‹ Nouveau système de physiologie végétale et de botanique fondé sur les mèthodes d'observation qui ont été développées dans le nouveau système de chimie organiqueChapitre 301 sur 310 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

AmJCATIOlTI SES SftlHCIPCS SE PKTSIOSOGtS TÉSiTAU: A l’icOIIOHIl AftlMAU*

5079. Noos comprenons, sont* le nom ù*économi€ animale , une science prAtique, une applicalioo de toutes les scien* ces, dans celles de leurs diverses spécia* lités, qui ont U puissance de tenir ou de ramener les fonctions du coqis humain en particulier à leur état normal , de favori* ser ou de rétablir la nutrition générale , qui , à elle seule , résume toutes les fonc* lions.

5080. Or, le régne végétal semble avoir été destiné ii fournir à celte science les matières premières qui servent de base indispensable à toutes ses applications ; si les animaux ne sont pas tous berbivo* res , il nVn est pas un qui ne soit dans le CAS de rencontrer, dans les plantes , un remède à ses maux. Le premier homme, tou tes les fois qu'il s'est trouvé placé dans un bassin géographique favorisé du ciel , et partant favorable à ce développement progressif de l'espèce humaine, qui constitue la civilisation ; le premier homme , dis-je , semble s'ètre porté de préférence sur les aliments végétaux ; la nourriture animale n'a été pour lui qu'une nourriture secondaire ou une nourriture de nécessité. Chacune de ces deux alimentations exerce sur l'économie une inlluence spéciale ; on dirait que la nourriture animale accroît la force musculaire de l'homme et l'énergie des passions par lesquelles il domine et triomphe; et que la nourriture végétale, agissant plus sur Tètre qui pense que sur l'ètre qui se meut, ouvre au fluide nerveux des communications plus rapides, épure les organes qui élaborent

[ I J Le UitJQC cl le miel «ont, comme Ie« iiib*tances olés{;ineUH'«, des *uli»lancet plutôt végétales qu*animaie«, quoique éiaberées, ou plutôt ëthni-

la pensée, et, de toutes les passions qui animent l'homme, fait prédominer celle qui le distingue de toutes les autres espèces : l'intelligente sociabilité. Il sera doux et modeste dans son ambition f dit un antique livre, purce^ciV/ se nourrira de laitage et de miel [1] ; quel homme plus humble et plus doux que le Brame, ce chrétien des Indous , on que les anachorètes de la Tliébaîde et de nos chartreuses, ces Brames de la chrétienté! eux <lont quelques figues et un verre ü'enu alimentaient le repos physique et l'incessante activité de l'espritl Imaginez-vous, si vous le pouvez, un Uerciiie vivant de si peu de chose! C'est que l’homme, né pour la domination , a deux ressorts à sa puissance , et deux moyens de réaliser le veeu dans lequel a été pétri son cœur; je vois deux hommes en lui, V homme lion et Vhomme ange. Mais la force des habitudes et l'influence des situations font que l'un des deux finit par absorber l'autre , et le progrès n'a plus lieu dés lors que par le côté qui l'a emporté. Si je pouvais me figurer Vhomme /ton, je le verrais dévorant des chairs palpitantes et faisant craquer les os des viclimes sous ses dents ; s'il m'était donné de contempler l'homme ange, je le verrais se nourrissant presque du simple suc des fleurs.

2081. L'influence si diverse des deux genres d'alimentation est incontestable ; le mécanisme, la raison de cette action , est encore placé à la distance oû se trouvent pour notre esprit toutes les causes premières ; la direction imprimée aux

nécA par Ica organes d'un animal. Varhrs à vach« produit du lait, et le miel nest qu'une espèce de sucre.

613 APPLICATION DES PRINCIPES DE PHTSIOL. ÉVGÉTALE

études psychologiques, par la scolastique I forcés de se dévorer eux^mémes et de

des derniers siècles , nous en a éloignes à une portée immense j il s'agit de revenir sur nos pas , cUd'obteoir , des études pliy* siques et chimiques , 1a raison d'uno ac« lion qui, en déiinitive, est incontestablement matérielle.

3082. Nous devons nous borner dans cet ouvrage à la moitié de la question ; nous n'avons à fournir des règles qu'à l'étude de l'action des végétaux sur l'économie animale. Les végétaux nourrissent et les végétaux soulagent; ils prêtent à l'économie domestique des aliments variés, à la thérapeutique des médicaments plus ou moins énergiques. Mats dans le premier cas, ils n'opèrent certainement pas par les mêmes principes constituants <|ue dans le second ; et dans ces deux circonstances , ils n'agissent le plusgénéraleineiil que d'une manière complexe. Le but essentiel de la chimie est de découvrir, avant tout , la part, pour laquelle cliaciin des principes constituants d'un végétal donné , entre dans l'action spéciale qu'il exerce sur l'économie animale, dans son action nutritive ou son action ibérapeutique , en fonction d'aliment ou en fonction de médicament.

Nous concevons les organes qui élaborent la vie dans trois étals dinéreots ;

dans un état normal où 9 sans trouble et sans effort, ils sont tons capables de SC nourrir du produit de la digestion stomacale ; 3° dans un état de surexcitation , où ils absorbent beaucoup plus qu'ils ne sont capables d'élaborer ; dans un état d'atonie, où ils absorbent moins qu'ils ne •sont appelés à élaborer. Dans le premier cas, l'harmonie préside aux compensations qui , à leur tour , entretiennent Tbarmonic. Dans le second cas , l'action violente amène infailliblement une plus violente réaction; le trop plein de substances fermentescibles ne saurait rester stationnaire; si elles ne fermentent pas d'une manière nutritive , elle se décomposent d'une manière délétère. Dans le troisième cas, l'épuisement de tous les organes suit l'atonie de quelques«uns ; et, faute d'aliment à leur activité, ils sont

vivre aux dépens de leur propre substance, c'est-à‘dire de se détruire jusqu'à complète extinction.

3083, A ces trois états, l'expérience a appris à opposer trois sortes de substances; les substances nourrissantes; 3^ les substances calmantes; 3^ les substances stimulantes. Toutes les autres que, dans l'état actuel de la science , nous ne saurions classer dans l'une de ces trois catégories , sont celles dont nous ignorons le plus le mode d’action; car tout me porte à croire, que plus on avancera dans la science des applications de la chimie aux phénomènes de la vitalité , et plus on dépouillera la nomenclature thérapeutique de celle foule de mots qui , jusqu'à ce jour, n'ont proHlé qu'au charlatanisme en plein vent. 11 arrivera un jour où, avec trois terminaisons et le radical d'un organe , on désignera l'action spéciale d'un médicament, selon qu'elle rendra à un organe , ou un complément alimentaire , ou le calme, ou l'activité.

2084. SDBSTANCBS MOCRB18S4NTB8. DsOS U Chimie organique , nous avons sufGsamment établi que la nutrition résultait de l'association de deux ordres de substances : 1° de la substance saccharine ou de toute substance qui, sous l'influence d'une réaction acide, est capable de passer à l'état saccharin d'un côté , et 3° d'autre côté , de la substance albumineuse ou gtutineuse. Or, toutes les fois que l'on met en contact ces deux ordres de subsUncee suffisamment imprégnées d'air, il s'établit une fermentation dont le produit est alcoolique; que si, après que la substance saccharine a disparu , il reste , dans le liquide, une nouvelle quantité de gluten libre , elle réagit sur l'alcool , et le transforme en acide acétique; mais dans l'une et l'autre fermentation , il se dégage de l'acide carbonique èt de l'hydrogène. Ces résultats doivent avoir lieu tout aussi bien dans l'cstomac que dans nos cucurbiles , si les circohstances se reproduisent de la même manière. Or , c'est ce qu'on est forcé d'admettre , si l'on pense que dans le mélange qui compote le bol alioien-

A L’ÉCONOMIE ANIMALE

Uire, les alimenU glalineux entrent dans uné proportion bien plus grande que les aliments saccharins. Le résultat final de la digestion stomacale doit donc être la production d'acides acétique et carboni* que et d'hydrogène; et c'est ce que Pex* périence met très^souvent chacun à même de Terifier. Il nVnlre pas dans notre sujet de pénétrer plus avant dans le mécanisme de la digestion ; nons avons voulu seulement préparer une définition des végétaux nourrissants qui se réduira à celle-ci : Lts végétaux nourrissants sont ceux (fui possèdent , en quantité suffisante , au moins une des deux substances complément taires de la fermentation digestive, pures de tout mélange capable d’ empêcher ou de suspendre le phénomène de la fermentation,

S085. Parmi ces sortes de végétaux, on le voit, les ODS sont nourrissants , seuls et par eux-mêmes; les autres ne sauraient l'être qu'associés. Car les uns sont riches également en substances sacchariféres et eu substances giutineuses; les autres ne Je sont qu'en l'un ou l'autre de ces deux ordres de substances. Les farines, et surtout celle du froment, sont dans le premier cas; la canne à sucre d’un côté, les feuilles de chou de l'autre , sont dans le second. Nous appellerons les premières : substances saccharo-glutineuses , ou complètement nourrissantes; les secondes:

substances sacchariféres , et substances giutineuses , ou partiellement nourrissantes.

Nous entendons , par substances sacchariféri's, toutes celles qu'une réaction est capable d'amener à l’étal de sucre, au premier rang desquelles se placent la fécule, et le mucilage ou le ligneux à son début,ùenj. substances que le moindre acide végétal est dans le cas de faire passer à l'état de sucre.

3086. Le gluten abonde, dans les organes herbacés, qui s'étiolent, soustraits à l'action directe de la lumière ; c'est pour celte raison que le jardinage cherche à faire pommer un si grand nombre de végétaux. Et je ne sache pas de végétaux, ile la nature des végétaux innocents, que

ce procédé ne puisse rendre comestibles ; mais rarement on les trouve , en cet état , assez riches en substance saccharine pour être complètement nourrissants.

9087. LesChampignons se rangentdans cette catégorie, quand ils ue sont pas vénéneux.

9088. Lasubstancesaccharine se trouve également dans les racines pivotantes (Betterave, Panais, Carotte , Aéglisse) ; dans les tiges (Canne à sucre, et presque toutes les Graminacées, Érables etc. ); dans les fruits (Pommes, Figues, Raisins, Dattes); rarement dans les organes herbacés, les feuilles, les tiges vertes, les fruits verts , quoique le sucre suinte , comme une manne, delà surface de quelques feuilles.

9089. La fécule se rencontre dans lea tubercules ( Pommes de terre, Orchis, Cjr^ perus esculentus, etc.) ; dans les Bulbes (Tulipe, jilstrœmeria^eXe*) ; dans la moelle de certains arbres (Cycadacées, Palmacées, etc. ) ; dans les périspermes des fruits (Céréales, Polygonacées, etc.); daus les cotylédons de rembryon ( Légiiroinacces, etc .) ; et dans ces deu% derniers cas,

elle est toujours associée à assez de gluten * pour rendre l'organe complètement nour- , rissant; on obtient alors une farine véritable, dont la faculté nutritive est en raison directe de la ductilité et de l'abondance du gluten.

9090. Le mucilage nourrissant abonde, dans les racines, seul, ou mêlé au sucre, à la fécule, au gluten; il abonde dans les fruits.

9091. scBSTAUcss CALMANTES. En tête de ces substances on doit placer la gomme pure, c'est à dire aussi peu mélangée que possible avec l'une ou l'autre des deux substances complémcotaircs de la digestion. 11 ne faudrait pas croire que l'action de la gomme consiste h n'agir pas du tout; car, en n'administrant rien du tout, on est loin de reproduire l'action de la gomme; ce n'est pas seulement une substance, qui vient revêtir d'une couche isolante les organes trop irrités par une action extérieure. Quel est donc son mode d'action? Sert-elle à ralentir la marche

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