‹ Nouveau système de physiologie végétale et de botanique fondé sur les mèthodes d'observation qui ont été développées dans le nouveau système de chimie organiqueChapitre 136 sur 310 · INFLUENCES ANTÉDILUVIENNES ET ANTÉHISTORIQCES SUR LA VÉGÉTATION · texte numérisé non relu

INFLUENCES ANTÉDILUVIENNES ET ANTÉHISTORIQCES SUR LA VÉGÉTATION

1773. Toutes les formes véjtéUles én>e> ent du Blême type; leur germe est une vésicule de même nsture , de même aptitude et de même élaboration, avant que le

impulsion spéciale • le sens dans lequel doit s'effectuer sou développement. Mais ce dcveloppeaiejit o'est f|n'une contiuueUe

assimilation des iDlIaeneesenviroDoanteil rien o'existait, dans le germe, avant et même après la fécoodalion , de toutes lea formes que le développement ajoute les uoes aux antres. La fécondation u'a apporté à la graine que l'aptitude , pour ainsi dire, à revêtir ces formes plutôt que I d'autres; et 1a plante lea revêt eu s'asainiH

ET ANTÉHI9T0HIQÜES

lânl Tacr^ IVau, le «ol et la ianièro, ea laUea piuiùt qu'en telles preporlien» ; et ai iea preportioM iles éléiiieota cjai for>* neot ie milieu dans lequel elle vé0èle, TÎeanent k varier d'enx-mémee , on voit l'eepAee varier à son tour sa puissance d'aMiosilation , modifier æa organes dans leur fvrcne et leur volume, et même dans leur nombre; en aorte qu'en définitive le végétal est presque autant l'œuvre du mU lieu où i) vit, que du milieu d'où il émane, •utanl l'enfaiit de ratmospbère que de sef parents.

1774. Modifies l'no des élémeots qui l'aoioieat, enlevcs-lui U plus mioijDc portion des iafluences qui l'eoveloppent; et vous modifies d'autant sa structure intime et sa physionomie générale; et vous lui imprimes d'autant les traits c|ui caractérisent les races soumises aux influences d'on autre climat. D'on degré de latitude à un autre, la végétation progresse ou recule. Du pèle nord , elle s'enrichit pas à pas, jusqu'aux régions équatoriales, où son luxe esta son apogée, dans des torrents de lumière ; et de ré(|ualeur jusqu'au pèle austral, elle se dépouille un à un des éléments de sa beauté, pour venir sc rabougrir, terne et décolorée, là où la lumière lui manque et où le froid l'engourüit.

1775. On a dressé le catalogue des variations de Flore, du nombre de ses parures et de scs hatlions, de toutes les phases par lesqueller elle passe tour à tour de la nudité au luxe, et de son plus grand luxe à sa première nudité. Le philosophe suit les passages de sa grandeur et de sa décadence, comme tout autant de degrés d'un cercle de la sphère; le collecteur se pisit è isoler ciiacuii de ces degrés Je l'ccbeile végétale , et en fait tout aiitaol d'étres indépendants; toute la différence, et en philosophie elle est immense , consiste slans la manière d'envisager ce vaste sujet; mais dans l'une comme dans l'autre méthode, on s'accorde à peu près sur un point de la question , qui est le personnel de CCS richesses végétales; nous connaissons tous les résultats organisés des in> fluences aclueliea; noos savous comment

SCH LA VÉGÉTATION. 467

et presque dans quelles linriles ils varienf, ea même temps que les influences se modifient.

I77fi. Mais notre esprit ne s'arrête pas là où se fixent nos corps ; il est de son essence de n'interroger le présent que pour connaître le passé et prévoir l'avenir, U ne se complaît pas seulement au tahleaa de la nature , il lui en faut Tbistoire ; et l'histoire o'est qu'une imléfînie conséquence, comme l'avenir n'est qu'one indéfinie progression. Soyons doue conséquents dans nos études , et ne craignons pas de pousser les conséquences jusqu'à cet infini , qui forme les seoles limites de la nature. L'abAurdité du raisontiemeut se trouve aussi bien au point où l'on s'arrête, qn's celui où l'on dévie.

1777. Nous connaissons les résuluts des influences, dans lesquelles nous et nos contemporains nous vivons plongés ; nous connaissons en même temps les résultats des modifications que ces influences éprouvent actuellement et dans notre constitution atmosphérique. Mais admettons l'hypolhése que cette constitution atmosphértqne vienne peu à peu à changer, que la lumière arrive par torrents snr un aol plus hnmide , dans une atmosphère plus riche en éléments organisateurs, en acide carbonique , par exemple ; il est évident que la physionomiH de la végétation finira par ne plua conserver aucun dea caractères de l'époque actuelle; et on peut concevoir une époque où les Baobabs actuels ne seraient plus que des nains de la Vi'gétaliun nouvelle. Progressonsensens contraire ; appauvrissons progressivement les éléments du sol, les éléments de l'air et le bienfait de la lumière; et nous verrons peu à peu les statures se rapetisser, les ramescences les plus touffues se rabougrir, les tiges s'efliler, les larges corolles se réduire, les formes se concentrer, cl nus grandes forêts se remplacer par un gazon épineux etaride.Nouscuunaissuns maintenant le mécanisme de ces emboîtements et de ces déboîtements; nous avons évalué les causes qui sont capables de les déterminer; ne nions pas le possible. Le géomètre, après avoir fouillé et exploré quelques centaines 30'

INFLUENCES ANTÉDILUVIENNES

de mètres de profondeur de Vécorce ter* restre, a su, par Pinduction de sept à buit observations , descendre jusqu'aux en* trailles du globe ; l'analogie a partout la même puissance; familiarisons-nous avec h méthode du géomètre ; et de la série de nos observations , tout aussi eiactement constatées, sur les transformations actuel* les des formes organisées , sachons nous élever jusqu'à l'origine des êtres ; par ce qu'ils peuvent devenir aujourd'hui , ap* prenons à déterminer par quoi ils ont commencé.

J I. OBiGirti DBS êmES ORCsmsés.

1778. Il est certain que notre planète a circulé dans l'espace, privée d'êtres organisés : masse incandescente et liquéfiée d'abord, elle a commencé à se refroidir, depuis la première époque de son apparition. Un jour sa surface forma une vaste croûte cristallisée, qui s'est épaissie lentement, mais sans interruption , de la circonférence vers le centre, de manière (|ue la température de son atmosphère devint enfin favorable à l'organisation. La vapeur d'eau se condensa à la surface, et se distribua sur les inégalités de la croûte, en vertu des lois de l'équilibre, c'est-àdire des lois de la gravitation ; les gaz aériformes composèrent l'atmosphère, c'està-dire la couche la plus externe de notre planète. Le granit cristallisé forma le premier sol; le mouvement des eaux, les alternatives de la chaleur et du froid , les acides dont l'électricité déterminait la combinaison par les éléments de l'air, l'acide carbonique dont les eaux se saturaient, ne tardèrent pas à désagréger les éléments de granit, à les décomposer, à les recombiner par la voie du contact et des doubles décompositions. Tout fut prêt enfin pour recevoir , protéger et alimenter les germes de l'organisation, qui manquait à la terre. Comment ces germes arrivèrent-ils pour la première fois? La nature se personnifiant se mit-elle à l'œuvre, comme fait le laboureur, pour semer ces germes à la surface, en leur disant ; Allez et fructlûex ? ou bien de sa volonté , comme d'un

coup de baguette féerique, fit-elle jaillir les êtres du sol, avec leur quarante mille formes aussi bien comptées qu'aujonrd'hui? N'eut-elle qu'à frapper du pied la terre , pour en faire sortir le cheval tout caparaçonné, et l'olivier tout couvert de fleurs et de fruits? Ce sont là des métaphores où se complaît 1a poésie , qui est la physiologie des peuples enfants, eux pour qui la grandeur du maître réside dans la puissance du caprice, exprimé par une volonté. Mortels , enflez , tant qne vous pourrez, votre puissance et votre grandeur ! développez à l'infini votre taille, pour vous former une image de la grandeur de la nature, et vous n'aurez fait que rapetisser la nature d'autant; tout ce qui vous ressemble n'est pas elle , que dis-je? est le contraire d'elle. Soyez grands , tant que voiu voudrez, par des complications : elle n'est grande, elle, que par la simplification ; chaque pas que nous faisons dans 1a science, est un pas de plus que nous faisons vers cette vérité. Il est impossible, mathématiquement impossible, de concevoir une création plus simple que la sienne : or , j'en conçois une plus simple que celle qui est inscrite dans vos livres; donc vos livres sont dans l'crrenr.

1779. La nature n'a point de jour et d'heure, d'époques et de dates distinguées par un trait; elle a des lois qui se fécondent par leur rencontre. Elle ne crée paa, elle combine ; et avec deux ou trois éléments , on conçoit qu'elle porte le nombre de ses combinaisons à l'infini.

1780. Quand la croûte terrestre se fut solidifiée en granit sous l'influence du froid, qnc les vapeurs aqueuses, sous la même influence , se furent associées en liquide, que les gaz se furent mélangés en atmosphère, et que la lumière du soleil n'apporta plus à la surface qu'une chaleur propice, et non une chaleur de aurcroît; peu à peu les gaz, l'eau et la lumière se combinèrent en molécules organiques, et les molécules organiques attachées par leur propre poids au sol ne tardèrent pas à se combiner avec l'élément terreux en vésicules organisées , c'est-à-dire en vésicules aoimées de la puissance de cristal-

ET ANTÉniSTORIQüES

Itulion d’oA elles émanaient , de la pnisaance dn développement , t|ni est une fécondation indéfinie (583). O fat U le premier végétal du globe , car je ne m'occupe ici que des végétaux ; ce fut U le germe de la végétation future , l'Adam de la Flore de l'univers ; son Eve était dans ses flancs , elle était une de ses cdtes , une de ses vésicules animée d'une électricité contraire. Qui sait combien de temps ces végétaux si simples à nos yeux , ces Bystus parielina , pour parler le langage de nos catalogues , tapissèrent, en se reproduisant indéfiniment et bout i bout, ou plutdt céte à câte, les surfaces du granit ? tout cela n'est pas même nn point pour la nature, tout cela forme peut-être des milliards de siècles pour nous. Mais à chaque modification do sol , des eaux , de l'atmosphère , à chaque obliquité des rayons dardée par le soleil , la, simplicité du végétal a'enrichissait d'un développement d'une nouvelle puissance ; et set nouvelles formes , en se fécondant entre elles , te multipliaient par d'admirables et d'incalcnlables progressions. Nous tommes les héritiers de toutes cet transformations successives; nous sommes le chaînon actuel de cette progression, qui continuera après nous sa marche régulière , pour ne s'éteindre que lorsque le globe se sera engourdi , qne lorsque le froid l'aura solidifié d’un bout de son diamètre k l’antre. La vie organisée qui commence peut-être acluelleinentii la surface d’autres planètes, finira alors sur la nôtre ; jusqu’à ce que la rencontre d'une masse ignée vienne de nouveau la liquéfier et lui rendre la vie , en déposant dans set molécules le feu créateur qu’elle avait perdu.

1781. Ne croyex pat que les formes actuelles soient l'oeuvre d’une série linéaire de transformations, en sorte que celles d’une certaine dénomination puissent être considérées comme plus jeunet et plus vieilles que tant d’autres ; cette manière de concevoir la question tiendrait encore k nos idées de succession, d’hérédité, de généalogie; et nous avons établi que la nature ne procédait que par combinaison ; or les résultats des combiaaisons les plus

sua LA VÉGÉTATION, 4C9

réellement contemporains, peuvent offrir la physionomie la plus diverse , et donner lieu, à leur tour, à des résultats encore plus divers. Les formes végétales ne tiennent point entre elles par un arbre généalogique, mais par on immense réseau, dont les mailles, en se touchant, enfantent de nouvelles mailles.

1782. Est-il besoin de rappeler que nous écrivons ce chapitre pour ceux qui auront médité tout ce qui précède? Notre livre est une suite de théorèmes ; la hardiesse d'on théorème , isolément pris , se change en une impression toute contraire, lorsqu’on le déchiffre à la suite des théorèmes qui l’ont préparé.

J II. caKATioas spoirTAxÉst.

1783. Nous avons eu soin de ne pas prononcer ce mot, dans tout ce que uoiis venons de dire ; les mots , eu effet , usités dans les longues polémiques , sont des espèces de signes de ralliement que l’on devrait commencer par déchirer , lorsqu'on trouve un moyen de mettre les hommes d'accord. Car, dans leurs dissensions de toute nature, les hommes sont de grands enfants, qui se laissent guider par les impressions , plutôt que par la réflexion , et sur qui la vue d’un lambeau ou le son d’une syllabe produit le vertige de la fièvre, et l’irritation de la folie. Si l'on repasse attentivement l’histoire des guerres civiles, on trouvera qu’on s’est plus souvent battu pour des mots et des couleurs , que pour des intérêts plus réels et plus sérieusement contestables ; et la science , cette noble et académique dame , n’est pas exempte de cette futilité.

1784. Si , par le mot de créations spontanées, on entendait la formation d’êtres qui se créeraient eux-mêmes, l'absnrdité de l’idée rejaillirait de son simple énoncé ; dans ce sens , certainement, il n’a jamais existé et il ne saurait exister de créations spontanées. Mais nous venons de réduire la signification de création à celle de progressive combinaison; l’expression decr^ntion spontanée , équivaut donc à celle de formation organisée, résultant de la combi-

INFLUENCES AKliniLHYTENNES

naifton îonuences organisatrices ; et dans ce sens il a eiistéuae création spontanée, an moins dans i'acie de la (génération, qui est plutôt une }>ropagalion, une séparation d^organcs typiques , qu'une créaliofi f>roprement dite; car, la graine n'est, avons-nous dit, qu'une sommité qui, en s'isolant va déplacer le développement, dont elle était lepoinlde reposmomentané.

178ti. Or, si dans le principe, les éléments organisateurs ont pu se combiner, ils le pourront encore toutes les fois qu'ils seront placés sous les mêmes influences ; insis ces influences créatrices sont les mêmes qui président au développement de la création; ce sont par conséquent les influences actuelles , avec plus ou moins d'intensité : donc aujourd'hui il se fait encore des créations spontanées , qui comnencent| comme celles des premiers jours, l>our se modifier à l'infini et en progression ascendante, maisavec toute U lenteur apparente du présent; et le laps de 7 à 8 raille ans n'est pas, par rapport à la série de ces développements todéfiiiis, ce que serait une seconde par rapport à toute l'époque historique.

1786. jVous connaissons toute la puissance d'uBP mauvaise plaisanterie, contre Texpression de cesiramenses aperçus, qnl, isolant l'esprit du présent, et le débarrassant des langes étroits d'une «'ducation sfiperstilieuse eft mesquine, le reporte tout à coup dans les profondeurs mysterteuses des siècles qui nous ont précédés» Hais nous nous rassurons facilement, en pensant que nous n'écrivons pas ce livre pour les manvaisplaisants, qui sont en général les plus petits esprits elles plus mauvais cœurs déjà création actuelle; nous écrivons pour l'homme qui médita et qui calcule, c'est-à-dire qui procède à la culture de sou esprit, avec le méthode du sage et noo avec les ricanements du fou.

1787» Mais, nous dire-t-on , si tout ce qui existe d'organisé sous nos yeux , tient ses formes d'un développement pre^essif et non d'unecréation proprement dite; si nous sommes tous les enfants du concours des influences , et non les œuvres d'une volonté accomplie en un instant ,

pourquoilanatnreanjourd'hui n'aurait-eUn plus le pouvoir de recommencer son œuvre, (le produire de toutes pièoas, et sans la flliêre de la génération et du concoom desdenx sexes, le moindre brin d'herbe et le moindre des cirons ? Aurait-elle abdiqué sa pütssauce, résilié son pouvoir seulement en faveur de la mythologie des peuples, à laquelle personne ne croit plus ?

1788. Remarques bien que la force de cette objection est , tout entière , dans le soin que l'on prendrait de perdre de vue le principe. Aussi il suffit de mettre en regard le principe tont simplemctii exprimé, pour réduire l'objection à unetioiplc figure oratoire. La nature a-t-elle créé les formes actuelles, soit à la fois, sotties unes après les autres , mais chaeunedVIIes de tontes pièces? Nous avons répondu s non. Car nous connaissons nu moyen plus simple, plus rationnel quecepremter moyen de création , qui assimilerait la puissance créatrice à la folle puissance d'un objet créé. Les créations de la nature ne sont que des combinaisons, et les combinaisons se modifienten raison des influences; la nature est un cercle où rien ne finit et rien ne commence, mais où tout progresse et se modifie à l'infioi ; les êtres sont les résultats des influences combinées entre elles, et les influences s<mi des lois ; la nature n'a d'autre volonté que des lois éteruelles ; changer le cours de ses lois, ce serait les supposer imparfaites et mensongères, et l'erreur et la nature aoot deinc mots qui jurent de se rencontrer ailleurs que dans la bouche des hommes. La nature ne saurait donc créer aujourd'hui , à l'instant où je parle, une seule des formes compliquées de l'organisation , s'il est établi que chacune de ces formes estia somme d'une tiiccessioo iafioie d'imperceptibles additions, d'imperceptibles modifications ; l'opinion contraire serait contradictoire dans les termes ; la même chose ne saurait se faire avec des éléments differents; s'il faut la progression de myriades de générations pour arriver à ce terme de la gradation organisée , il est absurde dn penser que ce terme se manifeste un jour, au début de la progression même.

ET ANTÉHISTOMQÜES SÜR LA VÉGÉTATION.

1780. Il «émit tucorm plot abtnrdfl da cran inrariable, auquel la force matérielle peuaer que la aeieace de rhomaae, qui noua aurait portée, et comme ai nouacraio'eat que la puinanoc d’obaerre» , de- gniona d’élever la vue pour fixer la aérie rieone up jo»r capable de créer, de dea autrea. Le géomètre avec cinq pointa tealea piéoea, un aeul dea étrea qu’elle continue une courbe; avec cent pointa noua daaae daoa aea ealaloguea; il le aérait n'oaonapaaen marquerun nouveau ; qu'on preaqne tout autant d’admettre que, dana noua donne dea faita obaervéa pour nos ce point malbématiqee que parcourt notre cataloguée, mais jamais dea faita déduite , frêle cxiatence, noua puiaatotia parvenir k ai rigourenaement que ce puiaae être, pour être téffloina d’une aeule dea modifioaliooa élever notre ême plus baut que la croûte ’ organiquea qui ont frit paaaer no être oé nous rampons.

queiceuqae, d’un degré dp uotre échcUe 1700. L’œuvre de la création se oontiafstémafrqne an degré le plue veiain j a’il nue et recommence k chaque instant sous est r«i que ee passage n’acqniére des ai- noa yeux ; mais la vie des peuples est gnea opprécàblea à notre fribla vue, que courte pourmeanrer aamarebe ; que serapor la iapade pluaienramiiliera deaièclea. ce de la vie des particuliers? Cependant d est certain que notre globe, lancé tout me porte à croire qu’il noua est donné dana l’espace, ae refroidît régiilièrsMnant d’être témoins de formations spontanées, et sans mterruption ; et ee refroidisse- filles de l'air et de l’eau, et premiers mmentalaisaé, depuis quatre mille ans, dea dimenta de l’existence organique. 8i, en traces à peine appréciables ; le calcul aenl clfet, la aïotécole organique, rédnite à sa nous CO donne le chitlre. pourquoi nous pfris simple expression, résulte de la comeppoacrait.on la coostance des furmet or- binaison d’une molécade d'ean et d’une ganiaéea, qui régétent depuis quatre mille moiéculc de carbone , et que cet élément ans à la aurfrcc d'une planète, dont U erganiqueait, par le Seal effet de an crisconatitution atmosphérique n'a pas varié talliaation vésiculaire , la propriété Im-

d’une manière aenaible depais lors? Et mraae de ae combiner de nouveau avec

pourtant , l’hiatoire à 1a main , et à l’aide les bases terreuses, et de ae développer , a

des monuments entiquea , nous eront dea en repreduisaut son type par l’asaimila-

prouvea évidentes de certainns varia- tion dea rlénieDta de l’air et de l’eau ; nier lions, ipii penvent «ervir à établir U la poaoibilité daa créalienaapontafiéea, ce courbe d’une progression indélinia. Nn serait nier que l’effrt pnisae avoir lieu , uvDnsHsona pas combien la «vdiaation a quand toutes les causes août en présence? modifié ie physique de l’homme sauvage ? Mois leaeffeU sont sous noa yeux. Laisdaoa qnellea limitea eUa a améaei aea oa du aex l’eau la piua pura exposée aux nyona crâoe , at perfeclianné set organes Intel- du soleil , dons ou flacon beuebé et k demi irctueia aoa dépens de leur enveinppe rempli d’air; et voua ne tarderas pas à osseuse? combien l^apresaiona’ratrépan- voir se développer de la matière organidue plus douce sur sa face et la porspica- fée en bcliea véticarieaverCMt Uiaaez celte

cité pJaa pénétrante dans aosi regard ? eau exposée à i'obsoarjlté de la cave , et

Ne toannaes-noas pat en état d'apprécier il s’y fiuninera dea Hocacia étiolés , anaia rérioflsicnce dn eroiaomeat des races , o^e gulièrement orgaaiaés. tfri ue manquera de l’eapatriatian , du changaanent de la pat d’expliquer ces deux laits, en ayant nourritaireetdca faabitndca? EtlacidlaiH), recatsvs a la préaenam , dama l’eau et dans qui u’esl à même d’en signaler les prodi- l’air du flacati , de germes impcreeptiblet

ges? qui ne sait par queUrs transforma- àla vqe et a nos miormeopea ; maja on pro-

tiona clic eat capebia de travestir les or- cède eu ceci par voie d’in^clinn et de rai. ganes, d'exagérer lei lormea et Ica pco- aouaemeat, été ce moyen, nouspouvooa portione? Noos conveatons de tontes eca opposer les inductions dont plus baut on chose* ; noua les enregistrons voloaticra, semblait interdire Tuaage. Cependasst UaJa noua nous y arrêtons , connue à un cette objeetton a été prévue. Ingenboux;

47a , INFLUENCES ANTEDILUVIENNES

qui a'eftt sp«cialement occupé de cette question, a eu soin d'exposer préatabiement le flacon, l'eau et l'air à une chaleur capable de désorganiser les germes les plus vivaces; il faisait passer l'eau et l'air plusieurs fois à travers un tube de porce> laine incandescent; tout était pnr dans ce milieu, comme à l'instant de la créa* tion primitive ; et la matière verte n'a pas manqué de reparaître, après un séjour plus ou moins prolongé à la lumière so> laire* Or cette matière a des organes qui croissent et se développent, c'est>&>dire qui se reproduisent , d'après la défînition que nous avons donnée du développement.

Mais si le fait estaussi incontestable qu'il noos le parait à nous , songez à cette infinité de' sourdes et insensibles combinaisons organiques, qui s'opèrent, sur nos rochers humides, dans le sein de nos eaux , recommençant, sur chaque molécule terreuse , l'œuvre d'une créMion Histantanée,’ mais qui marche è son déve* loppement et à la perfectibilité progressive des formes , avec toute la lenteur incommensurable de l'éternité.

1791. Petits esprits, qui, dans cette exposition d'uno naïve mais * solennelle simplicité , croiriez entrevoir des germes d'athéisme , cette aberration mentale qui n'est opposée à la superstition que comme une inconséquence est opposée à une autre; petits esprits, nous croyons à un

* Dieu plus grand que le vôtre ; car le nôtre ne vous ressemble en rien; il se laisse contempler et comprendre ; on l'adore en l'etudiant.

5 III. DARS l'ÎTAT ACTOBL DB LA 8C1BRCB ,

LA 6BOLOCIB BST-BLLB CAVABLK DB ROUS

.-BCLAiaRE SDA l'hiSTOIRR PRIMITIVE DES

DKVZLOPPBMBMTS ORfiANlsés ?

1792. Tant que la géologie n'a eu en vue que de reconnaître, et la nature des couches qui recouvrent la croûte du globe, et l'ordre de leur superposition, elle est arrivée h des résultats incontestables: le sondage a confirmé, dans les pays plats, les résultats obtenus sur les coupes verticales de terrain, que l'on rencontre si

fréquemment dans les pays montagneux.

Nous avons, sous ce rapport, une géographie souterraine presque aussi avancée que la géographie superficielle; et, avec un simple fila plomb pour boussole, nous sommes sûrs de découvrir me couche donnée, ou (Fen marquer la place ordi~ naire, si elle manque en cet endroit : 1** Nous savons que les terrains cristalli* ses par voie de refroidissement (gneiss, micaschiste, schiste argileux, granit), sont les plus profonds de tous; ils for-* ment la première croûte du globe , celle qui augmente chaque jour d’épaisseur, mais de la circonférence au centre du globe, psr suite du refroidissement graduel de notre planète. Souviennent, immédiatement au-dessus d'eux, des couches qui recèlent les traces de la vie organisée, les dépouilles plus ou moins détériorées d'animaux et de végétaux (pkyllades, grès iotermédiaire , calcaire àencrinites, grès houiller). 5° En aHaut toujours de bas en haut, le grès rouge, le calcaire alpin, le grès à oolitbes , le lias. Les terrains jurassiques ou formations oolithiques.

50 La craie verte, grise, blanche. 9** Les terrains tertiaires , depuis l'argile plastU que de nos environs jusqu'aux calcaires siliceux ou à limnées. 7^ Enfin les terrains d'alluvioo, sur lesquels repose notre couche végétale.

1794. C'est dans cet ordre général que • reposent toutes ces couches , en procédant de bas en haut, quand elles existent toutes ensemble sur le même point du globe. Mais il s'en faut de beaucoup qn'nn les rencontre au grand complet , dans tous les lieux de la terre ; ici le granit est à fleur du sol , et , par conséquent , il ne reste pas la moindre trace de la masse immense des antres ; U, c'est la craie qui est à fleur de sol , et tous les terrains tertiaires manquent à leur tour; plus loin, c'est le tour de l'argile plastique , et pas la moindre trace de calcaire grossier, et encore moins des couches qui aillenrs le recouvrent. Mais partout où on rencontre toutes ces couches, en quelque nombre qu'elles soient, on observe qu'elles conterveut l'ordre consigné dans nos catalo-

ET ANTÉHISTORIQDES

ffit» parl’obtervation, ponryu qn'ou ne s’éloif^ne pas trop des grands basins géographiques ; car, i certaines limites , la discussion commence sur la synonymie des couches superposées au granit ; ce calcaire correspond - il au calcaire grossier on à la craie? cette marne est-elle l’analogue des lias ? Questions que l'esprit de système a pins souvent tranchées que l'esprit d'observation ne les a décidées.

1795. A la suite de la géologie , la xoologie et la botanique sont venues explorer leur domaine dans les entrailles de la terre. Sur tes traces d’un simple potier de terre, de Bernard de Palissy, on a rendu, aux règnes minéral et végétal , ces empreintes pétrifiées , dans lesquelles les an- | ciens n’avaient vu que des jeux et de* mystifications de la nature. On a rapporté avec bonheur les formes fossiles aux genres, et souvent même aux espèces existant actuellemeot à la surfacedu globe; le moyen de ne pas reconnaître une coquille, un poisson , un squelette de vertébré, un tronçonne feuille et un fruit, quand leur substance est presque conservée de toutes pièces ; aussi chaque jour une étude nouvelle apporte é la science de nouvelles déterminations.

1794. Mais l’esprit de l’homme ne s’arrête pas longtemps à l’étude des détails ; il s’ennuie à ne faire qu’enregistrer; il faut qu’il classe ; et , après avoir classé ,

■I faut qu’il interroge l’histoire ; il veut savoir non-seulement ce qu’est un être, mais encore d’où il vient ; et c'est sur ce ponrt que les difficultés se multiplient en géologie. On ne vogue pas sur ces mers des anciens temps, à pleines voiles, comme sur notre océan moderne ; le pas qu’on y fait , il faut que la main le creuse ; et lu science, improductive, n’a pas assez de mains à son service ; elle ne peut , dans cet immense labyrinthe, pénétrer qu’à la suite d'une exploitation ; d’où il arrive que ce que nous savons en géologie est bien peu d# chose, et que ce que nous ignorons est incalculable. Nous nous sommes occupé un jour d’évaluer la surface que a géologie a explorée; il nous a paru qu’elle est à peine dans le rapport d’une

SliH LA VÉGÉTATION.

télé d'épingle , à Pégarü d'ao globe de 16 pied» de diamètre. Or, ai Ton présentait au chimiste le volume d'une tête d'épingle, sur une masse sphérique de 16 pieds de diamètre , et qu'ou lui demandât à se pro< nonoer, par l'analyse du petit échantillon, sur la nature de la masse totale , il répon* drail certainement que la conséquence se* rait hasardée, et si, au lieu d'un seul petit échantillon, on en mettait à sa di$> position trois autres, pris sur des poinls difTérents de la surface du globe, et qu'il vint à découvrir, entre les trois échantillons , des dilTérences notables , il ne manquerait pas de déclarer, comme étant de toute fausseté, l'induction par laquelle on I chercherait à établir la structure de la masse , d'après celle des trois échantillons analysés. Les géologues de l'école moderne n'ont pas apporté autant de réserve et de sagesse dans leurs théories sur les évolutions du globe; l'exploration au pas de course d'une vingtaine de carrières des environs de Paris, a suffi. à Cuvier pour nous dire Tbistoire du monde primitif[l]. Ses calculs n'ont rien d'algébrique, ses démonstrations ne se compliquent par aucun artifice de raisonnement; il coàipte le nombre d'espèces d'animaox que Pon avait trouvées dans chaque conche , et qu'on avait enregistrées dans nos catalogues ; lorsqu'un certain nombre d'espèces se trouvent constamment dans plusieurs couches superposées , il fait une formation de la réunion de ces couches ; il parvient ainsi à diviser la série des couches géologiques en plusieurs formations , caractérisées par la présence exclusive des mêmes espèces animales. Ensuite par une seconde opération d'esprit, comme à ses yeux les espèces d'une formation supérieure ne se montrent pas dans la formation inférieure, il conclut qu'â Pépoqoe où la formation inférieure avait lieu, les espèces de la formation supérieuro n'existaient pas. En admettant celle hypothèse, il avait ainsi à sa disposition le tableau généalogique des animaux, l'ordre

[i] Oticmfntt foitiUi. Discours prciiminitre.

474 INFLUENCES ANTEDILUVIENNES

dans lequel ils nvatent paru à la surface I du ({lobe { il coDsUtaît, de celle manière, ; que les quadrupèdes ovipares vivaient ^ avant les vivipares , car les Crocodiles de j Hon/letir sont au*dessous de la craie; les mammifères marins , Ijamantins et Fhoques y apparaissaient dans le calcaire coquillier ; mais les mammifères terrestres ne se montraient que dans les terrains sa- \ péeîeurs au calcaire ^ossier, c*est>à-dire | dans la formation qypaeuse , dans des terrains d'eau douce ou de transport. |

179r. Ce raisonnement, appliqué k chacun des embranchements du règne animai , donnait des résultats analogties ; les terrains de transition ne renfermaient que dpsZoopbvies, des Mollusques, des Crustacés; donc en vertu de IVquation ci»

dessus, il n'eviatait alors que des Zoophytes, des Mollusques et des Crustacés; et les Trilobitea cnractérisaientsiirtout cette formation. Du qrès rouge an lias apparaissent les vertébrés , les Sauriens . les Létnrdi, les Tortues de mer, les Orypliées; et les Ammonites y deviennent sbondantcs. Dans le terrain jurassique viennent Us fchthyosaures et les Plésiossnres.

craie a ses dents de Squale, ses débris d'Ouesms , ses Encrines. Dans les terrains tertiaires, des squelettes d'oiseaua rt de mammifères. Mais ici la mer et les eaut douces ont pris at quitté aiCemativeaseut I le bassin. La mer Pa envahi posr y déposer lenlenmit U craie. Les lacs ont succédé à la mer pour déposer Pargile plastique. mer est revenue , pour déposer le esicsire grossier ; elle s'est retirée, pour Csire place sua eaux douces qui ont déposé le gypse; qui se sont retirées pour faire encore place à la mer, laquelle a déposé la faible couche de Pargile à Muttres de Montmartre ; et enfin lea eaux douces sont restées en possession du terrain , pour y déposer les mnraes calcaires , les meuiières à coquilles flnviatilea analogties à celirs qni vivent aujourd'hui dana aos lacs; et au-desaus de tout cela apparaît f^tamc. Tel était, en entier , le système de Cuvier : il fut ordonné aux journaux du temps de trouver cela beau ; lea journaux dépassèrent les yr-

dres, et d'après eux Cuvier venait d*as» sister à la création. Les astronomes le déclarèrent absurde; la mer était moins complaisante envers leurs calculs qu'envert les classifioations de Cuvier; mais les astronomes s« te dirent à Porellle , car Cuvier était tout-puissant; et ce ne fut qu'en mars 1839 qu'on osa publier 4 dans un ouvrage périodique [1 ] , que I e système lie Cuvier était fondé sur une de ces puérilités dont l'imagination la plus vulgaire refuserait d'ètre complice ; on le compara au raisonnement do voyageur qui , s'étant logé dans une grande me de la capitale , et n’aynnt encore en k parier qu'à deux ou trois honnêtes gens . en conclut en partant que tous les habitants de cette me sont des gens honnêtes. On pourrait, as'ec plus juste raison , le comparer au raisonnement du voyageur qui , ayant traversé de grand malin une ville da France , et n'ayant trouvé sur son passage que des ouvriers en veste , puis ayant traversé à midi une autre grande ville les jours de dimanche, et ayant trouvé sur set pas tout notre luxe parisien , en condorait que dans le |Mremier pays on ne porte ni habit ni chapeau , et que dans le pays suivant on ne porte jamais de veste. F^nfin comsaent aiirait-on aecoeilli , en Europe , le travail de l'archéologne qui , après avoir poussé les fouillet jusqu'au milieu d'ime des mes de Fompet , se serait avisé de poser en principes que ton «ataiogtic représentait toute la civilisation de cette époque, et que l'on ne trouverait, en continuant les investigatious plus loin , .*)ticun objet d'art qu'il ne poaaédât pas déjà ?

Ce rapprochement vaut ooe longue rélulatioo;car Carier avait aasis son système sur l'état des carrières , à l'époque oü il écrivail ; il avait condn , de ce qu^oo avait trouvé jusqu'alors, qn'on ne trouverait ricsi qni dérangerait sa théorie ; autant aurait-jl valu conclure q«« l'on ne trouverait pas un foaaile nouveau. Or

[1] Jnnatci dtt $chnc9t d' »h$trvatïon ^ t. IH , n« 3, p.

ET ANTÉHISTORUJÜES

ditqaa ceop de (tiocfae a preaqiie depuii ébranlé eH édifice, élevé i si peu de irait. Let*rr<ébrét da gypse oat été reaconirét eu abendance , avec les coqoilirt fliivia- Idea, daas ie calcaire grotairr de N'anterra [1], camme en les avait Ironvés dans la craie de Maestricht; on a rencontré des coquilles Mrinea mélépt aux coquilles (l'ean douce dans beauconp d'autres terrains ( et tentes ces découvertes imprcraea, et pourtant ai raciles à prévoir, ont inspiré plus de réserve aux théories , pins de lâtonacneut aux déterminations géolegiqacs. On cherche à modifter le systèaw , quïi n’est pas encore parlementaire d’abandonner.

179K. Lx botanique l'ossile ne ponvait manquer d’adopter le cadre tracé par la zoologir ; elle se contenta de le remplir et d’y disposer, par ordre de formations, les empreintes végétales, dont s'enrichissaient nea collections. Les seuls végétaux cnniemporains des schistes et calcaires inférieurs b la houille , étsûent , d'après les eUsaifieateora les plus récents , quatre espèces d’aigues marines , deux espèces d'Éqoiaélacées, trois Eougéres , des Lycopodes et un genre nommé Calamites. Ijl formation de la houille , au contraire , se distinguerait par le grand nombre d'espèces appartenant aux Équiaétacées en arbre , nims surtout aux Fougères , Marsiléaeées, Lycnpodiacées ; on y tsxnive trois Palmiers, des Graminées, des dicotylédones formant environ le tiers du catalogne, en/tn des Conifères , qu’on vient d’y déeativrir récemment. Dans le grès 4iigarré, dix-neuf espèces seulement trouvées dans une seule localité , ce qui n’empèehe pas de conclure que cette formation ne possédait pas un catalogue plua riche. Le calcaire oonebylien, placé an-desaua du gréa bigarré, n’aorTert qn’une Fougère et une Cycadée , et quelques Fucus. De ce calcaire à la craie , les fouilles ont offert, sur notre continent, cinquante et une espèces, sur lesquelles dix-aept Zamiaa

[i] Axxaleidet tchnett d'oburvationt , t. lit, p. h»-

SCR LA VÉGÉTATION. 47

011 CycM , d'oû Ton condat <|uc1os Cyr:i- Hfes, qui forment k peine le miMiéme de la v<^g^ation actuelle, en formaienl alors près de la moitié. Dans la craie , dix-sept espèces seulement, dont uoc plante ter« restre , nne Cycadée. Wus haut, dans l’ar- (ple plastique, les sables et les marnes charbonneuses , des tlicotylédoncs en aboH'dance , des Érables , des Noyers , des Saules, det Ormeaux, des fmits de Cocos, des Couifères , mais pas une (*ycadée. Ensuite au-dessus de Tarfple plastique, dix-sept espèces, parmi lesquelles une Mousse, un Equiseluntf une Eoufrère, deux Chara , une Liliacée, un Palmier, deux Couifères, et plusieurs Amentacées.

A la superficie, des Charay des Nymphœay mêlés à nos coquilles d'eau douce , dans les meulières de Montmorency. Puis enfin les tourbes qui cootinueot , sous nos yeux , l'œuvre de la fossilisation*

1 790. De par le catalog;oe, le personnel de la végétation de chaque formation est arrête à chacpie nouvelle publication , et clos en dernier ressort , comme représentant la végétation du globe à cette épo* que. Si une espèce malencontreuse vient, après la publicalitm , contrarier le système, le siège est Jftitt il faut attendre , pour en refondre la rédaction , à la pubüeation suivante. Depuis dix ans la flore fossile a changé plus d'une fois de physionomie , et même de lois météorologiques; et tout porte à croire que sa consiitoiionq acluefletneut dassique , n'eet pas arrêtée et convenue pour longtemps.

Cela vient de ce qu'on a cherché à apprécier cette immense catastrophe à laquelle n<ms avons succédé , a l'aide des résultats mesquins de notre météorologie locale.

Nous avons vu le monde tout entier , dans le petit coin de terre que nous grattons avec nos faibles mains ; nous avons dressé la géographie du globe primitif, sur l'écheUe d'un cadastre de quelques Nenea carrées ; nous avons restitué l'ancien inonde avec quatre ou cinq débris, apportés sur ie bureau du président, dans une société qui s'éclaire avec des bougies, qui adopte des conclusions en vertu de son réglement, et se garde de les vérifier,

INFLUENCES ANTÉDILUVIENNES

en Tertn de la réciprocité dea complaisancea, et quelqueloia même en vertu d'un ordre supérieur; noua avona assisté au spectacle de la création , en famille , en petit comité; et an sortir de là , on a prié les journaux , qui dispensent la célébrité, d'annoncer bien haut qu'on venait d'entendre de belles choses sur l’ouvrage des six jours, et les journaux ont répondu : Donnex-nous une note que nous insérerons textuellement, attendu que nous ne sommes nullement compétents sur cette thèse.

1800. Mais laissons donc là à jamais cet enfantillages scientifiques , ces coteries qui transportent les académies dans les salons , et souvent même dans les antichambres : dépouillons l'habit brodé qui va si mal à l'homme qui fouit le terrain ; retournons à la nature qui observe , à la logique qui coordonne, et qui n'arrive à prévoir l'inconnu qu'après avoir étudié sous toutes ses faces le connu; nous allons nous appliquer à tracer, par une série de solutions, la marche que nous avons à suivre /laht cette étude.

1801. 1° Les couches géologiques se sont-eÙes déposées , sur la croûte de granit , en vertu d'autres lois physiques que les lois existantes T Non ; car , sur quelques pieds carrés , il nous est permit de les reproduire actuellement avec tous leurs caractères. Que dis-je? dans nos laboratoires , dans un simple verre d'eau , par voie de lévigation , nous pouvons du même liquide obtenir jusqu’à cinq couches distinctes à l'œil nu , et conservant à chaque fois entre elles le même ordre de superposition , qui est l'ordre de la pesanteur spécifique de leurs molécules respectives, les plus pesantes se précipitant plus vite, et par conséquent se stratifiant les premières, et ainsi de suite. Une lAis la précipitation achevée par voie de lévigation , on pent augmenter le nombre des couches , par voie de double décomposition, en ajoutant un réactif convenable. L’ensemble de ces précipités vous représentera les caractères des formations qui peuvent s’effectuer par voie de sédiment, dans une eau calme ou qui ne s'agite qu’à la sur-

face. Vous trouverez qne le volume des molécules de chaque couche diminue, par tranches horizontales, de bas en haut, mais que les molécules sont toutes homogènes sur la même tranche ; et si , quelques jours après vous venez à rencontrer, dans l’une des couches données , une stratification d’une nature et d'une pesanteur spécifique différentes, en plus on en moins, de celles de ses molécules, vous n’hésiterez pas à prononcer que cette formation est d’une date postérieure au précipité , qu'elle résulte d'un travail intestin , d'un départ d'éléments , d’une double décomposition opérée, par suite d’un contact prolongé entre deux corps doués d’une affinité réciproque. Ainsi un silicate de chaux mêlé avec un carbonate, dans le même précipité , donnera lieu à une poudre de carbonate de chaux (calcaire) et à des rognons de silice , si la base du premier carbonate est de l’ammoniaque; et à un silicate plus on moins agatisé, si sa base était un métal. Du sulfate de soude ou de potasse , et do carbonate de chaux donneront lieu à un précipité de gypse ; et l'épaisseur de la couche du précipité sera en raison , non pas du temps , mais de la quantité de substances dissoutes ou suspendues dans le liquide.

1803. Si nous examinons, dans la nature, ce qui a lieu par voie de sédiment, nous observons que le phénomène se complique en raison du nombre d'êtres organisés qui habitent ce milieu, et de l’influence des saisons. Tout ce qui .se précipite porte l’empreinte de l'organisation décomposée, tout est sali par des débris, et enveloppé par du mucus, tout est noirci par les sulfures et le fer limoneux; c'est de la vase, et jamais un précipité cristallisé , jamais du calcaire , jamais du sable pur. Mais que les flots d’une inondation viennent à balayer ce dépAl, à soulever la vase , à la diviser par le mouvement, et à la distribuer dans ce nouveau milieu, pour la charrier vers des régions plus basses; dès que le torrent rencontrera un obstacle, et que ses eaux tranquilles reprendront les habitudes du repos, la vase qu'elles tiennent en dissolution se préci-

té ui^Ic

ET ANTÉHISTOmOüES 1

pilera par voie de sédiment , cl se disiri- j buera par couches liomojjénes , lavée de ; tout ce qui n'a pas la densité de leurs molécules respectives ; le sable au fond , la matière organisée à la surface; et si, à l’instant où le sable s'est précipité, les digues de ce nouvel étang cèdent à la puissance des eaux , et que le torrent soit une seconde fois abandonné à sa pente , la couche de sable restera seule sur son passage, mais aussi pure, aussi bien lavée que si elle avait passé par nos mains. Obaervei le sable des cdtes lavé par la marée, comme il est homogène et pur! Observei le fond de nos ports et de nos rades, comme ils sont vite envahis par la vase I Noua voyons donc chaque jour se reproduire, sous nos yeux, des effets analogues à ceux que la science observe dans les entrailles de la terre; or, les mêmes effets découiznt de la même cause et des mêmes lois. Il est donc évident qu’en formulant les effets d’aujourd’hui, noos aurons la formule du mécanisme des effets d’alors.

1803. Du reste , on arrive d’une manière pins frappante encore i établir l’identité des lois physiques d’alors, avec les lois de notre constitution physique actuelle; c’est par la comparaison des êtres qui vivaient alors , avec ceux qui vivent aujourd'hui. Si , en effet, les êtres, soit identiques , soit semhlahles à ceux qui vivent aujourd'hui , vivaient dans les milieux et dans l’atmosphère d’alors, il est certain que les lois physiologiques étaient les mêmes qu’aujourd’hui. Or , qui oserait soutenir que les lois physiologiques sont indépendantes et séparables des lois physiques ? Ce serait absurde , si on l’appliquait i un simple cas particulier. L’animal peut-il vivre, la plante peut-elle végéter dans une antre atmosphère que la nêtre ? Non; car vivre, c’est se développer; noos développer , c’est nous assimiler le milieu qui nous enveloppe; la forme et le nombre des organes ne sont que la solidification , pour ainsi dire , des molécules de ce milieu. L’identité des formes indique donc indubitablement l’identité du milieu. Les lois météorologiques auxquelles étaient soumis les végétaux et les animaux d’alors,

SUD LA VÉGÉTATION. 477

I étaient donc les mêmes que les lois météo> rologiqucs auxquelles l'orqanisalion animale et végétale est soumise aujourd'hui, si les formes d'alors sont trouvées identiques avec celles d'aujourd'hui.

1804. i* La superposition des couches , de quelque puissance quelles soient , indique-t-elle qu'il s'est écoulé un plus ou moins grand espace de temps, entre leur formation respective f — Nullement. La superposition des couches indique bien , il est vrai , que la plus profonde s'est déposée la première , que la suivante en montant s'est déposée la seconde, et ainsi de suite jusqu'à là couche superficielle ; mais il est facile de concevoir que les plus nombreuses que la géolo(pe soit parvenue à observer, sur un pointdu globe, ontpu se former et se déposer toutes , dans l'ordre od nous les trouvons , durant le cercle étroit de notre jour astronomique \ il sufBt pour cela de supposer , au flot qui les apporta, une puisssaace proportionnelle. Comptex, snr une coupe verticale, les couches superposées, que laisse, sur ses traces, l'une de ces inondations qui sont les moins rares en France; il vous arrivera fréquemment d'en trouver le nombre égal à celui qua la géologie compte sur les plus hautes montagnes; senlement vous en trouverex la puissance et les proportions inflniment moindres. Cependant la somme verticale de ce diluvium communal et en miniature, s'élèvera quelquefois jusqu'à la hauteur de plusieurs mètres. Or, établisse! des rapports numériques. Le torrent d'inondation , qui vient d'ensevelir la végétation du pays, occupait à peine, snr tonte la longueur qu'il a parcourue , une centaine de mètres en largeur. Admettons qu'un torrent semblable ne soit capable de couvrir le sol , que d'une couche d'un mètre de profondeur; et demandons-nous combien de mètres d'alluvion serait capable d'entasser, sur son passage , un torrent qui coulerait sur une étendue de deux cents lieues? Nous trouverons la proportion suivante: 100:1 :: 1,000,000; 10,000 mètresou 5,000 toises environ ; c'est-à-dire que notre torrent de deux cents lieùes aura produit une montagne plus élevée

INFLUENCES ANTÉDILUVIENNES

que le point colminant de Pllimalaya , qui n'a que 4,100 toises d'élévation au>dessut du niveau de la mer , et que celui de Sorata , dans les Cordillères , qui n'eo a que 5,918. Or, un torrent de celte étendue couvrirait à peine la France entre les Alpes et les Pyrénées; etl.v géologie des diluvium antéliistoriques est forcée d'admettre des courants plus étendus. Mais la géologie prend , en général , le caractère du sujet qu'elle traite ; elle procède par sauts et par bonds, comme le terrain par accidents et parbrèches;ellcahorreurd'une conséquence qui menacerait de l'entraîner trop loin ; le cours immense d'un diluvium l'épouvante; dès qu'elle peut échapper à cette idée, elle se hâte de se reposer sur les bords des bassins et des lacs à surface unie comme une glace, et dont U chimie seule opère de siècle en sièclele sédiment. Si ensuite une inégalité de surface se manifeste au-dessus de ce dépôt, elle en appelle h la croûte de la terre qui s'est soulevée, bosselée , gaufrée tout ciprèsel à différentes époques, pour enfanter les groupes de montagnes; et, l'équerre à la main , la géologie a trouvé le secret de marquer chronologiquement la date de ces révoltes des Titans de la terre, l'âge des montagnes qu'enfanta chacune de ces révolutions intestines. Elle admet uadilu> vium qui ait pu recouvrir en étendue plusieurs centaines de lieues; mais elle se refuse à sonder U profondeur de celte grande nappe d'eau et la puissance pruporlionneile de son action et de son transport ; elle préfère créer des mondes , plutôt que d'en expliquer un, sur des dimensions trop larges pour notre vue. Procédant toujours du particulier au générai, dequciques accidents exceptionnels au phénomène, si elle rencontre, daus un groupe de montagnes, quelques circonstances qui se rapprochent de cellesqu’eile a remarquées à la base des volcans ou après un tremblement de terre, dès ce moment, rien de ce qui existe de saillant à la surface du globe n'est dcvenusaillantaulremenl; c'est là sa méthode en France depuis près de trente ans; c'était la méthode des maîtres, et les maîtres n'ont pas encore quitté l'arène.

1805. La diffiSnncequ offrent les cait>

ches entre elles , dans leur contexture et dans la nature chimique de leurs éléments , indique-t-elle que chacune est le produit d'un cout'ont différent y ou plutôt dune inondation d'une date spéciale f puisque du même liquide oou» pouvons obtenir, sous nos yeux , des couches d'une contexture et d'uue nature chimique différentes. 11 est vrai que , dans lea eoiraillea de la terre , nous renconirona des couches absolument identiques sous tons les rapports, et cependant séparées par des couches d'une autre nature et d'uoa très-grande puissance; mais nous Irouvons souvent les mêmes alternances dans le produit de nos inondations contemporaines. Il faut donc chercher l'expUealion du phénomène, dans les oirconslanees mêmes duphénomènedeI'inondatioo.Or,le torrent de l'inondation n'a rien de coeiparable au courant paisible et uniforme d'un fleuve, depuis longtemps encaissé dans le ravin qui lui sert de lit ; c'est un ohoo cooiinud de courants divers plutôt qu'un courant unique; ce sont des lames qui repoussent ou cèdent, qui déferleut les unes sur lee autres; et, entre chaque courant, c'eet un remous, duatlescerclesconcentriquee se meuvent avec d'autant moins de vitesse qu'il s'éloigne davantage du choc qui lee a produits ; et le remous exerce à son tour une résistance envahissante, qui tend à repousser progressivement les courants plus loin , et à amener d'autant le repos ; jusqu'à ce qu'uue vague plus puissante vienne de nouveau mettre en mouvement celte masse abandonnée presque à l'inertie de l'équilibre et au repos de la stagnation. En conséquence, comme le nombre et la puissance des sédiments sont en rapport avec le repos du liquide qui en tient en suspension les molécules , il arrivera que le remous entassera dépôtsiir dépôt , couches sur couches, en revenant sur lui-mêaie avec une vitesse décroissaute ; la disposition de ses couches serait en spirale, si l'un pouvail en suivre la veine, quoiqu'elle paraisse produite, par simple superposition, sur une coupe verticale; cl des deux côtés du remous , deux courants opposés

ET ANTÉniSTOniQDES STR LA VÉGÉTATION. 479

■Bront pa à la fois laisser , en une longue j pente et les résistances qn’ils éprouvent chaîne saillante, un dépdt d^Ine tout ne sont pas les méaies à toutes les haii-

antre nature et d une tout autre homogénéité. Quand on pense à des courants de déni cents lieues d'étendue en largeur , et, par conséquent , i des remous an moins d'autant de diamètre, étonnea-vous d’avoir en géologie , des bassins d’une formation homogène, sur nn espace de quarante lienes dans sa plus grande dimension , dont les nombreuses couches s’offrent partout dans le même ordre de superposition. Eaites croiser maintenant, par la pensée , les courants entre eux , ceux qui arrivent chargés du limon qu'ils ont balayé snr leur passage, ceux qui roulent du fin gravier , ceux qui dissolvent le silicate de chaux , ceux qui sont chargés de sulfates solubles, les coorantsde sels marins enfin ; s’ils se succèdent sur le même sol, vous aurex snperpositjon de leurs bases respectives; s’ils se mêlent, il s’établira sauvent une double décomposition , et il se formera un précipité de nouvelle nature, un las de gypse de la hauteur de Montmartre ;que dis-je ? delà hauteur du Jura, si la qnaiitilé des éléments décomposés est sutfisanle. Ne vous effrayes pas des nombres ; n’y voyeique des proportions ; et sous ce rapport, la mer ne sera pas un autre récipient que le verre à patte de vos laboratoires ; le même signe algébrique représente ces deux sortes de bassins.

Le même courant peut être considéré comme tenant en suspension toutes ces diverses molécules terreuses ; et la suspension, produite psr un mouvement conlinu et régulier, ne tient pss à la même hauteur les molécules de dénominations contraires ; elles y cheminent , rangées par ordre de densité, les plus pesantes en bas; en conséquence, au moindre repos qui permettra la précipitation, le même courant donnera lieu à un plus ou moins grand nombre de couches superposées et de diverse nature ; et leur alternance se réglera sur la plus ou moins grande vitesse de tontes les couches liquides du courant; car la vitesse d’un fleuve et d’un torrent n'est pas la même à tous les degrés de profondeur du lit qu’il occupe ; ear leur

teurs. Vous voyei que de formations géologiques sont Capables d’apparaître sur une étendue oontinentale, dans un senl instant, et avec toute la rapidité de la tempête; et alors à combien de minutes peut correspondre toute cette série de myriades de siècles , que le géologue s’amusait, sur un tertre de quelques toises, h compter du doigt, de mètre en mètre* 1806. 8* L'absence de débris organisés, dans une couche géologique , est-elle une preuve qu'à l’instant de sa formation elle n'en renfermât d’aucune espèce t — Non.

Car, dans le règne animal, comme dans le règne végétal, il existe, par milliers, des espèces dont les individus , privés d’un squelette solide, sont dans le cas de se décomposer spontanément, en nn espace de temps plus ou moins long, selon qu’ils sont exposés à une atmosphère plus ou moins favorable à la fermentation. Nous savons, par une expérience devenue banale, arec quelle activité certaines bases terreuses servent à décomposer, à dévorer, pour ainsi dire, les tissus organisés ; qni ne connaît la propriété des alcalis caustiques, et surtout celle de la chaux vive ? Or, certains carbonates calcaires fossiles conservent encore de nos jours une alcalinité qui suffirait pour produire ce résultat de décomposition, avec antant de succès, quoique avec moins de vitesse ; car la somme des effets est toujours proportionnelle i la somme des causes. Placex Un cadavre dans la craie de Meudon aune assez grande profondeur, et vous obtiendrez, après un pins grand espace de temps , il est vrai, les mêmes résultats qu’avec la chanxvive; cette substance altère les couleurs des habits, ramène au bleu le ronge pen solide, et fait tache presque partout où sa poussière s’arrête. Or, les végétaux imbibés d’eau , que l’alluvion antéhistoriquo aurait pu jeter dans un terrain semblable, y auraient été dévorés et entièrement décomposés an bout de quelques années, tout aussi bien que les animaux mous, les Zoophytes, les Vers, les Mollusques- èt Céphalopodes sans test, etc. Prétendrè

480 iXFfÆENCES ANTÉDILUVIENNES

donc que ce terrain n'a jamais rien ren« fermé d'analo{]iif* atix végétaux et à ia catégorie d'animaux dont nous venons de parler, parce qu'on n'y en trouve aucun vestige aujourd'hui , ce n'est pas faire preuve d'une grande perspicacité , dans Part d'évaluer les circonstances d'un sujet. Or, que de terrains, autres que la craie, ont pu, dans le principe, être tout aussi favorables à la désagrégation des molécules orgauisées, tout aussi corrodants et destructeurs : le gypac, qui est toujours associé à la chaux, les terrains à sulfures cl à chlorures ! etc.

1807. Le corollaire immédiat de cette réponse à la question précédente , est que le nombre des espèces et des individus organisés , qu'on trouve actuellement , dans les couches géologiques , ne représente pas, de toute nécessité , le nombre des espèces et des individus, qui ont pu s'y trouver ensevelis, à l'époque de la catastrophe elle-même.

1808. 6" L'abondance des espèces et des individus fossiles tCune couche géologique j indique-t-clle quà Vépoque de la formation de cette couche , la flore et la faune du globe étaient plus riches que dans une couche moins privilégiée sous ce rapport f — Non. Car nous venons de faire observer que la couche géologique, la plus riche en trésors de ce genre, à l'époque de sa formation, est dans le cas d'avoir dénaturé toutes ces richesses, dans un laps de temps assex court, tandis que, par l'innocuité de ses éléments terreux, une couche voisine aura pu conserver indéfiniment , comme dans un silo indéfiniment protecteur, les richesses végétales et animales que l'alluvion aurait enfouies dans ses entrailles. Cependant il est des points du globe souterrain , sur lesquels les restes de végétaux se montrent si abondants, si pressés les uns contre les autres, qu'ils forment à eux seuls toute la couche; et dans ce cas, il est impossible de ne pas admettre que là les végétaux se sont rencontrés en plus grande abondance que dans les couches voisines; mais il n'en résulte nullement que cette couche géologique représente une flore plus riche

en individus et en espèces, que la flore des couches antérieures et postérieures en formation ; ce serait un sophisme basé sur une règle de proportion , doot la logique n'aurait pas fixé les termes. Ce fait, quise représente dans toutes les houillères, signifie seulement que, ailr ce point, la végétation se trouvait plus accumulée que sur tout autre, à l'époque de la formation de la couche qui en recèle les débris. -L'exemple suivant sufBra pour réfuter le sophisme. Supposez qu'une grande inondation, après avoir recouvert de son gravier un vaste désert nu et pelé du globe actuel, vienne tout à coup à rencontrer sur son passage une oasis, une forêt vierge, qui, par la structure feutrée de son réseaa de lianes et de troncs séculaires, oppose une digue au torrent, un filtre qui laisse couler l'eau et arrête le gravier an passage, l'accumulant sur sa tête, et fipissant par s'en couvrir comme d'une voûte, ainsi qii'llerculanum s'ensevelit sons les cendres; dès ce moment, celte végétation se trouvant soustraite à jamais à la lumière, mais restant enveloppée et de l'air atmosphérique qui circulait sous son feuillage, et de la chaleur du sol qui va s'accumuler sous cette voûte, une fermentation intestine commencera à s'établir; et, par l'exemple de nos couches de deux du trois pieds de fumier (1368), il est facile de se faire une idée du degré de chaleur, que ne tardera pasâ atteindre la température souterraine, résultant d'une fermentation établie sur une aussi vaste échelle; le plomb y fondrait; le bois, après avoir consumé l.i portion d'oxygène de l'atmosphère enfouie avec lui, y fondra bien davantage , comme U le fait dans nos vases clos ; tout ce dûme de verdure s'affaissera sous sa voûte, en une seule masse, dont la partie liquide emprisonnera et conservera, pendant toute l'éternité, comme une empreinte désormais indélébile, la partie restée debout, solide et carbonisée , mais non liquéfiée. De celte manière, la même inondation, le même flot, aura produit, k ia suite l'une de l'autre, une couche de gravier saos aucune trace de végétation, et une couche de houille ou d'authracile.

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