CHAPITRE II
■ tBbiriTBATioit siniBALk.
f' THÉORÈME.
L'asIts, aristà rt li riooncvis ,
pedyncuhtf {pd) (36, 5‘), qoi rassNiNr HAISS«SCI A LA rSBTIt nORSALB n'ONR PÀIttBTTR (^68), SO^T ÜNR DBVIATlOM (183) OB LA NIRVSBX M8DIANB, QOI MlNQUB ALORS bANS LA SOBSTARCB DB LA PAILLBTTB [1].
S7â. iTpoTOÈSB. Soit le pÉnoRcuis qui part de la base de la paillette ^ (pl. 15, Cg. 3){ soit rsaèTs (nr) qui part de la portion dorsale des déni gitimes y 8, 9, pl. 19) ; ce pédoncüle et cette arèle sont pris aux dépens de 1a nervure médiane de la paillbUe et de la glume.
973. bKMONSTAATto!i. Ou remarque que cette paii/elle fi (p. 15, flg# 3) est comprimée et aplatie sur ses Jeux bords, que ses deux bords sont appliqués en dedans contre la face, comme s'ils avaient tourné chacun sur une charnière verte, laquelle eàt une nervure latérale , ailée et hérissée d'aspérités sur son dus. Ce sont là les uniques Derviires de la paillette, mais la nervure médiane, qui existe iiivariablement sur toutes les autres paillettes , a disparu complètement siif celle-ci { èt Pentre-deux des nervures latéraleà n'est occupé que psr uoe oienibèane jielHctileiise, dépouillée de mstière verte et de vàisseaux.
[i] dêi iCfsmrs# nat^.,l.lV,marf i8s5.
Î74. Toutes les fois que cet organe s’est offert à l'observateur avec la forme que nous venons de décrire, il a pris le nom de PAiLLFTTR RicABf BRR , bîcarinota ,
expression qui ne dépassait pas les limiles de la simple apparence et ne pénétrait pas Jusqu'à la cause de l'accident ; l'on n'avàlt pas poussé plus loin les analogies.
975. Blais on doit admettre comme une loi rigoureusé et sans exception, qtie toutes les fois qu'une paillette porte à sa base le pédoncule , si court qu'il soit , d'iine fleur supérieure, la nervure médiane manque totalement, et qué sa place est marquée par un vidé membraneux, et cèla quand la paillette n'a pas le Uioindre cafàctèrc d'une pailletle bicarinée, et (pi'eile possède plus de deux nervures latérales | dans ce cas, la paillette est invariablement pabi- NBRViiB, parinervia f à l'opposé de l'autre pailletle inférieure , dont les nervures , par la présence de la médiane, sont tdlijours en nombre impair (rAiLLBVTB iMeAài<« NRaéiRB, /m/cu imparinèrifla)\ Or c'esl là l'expression que nous avons adoptée, comme la seule qui convienne à cette géiié » raiisation.
976. Ainsi les Phleunij les Phalarin^ les AgrostiSf etc., eiifin Une fOUle de genreji à qui 1a description ancienne refusait des paillettes bicarinées f possèdent évldeniment une pailletle paiinervièe, qui, n'ayant pas supporté une compression dorsale aussi forte que celle des autres genres, ou même n'ayant eu à en supporter aucune,
DÉMONSTRATION GÉNÉRALE
ne «Vst point aplatie ni carinée sur ses bords. Mais sur la portion dorsale de chacuiie de ces pailleltes parinerviéeSf quoique non bicarinéety on est sur de Ironver un pédoncule plus ou moins avorté, et souvent réduit à la dimension d'une glande nichée à la base de la paillette même. •
S77. Dans tous les genres , au contraire , où la paillette supérieure possède , comme )a paillette inférieure , sa nervure médiane, qu'elle est imparinervice comme celle oi, on est sùr de ne pas rencontrer même la plus petite trace d'unrudiment de pédoncule : tels sont les genres Crypsis , ClnnOf jésprella, Orjrza , Anthoxanihwn (pl. 19,
13), etc.
278. Li dévbloppkhkkt dd pkooncclk p'cNE PLEtrn SUrSBlRCRC EST PO>'C CAÜSH DK e'absrkck de la nervdrb mÉduive, dans la SCBSTANC8 DK LA PAILLETTK, CONTER LAQOKLLR LB PKDONCOLB EST ADOSSE.
270.' Au premier coup d'œil., on serait tenté d'expliquer le phénomène par un effet de la compression du pédoncule, qui aurait oblitéré la nervure, et étiolé la portion correspondante de la substance de la paillette.
280. Mais celte explication tombe, et devant les circonstances particulières du développement du pédoncule, et devant les lois générales de la végétation.
Devant les circonstances particulières.
Car il est des paillettes qui évidemment n'ont pas supporté la moindre compression de la part du pédoncule, ou qui ne paraissent l'avoir supportée tout au plus que dans le jeune age; des pailleltes supérieures enfin, qui ont conservé leurs formes convexes tout aussi bien que les paillettes inférieures , et sur le dus desquelles pourtant manque entièrement la nervure médiane. 11 en est d'autres enfin chez qui l'idée d'une compression quelconque est inadmissible, vu que le pédoncule est resté à l'état d'une glande imperceptible au bas du dos de la paillette, et cependant qui manquent, comme les paillettes bicarinées, de la nervure médiane.
2* Les lois gé/iCf'ales de la végétation s'opposent à l'admissiou de celle explica-
tion. Car, chex certains ipviaieAr , la paillette inférieure éprouve, de la partdii rachU (75, 7®) de l’épi, une bien plus forte compression que la paillette stipérienre de la part du pédoncule j et pourtant elle reste invariablement iroparinerviée ; ses nervures se développent , même alors que par suite de l'ombre dans laquelle elles sont plongées , leur substance s'étiole.
Ce fait est remarquable sur nos ivraies {Loliuntf pl. 15, fig. 11); si en elfet la compression était capable de faire disparaître une nervure, ici toutes les nervures devraient manquer sur la paillette inférieure, car la paillette tout éntière est soumise à la large compression du rachis.
Je vais plus loin , et je pose en fait que, si la compression était capable d'annihiler une nervure végétale, il n'est pas un organe végétal , feuille , calice , corolle , qui dût avoir une seule nervure; car, dans le bourgeon ou le bouton , chacun de ces organes supporte des compressionsvdans tous les sens.
Enfin tout organe comprimé est aussi organe comprimant ; si le pédoncule exerce sur la paillette une compression, la paillette , à son tour, exerce une compression sur le pédoncule , et la graine qui se développe et durcit en exerce une bien plus grande encore sur lui , à travers la paillette qui la recouvre ; il s'ensuivrait de là que le pédoncule lui-même devrait disparaître avant tout, ce qui implique contradiclfon. £t remarquez que le pédoncule n*a pas eu à tous les âges la consistance qui le distingue k l'époque de notre observation; qu'il a commencé par être au moins aussi délicat , aussi flexible, que la paillette elle-même ; qu'à cette époque donc les résistances ont du être réciproques, et par conséquent se paralyser. Que dis-je? il est certain que la paillette parinerviée est d'une formation plus ancienne que le pédoncule; il est certain que le pécoudule ne s'est organisé que postérieurement à la paillette dont la base le supporte , par la raison souveraine que les étages inférieurs des végétaux sont formés avant les étages supérieurs. Donc , si la cotnprcssion était dans le cas4e faire
DEMONSTRATION GÉNÉRALE. 75
disparaître oa d'altérer un organe , c'est le pédoncule et non la nerrure médiane de la paillette parioerviée, qui auraildis* paru sous l'influence decette compression .
S81. Cs a'ssT DOacpoiRT la compression
001 EST L* GACSI DB l'aBSENGK DB LA RBRVURI «ÉOlASt DANS LA 8CBSTAKCB DES PAILLETTES
pABiNBRTiBBa : chercboos une autre eiplication.
38S. Ce pédoncule , après avoir atteint le terme de son développement ordinaire, ne porte pas toujours à son sommet une fletir, même avortée; il se termine quel* quefois à la manière des arêtes que l'un remarquesur ledos des paillettes inférieures ou des glumes, eril en a la structure, la longueur, et jusqu'à la surface hérissée de piquants : poursuivons cette analogie.
983. Toutes les fois qu'une paillette inférieure est aristée, l'aréte occupe juste la place de.ia nervure médiane. Si l'aréte s'insère vers le milieu de la longueur de la paillette, la nervure médiane, qui se distingue très*bien depuis la base de la paillette jusqu'au point d'insertion de l’arète, manque totalement, h partir du point d'insertion de l'aréte jusqu'au som* met de la paillette. Les fig. 4 et 6 de la pl. 19 donnent une idée de cette organi* sation. Mais si l'aréte s'insère à la base même de U paillette infér»eure , alors la nervure médiane manque de la base au sommet , et la pailleltc inférieure est aussi bien parinerviée que la paillette supé* rieure, en sorte que, détachées de la fleur, on serait souvent tenté de les prendre l'une pour l'autre.
Que si, au contraire,* la paillette inférieure , ordinairement aristée , vient à ne porter aucun vestige d'arête , alors on la trouve munie de sa grosse nervure médiane qni se termine au sommet en une pointe aigué. C'est ce que l'on peut frcquemmeiit observer sur les balles (389) des avoines {jdvena sativa)^ à qui les caprices de la culture enlèvent ou rendent l'aréte, cooioie pour donner un démenti éclatant à la roideur des principes de la classification botanique. A la vue de ce même organe , qui , dans la même espèce, et souvent sur le même iudtvidu , sc dé-
pouille de son arête et reprend sa nervure médiane, et puis perd sa nervure médiane et reprend son arête , on ne sait plus comment sè soustraire à l'évidence de ce principe , savoir : que L'ARêTU bst la déviation DB LA NERVURE MEDIANE, QUI, AU LIEU DR continuer son DBVBLOPPBMBIfT DANS LE SEIN DI LA SUBSTANCE DE LA PAILLETTE, A PRIS SA DIRECTION AU DEHORS.
284. Or, nous verrons plus tard que la nervure médiane est un organe très-compliqué, et l'arête elle-même n'a pas besoin d'être soumise à une longue dissection , pour apparaître comme un organe aussi riche en structure que le pédoncule de la fleur supérieure , qui s'insère ^ au bas de la paillette parinerviée. Serait-ce une supposition trop hardie que d'admettre que celte arête , en général stérile , soit susceptible de devenir florifère, de porter une fleur à son sommet, et de se métamorphoser de la sorte en un pédoncule ? Une élude supcrficicllo de cette famille de plantes reculerait devant cette hypothèse; une étude plus approfondie en démontre la réalité.