’oau, il pousse des bampes longues, gréies, que termine un bourgeon clos pur les stipules, ou parla gaine stipulairo. Entraînée bientôt par le poids de ce bourgeon turgrcent, lahampevionts'applic|iior vers lesol,et aussitôt une radiouU; se forme sur la portion de l'articulation du bourgeon , qui se trouve dans l'ombre , et elle sVnfoiice peu à peu dans le sol , pour y iUer la plantote.
1544. Le même pbéuoméne se présente sur les plantes qui rampent contre nos murs^ toutes les fois que l'articulation %'applique contre une scissure, il ne larde pas à en sortir une radicule qui y pénétre, et change en une plante iodépendanlc cette sommité de rameau.
1545» Les suçoirs de 1a Cuscute, qui fixent cette plante parasite aux tiges des végétaux, DO poussent que là où la tige volubile louche la tigecuvahie, c'est-à-dire dans l'ombre \ et dés ce moment la portion de Ip Cuscute sup<*rieure à ce point d'insertion devient indépendante delà portion inférieure, comme le sont les articulations enracinées des fléaux traçants, dont uous venons de parler.
1546. Les verticillos des racines, que nous avons décrites sur la tige de Mais (343), prennent naissance dans l'aUsclIe ombragée de la feuille, et couUuiient leur développement vert le sol, tant que l'ombrage projeté sur eux par les rameaux radicaux, ou par la plautaiion, protège leur
végétation nocturne } ils s'arrêtent et deviennent ligneux, dès que la lumière du soleil leur arrive sans obstacle.
1547. Les racines que, sous les tropiques, on voit descendre des rameaux et se diriger perpendiculairement vers le sol , végètent dans une obscurité protectrice, sous le toit de feuillage de 1a forêt.
1548. La lentille d'eaUf celle plante réduite à la forme d'une simple feuille, pousse sa racine de la nervure médiane qui traverse sa page inférieure, celle qui est appliquée contre la surface de IVau; et cette racine se dirige pcrpendlculairemeot vers la terre, parce que c'est dans cette position seule qu'elle n'est pas exposée à présenter une de ses faces plutôt que l'autre à la lumière \ elle s'allonge d'autant plus que la propagation lenticulaire a été plus féconde, et que l'ombrage qui la recouvre est plus étendu , à cause de la disposition bout à bout de toutes les lentilles issues les unes des autres.
1549. Lorsque les racines se développent dans les airs, à la faveur de l'ombrage des feuilles, leur direction perpendiculaire au sol est conforme à la théorie ; ce n'est pas parce que c'est là le chemin lo plus court pour arriver, comme on l'aurait dit d'après les anciennes idées, à la terre qu'elles recherchent; car, s'il en était aiuti, lorsque ces racines aériennes se trouvent dans le voisinage d'une saillie de terrain, elles devraienlse diriger obliquement, pour atteindre plus vile l'objet privilégié de leur affection ; ce qui n'arrive pas , car on les voit continuer leur route perpendiculaire jusque dans les fonds les plus bas. Mais la racine ne sc développe que par son extrémité gemmairc, comme Jes rameaux aéiiens ; c'est là que s'élaboreot les élémeuts de sa végétation; or, comme son élaboration est nocturne , qu'elle n'a lieu qu'à la faveur de l'obscurité, il est évident qu'en s'elfecluant dans le sens de l'ombre, elle doit tenir tout le jet radiculaire dans la position perpendieulaire ; car dans toute autre position , sa portion végétative ne serait pas la moins éclairée de tout l'organe ; elle élaborerait ainsi , dans la position la plus défavorable,
mSTOlRE DES INFLUENCES
cc qui est contradictoire dans les termes.
1550. I/analu^ie du sujet me permet de faire remarquer un rapprochement que je me contenterai de livrer à la dis^ cussion, mais qui me semble s'expliquer par ces données théoriques. Dans les pays situés hors des tropiques, on ne voit point les racines descendre des sommités des arbres des forêts, phénomène si connu dans les forêts tropicales. Ne serait-ce pas parce que, chez celles-ci, la lumière sohiire, perpendiculaire deux fois l'an au plan de position, et s'écartant moins de la perpendiculaire pendant tout le reste de l'année, maintient IVxlrémilé végétale de la racine pliisconslamment dans Je milieu qui en favorise Télaboration?
1551. La radicule ne joue pas le même rêle chez toutes Icsplantes. Chez les unes, elle persiste, et constitue souvent à elle seule tout le système radiculaire; chez les antres, elle survit peu de temps auz phases de la germination, et cite ne tarde ]>as à être remplacée par un système rafliculaire tle nonvelle.formation , qui émane de chaque articulation caiilinaire d'abord, et ensuite de toute la surface de la tige élevée «i la puissance de tronc. Quand la radicule persiste , elle s'enfonce perpendiculairement dans les entrailles de la terre, et souvent dans les mêmes proportions de développement que le tronc, qui n'en est que la sommité supérieure, s'élève dans les airs. La radicule devient ainsi un organe essentiel et indispensable du végétal ; à une certaine époque, son retranchement complet , on même son altération partielle, est dans le cas d'cmpêcber le succès d'une transplantation ; car, à cette époque , elle constitue la moitié du tout €|ue l'on SC propose de transplanter. C'est pour cette raison que le repiquage des racines pivotantes ne réussit pas à tousles âges de la plante, et qu'il ne saurait avoir lieu, sans endommager la radicule, à une époque où le végétal est incapable de se fournir d'un autre système radiculaire.
1553. Depuis longtemps, les agronomes ont remarqué que l'amputation de la radicule jeune, qu'ils désignent sous le nom de pivot , détermine l'apparition des raci-
nes latérales, sans nuire àla prospérité du plant ; mais qu'à un état plus avancé cette opération est dans le cas d'avoir des conséquences lâcheuses. Aussi lorsqu'ils se proposent de replanter le végétal dans un sol peu profond, ont-ils laprécanliond'babiller la plante, en retranchant le pivot, qui ne saurait végéter que d'une manière perpendiculaire , et qui, dans un sol peu profond , serait forcé de s'arrêter à un développement imparfait. Dubamel-Dumonceau, plus logicien que tons les autres, avait pris le parti de retrancher la /Wicu/e, dès les premiers instants de la germination, à toutes les graines qu'il se proposait de planter, pour l'aménagement de ses bois.
1553. lia raison théorique de ces résultats de culture se trouve dans les démonst rations anatomiques que noos avons données de la structure et du développement du tronc. Le tronc n'est que la portion aérienne de l'organe radiculaire , dont le pivot est la portion inférieure. Si vous attendez, pour retrancher le pivot, que le tronc se soit développé dans les airs, voua lui enlevez d'un seul coup la moitié de sa substance , vous coupez un tout en deux portions; la perte subite d'une telle puissance est irréparable , car elle ne saurait être remplacée que par des dévelopements lents et successifs. Si, au contraire, voua coupez la radicule alors que sa sommité supérieure ne s'est pas élevée, sous la forme de tronc, au-dessus du sol, vous retranchez d'un seul coup l'organe tout entier, et vous confiez au aol, par le repiquage, l'articulation qui 1a couronne , et qui est capable, par des développements latéraux , de se munir d'un système radiculaire, parallèlement au développement des bourgeons supérieurs; vous faites recommencer la végétation, vous ne l'interrompez pas ; vous confiez au sol un nouveau tout, vous ne mutilez pas un tout dans la puissance de ta végétation ; dès ce moment , l'articulation prend racine, et n'est pas soulevée dans les airs par le développement aérien de la racine pivotante ; et le tronc du végétal est fourni par un des bourgeons qui, si le pivot avait
SUR CHAQUE ORGANE EN PARTICULIER. 589
ét^coDterré, aorait été tans doute consacré à former une grosse branche Je la couronne,
15^4. Le pivot ne se régénéré jamais ; car une amputation ne donne jamais lieu qu'à une cicatrice, dans le règne de TorgaoisatioD. L'articulation , dont la base fournit la sommité de la radicule pivotante, se cicatrise et ne repousse pas; elle ne reproduit que des organes latéraux par ses surfaces non amputées. Or, chez les plantes dont le pivot seul est utile à l'industrie , par la spécialité de son élaboration, toutes les précautions doivent se reporter sur cet organe. La Betterave occupe le premier rang dans cette catégorie; à tous les âges* elle peut être repiquée, si l'on ne cherche qu'à en obtenir des tiges et des graines; mais à un certain âge elle ne saurait plus l'être qu'au détriment de sa racine que l'industrie a en vue d'exploiter ; car alors la grosse racine saccbarifère se décompose , le végétal se munit de racines latérales, dont le genre d'élaboration est tout différent , et qui fonmissent à l'accroissement de la lige des sucs non saccliarins ; et dans ce nouveau développement, c'est le coUet seul , c'eat-à«dire l'extrémité supérieure de la racine pivotante, qui est le foyer de la végétation. On obtient de superbes plvila, en confiant de nouveau à la terre le collet des betteraves qu'oo a décolletées pour la conservation ; mais ces nouveaux plants ne fournissent plus de racines saccbariféres ; ils ne sont bons que comme portegraines»
1555. La végétation des racines pivotantes nous présente une circonstance qui De se dément point. Jamais les racines latérales qu'elles sont dans le cas U'citgendrer par leur collet ou par un point quelconque de leur surface, n'éiaborcnt les mêmes produits que la racine pricipale, que le pivot lui-même. La perpendicularité estla condition indispensable de l'élaboration du sucre chez la Betterave, fa Uarotte, le Panais, etc., et de la substance nutritivement appétissante des Radis et des Navets. Tout ce qui est oblique dégénère et se ^ pour nous servir d’une
expression des maraîchers. Aussi remarque-t-on que toute racine pivotante se corde dans les terrains caillouteux ; parce que, dès les premiers instants de sa végétation , on caillou arrête la perpendicularité du pivot, et que la plante est forcée de fournir à sa végétation, par des racines latérales et obliques; de là vient que la richesse de la racine , en sucs qui lui sont propres , est d'autant plus grande que le sol est plus meuble et plus profond.
155G. Par ces motifs on doit éviter de déposer des mottes d’engrais quelconque dans le fond des trous où l’on repique et même où l'on sème la Betterave; car autrement le pivot se trouverait arrêté dans sa marche perpendiculaire, et la végétation radiculaire s'opérerait dans le sens oblique.
1557, Les racines pivotantes, qui ne deviennent pas ligneuses, sont toujours bisannuelles. La première année est consacrée à l'élaboration des sucs qu'elles épuisent, l'année suivante, au profit du développement tigellaire et de rinflorescenée. Aussi à la ûn de la seconde année, et à l'époque de la niatiiralion des graines, Irouvc-l-on leur tissu rédifil h sa charpente vasculaire. Les tubercules de Pomme de terre, les Orchis, etc. , sont, sous ce rapport, des racines pivotantes ; ils ne renferment de la fécule que tant que leurs bourgeons ne végètent pas, de même <|iie la Betterave n'est sucrée que tant qu'elle n'est couronnée que Je feuilles radicales ; de même qu'un la trouve ensuite d'autant moius sucrée que la tige moule plus vite en graine.
1558. Les racines, qui prennent le nom de racines vivaces, ne sont que des racines ligneuses, qui ne s'élèvent Jamais au-dessus du sol, pour prendre la déiioiuinatioii de tronc. Lorsqu'une racine, soit principale, soit accessoire, s'est élevée à la structure ligneuse, elle a par devers elle tout ce qui se prêle aux fonctions du tronc ; et, placée dans les mêmes circonstances que ce dernier organe, elle enfanlc les mêmes produits; elle devient branche dans les airs, et racine traçante à fleur de terre. Si l'on plante un jeune tronc, la couronne
590 HISTOIRE DES INFLUENCES
dam le sot, cl le sjrstènie radicnlairc,ptus ou moins rafraîchi, dans les airs , le système radiculaire devient la cliarpcnle de la ramescence , et les anciennes branches forment la charpente du nouveau système radiculaire qui va se former; alors la vé- Ijétalion continue après avoir échangé ses deux pôles l’un contre l’autre.
1559. On aura souvent l’occasion de remarquer que telle piaule qui, dans les terrains qu’elle affectionne, pousse des racines vigoureuses, ligneuses, et ramifiées, se munit au contraire d’un chevelu fibrillaire,dans les terrains trop meubles et trop riches en terreau ; ce n’est pins lin système radiculaire, mais plutôt un système radicellaire ; nulle consistance, nulle ramification dans ces petites fibrilles, qui, du reste , ne paraissent pas pousser bien loin leur végétation, si l’on en juge par la coloration noire qu’elles se hâtent de contracter, et surtout par leur prodigieuse pullulation. On ne voit jamais que le nombre des organes nutritifs soit en raison directe de la richesse du terrain: donc le terreau dans lequel le système radicolaire se multiplie par une telle rapidité, est trop riche d’une seule chose, pour qu’il puisse convenir à un végétal qui ne saurait vivre sans le concours de plusieurs choses à la fois; et dans un terrain semblable, l’élément qui abonde c’est l’/iumiis, c’est l’engrais organique ; l’élément qui manque, c’est la molécule terreuse, c’est l’engrais inorganique. Or la théorie que nous avons été amené à développer, sur les fonctions des racines , en nous occupant de leur structure (809), nous semble fournir l’explication la plus salisfaisaiite de ces résultats. Nous avons émis l’opinion que toutes les sortes de racines servaient à l’élaboration du végétal, par le même ménisme que le système radiculaire des plantes parasites; qu’elles s’empâtent pour aspirer les sels qu’elles transmettent à l’organisation progressive des tissus ; car l’aspiration des substances ne saurait avoir lieu, sans une application immédiate du corps qui aspire; or , <|uand ces substances sont solides, cette application ne saurait être qu’un empâtement, de même que.
lorsqu’elles sont fluides, cette applicaltoit se réduit â une simple suspension. Nons avons ajouté que le développement de la radication avait lieu, d’après le mèmetype que celui de la ramescence. La gemme termine la racine comme le rameau aérien; elle est d’abord close chez l’une comme chez l’antre ; et chez l’une comme che* l’autre elle a son épanouissement ; l’enveloppe est rejetée en arrière, pour continuer, dans son milieu respectif, l’élaboration des sucs qui doivent profiter ana développements ultérieurs du bourgeon épanoui. La feuille du rameau s’applique à l’air ou â l’eau aérée, car elle est chargée d’élaborer des gaz ; la feuille de la racine s’applique contre la molécule terrense, car elle est chargée d’élaborer des sels.
Hais le rameau aérien qui ne rencontre pas les gaz, dans les conditions propres à son élaboration, s’allonge sans se ramifier, il s’étiole. De même le rameau radiculaire dont le follicule gemmaire ne rencontre pas les molécules terreuses assex abondantes pour sa spécialité, avorte, s’arrête aux formes grêles du jeune âge , et vieillit avant d’avoir grandi ; il faut qu’un nouvel organe radiculaire te remplace , et aille fouiller sa maigre nourriture dans une autre veine de terrain, pour être remplacé bientôt par nn antre tout aussi peu privilégié ; et ainsi de suite , jusqu’à ce qu’à l’aide de ce prodigieux chevelu, le végétal ail atteint le terme d’une carrière que , dans nn terrain plut solide et moins affadi, il aurait parcourue s;;r deux ou trois xrigonreuset racines.
1560. L’amour du merveilleux a pris trop souvent au sens propre les expressions métaphoriques, dont on se sert pour désigner la marche du développement ; et l’on a prêté aux racines , des instincts et des sympathies souterraines , dont une étude à ciel ouvert aurait donné la juste valeur. On a avancé que les racines étaient animées d'une telle préférence pour les hons terrains, qu’elles franchissent bien des distances et décrivent de grands détours pour les atteindre. Qu’une chaussée stérile sépare une plantation d’un terrain
Digilized b , jGoogIc
SÜK CnAQÜK ORGANE EN PARTICÜMER. 59l
ftvortMe , oA Vôtt «onvent les racines plonf^ Sn-nleSsotis de la cüaiüssje, pour allér reparaître de l’antre côté. Mais on a pris en ceci les circonstances d’nn déveïoppenienl tonjonts proportionifti, pour les syAiplftaies d’une préférence . I<a racine se développe en raison de la bonté dn terrain ; si le terrain n’est bon que dans Une veine , la racine semblera snivre cette veine ; et si cette veine -, après avoir traversé nu terrain stérile , aboutit tout A coup A nu terrain fertile, la racine , nne fois arrivée i ce point, prendra, dans tous les sens. Un développement, qn’en traversant la veine priviléjriée . elle était forcée fie He prendre qn’en lonqnenr.
III, ivrinaaccs aoaiATioa (19, 8f1)>
1561 1 Nous nom sommes occupé en ton lieu (540) dn mode selon lequel les tiges croissent et se développent; dn mécanisme qni contribue h les maintenir droites ou k Ici rendre voinbiles (996); d’un antre cété, io tronc n'étant qu’une sonmité de racine, et la branche ligneuse n’étant qu’un tronc greft'é et empilé sur un tronc plus ancien, en parlant de la racine, noua avons presque tout dit sur les influences qui s’attachent au tronc . il reale pourtant dNx un troia poinu, qui sont phia spécisfet à cet organe ^ et qUe > pour cette raison , nous avons jusqU'S présent tlîfKréde traiter.
156t. 1° Les tiges iet plus grêles et les plus herbacées ue laissent pas qne de s'élever droit on obiiqnement dans tes airs; elles, qne le moindrè vent courbe, qne la moindre goutre de rosée (bit pencher vers U terre , redreasenl avec flerté la couronne de bourgeons qui les tenUine. O'od vient cette force et cette constance dans leur direction ? d’oU Vient celte attraction du point imaginaire de l'espace qne nons nommons lénilh.
La verticalité de la tige ne vient pas plus de l’influence du zénith qne celle de la racine ne vient du nadir. Les dent déconlent uniquement des lois de l’éqni- Jibre.
1593. Nous avons assez répété que le dé-
veloppement, êu sens inverse, dn végétal élait'Ie résultat d'une double aiplration , sons i’inflnence de deUk milieuâ contraires. La tige qui monte aspire les airs, la racine qni descend aspire la terre. Mais ces deux orgaUes jeunes aspirent également par toute leur périphérie : d’où il s'ensuit qne dans les deux sens inverses ils doivent marcher droit. Supposes en effet un corps d’une flgtire régulière, qui repose sur le sol, mais qui soit doué d’une force d’aspiration et de succion capable de l’élever dans l’espace , et dont la propriété réside sür toute sa périphérie ; il est évident que ce corps montera droit veTs les airs, car il ne cessera pas de graviter Vers la terre p.ar sa pesanteur spéciflque ; et l’antagonisme dn jeu de tontes ses surfaces, en favorisant son ascension, ne contrariera en anenne manière la direction qne Ini conserve là gravitation, elle la rendra même pins régulière et moins exposée aUx perturbations ; le ballon qu'anime l’impondérabilitédtt Vide monte droit parlé eatUe des airs. Or, la tigh berbacée,'avons-noUs dit, aspire l’acide carbonique, dont elle s’approprie le carbone; et la foTce de cette aspiration est )^roporlioUnelle a l'intertsité de la Inmlére ; elle l’aspire ))ar tonte sa périphérie , par toits ses bourgeons qui pullulent symétriquement a son Sommet ; supposer qu’iSeién dans l’espace, elle puisse aller plus a gauche qU’a droite , c’est faire ttue supposition contradictoire dans les lermesi puisque nous admettons qu'elte aspire autant d’un cdté que dé l’antre, et qu’èlle ést sollicitée de tontes parts par dûs pUistàneet égales. Elle ne sSiirSit dnHe s'élever qne droit vers le zénitix.
1564. Admettons maintenant que ta terre offre , dans sa spécialité , ttU tnifién aussi homogène que l’air, qu'elle soit divisée en molécnies d’égal calibre, H presque passée an tamis, et en Outre que, soua le rapport thimique , toutes ces ttiolécttles Soient capables de fournir k l’élaléOraiiOA végétale les sels qu’elle recherche; la racine , dont le développement né saurait avoir lien qu’à l’obscurité, marchera droit vers le nadir, puisque c’est dans cO seul
HISTOIRE DES INFLUENCES
ftCDsque toQles ftes portion» seront également obscurès^ et (ju'cites élaboreront rgalcmcnU (^ue si un obstacle quelconque, soit mécanique, soit cbimique, s'oppose à cette uniformité d'élaboration, elle prendra sa direction du coté dont le hasard aura plus favorisé la puissance; elle deviendra oblique ; et si la face privilégiée de sa périphérie se trouve du cAté de la lumière, la racine revêtira peu a peu les caractères hybrides et métis d'un Rhizome, d'une tige souterraine.
1565. Quand la lige et la racine auront acquis la consistance et l'âge du ligneux , alors elles conserveront leur direction perpendiculaire par leur rigidité , et sans avoir plus besoin d'ctrc équilibrées par leurs surfaces élaborantes ét aspirantes.
1566. Mais la direction déclinera de la perpendicularité, chez toutes les tiges qui émaneront des bourgeons axillaires de la tige principale, non-seulement par l'impossibililé où elles se trouveront de passer par les memes points de l'espace que parcourt celle-ci , mais plutôt par la seule raison que^our elles l'élaboration et l'aspiration ne s'opéreront pas avec la meme puissauce sur toute leur périphérie; car le côté avoisinant la tige principale, moins exposé aux rayons solaires, aspirera moins que l'autre ; l'aspiration sera donc plus grande sur la face éclairée , et la direction se fera nécessairement dans ce sens. Ajoutez à cela que la porliou externe du rameau aura seule à élaborer la portion correspondante du milieu atmosphérique, tandis que l'autre surface aura, dans le même espace de temps , à partager son lot avec la tige principale, si celle-ci n'est pas encore dépouillée des organes de sa végétation.
1567. 11 s'ensuit que l'obliquité des tiges postérieures en formation à la lige principale variera, selon leur position dans l'ordre de la foliation et de la disposition des gemmes ; de là vient que si l'on coupe la lige principale , et qu'on ne laisse ! subsister, au-dessous de l'amputalioii , j qu'un rameau accessoire, celui-ci ne tarde | pas à abaudoniier la direction oblique ,
pour prendre la direction perpendiculaire de la sommité amputée , et pour continuer la tige , comme si elle n'avait Jamais subi la moindre solution de continuité.
C'est encore pour la même raison, que tous les jeunes rameaux qui naissent et SC développent au-dessous des branchesmères ombragées par un trop épais feuillage, retombent mollement vers le sol; car leur silnalioa leur imprime peu à peu les habitudes des organes nocturnes, et leur élaboration ombrée devient plus forte que leur élaboration éclairée.
1568. â^^Nous avons démontré que le tronc était un composé de cellules disposées circulairement autour d'un axe, comme les loges d'un fruit autour de la columclle, qui, avons-nous dit, dans l'un et l'autre cas, fînissent par devenir indépendantes les unes des autres, en sorte que la mort de l'une n'entraine pas nécessairement la mort de ses congénères , pas même celle des cellules contiguës; enfin , on peut considérer les tranches longitudinales d'un tronc comme tout autant d'organes distincts , qni ne tiennent les uns aux autres que par l'adhérence de leurs parois réciproques, en sorte que l'on conçoit la possibilité de remplacer, dans ce tout, une ou plusieurs de ses parties , si , par des moyens artificiels, on parvenait à reproduire , entre les anciennes et les nouvelles , l'adhérence par laquelle le développement unit ensemble celles d'un même tout. Or, cette supposition se réalise par le procédé de 1a greffe, dont la nature a la première indiqué l'artifice, en mariant les branches qui se rencontrent et se pressent dans un bois, et dont la théorie que nous avons exposée nous semble seule capable de donner la raison sulfisantc.
1569. Deux branches s'usent miiluellement par le frottement, et finissent bientôt par se fixer dans uné entaille commune; le repos cimente ce contact, et le transforme en une adhérence organique;
; les deux rameaux , dès cet instant, sont
! approche : si l'on scie l'un des
Idcitx aii-dessiifl ou au-dessous delà greffe, sa portion intermédiaire deviendra partie
son CnAQÜE ORGANE EN PARTICULIER. 303
iatégrante de la périphérie de l'autre , et •e trouTera tdt ou tard emmaillotée dana la même écorce.
1570. L’art n'a fait que auirre cea indicationa et varier le procédé daoa lea di> veraea eapécea de grefl'e. TanlAt é l'époque de la aéve , ou détache , de la aurface d'une tige, un bourgeon naiasant, en ajraut grand aoin de ménager toua lea organea qui lui aont propre^ : on applique la aurface amputée de ce rameau en germe, contre 1a aurface dénudée d'une autre tige ; on Py fixe, en le tenant recouvert par lea lambeaux de l’écorce qu’on a eu préalahlemeot la précaution de tailler en T, le tout au moyen d'une ligature auffiaamment aerrée ; et par ce aimpic procédé , le bourgeon , qu’on déaigne aoua le nom de greffe , s’empâte , comme un paraaite , aur le corpa de la tige , qui prend le nom de sujet; il ae nourrit de aa aubatance comme un de aea légitimea rameaux, tout enconaervant, dana toute leur invariabilité, lea caractérea apécifiquea de la plante dont on l’a détaché. On déaigne ce procédé aoua le uom de greffe en écusson.
1571. On greffe par en/ôurcAement, en coupant d’abord tranaveraalement le sujet , pu» taillant l’extrémité coupée en forme de coin ; on fend l’extrémité inférieure de la greffe; l’on fait entrer avec effort dana la fente l’extrémité cunéiforme <lu aujet ; on maatique, al On fixe l’appareil aveedea ligaturca. Quelquefoiaon fait parvenir, jusque dana le aol , lea extrémités de la fourche , qui y prennent racine , et facilitent ainsi l’aggluliuatiou des deux rameaux.
157S. Dana la greffe en fente, on prend l’opération inverse; c’est \e sujet que l’on fend , c’est la greffe que l’on taille en coin et dont on enfonce l’extrémité dans la fente ; on recouvre la cicatrice du mastic dont noua venons de parler, qui consiste en un mélange d'argile et de boute de vache , ou de cire et de térébenthine, pour soustraire la cicatrisation à l'inQuence immédiate de l’air extérieur ; on enveloppe le tout de bandes de linge qu’on maiulieut par des ligatures; ce que l’on
déaigne par l’expreaaion de recoaurir en poupée. >
1573. Il est une autre manière de marier lea tissus de deux végétaux différeuta; o’est par la greffe en flûte. On choisit â cet égard une branche du même diamètre que le sujet; on pratique, à un ponce environ de l’extrémité de la greffe , une incision circulaire ; on enlève , par la torsion , le tuyau d’écorce compris entre cette incision et l’extrémité amputée de la branche, et qui possède un bourgeon. Un dénnde le sujet de la même quantité de son écorce, que l’on remplace par l’anneau d’écorce obtenu de la branche de la greffe. Le bourgeon s’empâte sur le sujet, comme par la méthode de l’écussonnage. L’anneau de l’écorce ne sert ici qu’à le mieux maintenir : c’est une ligature naturelle et douée de vitalité ; ce qui ne dispense pas de recouvrir la cicatrice en poupée.
1574. Le greffe en couronne n’est que la reproduction de la greffe en fente, au moyen d’un certain nombre de greffes et d’un seul sujet. On scie horizontalement le sujet , dont la périphérie est assez grande pour admettre un certain nombre de rameaux. Un taille chacun de ceux-ci en coin à leur extrémité amputée ; on pratique en même temps , entre le bois et l’écorce du aujet, tout autant d’enfoncements propres à recevoir chacun'de cea rameaux , et l’on recouvre en poupée la cicatrice. Le sujet porte ainsi une couronne de petits rameaux, qui lui fourniront tout autant de branches-mères,
1575. Dana toua cea procédés, il faut avoir soin d’opérer , lorsque lea bourgeons ne sont pas encore épanouis ; que l’on procède en automne, où ils sommeillent, ou au printemps , où ils sont sollicités , par le mouvement de la aéve,, à ae réveiller. Dana le premier cas , on désigne la greffe à écusson spécialement par l’ex- * pression de greffe à œil dormant, et dana
le second cas, par celle dégrevé A o!tl/?oi(asant.
1576. Le phénomène de la greffe n'est que celui d’un parasitisme artificiel. Le sujet ne communique et ne reçoit aucune qualité nouvelle ; les deux ligneux se col-
HISTOIRE DES INFLUENCES
leat^ s'artleiilent, mai» ne ae conrotidcnt pas ensemble ; ils restent distincts et teanchés jusque dans leur coloration. La greffé conserve , i ses fleurs et A ses fruits^ les caractères de l’espèce sur laquelle elle a été prise. Mais cette distinelion permanente des deux individus n’esl pas l’effet d’une antipathie et d'nnC indifférence absolue ; de même que le Gui ne Vient pas se Axer snr l'Ormeau , de même la (>rrrfe d’une espèce ne réussit pas sur les snjets de la première espèce vètine. Son parasitisme a aussi scs prédilections , ses aflinités; il Faut qu'il existe une certaine analogie , une certaine parenté , entre les deux organisations , pour que l’association devienne possible. Le Prunier ne se grelTerait pas sur le Pommier, ni le Rosier sur le Frêne; et si quelquefois l’on a vn réossir de tels accouplements adultérins , le succès en a toujours été de courte durée. Le Prunier et l’Amandier se greffent l’on sur Pautre , mais ils durent pen , et la gomme les ronge. Le Pêcher se greffe sur Amandier et snr Prunier , mais non réciproquement; le Poirier moins sur Coignassier qne sur Néflier et Aubépine; le Pommier sur Pommier-paradis; le Cerisier ne vient pas sur le LaUrier-cerise. Les lois qui régissent ces sortes d’nfRnltés ne Sont pas encore découvertes ; on a remarqué que les variétés de la même espèce se greffent avec succès les unes sur les antres ; que les espèces dNin même genre naturel présentent déjà plus d’exceptions, mais qu’cn.général , il faut, pour que la réussite soit possible et durable, que le su/et et la greffe appartiennent au moins à la même famille; mais les applicatéons de ces lois ue se constatent qn’après coUp.
1$77. Jusqu’à ces derniers temps, on avait été porté à penser qne les végétaux ne pouvaient se grelTer qu’à l’épo(|ue oit leurs tissus étaient devenus ligneux ; que les plantes herbacées ne sauraient se prêter à ce procédé. Les expériences de Tscliudy ont démontré le contraire; et l’auteur a réalisé la greffe, jusque-là regardée comme impossible , sur les Conifères, sur les tigi-s herbacées des arbres; H a greffé le Chou-fleur sur le Brocoli et
le Chou cavalier, le Melon sur le Concombre, la Tomate snr la Pomme dé lerTe ; et , après lui, on a obtenu , de ses procédés, des résultats plus curieux encore ; on a greffé avec succès des tigès snr des tubercules mêmes. Tschudy avait classé , sons ce rapport , les végétaux en quatre séries ; les unitiges, 1rs omnHiges, les mnftitiges et les herbes vivaces ; division arbitraire qui convenait a classer les expériences de l’auteur, mais qui ne saurait servir à une classilication générale. D’après lui , les unitiges sont les arbres dont la lige s’élève verticalement, et dont bîs brandies décrivent avec elle un angle de plus en pins onVert; celte classe ne comprend qne les Conifères ; une nouvelle dénomination n’était donc pas nécessaire à la classiflcaliun. Les omnitiges comprennent les plantes sarmentenses , chez lesquelles , d’après l’auteur , la force Vitale d’accroissement est également réparti# snr chacun des boutons. Les muUUiges comprennent la plus grande partie des arbres de nos climats, chex lesquels, toujonéu d’après le même système de momenclalurc, la force vitale d’accroissement est Susceptible de se transporter sur tel rameau , de préférence à tel antre. Enfin la quatrième série comprend les végétaux herbacés. Il ne faudrait pàS croire que chacune de cea. classea comporté un procédé opératoire diflérent , ce qui sedl aurait pu motiver- l’introduction de cette classification élastique; l’auteur h’a évidemment décrit que des cas particuliers d'application -, qu’il a classés ensuite après coup soUs des rubriques générales. l'Pour grelTer les (ioiiifèrcs, oii prend nhe sommité herbacée de rameau parvenue aux deux tiers de son développement ; oii coupe horizontalement la tête du aujet , en laissant subsister les feuilles voisines de la section ; on y forme une entaille triangulaire propre à recevoir l’extrémité du rameau herbacéi î" L'auteur a grelTé plusieurs Noyers d’Amérique , sur des jeunes pliimules, en coupant le sujet aiidessns des deux feuilles séminales , eh y faisant deux incisions obliques, dans lesquelles il a iitséré un bourgeon naissant ,
SUR CHAQUE ORGANE EN PARTICULIER
|>ris stirlet jeunes ponsses des arbres qu’il roulait reproduire par la (jrcfrc. S® Dans d'autres cas , il coupe horizonlaleoient le sujet herbacé, à un pouce environ audessDs de l'insertion de la feuille la plus voisine de l'extrémité non développée do rameau ; il y pratique , i partir de l'aisselle de cette feuille, une incision oblique iTun pouce ou un pouce et demi de lonq et qui ae termine au centre de la tige ; il taille en coin le rameau herbacé et feuillu de la greffe, de manière qu'elle remplisse exactement l’entaille du sujet, et que le bourgeon de la feuille de la grcITe se trouve en face du bourgeon du sujet; et il lie l’un à Taulre faibicmeot. 4" Lorsque les végétaux sont è feuilles opposées, on se conforme i l’ordre naturel de foliation ; on pratique, dans le sujet, une eutaille profonde qni croise les deux feuilles terminales ; on taille en lame de couteau l’extrémité de la greffe , de manière que les faces amputées croisent les deux feuHIes inférieures, et on enfonce la greffe dans l’entaille du sujet; d’od il résulte que la paire inférieure des feuilles de celleci croise la paire supérieure de criui-lé. S* On greffe on Artichaut sur un Carilon la seconde année, avant la floraison, en taillant eu manche de couteau la tige de la greffe près de sa racine, cl i’enfonçant dans une fente prati>|uée sur le sujet en face d'une feuille. De la même manière on greHe la tige d’une Tomate sur la tige d’une Pomme de terre. 6* On greffe le jeune fruit du Melon sur la tige d’un Concombre , en le prenant de la grosseur d’une noix ; on coiqie la tige un pouce et demi au-dessons de l'insertion du pédoncule, on taille en coin cette section, et on Pintroduit dans une incision oblique pratiquée i l’aisselle d’une feuille.
Tels sont en résumé les procédés employés par Tschndy ; ils ne diffèrent en aucune manière des procédés employés avant lui pour les greffes ordinaires en fente; l’auteur a en seulement le mérite de les appliquer avec succès aux tissus faerbacés, ce que les insnccès de la négligence avaient fait reléguer au rang des clioses impossibles.