APPLICATION DES PRINCIPES DE PIITSIOL. VÉGÉTALE
delà fermenlation, en mél<int au bol alimentaire ou au réaiclii de la dî(;estion une anbatance paresseuse ? Sert elle à saturer, par ses sels, qui sont nombreux et variés, les produits malfaisants (l'une fermentation anormale? Ce serait une (grande solution que celle-là; il faut la poursuivre, et ne pas so consoler de la difficulté, en se rejetant, par antithèses, sur le mot forces vitaieSf ce mot si dépourvu de sens, dont la natnre a plus horreur que du vide.
209i. Qui sait si ractinii essentielle des narcotiques n'est pas l'exaf;éralion de l'action essentielle et si tnvstérieuse de la substance gommeuse? qui sait si l'une ne sert pas, en calmant autant qu'il faut ; etl'autre ne nuit pas, en calmantpius qu'il ne faut; l'une en ralentissant la fermentation nutritive , et l'autre en l'éteignant tout à fait? La science en est encore, snr cos points, à n'étre riche qu'en nomenclature, ce qui est la plus pauvre des richesses ; elle en est encore au pédantisme, qui se paie de mots, se targue d'érudition, et fait p«*iir ainsi dire la pirouette sur tout le reste.
S093. SüRSTAKCP.S STIM0LANTXS. Ce SOIlt celles qui apportent à une fermentation paresseuse, un produit tout élaboré, ce qui rend à l'orgaoe son énergie, et, par l'énergie de l'organe, à la fermentation son activité. Lesacides végétaux, qui abondent dans tous les tissus verts, se placent en tête de cet ordre de substances ; et les substances végétales agissent en ce sens, sur l'économie végétale, non-seulement en raison de l'intensité de l'acide, mais surtout encore en raison qne la nature de l'acide se rapproche de celle des deux acides que produit la fermentation. L'acide acétique est principalement dans ce cas ; et il se rencontre , plus ou moins déguisé par les mélanges, dans la masse des fruits rafraîchissants qui sontarrivésà une convenable maturité. Par la raison des contraires, si le trouble était apporté à la fermentation digestive par la surabondance d'un acide normal, ou par la nature insolite d'un acide anormal, ce seraient alors les substances alcalines qui rempliraient l'ofTice desubslancesslifflulautesjen
saturant l'excès et en ramenant par là la fermentation à sa marche primitive. Mais en trop grand excès, cette dernière catégorie de substances jetterait à son tour le désordre dans la digestion, et donnerait au viscère de l'estomac les produits que les intestins, ou au moins le duodénum, ont seuls la propriété d’élaborer; elles métamorphoseraient le chyme en chyle pour ainsi dire, et dès ce moment il y aurait expulsion du bol alimentaire, avant que l'estomac eât eu le temps d'en soutirer les produits qui lui conviennent; la digestion serait trop rapide pour être profitable; l'expulsion snivraît dê trop près l'ingestion des aliments ; il y arurait dévoiement et trouble dans l'écofiomie.
2094. SDBSTANCSSOtLÉTBRKS. OuVOltcléjà que l'action des substances délétères peut résider dans l'excès ou l'inopportunité de ce qui est par lui-mème profitable, administré à d'autres doses ou en (Tautres temps; et cette considération devient frappante de vérité , dans la famille des Offlbellacées, cette famille si homogène, si naturelle, qu'on pourrait tootaussi bien, si elle était moins nombreuse, la considérer comme un seul genre. Nous y trouvons un arôme que l'art culinaire recherche dans plusieurs de ces espèces, et qui, chez les antres, devient un poison des plus violents. Le Persil qni assaisonne nos mets, serait un aliment nuisible à l'homme si on le prenait en excès; on le dit funeste anz perroquets. Dans certains terrains, le Cerfeuil a été trouvé délétère. Le Céleri est bienfaisant par l'ctiolement, il l'est moins avec sa substance herbacée et fortement verdâtre; les vertus de l'Ângélique, au contraire, sont dans toutes ses portions herbacées. Enfin la culture et le terrain diminuent l'énergie de certaines espèces de ce genre; la Ciguë, qui empoisonna Socrate, ne satisferait pas aussi puissamment la lof, lorsqu'on la cnitive dans nos jardins. Mais saisissez à l’odorat les différences, qui semblent servir de signe k l'action de chacune de ces espèces sur l'économie animale , et vous serez naturellement porté à admettre qu'elles rési- I dent dans le plus ou moins d'intensité et
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A L’ÉCONOMIE ANIMALE. 615
<Ie pureté de la mî^me substance. Avec un grain de plus peut'Atre de la huile
essentielle, le Persil opérerait comme la Cignë.
2005. Si nous poursuivons la même idée, surles plantes des autres familles tout aussi naturelles, nous trouverons que les tué* mes anomalies s’expliquent par la même considération. Nous voyons les organes vénéneux à Pélal herbacé, devenir nutritits à la maturité complète. Nous trouvons, chez quelques espèces d’une même famille, les fruits vénéneux, et chez d’autres les fruits comestibles; parmi les Solanacées, le fruit de la Jusquiame, du Stramonium, de la Belladone, etc., donne la mort; le fruit du Bouillon-Blanc sert en thérapeutique; le fruit de la Pomme de terre est vénéneux, son tubercule radiculaire l’est en partie, à l’état cru, mais il devient ali- Dieutaire par la cuisson; le fruit vert de la Douce-Amère {Solanum dulcamara) est malfaisant ; il l’est bien moins lorqiie la maturité en a rougi la substance; celui de la Pomme d’amour devient un agréable comestible, en passant de l’étal vert et suspect à la coloration purpurine; la Hélon- Qène mure est un friiilexquis dansie Midi, arrangé d’une certaine façon.
2096. Car il ne faut pas se représenter les poisons végétaux, comme ces poisons du règne minéral, dont aucune saturation ne saurait paralyser les elfets délétères. Un peu d’oxygène ou d’hydrogène de plus ou de moinSj et le nectar devient un poison actif ; or, le végétal continue ses combinaisons chimiqui^, en continti.int son développement organique ; sous le rapport de son irinuence sur l’économie animale, îl modifie a chaque instant ses qualités, de sorte qu’à chaque phase d’accroissement, il est dans le cas d’opérer, comme un végétal de telle ou telle autre espèce. Li’acide qui, par son abondance, rend le tissu de tel fruit âpre et brûlant à la langue , venant à réagir sur la substance destissus, qui ont achevé de se développer, les transforme en une pulpe sucrée etd’un goût exquis. La Bgue arrive au même résultat, par la transformation de son suc caustique et alcalin.
2097. On conçoit, par toutes ces considérations, ce qui nous manque, dans l’élat actuel de la science, pour tirer l’élude des aliments et des méJicameiiUi du vague inextricable dans lec{ael elle sc traîne depuis Théophraste jusqu’à nous. Il ne faut pas se conteulor de constater les effets d’une plante sur l’économie animale, et de désigner cet effet reconnu sous tel plutôt que sous tel nom, que l’on adopte du point de vue oû chacun s'est pincé par la portée de son esprit et par la direction de ses études. Il faut parvenir à éliminer, du mélange qui constitue la plante, tout ce qui ne contribue en rien à l’effet produit; il faut, après avoir compté, par l’analyse méthodique, toutes les substances (jui entrent dans sa composition, essayer isolément, U ne à une, deux à deux, etc., chacune d’elles sur l’économie et dans tel ou tel cas donné. Nous savons <léjà que les Boraginacées, qui sont éuiullîentes , agissent en cela par la dose de potasse dont leurs tissus sont imprégnés ; que la racine de Chiendent est diurétique par l’action de la même base. Il faut arriver aux mêmes résultats pour toutes les plantes usuelles, et aller pins loin encore, c’est-à-dire savoir ^ pourquoi, avec la même base, le Chiendent n’agit pas tout à fait comme la Bourrache. Mais l’ancienne méthode de chimie organique a produit tout ce qu’elle était
en étal de produire sur ce point; ne recommencez pas avec elle, vous ne pourriez pas mieux faire; prenez une nouvelle roule, afin d’arriver à de nouveaux résul- ' lats; pour trouver, no commencez pas par détruire ce que vous cherchez; ne décomposez pas, pour étudier une décomposition; ne mélangez pas, pour vouloir ensuite isoler; car tout cela est absurde ; abordez les produits d’un organe dans le sein de l’organe lui-même, si cela est possible ; et cela est possible par la chimie microscopique appliquée à l’élude des végétaux.
2098. RAPPORT DE LA CLASSIPICATION OSUtLLR AVEC LA CLASSiriCATtON BOTAM-
QCB DBS VÉGÉTAUX. — SI l’oD cherchait à classer les végétaux d’après leurs propriétés, soit comestibles, soit médici-