‹ Nouveau système de physiologie végétale et de botanique fondé sur les mèthodes d'observation qui ont été développées dans le nouveau système de chimie organiqueChapitre 156 sur 310 · CAUSE QUI A SUSPENDU LES PROGRÈS , ETC · texte numérisé non relu

CAUSE QUI A SUSPENDU LES PROGRÈS , ETC

1858. 1® ts PRixciPK. Le* fondateurs de la botanique , adoptant la méthode des lo> giciens , avaient admis la régie générale qu'il fallaiL chercher à grouper les plantes par le plus grand nombre de leurs rapports, c'est-à-dire de leurs ressemblances ; ils avaient en vue d'établir des ortires naturels. Mais bien loin de donner , à la définittoo de ce mol, une rigueur mathématique , bien loin d'admettre que les groupes qu'ils établissaient dans leurs systèmes se trouvaient circonscrits dans la nature , et stéréotypés, pour ainsi dire, comme ils le sont dans la dernière édition d'un ouvrage , ils laissaient entrevoir au contraire, à chaque page , que la nature procédait avec une toute autre méthode que celle qui convient à la portée de nos études et de nos démonstrations ; ils donnaient leur système , comme te fil qui devait servir à guider robservaleiir dans le dédale de ce vaste labyrinthe, et non comme la représentation d'une vérité constatée, d'un fait définitivement acquis.

Linné traduisit cette idée par une métaphore heureuse; il assimila la méthode naturelle à une carte géographique, sur laquelle le même compartiment se trouve en contact avec cinq à six autres, en sorte qu'on peut arriver au même par cinq h six routes à la fois; c'est là ce que signifiait la métaphore de Linné; ceux qui l'adoptèrent n'y virent qu'une idée de délimit.ition invariable, d'une circonscription qui mettait bien une chose en contact avec plusieurs autres, mais aussi qui la sépa* rail invariablement de chacune d'elles ; la nature avait ainsi des ordres naturels , comme les bassins géographiques ont des frontières naturelles; il ne restait plus que d'aller à la découverte de ceux-là , et d'en prendre le plan, comme on le fait à l'égard de ceux-ci; )a seule dimculté semblait être de trouver une boussole.

Sur ces entrefaites survint Adanson qui , exhumant le système de Magnol , et en faisant l'application la plus savante que l'on pîit attendre , introduisit dans la science le mot de JamiUes nalurellcs. Ce mol fit fortune; on s'en empara plus tard, mais en oubliant les sages restrictions par

lesquelles Adanson avait en soin d'en limiter la signification. La nature eut dès-lors des familles aussi distinctes que la cité; on ne poussa pas plus loin la similitude; et une fuis ce premier axiome posé, on continua le développement de l'idée par une toute autre route ; on ne vit point que , dans la cité, la distinction des familles est un fait d'une durée passagère, est une époque, et non une loi; que les familles se fondent peu à peu les unes dans les autres , disparaissent, cèdent la place à d'autres. Ce n'est pas par ce côté qu'on envisagea la question ; les famillzs des plantrs furent distinctes, comme cejles de la cité; mais leurs caractères furent durables et tranchés , comme ils le sont dans un herbier. Or les caractères de la famille, on le sait, se fondent presque entièrement sur les habitudes et la physionomie; on les reconnaît , sans pouvoir les décrire ; on les sent et les devine, sans pouvoir les apprécier; et c'est là, en définitive , le critérium qui préside aux études qui ont pour but le perfectionnement du système des FAMILLES HATOftELLES. Ou COnÇOÎt, do la sorte, dans quel sens le système doit progresser ; lorsque dans les sciences d'observation on fait un appel au critérium , au tact de l'habitude, au coup d'œil du physionomiste , au sentiment instinctif de l'appréciation , on fait un appel à l'arbitraire; on proclame l'anarchie cl la confusion ; on livre la science aux coteries , et la discussion aux professions de foi; et c'est là l'état actuel de la science ; on crée des familles naturelles, que l'on fait adopter par ses amis; on ne prend pas la peine de les démontrer pour tout le monde.

1859. 2® L'exccütion est une seconde cause du désordre, que l'introduction de ce système a léguée à la science. Linné avait fondé ses classes et les ordres de son système sexuel, sur le nombre des or-> ganes sexuels de la fleur, leur forme et leur insertion ; les caractères des genres, il les empruntait à la corolle , au calice , an fruit et à la graine, et à quelques autres accessoires de la fleur, et il a tiré, de CCS éléments, le parti le plus heureux

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