A LA CULTURE DES VÉGÉTAUX
«ég^Ulci en décompoaitioQ , et tant de Ters ou infusoires, capables de se loger dans le sein des jeunes organes de la moisson ? Si jamais l'on pense à demander à l'association les moyens de conjurer le fléau de la sécheresse, et à organiser Tarrosage sur toute .la surface du pays labouré, il sera nécessaire de résoudre d’une manière péremptoire les trois questions précédentes. Si l’arrosage par aspersion est préférable; avec des bornes-fontaines et quelques tuyaux de cuir terminés par une vaste pomme d’arrosoir, rien ne sera plus facile que de promener la pluie d’un cbamp à un autre. Si l’eau des sources , des rivières et des étangs est nuisible par ses impuretés, on arrivera à reproduire le bienfait delà pluie, et de la rosée, en faisant tomber l’eau , par aspersion , sur les routes, sur les lieux déserts ou en jachères, ou consacrés à des cultures moins délicates; les vapeurs qui restent dans les airs, sont toujours pures; le soir ou le matin , elles retomberaient en rosée sur les endroits desséchés. Si l’arrosage vaut mieux par irrigation , armez-vous d’un simple niveau, tracez un réseau de rigoles; et faites à chacun , sans distinction de riche ou de pauvre , une porportionnelle distribution de l’eau qni, comme le feu, appartient a tout le monde; car la pioche à la main , tous les hommes sont égaux ; et les droits de la terre résident dans chacune de ses molécules; à tant de molécules il faut tant d'eau , ici le privilège ne saurait vouloir mordre.
3057. CBALsea et geléis. Les plantes ont également besoin de la chaleur du sol et de la chaleur de l’atmosphère. Il est des climats où la culture manque de l’une ou de l’autre, pendant les plus longs mois de l’année. L’art a cherché à rendre aux plantes ce que leur refusait leur pâle soleil ; mais l’art ne travaille jamais que pour le luxe ; en fait de culture , il ne soigne que les primeurs et les plantes d'agrément, que les fruits i couteau et les Ananas, li’arta construit les espaliersel les serres, il a fourni au jardinier les cloches et les châssis; il a laissé le sol des récoltes et des vignobles à la furie des aquilons et à
la rigueur des frimas. Que vonlez-vons ? l’art ne a’ingénie que pour ceux qui le paient, et les communea n’ont pas encore trouvé le secret de payer ; c’est l’apanage exclusif des particuliers , qui en osla ont eu jusqu’à ce jour plus d’esprit que tout le monde.
Nos montagnes pelées n’abritent pins la plaine; nos champs sans clôtures sont ou* verts à tous les vents ; nos coteaux , dont le versant sud serait favorable à tant de cultures, sont lavés par les eaux jusqu’à la roche, et ne produisent rien, non pas faute de soleil, mais faute de aol. Ces coteaux arides deviendraient de riches vergers, des potagers fertiles, si nous voulions les cultiver en gradins et en amphithéâtre. Comment ! tout un village d’hommes forts ne saurait imiter l’œuvre de quelques chartreux exténués par la pénitence? Mais ces chartreux étaient associés ; et l’association fait entrer en ligne de compte , non la force musculaire , mais l’harmonie des efforts et la distribution du travail ; tandis que toute la science de nos communes s’épuise à protéger les intérêts privés, jusque dans leur égoïsme. Vous désirez que vos sources ne tarissent pas à certaines saisons, que les ouragans ne fondent pas à l’improviste sur vos récoltes ; arrêtez les vents au passage, et les nuages au vol ; la nature vous a donné un premier rempart, complétez-le ; boisez vos montagnes ; il est difCcile aux vents de chasser les vapeurs d’eau du feuillage qui les abrite, et qui les condense en gouttelettes de pluie ; elles ültrent de là à travers le sable, dans les réservoirs où s’alimentent constamment vos sources. Savez-vous combien il faut de journées pour planter la surface d’une montagne ? quatre ou cinq tout au plus ; savez-vous combien il faut de temps pour qu’elle se boise par sa propre fécondité? vingt ans. C’est la moitié de la vie commune à attendre ; c’est toute la postérité à enrichir.
3058. Dans le Midi de la France, on abrite les champs au moyen d’un rideau li' jénindo donax planté sur la limite nord du champ; dans l’Ouest, le sol est coupé par un double réseau de haies; le Centre