DES DIVERS SASSINS GÉOGRAPHIQUES SCR LES
TRANSFORMATIONS VÉgÉtALBS.
1711. C'est enfin avec ce flambeau, qu'on doit procéder à* l'étude de la géographie botanique , et non avec la routine d'une crédulité de cabinet, qui s'amuserait àcomptcrminulleusement tes échantillons, apportés par les voyageurs de tous les points du globe, et disposés ensuite avec un certain ordre, dans les feuilles d'un herbier : arithmétique botanique fa» elle , à la portée de tout le monde , et fort amusante sans doute, tant qu'elle se borne à additionner des écbaiilillons , mais qui devient ridicule, dès qu'elle a la prétention de formuler des lois sur la répartition des formes végétales , dans les divers bassins géographiques.
17^3. En s'altacbanl à remplir ce programme , on doit prévoir que la géogra-
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sua CHAQUE ORGANE EN rAUTlCUEIEn.
pbie boUDÎqne n'e«t pa$ une œuvra de cabinet, une acience à laquelle un «eul homme soit dans le cas de suffire; car, lie m^me que la science de la géographie ph jsique n'est qne reosemble des topogra* phiea spéciales, de même la géographie botanique ne saurait être que l'ensemble de toutes les topographies botaniques; en d'autres termes, la science, qui aura pour but de déterminer la puissance des influences des climats , sur les transformations végétales , ne peut résulter que des travaux poursuivis, dans chaque bassin spécial, pour déterminer et approfondir les influences locales, sur les formes végétales qui croissent dans ce bassin. A l'œuvre donc tous les jeunes savants de la génération nouvelle! il ne s'agit pins d'une science de mots, d'une science de jolies fleurs ou de fleurs rares , mais d'un grand embranchement que nous avons à faire rentrer dans la sphère de l'arbre encyclopédique; il s'agit de transformer l'aimable science en science forleetraisonnée, de marier la botanique à la météorologie , et, par la météorologie, à l'agriculture, à la chimie, à l'économie domestique et industrielle. Une étude, entreprise avec cet esprit, sur une seule lieue carrée, aura fait faire, à la science de la végétation , plus de progres que n'ont pu produire les voyages de long cours , destinés à moissonner les végétaux disséminés sur toute la surface du globe. Une fois que vous aurez épuisé le bassin de votre localité, il vous sera facile d'appliquer vos résullaU au bassin voisin, ou d'arriver, par une nouvelle étude locale , à expliquer les divergences; si chaque localité d'un département fournit à la longue son contingent, on aura d'abord un travail modèle, quiÿ- répété sur d'aittres départements, finira par compléter la flore physiologique du grand bassin de la France ; et dès ce moment, nous osons le prédire , il ne manquera plus, à la géographie botanique, que de faire de bassin en bassin, de royaume en royaume , d'ile en île , de continent encontiOent, l'application des grandes lois , dont ces éUidcs locales auront donné la foroiule f>récisc. On sentira
alors la nécessité de se procurer , non plus de simples collecteurs autour du monde, chargés de faucher, en courant, les herbes des cètes, et de les expédier en Europe et en France pour les études sur le sec; mais d'avoir, dans chaque climat spécial , des résidents chargés d'étudier les influences , et d'écrire l'histoire des végétaux; non plus enfin des voyageurs, mais des observateurs; or, pour compléter des observations, il faut plus d'uoo année. On parviendra de la sorte à enrichir la science botanique de faits et de lois , on la dépouillant de toutes ces puériles créations nominales , qui l’exposent au juste dédain des esprits exacts et positifs.
1743. Il nous serait impossible de prévoir toutes les règles de conduite et d’appréciation , que l'esprit de l'observateur aura à se créer dans ce genre d'étude ; cependant il en est quelques-unes que nous pouvons dès à présent signaler, et qui, du reste, nous serviront à déblayer la roule de certaines pierres d'achoppement , où ne manqueraient pas de heurter les expérimentateurs , qui auraient eu le malheur de façonner leur jugement aux manières de voir des professeurs scolastiques.
1744. 1o De ce qu'on trouve constamment la même espèce dans le même sol , on aurait tort de conclure que les formes de cette espèce sont invariables; car $ an contraire, pour que la conclusion fut rigoureuse, il faudrait avoir vu cette espèce conserver tous ses caractères, après quelques années de culture dans an terrain différent. Or, il n'en est pas une seule dont la constance résiste à ce mode d'expérimentation, et que la transplantation de la culture ne transforme en une espèce nouvel^, que l'on se contente de désigner alors sous Je nom d'espèce cultivée. 3^ Si l'on rencontre deux espèces différentes du même genre, venant, cote à cête , dans le même terrain , qut l'on n'en conclue pas d'un autre côté que ces deux formes sont , par elles-mêmes, invariables , Pt indépendantes de toute influence du sol. Car, d'abord, la itature du terrain est capable de varier, dli tout au tout, à
HISTOIRE DES INFLUENCES
4tfS
quelque* pieds de distance. Ensuite les plantes, qui Tiennent spontanément dans je même terrain , n'y existent pas depuis la même époque , elles n'unt pas subi la même somme d'influences, et par conté* quent, ne sont pat les résultats des mêmes lois. En admettant en effet l'hypothèse que les formes se moJiOent par les influences , on doit nécessairement admettre que les différences, entre les formes résultant des mêmes influences, seront en raison de la durée et du nombre des (générations. Ainsi telle forme spécifique, qui, dans tel champ , parait si différente de la forme apéoifique voUiiie, provient do graines amenées l'année même par le vent, tandis que l'autre s'y maintient de ses propres graines depuis plusieurs années ; l'une s'y trouve expatriée , et l'autre acclimatée. 5* Si l'on rencontre la même forme spécifique dans deux terrains de nature différente, on ne doit pas conclnre que cette forme est indépendante de la nature du sol i car les formes ne changent pas la première année de la transplantation de la graine; Les influences n'opèrent pas après coup; et la graine étant l'œuvre d'une influence donnée, ne fait , en se développant, que se conformer à riiifluence d'oü elle émane; la nouvelle influence, sous laquelle le développemeul de la plante a lieu, ne se fera sentir que sur les nouveaux produits, que sur la graine nouvelle ; elle ne commencera à devenir appréciable qu'à la aeconde germination dans ces lieux, et c'eat à dater feulement de cette époque que la progression commencera. 4° On aurait tort de proclamer que telle forme est invariable, parce que l'individu vivace, qui la représente, n'a pas varié depuis l'époque Jesa transplantation. Les influences dont nous parlons se font sentir sur les générations et non sur les individus, sur la graine et non snr Ica boutures. Semez chaque année la graine qui provient du semis précédent en ayant soin de procé-t der à l'expérience, dans les mêmes conditions ; prenez note des rélullaU obtenus ; et gardez-vous de jeter au rebut , comme le font nos direoleuA de jardins, les dégénérescences , qui refuseront de s'a-
dapter ani phrases systématiques de nos catalogues ; car, dans la nouvelle méthode, ces dégénérescences tant dédaignées recèlent de profonds enseignements. 5" Noua avons apprécié ci-dessus les influences de la lumière et de la chaleur sur le développement de la végétation ; noua avons vu que le développement des tissus herbacés était en raison de la quantité de cea deux fluides qui leur arrive; mais le développement engendre la diversité des formes ; oû est , en effet , la différence des formes, si ce n'est dans la différence des dimensions? Or, calculez d'avance, par quelle lllièrc de modifications cette espèce donnée est dans le cas de passer, à mesure que sa graine viendra germer successivement , des régions septentrionales vers les régions méridionales, et vice versdf ou de la base d'une montagne à son sommet, et ensuite du sommet à la base. Kt c'est ce qui fait que le même genre est représenté , de la base au sommet d'une haute montagne , par un nombre de formes spécifiques vingt fols pins grand que dans toute la plaine la plus vaste, qui appartient au même bassin:
c'est que, de sa base jusqu'à la litoite des neiges perpétuelles , une montagne possède tous les climats que l'on compte, depuis le degré de latitude qni passe par celte contrée , jusqu'aux glaces polaires; en sorte qn'en divisant la bauleor de la montagne, comprise entre le pied et les limites de ses neiges perpétuelles, en autant de zones égales, que l'oii compte de degrés de ialilnde, à partir du bassin qu'elle occupe jusqu'au cercle polaire, il est certain que, sous le rapport des influences et de la température, chacune de ces zones correspondra à un degré de lalituiie. On conçoit dès lorsque l'étade, dont nous signalons d'avance les admirables résultats, peut ae poursuivre, sur les flancs de la même montagne, avec le meme succès, et partant bien pins d'économie et de célérité, qne si l'on procédait des régions glaciales à l'équateur, quand celle montagne se trouve stloée sons les tropiques. Un jardin botanique, établi, sur ccUe échelle, dans les Andes
SUR CÜAQÜK ORGANE EN PARTICULIER
da pourrait renfermer ainsi près-
que toute la flore du monde, et servir de laboratoire aux plus larges expérimentatioos, qui aient été entreprises, sur la généalogie des formes végétales, (^uel cataclysme menacerait, à partir de cette dre nouvelle , le débordement de nos créations nominales, et tous ces catalogues stéréotypés de nos quarante mille espèces, décrites d'après les échantillons mutilés par la dessiccation et rongés par les vers, et dont nous conservons les débris, avec le respect qu'on accorde aux plus saintes' reliques ! mais, d’un autre cèté, q uelle heureuse révol utioD s'opérerait dans l'étude de la physiologie végétale, grand problème, dont la botanique, cette branche jusqulè présent si stérile et livrée à tant d'arbitraire, deviendrait, dès ce moment, DO des termes les plus rigoureux!
IMS. Telle est la nouvelle méthode à suivre, dans l'élude de la distribution des formes végétales, sur la surface du globe; teilea sont les règles qui doivent guider J'expériraeislalion et éclairer le raisonnement. Après toutes ces réserves prises contre les résultats obtenus jusqu'à ce jour, noos allons placer, sous les yeux du lecteur, le tableau de la géographie bolaniqoe, esquiasé à grands traits, et par les générahtée les plus saillantes.
174$. 1v )4?aspect général des végétatioaa coatiaentalcs varie, non pas en raison des degrés de longitude; mais, toutes choses égales d'ailleurs, en raison seulejnenl <des degrés de latitude, et ce qui eu est l'équivalent , en raison de l'élévation du sol aiirtlessus du niveau de la mer. La végétation du Groenland est l'analogue de celle du Spilxberg ; celle de la Sibérie* est l'aaakigt|ip de çellc du KamtschalLa et du pnye^es 'Esquimaux ; celle des Etats-Unis et ctRe du Japon^ofi'rent U plus grande analogie aveo celle de la partie centrale de TEnrope; celle de la portien méridioimU de i^Asie ae rapporte à la végétation lib'Bréail. il en serait de même de celle de l'Arabie, de l%gypte et de celle du Sénégal, p|ir report à celle du Brésil, si le sol <Je ieûra vastes plateaux avait , a la place deao^ déserts de sable, l'Au/nxij fertile que |
répandent, à la surface de l'autre pays, les fleuves nombreux qui descendent de ses grandes chaînes de montagnes. La végétation de l'Australie se dépouillerait de son aspect ferrugineux et de sa consistance rigide , si la culture et les arrosages prêtaient artiHciellemenl , à ce sol , les qualités des meilleurs terrains des autres régions tropicales. La végétation, au sommet des hautes montagnes, est l'analogue de la végétation des régions hyperboréennet. La végétation de la lisière, qui entoure les vastes bassins d'eau, varie peu d'aspect et même de valeur numérique, parce que la température des eaux conservant mieux son équilibre et étant plus constante que cellesdes bassins terrestres, la difl’érence de quelques degrés de latitude exerce, par ce véhicule, des iufluonces moins prononcées.
17-17. EunopB. Vers U zone glaciale, U forme végétale se rapetisse dans les mêmes proportions que la forme humaine* Kn Laponie, des Cladonia rangiferinaj lichens appauvris et buissonneux, seule uourriture des Rennes; W Betula albay puis un petit nombre de Crucifères, de Graminées, de Rosacées, de Uenouculacées, ü'Amenlacées , de Pins et Sapins, pt^ur lesquels la Suède et 1a Nonvêgc sont des contrées privilégiées. Vers le 63** degré apparaissent le llèlre et le Tilleul ; vert le 6Ü* degré apparaissent les Chênes ; par le 60* degré les Peupliers ; l’Orge et l'Avoine cultivées se retrouvent jusqu'au 70* degré. Le Froment et le Seigle commencent avec la région centrale qui s'étend de l'Angleterre jusqu'en llaile ; là, dans les plaines, comme sur les hauteurs, les furêis sont composées de Chênes, de Uélrcs, de Châtaigniers, de Tilleuls, de Bouleaux, d'Aunes ci de divers Peupliers. Le Marronnier d'Inde , originaire des bords du Gange, s'avance jusqu'en Suède, ainsi que la Pomme de Terre, originaire du Chili. La Garance, originaire do Perse, s'est accliiualée dans le midi de la France, et prospère jusqu'en Alsace. L’Olivier et le Figuier, le Pêcher en plein vent, les Melons, ne dépassent pas le Dauphiné; la Vigne I arrive jusqu'à 1a Mauche ; le 31ais, comme
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mSTOIllE DES INFLUENCES
plante annnelle, s’étend un peu plus haut. Dans la région méridionale, qui s’étend de la Macédoine jusqu’à la pointe du Péloponèse , et qui comprend l'Archipel , l'Illyrie, la Calabre, toute la botte d'Italie, les bords de la Méditerranée, l’Espagne et le Portugal, croissent les Chamœropt, les Cistes , les Salsola , les Orangers, les Micocouliers, les Platanes, les Lauriers et les Lauriers-roses ; et, rers les hauteurs , les Romarins, les Lavandes, les Caroubiers , etc. Tout le littoral de la mer Méditerranée offre la même végétation , que le littoral correspondant de l’Asie et de l’Afrique Septentrionale.
1748. 5<>asis. En Sibérie, Jusqu’au fleuve lénissei, végétation de la Norvège et de la Laponie; au-delà, et de plus en plus en descendant vers le sud, des Ombellifères, des Rosacées, des Composées, des Gentianées, des Graminées, des Cypéracées, des Crucifères, des Légumineuses, des Renonculacées, des Spirées des Dauphinelles, des Pédiculaires. — Dans leJapon , nos Véroniques , nos Iris , nos Laiches, nos Campanules, nos Chénopodes, nos Liliacérs, nos Euphorbes, etc., mêlées aux Celaslnis , Justicia , Canna , Diospyros, etc. ; Vjinkuba japonica, le Gardénia Jlorida, le Rhus vemix, les Aralia, le Camellia, le Sophora japonica, le Pyrus japonica, VOlea fragrani , qui sert, dit-on, à aromatiser le thé. — En Chine, le Thea viridis (arbre à thé), le Cametlia sesanqua, V Hortensia, \' Hibiscus sinensis , la Reinemarguerite, le Primula sinensis, VlUicium anisatum , qui fournit l’anis étoilé. — Sur le vaste plateau qui s’étend de la mer Caspienne aux sources du Gange, une flore mêlée de celle de la Grèce , de l’Italie , de l'Egvpte ; les cèdres do Mont-Liban , diverses espicesA'Astragatus, d’où découle la gomme adragante; le Lilas, le Cyclamen , les OEillets , etc. — En Arabie , le Café (Coffcea arabica), le Mimosa nilotica, le Palmier éventail (Coiypha umhraculifera), la Vigne, la Figuier, les Céréales, etc. — Au-dessous des sources du Gange , les Canna, Amomum, Zimiber , Maranta, Curcunw, Piper nignim (poivre noir).
Piper belel; le Sorghum, le Crinurn asiati-
cunt, le Pîagellaria indica, les Amaryllis, l’Aloès, les lauriers qui fonrnissent la cannelle et le camphre , le Muscadier, le GiroBseriCaryophyllus aromaticus), le Jambosier ( Eugenia jambos ) , le Tamarinier ( Tamarindus indica) , le Cisalpinia sappan, le Daphné indica, le Mangifera indica, le Mangouste {Garcinia mangostana) , les Citronniers et Orangers , et les forêts de Rhizophora, d'Avicennia, à'Heritiera, etc.
1749. 4° sraïQci. Vers le nord, les plantes de l’Espagne méridionale, les Oliviers , les Orangers , le Chamœrops huntilis, le Ricin arborescent, le Dattier, le Ziziphus lotus. — Dans l’JÉgypte, les Cassia, Palmier Doum ( Cucifera thebaïca ) , Nymphæa lotus et cerulea, Neiumbium speciosum. Balanites agyptiaca, — Sur les bords de la mer Rouge, le Café. — Au Sénégal, les Baobabs. — Au cap de Bonne-Espérance, des Erica, Protea, Pélargonium , Mesembryanthemum,Ixia, Stapelia, dont toutes les espèces, particulières à cette pointe du continent, conservent une physionomie si fortementcaractérisée. — Sur la cAteouest, le Maïs, le Jatrophamaniot, VArachishipogœa, le Bananier (Musa sapientum), le Carica papaya, les Limoniers, les Orangers , le Raphia vinifera et VElais guineensis , deux plantes dont on obtient le vin de palmier. — A Madagascar, le Nepenthes distillatoria, et une quantité considérable d’espèces particulières d’Orchidées et de Fougères.
1750. 5° AMéaigcs. L’Amérique est, par sa direction d’un cercle polaire à l'autre, le continent le moins homogène que nous connaissions. De la baie d’Hudson au détroit de Magellan, on voit s’échelonner touk les climats , et , sous l’influence des climats, toutes les civilisations humaines, toutes les organisations animales et végétales , que l’on trouve ‘disséminées et interrompues sur la surface des autres coutinents ; la flore y change vingt fois de robe et de couronne , comme son soleil y change vingt fois d’éclat. Mais il est digne de remarque que le terrain seul y conserve, d’une extrémité à l’autre et sous toutes les zones diverses, un caractèrede fécondité , une richesse et une variété de
Di- jzac! >- .IjC'^Ic
SUR CHAQUE ORGANE EN PARTICULIER
prodiiclion , qnêne viennent inlerrompre ni ces Tsstes déserts <le sable qui couvrent l’Afrique, ni les steppes de l’Asie centrale. Aussi, à latitude égale , obserre-t-on toujours , entre sa flore et la flore des xones correspondantes des autres continents , des différences qui restent à son avantage.
Dans la xone glaciale, ainsi qu’en Laponie, des Saules, des Bouleaux, des Pins , surpris trop tdt dans leur développement , et qui restent nains et vieillissent en herbe (Salix herbacea , refusa ; Betula nana ; Populus trépida) , et pois une forêt de Lichens et de Mousses , dont la cime dépasse à peine quelques millimètres en hauteur , etc.
Le Canada et Terre-Neuve offrent un mélange des plantes du nord et de celles de la zone tempérée. Dans les Etats-Unis , ou plutdt A compter du 45° , on trouve les Magnolia aux larges fleurs , ou , d’après notre méthode, aux larges chatons; le Liriodendron tulipijêra , le Cornus Jlorida, le Rhododendron maximum ; plus bas, le Laurus sassafras, \esPassifiora, le Cassia Chamacrista, le Mjrrica cerifera, de superbes Pins , des Chênes gigantesques , des Érables saccbarifères , et enfln nn riche catalogue d’espèces de nos genres européens.
Dans le Mexique et les Antilles , commence la flore et la culture des régions équinoxiales. On rencontre au Mexique , d’abord des palmiers appartenant aux genres Corypha, Oreodoxa; parmi les Boraginées, le Cardia gerascanthus , le Toumefortia velutina, etc. ; parmi les Légumineuses , les Bauhinia, les Hœmatoxylon, \etHymemea ; parmi les Labiées, de magnifiques da/wo; parmi lesSolanées, le Crescentia, etc. ; le Cactus coccinilKfer ; plus bas, \e»Quercusxalapensis,glaiscescens , laurina; le Taxus montana , l'Eiythroxylum mexicanum, les Piper auriUim, terminale , etc. ; les ^Dahlia , le Cobœa scandens; à Toinca , le Cheirostemon platanoîdes. > -
Dans les régions équatoriales de l’Amérique méridionale, les grands Palmiers,* à l'exception du Dattieret du Chanuerops; le Ceroxylon andicola, qui habite le pen-
chant des montagnes , les Fougères arborescentes , les Cactées; au Brésil et au Pérou , le Cacao ( Theobroma cacao ) , le Rocou (Bixa orellana) , le bois de Campèche (Hœmatoxylon campechianum) , le Bananier (Musa paradisiaca) , l’Ananas (Bromelia ananas) , l'ipécacuanha ( Cephœlis ipecacuanha), le Quinquina du Pérou (Cinchona condaminea) , le faux Quinquina du Brésil (Strychnos pseudoquina) , le Jatropha maniot, etc, ; ces forêts vierges enfin que la hache n’a pas encore profanées, admirables associations de végétaux les plus hétérogènes , labyrinthes antiques et sombres, dont l’indigène ignore également et les détours et la date ; pins loin , des forêts de broussailles dominées par des baliveaux (enUingoa), puis des forêts naines (carascos) qui couvrent de vastes champs , et ont à peine un mètre de haut.
Au sortir des régions équinoxiales , on reprend la flore européenne, et presque la flore française; puis, en s’avançant vers la Patagonie et le détroit de Magellan , la végétation des régions arctiques de l’autre hémisphère, végétation qui se rabougrit, se feutre, se presse, comme pour conserver le peu de chaleur que, de temps A autre ,,le ciel lui envoie.
1751.6°océAitiz, On comprend, sous ce nom , l’ensemble de ce vaste archipel , qui s’étend depuis Sumatra, jusques et y compris la Nouvelle-Zélande d’un côté, aux îles Sandwich de l'autre, et enfin vers l’Orient jusqu’aux Iles Basses ; c’eat-A-dire qui occupe une surface de 85° parallèles sur 1ô8°de longitude. On concevra quelle variété de climats et d’influences météorologiques est comprise sous cette dénomination , et combien l’aspect et la richesse de la flore doit , A son tour , se montrer variable , dans une étendue que traverse l’équateur, et que limite le 35° vers le nord , et le 50° vers le pôle antarctique.
Le grand archipel , qui comprend Sumatra, Bornéo, Java, les Philippines, les Holiiques , rappelle la flore de l’Inde et de la Coebinchine ; c’est A Java que te trouve ce beau genre Rajflesia, qui unit, par des rapports si taillantt , la Phanérogamie A la
mSTOIRB DES INELTONGES
Cryptogamie fonguense. Le Palmier sagou (Snf^us Rumphii)^ VElteocarpus monop;ynus f\e gigantesque C<i/win«m commune ^ VAnona muricata et autres; le Huis de la Chine {Murrajra exoiica VErjrihrinaco^ raUodendron, le Giroflier, le Cannelier, le Bétel ( Piper siriboa ) , aux Moluques, Dans rile CélébeSyles Hangliers, leaGiraumons^ les Muscadiers , le Corjpha umbraculiferay le Fromager {Bombax ceiba) , le Mimusops elhengi, VHibiscus tiliaceus.
Dans les Iles des Amis , des Narigatenrs, dans les Iles de la Société , dont Otahifi est si connue, VArtocarpus incisa , ou arbre à pain, Tombrage des fngemVi, des des Palmiers, \e Sacchnmm spontaneumjVAbrus preentorius, le Tacca pinnatiftdaj\e Convolvutus patalas (Patate), Je Dioscoræa alata (Igname), Y Arum esculentum (Chou caraïbe), trois racines nourrissantes ; les Spondias cytherea (Pomme de Cyfhôre ) , /nocnfynw plantes d(mt les fruits ne le sont pas moins, le Broussonefia papjrri/cra (Mûrier à papier ) , le Gossypium re/igiosum ( Coton des Otahitiens), le Vagoois ou Bagois (Pandanus odoratlssima).
Dans la Calédonie , outre ces plantes , le Barringtonia speciosUf le Cocotier, les Aixea, le Caryota urens , que couvrent les Orchidées et les Fongères parasites ; le bots Teck ( Tectona grandis ) , le Casua” rina equisetifolia (Bois de fer)*, le Çycas circirtalis.
Dans TAiistralre , qui comprend le continent de la Nonvelle-Hofiande,et Parchipel de la Nouvelle-Zélande, la flore prend Taspect de celle de la pointe d'Afrique. Cependant les Jüesembryanthemum et XeePeiar^ goniunt , sr communs au Cap , ont peu do représentantsdaascetCeplage. I^s Myrtacées, les Épacridées, les Protéacées, les Restiacées, au contraire, y prédominent.
Les EucolYptus y atteignent jus<|ii'à 50 mètres de hauteur. Les jl/r/roj/^cr05, Xe^Metaleuca, genres presque atistmhens ; les Gootienoffia, les Stylidées,les Myoporinéel, les Diosmées, an milieu desquels viennent se jeter des genres et même des espèces européennes, le Lythrum f Xeê Graminées, les Cypémeées , le Samoias Pmieramii, k
la Nouvelle-HoUaode; le Sisymhrium lepi»
dum, à la Nouvelle-Zélande, vaste contrée , où l'on remarque encore le Pteris escuîenta, dont se nourrissent les sauvages, le Phormium tenaXj on lin de la Nou velle-Zélande , dont ils forment le beaa tissu de leurs toiles lesplns fines ; le Tetragonia exfmnsa , qui s'y mange à la place de nos épinards, et que nous avons acclimaté parmi nous , avec plus de suoeétque leur Phormium»
§ XL lartCBMCSSQDBLADBKIflSatlldTOLCTIOir
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VKCETALB8.
1753. Nous venons de voir que les rapports entre les flores de nos grands bassins géographiques, découlent principalement de la combinaison de deux mfluenees, <le celle du climat et de celleda sol ; en sorte que la latitude étant dolmée, ainsi qnc la nature géologique dulerraio, on ponrrait arriver à ebtenir, comme d'une formule , la physionomie et même le personnel d'une flore continentale. Or le terrain, dont nous parlons, ne saurait être modifié par la anltoro, de manière à perdre et à remplacer tous ses éléments géologiques ; la ciillnre n'ajoUte que de Y Humus au sol; elle le divise et le mélange, mais seulement par des remblais et des déblais; elle opère dn reste sur de fort petits espaces. Les berges, le terrain des bois, celui des montagnes , des bords des fleuves, tout cela reste vierge , et eontinne à prodnire par sa propre vigoeor ^ et c'est tout cela qui donne à la flore locain ou continentale le caractèae quêU distingue.
1P63. La natnrede ce solestl'osiivrsde la dernière révolution du globe; c'est de cette époqtie que date au moins la grande a#nvFon qui a modifié la surface de notre planète. Si donc il nous étajt donné de connaître comment cette alluvion « procédé à ce bouteversement immense, nous 'aurions, dés ce moment, une (brmole pour suivre, jusqu'à leurs derniers embranchements, les veioes du même aoi et
SUR CHAQUE ORGANE EN PARTICULIER
]«i efTett par conséquent de la même iolluence.
175^. Hais Ualluvion universelle n'a pas obéi à d'autres lois hydrauliques, que les alluvioos dont notre ceil peut embrasser d'uaseul coup tonte Tétendue; ce principe est de la dernière évidence , et n'a pas besoin d'étre démontré. Or, il n'est pas un homme qui, placé sur une hauteur, après que les eaux d'une inondation sont rentrées dans leur lit, ne soit en état d'en décrire 1a direction , la marche, les coa> rants,\es remous, à la seule inspection des sillons et des reliefs que le fléau a laissés sur son pssage ; que dis-je? H n'est personne qui ne puisse donner la même solution , sur la carte qu'on aurait en la précaution de dresser de tels rava5es. Je viens d'établir par là qu'à l'aide d'une simple mappemonde, ai noua voulions être en géographie aussi conséquents qu'on l'est en fait de cadastre, noua devrions, presque avec le même succès, décrire riiisloire la plus eompléte de la grande révolution dont nous tommes les survivants.
1755. Il suffît d'énoncer cette idée pour la rendre admissible; et quand on jette, pour la première fois, les jenx sur une mappemonde, après l'avoir énoncée, elle devieul frappante de vérité. Cependant avant d'en Caire l'application, il ne sera pas hors de propos de poser quelques principes préliuiiimirus, afin d'éviter les répétitions dans tes détails.
1** X'oiiverlure des golfes creusés par une inondation est toujours à l'opposé da poÎBt par lequel le courant arrive, conune l'cmboucbure des fleuves est opposée à leur source.
2^ Si on continue, au-delà du fond du golfe, la ligne imaginaire, que l'on tracerait, de l'oiiveriure et paralièleuient aux detfx bras de terre, celte ligne servira à déterminer la direction du courant, et conduira fort souvent à rencontrer une trace plus réelle de sa dtarebe.
5« La direction du courant pourra être aussi bien déterminée par la manière dont les bords d'un seul des deux bras db terre qui forment lo golfe, auront été corrodés»
4* Mais si le courant, an lieu de barrer le fond du golfe, l'avait laissé en communication avec un autre grand bassin d'eau, et que les deux bras de terre fussent restés isolés, sous forme de deux îles d'uoo étendue quelconque, il est évident que leurs bords correspondants nous fourni* raient absolument les mêmes indices. En conséquencela lisière des continents peut à son tour servir de boussole à cette investigation.
5° 11 en sera de même des groupes d'iles, placées bout à bout , sur une assex grande ligne.
11 est évident encore qu'à la rencontre de deux courants oppo8(*;s, H doit s'établir un remous, dans le sent de la résultante; et, dans ce cas, la forme et les corrosions de la lisière de l'atterrissement indiqueront U direction du remous. On trouvera, à ces atterrissemenU, des con* tours géographiques tout différents de ceux quiaiiraient été produits par l'action d'un seul courant. ^
7” 11 est probable que les courants de U grande alluvion ont fait au moins deux fois le tour du globe, à compter de leur point de départ, et qu'eu supposant qu'ils eussent suivi sans obstacle la direction d'un méridien, ils seraient revenus sur eux-mêmes par le méridien des antipodes.
8° Dans Tapprécialron de ces phénomènes, il ne faut jamais oublier de faire la part, et des soulèvements volcaniques, et des attollonSf ouvrages des polypes, et des corrosions secondaires opérées, soit par le retrait des eaux après le passage du courant, soit par le cours des fleuves subséquents.
La direction des collines et même dos montagnes, qui datent de la grande alluvion, indiquent, autaot par leurs reliefs qiæ par leurs vallées, la direction du courant d'où elles émaueut; et il est certain qu'on reconnaîtra, au premier coup d'œil , les montagnes primitives, des montagnes secondaires et tertiaires, à leur seule oréographie. Jetez les yeux sur les montagnes granitiques du Limousin , vous aurez une arborisation analogue à nos cristallisalioiis de laboratoire, un noyau
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HISTOIRE DES INFLUENCES
et des rameant diver(’enls qui vont tou* jours en s'afTaiblinsanU Jetez lesyeiu« nu contraire, sur les montagnes secondaires de U Bresse et du Jura , et vous en trouve* rez les groupes parallèles, dirigés presque en ligne droite du Nord au Sud , isolés tes uns des autres, n'éqianant jamais d'un même noyau ; et, sans porter nos regards si loin de nous et si haut au*dessus de nos tètes, considérez les collines tertiaires et sablonneuses à leur sommet, qui bornent l'horizon de Paris ; voyez si un simple sédiment, par le calme qui règne dans un étang, aurait jamais pu lancer ainsi, comme un trait, ces longs amas de calcaire et de sable? ,
10« Que la dernière alluvion ait eu une puissance incommensurable, c'est ce qu'atteste le volume des blocs de rocher qu'elle a disséminés sur son passage , des énormes blocs erratiques de la Suède et de l'Amérique du Nord. Mais nous avons encore, dans la comparaison du volume de ces blocs erratiques, un moyen de reconnaître d'où venait le courant. Car la force d'un courant s'affaiblit en raison du carré de la distance; aussi observe-t-on , dans nos grandes inondations , que les plus gros caiMoux roulés se trouvent vers la source, et que leur volume et leur nombre va toujours en diminuant , à mesure qu'on approche du point où l'eau s'est arrêtée par la stagnation.
1756: Une fois ces principes admis, ayez soin de vous dégager de toute idée préconçue; laissez là les livres de géologie; prenez votre mappemonde, et n'interrogez que vous, avant même de lire ce qui va suivre ; et vous parviendrez aux mêmes résultats que nous.
1757. L'altuvion est partie du pôle nord vers le pôle austral, comme si, un jour, toute la partie liquide de la croûte du globe était venue se condenser en glace sous le pôle, sous t'innuence d'un refroidissement gradué, pour fondre ensuite tout à coup, sous Vinfluence d'une élévation brusque de la température.
1758. L'gndes courants vient corroder toute la côte occidentale de l'Amérique; refoulé ça et U par un autre courant dont
nous parlerons plus loin , il laisse , comme traces de son passage, sur les côtes de la Nouvelle-Calédonie, tous ces archipels d'iles aiguës vers le sud, à angles rentrants et saillants qui se correspondent si bien , qu'un fleuve n'aurait rieo produit de mieux; puis le golfe de Californie, puis les archipels de Chiloë, de la Mèrede-Dieu, de Magellan, d'où le courant tourne par une courbe vers les îles Nalonines; enfin , pendant tout ce trajet , il trace ce grand cordon de montagnes, qui, sans presque la moindre discontinuité et la moindre ramification , s'étendent , sous les noms principaux de montagnes Roebeu- *868 et de Cordillères, depuis les Esquimaux jusqu'en Patagonie.
1759. Un embranchement de ce courant se détache, à la hauteur de la Nouvelle- Norfolk, par 60" de latitude nord, et va jeter, comme d'un trait de fronde, ou comme un coup de vent dissémine dans les cieux les flocons de nuages, la courbe si régulière des îles Aleouliennes qui barrent le détroit de Behring; ce courant vient se perdre dans un courant principal et presque parallèle au premier, qui creuse la mer d'Okhotsk , celle du lapon , corrode en dedans les îles de cet empire, et contribue à creuser la mer Bleue et b mer de Chine; là le chemin lui est barré par un courant qui creuse le golfe du Béngalc, et dissémine sur la mer, par des courbes presque aussi régulières que celle des îles Aleoutiennes, Sumatra, lava, Timor, la Nouvelle-Guinée,', et va creuser le canal dont la Nouvelle-Galles méridionale (llouvelle-Hollaode), forme l'angle saillant , et tonte la côte occidentale de la Nouvelle- Zélande forme l'angle renlrlint.
1760. Le courant descendu du Kamlschatka, barré par celui du Bengale, sc refoule, par un remous d'où énlanent Bornéo, les îles Philippines, les Célèbes, ot vient en combinant, par des résultantes, son action avec celle du courant du Bengale, varier et modifier la disposition de la Nouvelle-Irlande, de la Nouvelle-Bretagne , des îles Salomon , et tic ces innombrables archipels qui apparaissent disséminéa comme des coustellaüons daos le
srn CHAQT’E ORGANE EN PARTICULIER.
Rrnaatnont , sur toute la siirfscc du grand océan éqiiinoiial , et dont les îles Sandwicb et les îles Basses l'ormcnt les points ex* trémes.
1761. Quant au reste de la Nouvelle- Hollande , de cette île aussi vaste que TEorope et aussi basse qi^un marais, il est possible qu'elle soit un immense attollorif un plateau élevé sur des embranchements à fleur d'eau d'un vaste Polypier, et non un atterrissement contemporain de la révolution du globe; peut-être aussi est-ce une aggrégation d'arcbipels, cimentés et unis entre eux , par ces attoilons si fréquents dans ces parages et sur toutes ces cotes.
I76!i. Quoi qu'il en soit de cette hypothèse, et en reprenant le cours de nos courants, il est impossible que les deux qni ont eu la puissance de pousser si loin leur marche, du Bengale aux îles Basses et ai^ lies Sandwich, u'aieul pas exercé une action sur la direction du Courant qui est parti des Esquimaux vers la Patagonie ; aussi observe-t-on que vis-à-vis les îles Sandwich, les cotes du continent américain se refoulent , et forment le golfe compris entre Aleska et l'île de Quadra-Vancouver; et que, vis-à-vis des îles Basses, les côtes se refoulent deux fois, l'une contre le Iüexi4|tK; et l'autre contre Bolivia.
17Ü3. Dans le sens opposé au grand courant des Esquimaux, on en voit foudre un autre du nord au sud , qui creuse le canal de la Nouvelle-Zemble, la mer Blanche, la mer Baltique, la mer du Nord, la Mauche, sépare l'Irlande de l'Augleteire, et se bifurque , à la hauteur des mers du nord, en deux embranchements, dont l’un vient creuser la mer Adriatique, l'Aréhipel, la mer Rouge, le golfe Persique; et dont l'autre va faire un vaste remous dans le golfe de Gascogne, corroder le Portugal , l'Afrique et le cap Vert à gauche, et à droite leGrocnland, Terre-Neuve, les États-Unis.
1764. Mais surviennent les contre-courants , qui complètent le cercle de révolution; l'un se dirigeant du pôle austral, entre l'Amérique et l'Afrique, y pratique cc vaste bassin dont la pointe du Brésil, à la PnVSIOUMSlB TBCtTAil.
I hauteur dePernambonc, forme Tangle saillant, et le golfe de Guinée l'angle rentrant. De la côte de Guinée, il est refoulé vers le Mexique, où il se rencontre avec le courant nord , et produit , par an double mais vaste remous, cette courbe de grandes îles, qui barrent la mer des Antilles et le golfe du Mexique, et complète le bassin creusé par le courant est-nord , dont les I îles Lucayes forment l'angle rentrant et le cap Vert l'angle saillant.
! 1765. Un autre contre-courant revient
entre la Nouvelle-Hollande et le cap de I Bonne Espérance, corrodant la partie aus- I traie de la première , creusant le canal de Mozambique, et forçant le courant de la NouveRc-Zemble, de l'Adriatique et de la mer Rouge, de prendre la résultante, à partir du détroit de Bab-el-Mandeb vers l'iodoustan.
1766. Et l'AfriY|ue, à qui le courant arrive , après avoir entassé les grandes chaînes de la partie 'septentrionale de TEurope, après avoir entassé Pélion sur Ossa ; l'Afrique, d'un autre côté, oô les contre-courants vienneot détourner les courants chargés du limon qui cimente les montagnes, l'Afrique o'a pour partage presque que le sable des SédimenU; caria résultante de si vastes conflits est toujours, au point central , la stagnation et presque le repos.
1767. La mer Méditerranée provient d'un trait échappé au remous, qu'a déterminé le choc du courant nord et du contrecourant austral, qui se sont rencontrés en deçà de l'équaleur.
1768. Dans cet épouvantable bouleversement, capable de rouler des sommités de montagnes comme de simples graviers, les blocs se heurtant contre les blocs, se broyant, s'égrugeaol à la longue en une line poussière, il arrivait que leurs éléments terreux s'isolaient dans la lame par ordre de densité et de volume, se décomposaient mécaniquement, pour se combiner ensuite par voie de double décomposition, et au moindre repos, au moindre remous, se slralifîatent par couches homogènes et superposées ; ou bien, entraînés au loin parla violence du courant, les détritus en
INFLUENCES ANTÉDILUTIENNES
raarqnairnllrpjssagepartl'iminenteamonccaui Je fable, Jont lea moléculea se cimeataieal entre elles, à la fareur des bases que l'eau tenait en dissululion, ou bien restaient désagrégées, qnand l'eau qui les déposait se trouvait pure de toute substance soluble.
1769. Uais il découle évidemment de ces faits que le sol doit être de même nature sur tous les pointa qu’a parcourus la direction d'un courant; qo'il ne doit se modiber que par des dégradations, qui marchent dans le sens du courant mime.
1770. L'influence du sol sur la végétation , doit donc être étudiée désormais , en tenant comptede cette donnée, tontes choses égales d’ailleurs. Suives le courant , la flore à la main;samarcheest écrite en relief sur nos caries ; elle est gravée profondément dans les entrailles de la terre, par les caractères géologiquéé ; voyez comment, pas à pat, les formes se dégradent, que dis-je? se modifient avec le sol; et tit ou tard vous aurei une formule. Observes encore que ces courants, qui balayaient les débris de roches, les squelettes des animaus et les troncs des végétaus, ont didisséminer, sur leur passage, les graines reproductrices des espèces primitives; et, par conséquent, il est permis de suppo-
ser que telles eapècea de graines se sont portées esculsivement sur un point pintit que sur un antre , ont été la proie d’nno lame d’eau plutôt que d’une autre, et ont emblavé un continent plutôt qu’un autre; grandes considérations qui ne sauraient eifaroucher que l’esprit casanier, qui s'arrête au spectacle du eonrant régulièrement enoaissé de nos fleuves, et qui ne s’habitueàcontemplerd’autres révolutions météorologiques, que nos tempêtes citadines et nos ouragans de quelques lieuea de surface I
1771. En résumé, la physionomie de la végétation est le résultat de deus influences principales : de celle du climat et de celle du sol. Le climat vous est signalé par les parallèles de la sphère et par l’élévation au-dessus du niveau de la mer ; la nature du sol vous est tracée par la direction du courant qui a jeté ce terrain, en on long sillon, sur la surface de la terre. Géologues et botanistes, associez vos travaus, pour arriver à formuler les graqdes lois qui président aus transformations végétales!
177i. Ce dernier paragraphe de la première section de cette troisième partie, sert de transition aux considérations qui rentrent dans le domaine de la section suivante.