j’entreprU dVludier les
lois «)iii régissent la nature organique, rien, dès le début de mes études [1], ne me sembla pltia nuisible que d^aller, si je puis m^exprÎRier ainsi, par bonds et par des espèces de sauts qui transportent Pesprit d'uii bout de Pécbelle à Paiitre; je pensai , aq contraire, qu'une fois que je serais venn à bout de me faire d'une famille de végétaux ou d'animaux une idée juste et raisonnable, je serais dés ce moment à même de pouvoir les espliqiier toutes. Car la nature ne m'a jamais paru mettre en jeu autant de lois que nous signalons de familles; ct tout me révélait qu’avec un très-petit nombre d'éléments coqnus, ef avec un plus petit nombre de luis encore, elle savait varier toutes ces formes multipliées, dont l'analogie ne Gnit par nous échapper que parce que nous nous somiDea créé, pour la définir et U décrire , une bingue inexacte, une langue dont les mots, bien loin d’ètre les repréaeotaiils d'une image, pe sont que des signes arbitraires et de convention; en im mot, que parce que nous avons voulu rendre la nature aussi s<ivante que nous, au lieu de redevenir aussi simples qu'elle.
Cet étalage de noms d'espèces et de genres, que l'on cherche à citer à l'appui d'une idée physiologique, impose sans
[i] Sur i'anaiomie eomparit det graminéu. Bail. univ. des scienoes, »• part., niart 1827,0'' s49*
doute an lecteur , et le porte è penser que l'érudition de Pauteur est un siV garant de sa théorie; mais l'homme philosophe, aux yeux duquel il vaut mieux étudier la nature dans la nature que dans les livres , ne se paie pas de toutes ces citations; il éloigne 1rs mots, il perce jusqu'à la pensée ; et trois faits bien concluants ont plus de valeur à ses yeux que cent analogies fournies par rérudilioQ , m^is dont les résultats sont obtenus plutôt p^r des jeux d'esprit qui imposent que par la logique qui persuade.
380. Pénétré de ces principes, j'adoptai pour en faire ^application , la famille de plantes la pjus négligée par les auteurs , celle dont les caractères avaient été I été jusque-U méconnus par les descrip- ! leurs, travestis par les dessinateurs, et I foulés aux pieds, si je puis m'exprimer ainsi, par le vulgaire de« observateurs t les obscurs grame/u enfin , ces parias de la végétation , que l'on Jauckey que Ppn scie f que l'on dépitfuCy mais à qui on accorde à peine une place dans l'herbier.
J'étais persuadé que le secret des anomalies de l'organisation n'échappe qu'à une étude superficielle et décousue, et se révèle tôt ou lard à des éludes dirigées avec méthode et poursuivies avec opiniâtreté; et enfin que, dans les sciences d'observation, rien n'est souvent plus près de donner la solution du problème que ce qui s'était refusé jusque-là à toute explication.