APPLICATIONS DES PRINCIPES PHTSIOLOCIQUES
édition , <|ni ot sous preste , de la Chimie organique, nous entrerons dans de plus grands détails sur Part d'observer les organes ; notre but , dans ce traité , n’est que de tirer , comme exemples , quelques applications des principes que nous avons posés.
S075. CHtaraxTs. L’art du charpentier vise moins an développement des rameaux, dont l’horticulteur façonne l’ombrage, qu’à celui du tronc et des branches principales ; car c’est dans la longueur et la largeur du fût que cet art puise ses ressources. Mais les troncs et les branches principales (1963 ) sont des organes nocturnes, des racines sorties do sol; plus ces organes seront enveloppés d’ombre et protégés contre la lumière , et plus leur croissance offrira de hardiesse et s’accomplira comme d'nn seul jet. Le même arbre, isolé dans la plaine, dépensera, à pommer et à se couvrir d’un vaste feuillage , le temps que , dans le fourré des bois , il aurait mis à acquérir quatre fois plus de longueur. I^ théorie de Vetsartage annuel des plantations est tout entière dans ce peu de mots ; on sème dm , pour qne , dès leur apparition ,les tiges se tronvent enveloppées de la plus grande obscurité possible; et chaque année on éclaircit, en arrachant les plants les plus faibles, pour donner de l’air et de l’espace aux plants les plus vigoureux, tout en leur laissant la même masse d’ombre. Ne pourrait-on pas augmenter encore la puissance de l’ombre, sur la rapidité du développement du tronc en longueur , en encaissant le tronc dans on fourreau opaque? Ce procédé ne pourrait-il pas être appliqué de préférence aux arbres , qui n’arrivent jamais à d’assez grandes dimensions , pour que leur utilité sorte des ateliers de la tabletterie? Ne pourrait-on pas imprimer au tronc, les-formes que l’art du charpentier n’obtient, que par la suppression de 1a substance , en tenant telle on telle face du tronc plongée dans une plus grande obscurité que l’autre? Ces sortes d’expériences ne se font pas dans le silence du laboratoire; l’argent des contribuables, que l’on dépense à construire de jolis vi-
traux pour réchauffer quelques plantes exotiques , ne serait-il pat mieux employé à entretenir des établissements d’application de la physiologie aux arts et métiers I 9074. DsssiccATioa ne sois. Nous avons TU ( 873 ) que le tronc le plus élevé n’était qu’un entre-nœud, et qne les cellules principales, et par conséquent leurs vaisseaux et leurs interstices, étaient dans le cas de s’étendre, sans interraption, d’nn bout à l’autre de sa longueur. Les interstices sont remplis d’air ou de liquide; ce sont des tubes Capillaires qui ne cèdent pat vite h l’atmosphère les substances incluses dans leur capacité; le tronc coupé couserve des années entières cettb humidité intestine qui déjoue , par son travail mystérieux, les calculs do charpentier, et dérange tontes ses mesures. L’application du vide, à la dessiccation des bois, serait dans le cas de fournir les résultats Im pids réguliers et les plus rapides ; et nos voisins d’outre-mer nous ont déjà appris qu’il n’était pas si coûteux de foire le vida dans des espaces considérables. La machine pneumatique, appliquée à l’une des extrémités du tronc, dépouillerait , en quelques coups de main , les tubes capillaires, de tout l’air et tonte l’humidité, qne la pression atmosphérique y maintient pendant plusieurs années. Et pour prévenir les effets de l’hygrométricité et les inconvénients d’une dessiccation trop prompte , l’emploi des substances oléagineuses, dont la succion du piston favoriserait l’introduction dans les tubes capillaires, pourrait en outre prêter , aux merrains , une élasticité , que la dessiccation spontanée est bien loin de leur conserver sans altération. Voici comment, à priori, nous concevons le procédé. Soit un atelier à l'abri de l’humidité, et dont l’air sera tenu aussi sec qne possible au moyen de substances avides d’eau, au moyen d’un nombre sufBsant de soucoupes remplies de chaux vive, ou de farine, ou de sel marin ; que le tronc d’arbre , encore recouvert de son écorce protectrice , soit goudronné sur toute sa surface , excepté sur les deux tranches qui en forment les extrémités, lesquelles doivent être mises.