‹ Nouveau système de physiologie végétale et de botanique fondé sur les mèthodes d'observation qui ont été développées dans le nouveau système de chimie organiqueChapitre 66 sur 310 · L'arête qui part de la base de la · texte numérisé non relu

L'arête qui part de la base de la

paillette inférieure des fleurs de l'^im canescens , est un véritable pédoncule ilorigère, s'il en fut jamais, mais à fleur rudimentaire (pl. 15, fîg. 15). On y distingue le corps cylindrique et três-dur (a); la collerette de Particulation , c'est-à-dire le rudiment de la glume (^), et la fleur rudimentaire (v). 11 serait facile de présenter une foule de pédoncules non contestés des sommités des locustes , qui n'offriraient pas une organisation florale aussi avancée. Quant à la paillatte inférieure de canescens f elle est aussi bien

parinerviée que la paillette supérieure ; la fleur possède ainsi deui paillettes parinerviées, et se trouve nichée entre deux ordres de développements floraux de seconde formation.

386. On pourrait répliquer à cette observatioo que l'aréte si curieuse de VAira canescens n'a jamais été rencontrée à im état pins prononcé de développement; que l'analogie qu'elle fournit reste au nutiihrc dos hypothèses qui, tout ingénicu-

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sei qu'elles apparaissent, n'ont cependant pas le cachet de la déinonstralion ; on nous demandera en conséquence des faits observés.

Or, de ces sortes de faits , nous en avons recueilli en masse) et les granunéet les plus vulgaires, la mulheurtuse ivraie surtout^ sont peut-être les plus riches en ces sortes d'enseignements physiologiques;

Le genre Lolium (pl. 15, fîg. 11) a pour caractère essentiel un é))i à un seul épillet par articulation; la glume unique ést sestile en face du rachis (m), qui est aussi liirge qu'elle ; les balles (SOU) sont nichées entre ce rachis ët la glume) le dos de chaque paillette inférieure appliqué contre l'un ou l'aütre. Si l'on coupait le rachis à l'articulation (no) qui supporte la locuste supérieure, la locuste inférieiiro, ainsi isolée , aurait l'air de posséder deui glilmes. Mais la nature n'aurail-elle pas pu arrêter le développement de l'épi, U od nous venons de le retrancher nousmêmes , bt changer ainsi tous les caractères génériques assignés par les auteurs, sans rien ajouter de nouveau au type?

Oui , et c'est ce t]ue la nature a été forcée de lairè, pour ne pas conlimier à t'infiiii le développement de l'épi des Lolium. Dès què la végéialiuii de l'iîidividu s'est arrêtée) le rachis est devenu une glume absolument semblable à la glume véritable, el,ddnsce cas, la Idciisle terminale de l'ép^ a possédé deux gliiuies , quand toutes les locustes inférieures sont invariablement uniglumées. rrucédons par l'opération inverse, et examinons comment fa nature s'y serait prise , pour continuer l’épi ; et nëiis aurons pour formule que Tune de ces deux glumes aurait produit une locuste à son sommet, et serait devenue rachis ; il faudrait avoir recours à une nouvelle loi d'organisation, pour expliquer le phénomène d'une autre manière.

Lelte démonalràtion devient, pour ainsi dire, pittoresque, lorsqu'on la poursuit sur Une touflé d'épis appartenant au même individu, et qui, tous, comptent un nombre diflcrenl do locustes sur leur rachis; en aorte que la luciisle terminale et bigluméc

de l'un correspond à U locvate aixiéneet unigltiroée de celui-ci. Il la locuste ae^lièmë et iiniginmée de celui-là; et ainsi de suite.

ü87. Hais ce qui arrive à l'une des glumes de la locuste terminale pourrait évidemment arriver aux deux) dans ce cas, chaque glume deviendrait rachis à 1a fois, et, au lieu d'ètre simple et linéaire, l'épi du Lolium deviendrait bifurqué. Or; c'est là lo cas le plbs comman des déviations de cette plante ) on eh rencontre des moissons entières dans nos champs de ^ grass; on y trouve des individus stlr lesquels ces bifurcatibns sont très-nombrenscs) et dans l'aiselle do chaque bifurcation se voit la locuste ; qui , cbea les épis simples; est nichée dans l'aisselle dè la glume et du rachis. La fig. 11, pl. 15, olïre UD bout de cette déviation.

Ü88. Voilà donc tout un organe tbliScé qui se change en pédoncule;, Cet organe est un agrégat de nervures ; mais chaque nervure est à son tour un orgstie tout aüsSi compliqué; c'est un paquet de vaisseaux; car l'on admettra sans peine qu'en fait de végétation, l'analogie de la structure est tout , et celle de la grosseur n'est rien. Ce n'est donc pas à si grqssetir que la glume du Lolium est redevable de SS déviation prolifère (â87), puisque, cbes d'autres grntnens, les pédoncules grêles, comme des arêtes servent régulièrement à continuer la tige ou le rachis; or, de tels pédoncules ne sont pas plus richement organisés que la plus simple nervure de ces giunles.

S8'J. Chacune des nervures do ceà glümes , et ; par coMre-coup, des paillettes , est donc dans le cas de devenir rachis ou pédoiioiilb a soU tour Foui; et c'esl co qu'on a plus d'une occasion d'observer sur les échantillons déviés de cette graminée, vrai protée qui, en variant à rinfini les combinaisons de son type , semble venger la hardiesse de 1a physiologie, contre 1a inorgiio sèche et aride de la cUssinna* tien []j.

[i| j4nnnUi des teiencet d'obsemation ^ f. Il, p. s33, nui — /éfd. t. IV, p. <53o.

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DÉMONSTRàHON GÉNÉRALE.

Tanldt la nervnre Inédiane d« h paiL lette InWriettre deTl»nt florig#ré, et la paillette oITre alora; à la place de la oerrdre , nne large lacune oiembraheoae , et let orgnnet (eiiieli (ont nichas entre deux paillette* parlncrtiées. Tantdt dent de *et nervure* détiennent florigére», ce qui donne t^ols raincanx dans le sein de la mAnie loenstet et la membrane de la paillette Ae distingue eomme un souvenir à la base des rameanx. TanlAt les deux paillettes SC changent ëhacune ert un pédoncnle } et les organes sexuels sont nichés dans la birurcation J dans l'aisselle des rachis. Tantdt les glnmcs disparaissent uu s’amoindrissent, les articulations du l'épi simple Se rapprochent, les locustes sans gluinrs te pressent, et l'épi s’élargit en t'aplalistanl en cééte de coq. Enfin, telle est la puissance du génie qui préside à ces transformations, <|ue i et nous ne craignons pas d'exagérer la pensée , quatre pieds de terrain auraient funrni ie type de vingt genres dilTfrentt an classifieateur, si cbs écbanliliont nous étaient arrivés d'un voyage antonr du monde; et pius d'un genre exotique a été fondé sur des caractères aussi illusoires.

Le Xeroehloa de R. Brown [1], et tous les gehres qu'avait créés aux dépens des tfaitiu l’auteur chargé de la partie l>olaniqne du voyage de Unmboldl, rentrent dans la catégorie de ces mysliHcatioiis de la nature.

800. I^oi qU’il en toit, il sera démontré à quiconque voudra te donner la peine de vérifier cet fait! sur la nature; èt même qui se contentera de jeter un coup d’œil sur nos planches, il sera démontré, dis-je, que toute nervure longitudinale d'iiiie partie de graminée est ansceptible de se développer ah dehors de la substance, au lieu de grandir dans la substance ellenéme, et qu’à U faveur dé celte déviation, chaque nervure est susceptible de se montrer au dëbors, suit sous forme d’aréte, ai elle reste stérile, soit tous forme de pé-

fl] Vojrt ranàiy«o qae nom en avoat pulillée, AiotaU$ dt4 tçiancet naturcU«4, t. V, pi. 9.

doncnie, si «He devierlt fécofa<fè ] e( par U raison contraire, toutès les l'oi^ la base d'niié paillette parinerviée, oh verra partir soit une «Irétè, soit un pédoncule, il sera permis do considérer cette paillelie et ce pédonchie comme provenant d'un même organe, comme remontant à la même origine, comme appartenant eriBh à la même arlicalation. Si en6n, par la pensée, on veut réunir ce que la déviai tion a séparé, et restituer, pour ainsi dire, les orgatiea, on ne verra plus, dans la paillette pariiierviée, que l'analogue de la paillette inltTieure imparinerviée.

291. I*** COROLLAIRE. Ainsi les genres Orjrza, dnna, Zojrsia, jéspielta, clc., qui sont uniflores par leur type , auraient changé de type, et auraient acquis deux ou pliisienrs fleurs, au lieu d'uhé Seule, si la nervnre médiane de leur paillette supérieure s'était détachée eti pédoncule, et qu'elle eût pris par là la lorme ü'ube paillette parinerviée.

593. 2" cdnoLLiiRR. LoS genres à typh bî-pluriflure, revêtiraient le type essehtiellemcnt tmifldre, si Id paillelie snpérieure de la première fleur restait Impariuurviée.

395. 5® coROLLAtas. Il n'y ade réellement uniflore que les fleurs à deux paillettes împarinerviées ; dès qu'une locuste possède Une paillette parinerviée, même sans rudiment de pédoncule aturlé à sa hase, elle a acquis lotit ce qui lui est indispensable pour continuer son développement, pour acquérir uu plus grand nombre de fleurs. La réalisatiob de ce phénomèoe n'est plus qu'un accident des influrnees de la culture, ou des ageuta extérieurs sur la végéUtioa.

594. coaoLLAias. I^s nervures végétales étant douées d'üoe organisation analogue dans toutes les l'amilles, la loi que nous venons de découvrir, à l'égard des graminées, s'applique également à toutes tes autres classes des végétaux; et l'aiialyso ffiéthodi<£U« co iouruira plus d'uu

76 démünsthation générale.

exemple à l’obtervateur, dès lea premiers pas qu’il fera dans la carrière. Nous avons dessiné un de ces cas sur la pl. 50 ; la fig. 1 S représente une des bractées de l’inflorescence (fig. 3 ) du Slatice speciosa ou armcria; chacune de ces bractées donne naissance, par l’une de ses nervures, au pédoncule d’une fleur j l’autre nervure s’est développée dans la substance de la bractée.

ChAQCK ARTICCLATIOK (no) DE CRAMINÉB •VPPORTE LES MéMES PIECES, SACP LES ORGA- RES SKECEtS, QUE L^ARTICCLATIOM d'cM PLEUR PRISE DAR8 l'RE LOCOSTH MDLTIPLORK.

39t$. RYpoTBÊSE. Soit laügure 1'^, pl. 15, représentant une articulation caulinaire prise au bas du chaume d'un gramen, avec les organes essentiels qu'elle supporte ; nous avons à retrouver, dans cette fraction de la tige, tous les analogues de la fraction de la locuste (pl. 15, fig. 3), en sorte que ^soit J'analogue de pe que cl égaIe/></; que Teoveloppc ealeroe du bour* geoD g égale pe.

DSMONSTRÀTioR. La démonstration de- Tieol frappante au simple coup d'œil, lorsqu'on prend, pour sujet d'étude, le bourgeon femelle du maïs, à l'époque où les styles commencent à peine de poindre au sommet, et que les épis sont encore étroitement emprisonnés dans les feuilles, qui composeront plus tard ce qu'on est convenu d'appeler la spalhe du maïs.

Et si, d'un autre côté, on a soin de dessiner, avec des formes exagérées, une fleur complète (269) d'un épület (265, 5<>) encore très-jeune (d'une locuste de jeune BromuSf par exemple ), en sorte que le dessin ait eiaclement les dimensions des organes du maïs, je doute que la démonstration ail besoin d'une autre preuve.

Car, après avoir écarté un assex grand nombre de ces feuilles simples, sans gaine distincte du limbe, qui sont réduites à la forme des spalhes, et qui joycnl là le rùlç

des glumes /9, y, r, etc., dans l'aisselle ' desquelles ne se trouve aucun bourgeon; oo arrive tout d'un coup à un bourgeon dont la feuille parinerviée a acquis des proportions énormes ; car sea deux grosses nervures latérales se prolongent en deux assex longues pointes au sommet, et elles logent entre elles, comme dans une rainure, le chaume qui supporte l'articulation supérieure. Ce chaume prend naissance évidemment entre les deux nervures latérales, et, lorsque la sommité foliacée qu'il supporte est à son extrême jeunesse, rien ne représente mieux le pédoncule de la fleur terminale d'un épiliet (pl. 15,

fie- 5./»).

L'anal(^ie ne saurait donc être plus complète : une articulation (no) entièrement enveloppée par la base d'une feuille entière, sans gaine, sans ligule; un eutrenœud aussi grêle proporlionnellement qu'un pédoncule, qui doit continuer le développement ; entre ce pédoncule et la feuille, un bourgeon, dont la première feuille parinerviée reçoit, à la place de U nervure médiane, le pédoncule qui prend naissance dans sa propre substance, et qu'elle dépasse à cette époque en grosseur : que manque-t-il à cetappareil, pour être une fleur de l'épiJlet, si ce n'est la présence des organes sexuels dans le sein de la paillette parinerviée? Or, lorsque l'épi femelle du maïs apparaît dans l'une de ces feuilles parinerviées, épi qui, à l'état jeune, ressemble à un fruit composé, l'analogie alors se révèle tout entière.

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